Caen - Brest (Ligue Magnus, Play-down, Match 3)

Les Drakkars prennent le commandement de la série

Revenu du diable Vauvert à l’issu du match 2 en décrochant l’inespérée première victoire de la saison à l’extérieur, les Caennais ont effacé l’avantage de la glace auquel les entraîneurs de chaque équipe respective ne prêtent guère attention selon leurs déclarations dans la presse quotidienne régionale.

Le coach visiteur Sébastien Oprandi préfère se focaliser sur un succès dans ce match 3 qui diminuerait la pression sur les épaules brestoises pour le match suivant joué dès le lendemain. Pour cela il doit se passer d’Erwan Pain provoquant un remaniement des trois lignes. Nicolas Motreff prend la place de l’ex-Dijonnais au centre du bloc offensif composé des frères Avenel sur les ailes. Le buteur Nicholas Pard reste avec la paire slovaque Prosvic-Dian comme ce fut le cas pour la dernière moitié du Match 2. 

Luc Chauvel est lui privé de Kevin Da Costa. Le chamboulement est moindre puisque Damien Grenka le remplace poste pour poste au centre du troisième bloc. Auteur d’une bonne entame de match samedi dernier, les Drakkars sont encore plus pressants ce soir. Jérémy Romand (2’34’’), puis Charles Geslain (03’09’’) testent Michael Dupont. Moment de repos pour Brest suite à une pénalité idiote de Jordan Dewey qui fait tomber Daniel Carlsson après un coup de sifflet (5’36’’). Un instant éphémère puisque Graham Avenel rejoint lui aussi les geôles peu après (6’).

Contre le cours du jeu, les Albatros ouvrent la marque sur leur première grosse occasion suite à un bon mouvement collectif entre Dian, Prosvic et conclu par Pard (0-1 à 8’35’’). Au match 1, l’ouverture du score brestoise avait nettement stoppé l’élan caennais. Sur leur glace, la donne est différente et la réaction immédiate. Procédant par contre-attaque, Jean Christophe Gauthier profite d’une perte de palet de Jonathan Avenel en fin de shift pour placer un tir limpide pleine lucarne (1-1 à 10’06’’).

Un peu moins pollués par les mauvais gestes que les deux rencontres précédentes, ce match voit pourtant plusieurs pénalités être distribuées des deux côtés. Dewey poussé à la faute (13’05’’), les Drakkars profitent d’une friabilité défensive ahurissante des bretons lorsqu’ils évoluent en supériorité numérique. Gauthier, encore lui, a un boulevard où traîne l’esseulé Carlsson qui se fait balader par la fine lame canadienne qui conclu son dribble entre les jambières de Dupont (2-1 à 14’).

L’avantage de Caen est fort mérité à la fin de la première période. Très faibles en défense, les Albatros n’existent que par leur bloc Dian-Prosvic-Pard rendant l’équipe trop hétérogène en terme de niveau. David Croteau est isolé, Berthon et Rambelo n’ayant pas le talent de buteur de Pard pour exploiter les services du canadien qui peut se la jouer solo dans ces conditions.

La période médiane reprend sur les mêmes bases. Assauts caennais, prison des Drakkars et but en infériorité numérique de Gauthier pour le coup du chapeau (3-1 à 26’28’’). Oprandi souhaite impulser un électrochoc en remplaçant Dupont par Goetz (26’28’’). L’infortuné ex-gardien caennais laisse passer le premier tir dirigé vers lui par Nicolas Deshaies (26’53’’). Les Albatros sont six pieds sous terre après ce troisième but marqué par les joueurs du Calvados en infériorité numérique. Brest n’avait pourtant encaissé que deux buts dans cette configuration durant toute la saison régulière.

Les Finistériens frôlent la catastrophe sur la sortie de prison de Geslain mais Goetz fait une sortie un peu kamikaze qui déboute le contre normand (32’19’’). Un arrêt qui montre aux siens qu’il est désormais bien rentré dans son match. L’entraîneur brestois veut inverser la tendance en remaniant encore ses lignes. Croteau est désormais entouré par les frères Avenel (36’12’’). Brest pousse jusqu’au gong et finit par faire craquer Normandon sur un tir d’Holik dévié par Pard (4-2 à 39’46’’).

Un but en trompe l’œil car ce tiers fut laborieux pour les visiteurs qui manquent singulièrement de synchronisation dans la construction du jeu et commettent des revirements. Le premier du dernier tiers est l’œuvre de Dian contré par Geoffroy. Le lancer-frappé du capitaine caennais est magnifique et se loge sous la barre (5-2 à 42’18’’).

Nouveau remaniement des blocs brestois : la paire Pard-Croteau est constituée tandis que Berthon devient le centre des frères Avenel (44’ et 45’). Les Drakkars commettent l’erreur de laisser venir les Albatros pour tenter de gérer leur avance confortable de trois buts. La stratégie n’avait pas vraiment porté ses fruits au match 2 puisque les Finistériens étaient revenus à un cheveu d’égaliser.

Le résultat est le même sur cette rencontre. Les Brestois font désormais le jeu et assiègent la cage de Normandon qui s’incline sur un tir lointain de David Croteau (5-3 à 51’08’’). Les spectateurs caennais sont tétanisés par la possibilité d’un retour tandis que les quarante Brestois présents donnent de la voix.

Dian se fait faucher par Birolini. Caen écope d’une prison (52’20’’) puis d’une deuxième par l’indiscipliné Dewey (52’49’’). Ceci offre une situation de 4 contre 3 pendant une quarantaine de secondes qui sont stériles. N’ayant rien à perdre, Oprandi sort même Arnaud Goetz à 5’46’’ du gong final. Le gardien breton retrouve sa place peu après (54’42’’) suite à de nouvelles pénalités pour chaque équipe.

Les Albatros y sont presque et le slalom de Graham Avenel conclu par un quatrième but visiteur confirme ce scénario improbable il y a peu d’un retour au score (5-4 à 56’10’’). Un festival de Croteau provoque une nouvelle faute caennaise purgée par Gyesbreghs (58’54’’). Couplée à la sortie de Goetz, les Albatros sont en situation de six contre quatre jusqu’au terme du temps réglementaire. Le siège est fait sur la cage de Normandon mais les Drakkars ne coulent pas et la sirène finale met fin à leurs frayeurs.

Une fin de match rocambolesque qui nuance le tableau de cette rencontre. Comme au match précédent, les Albatros n’ont véritablement fait le jeu qu’une partie du match (le dernier quart d’heure ici en l’occurrence). Cette physionomie correspond au moment où les Drakkars reculent pour essayer de gérer leur avance logiquement acquise par une meilleure entame de match que leurs adversaires.

Cet incroyable retour manqué de peu laisse à nouveau des regrets aux Brestois qui voient les Normands enchaîner et prendre pour la première fois les commandes de la série. Mais que pouvait espérer Brest en laissant l’adversaire marquer trois fois en infériorité numérique et en étant très vulnérable défensivement aux contres des Caennais plus vifs dans leur entame de match. À l’arrivée, cela fait une victoire de plus pour la lanterne rouge de la Ligue Magnus. Victoire courte certes mais victoire tout de même et méritée.

La pression est clairement sur les épaules des Albatros qui doivent impérativement l’emporter le lendemain sous peine de se retrouver dans une situation très compliquée. Pour les aider dans leur tâche ils pourront compter sur leurs 110 supporters qui envahiront les gradins de la patinoire Caen La Mer au match 4.



Caen – Brest 5-4 (2-1, 2-1, 1-2)
Vendredi 28 février 2014 à 20h00 à la patinoire Caen la Mer. 910 spectateurs
Arbitrage de Bruno Colleoni et Alexandre Hauchart assisté de Pierre Dehaen et Charlotte Girard.
Pénalités : Caen 18' (4', 4', 10'), Brest 16' (6', 2', 8').
Tirs : Caen 41 (19, 12, 10), Brest 38 (11, 7, 20)

Évolution du score :
0-1 à 08'35" : Pard assisté de Dian et Prosvic
1-1 à 09'54" : Gauthier assisté de Poudrier et Romand
2-1 à 14'00" : Gauthier assisté de Stuart (inf. numérique)
3-1 à 26'28" : Gauthier assisté de Chauvel et Stuart (inf. numérique)
4-1 à 26'53" : Deshaies assisté de Chauvel (inf. numérique)
4-2 à 39'46" : Pard assisté de Holik et Evans
5-2 à 42'18" : Geoffroy
5-3 à 51'08" : Croteau
5-4 à 56'10" : G. Avenel assisté de J. Avenel


Caen

Gardien : Lucas Normandon.

Défenseurs : Nicolas Deshaies – Alexis Gomane (A) ; Jordan Dewey – Shawn Stuart  ; Vadim Gyesbreghs – Alexis Birolini.

Attaquants : Udo Marie – Thibault Geffroy (C) – Fabien Métais ; Jean-Christophe Gauthier – Thierry Poudrier (A) – Jérémie Romand ; Brice Chauvel – Damien Grendka – Charles Geslain ; Alexandre Palis.

Remplaçants : Quentin Kello, Hugo Damy, Martin Ropert et Yohann Robert. Absent : Kevin Da Costa..

Brest

Gardiens : Michael Dupont puis Arnaud Goetz à partir de 26’28’’ (sorti de 54’14’’à 54’42’’ puis de 58’54’’ à 60’).

Défenseurs  : Vladimir Holik – Thomas Evans ; Daniel Carlsson (C) – David Hennebert (A) ; Aurélien Gréverend – David Poulin ; Gaëtan Cannizzo. (Rotation à sept défenseurs)

Attaquants : Michal Dian (Rambelo à partir de 44’) – Jaroslav Prosvic (A) – Nicholas Pard  (Dian à partir de 44’) ; Jonathan Avenel – Nicolas Motreff (puis Croteau à 35’ à 45’ et Berthon à partir de  45’) – Graham Avenel ; Aïna Rambelo (Motreff à partir de 45’) – David Croteau – Quentin Berthon (Pard à partir de 45’) ; Valentin Dumélié.  

Absent : Erwan Pain