Dijon - Morzine (Ligue Magnus, quarts de finale, match 1)

Les Dijonnais piaffent d'impatience pour ce 1er match de play-offs. Quinze jours sans hockey, et un besoin aussi fort chez les joueurs que dans le public d'effacer les deux précédentes années et l'élimination des Ducs dès leur entrée en jeu. Côté morzinois, si l'accident de bus - qui a décalé la rencontre d'un jour - n'a heureusement pas fait de blessé grave, on peut se demander s'il a déstabilisé une équipe moins bien classée mais victorieuse d'Amiens, ou au contraire renforcé le "team spirit".
Le jeu s'installe très rapidement en zone morzinoise, mais Hare s'interpose dès les premières occasions. Dijon a pris le jeu à son compte en dépit d'un contre morzinois qui n'aboutit pas. Ritz s'élance en contre à son tour, Hare est encore là. La première supériorité est dijonnaise, Dijon prend le temps de construire et signe pour une fois un powerplay de bonne facture. En face, les Pingouins sont attentifs, et parviennent tout de même à bloquer l'essentiel des tentatives de shoot ducales. La présence d'Eriksson dans le slot pour masquer Hare ne suffira pas pour autoriser aux locaux un but lointain.
 
C'est alors au tour des Pingouins de se retrouver en supériorité, et une nouvelle fois la défensive adverse est en place, Dijon répondant à Morzine en empêchant les Hauts Savoyards, à leur tour, de tirer. Pis, à la sortie de prison de Mulle, celui-ci récupère le palet dans ses patins, et n'hésite pas pour lancer Andersson, qui pour une fois ne tergiverse pas et crucifie Hare (1-0, 7'59'').
 
Quelques minutes plus tard, Morzine entre zone sur un hors-jeu non sifflé, et Hudson ramène le score à égalité sous la bronca du public (1-1, 9'23''). La faute sifflée contre les Pingouins quelques secondes plus tard ressemble fort à de la compensation, ou, au minimum, à un excès de zèle. Eriksson est alors tout près de marquer, mais Hare s'interpose encore, comme il le fera de nombreuses fois ce samedi soir. Dijon gâche sa fin de powerplay, ce qui n'empêche pas Sedlak de redonner de l'avance à son équipe d'un tir flottant, à peine les forces de nouveau à l'équilibre (2-1, 12'25'').
 
Cela chauffe devant la cage de Buysse alors que Dijon est encore en infériorité, jusqu'au contre mené par Eriksson, en forme ce soir (comme les autres soirs, direz-vous). Morzine éprouve alors moultes difficultés à rentrer en zone dijonnaise, mais force Buysse à un arrêt d'importance. Un poteau claque sur un tir de Mulle, Morzine cherche la bagarre sur une faute dijonnaise non sifflée, les arbitres observent mais ne pipent mot, et pendant qu'Andersson ne peut rejoindre les siens pour défendre, les Pingouins reviennent au score (2-2, 17'59''). Le premier tiers s'en termine sur cette égalité parfaite.
 
La première occasion du 2e tiers est de nouveau dijonnaise ; Ahsberg ne peut tromper Hare. Gauthier, lui, ne s'en prive pas, et le palet qu'Hare n'a pu geler passe tout doucement la ligne (3-2, 21'20''). Gauthier effectue un match plus que probant, mais la plus grosse surprise vient peut-être des Suédois du premier bloc dijonnais. Ont-ils levé un blocage ? Quoi qu'il en soit, ils tentent tout.
 
Dijon subit la loi morzinoise pendant de longues minutes, sans céder. Brodin, visiblement pas satisfait quand la séquence de domination de son équipe s'achève, provoque. Decock répond par un tir qu'Hare stoppe de justesse. Le climat est propice au pugilat. Hare, qui a montré de sérieuses difficultés à geler le palet du premier coup, subit un cinglage. Les Pingouins s'empressent de se jeter sur Boudreau, coupable plus ou moins responsable, le corps arbitral signe l'ouverture des soldes et envoie 6 joueurs en prison pour le prix d'un, sans faire de jaloux.
 
Ahsberg et Goz se battent à leur tour, direction la prison bien garnie. Restera-t-il des joueurs sur la glace ? Si les Dijonnais ne sont pas totalement innocents dans cette triste séquence, la prestation morzinoise est, elle, franchement lamentable, cumulée avec un fond de jeu inexistant pendant de longues minutes. Le tiers s'achève sur une superbe déviation dijonnaise, et une intervention de Hare tout aussi superbe.
 
Retour sur la glace pour le dernier tiers. Les locaux, retombant dans de mauvais travers, manquent une cage grande ouverte. En parallèle, Hare s'affirme de très loin comme le meilleur Morzinois du match. Globalement, la possession de palet est dijonnaise, mais les contres morzinois toujours rapides sont dangereux. Le jeu s'est calmé, et redevient tout de suite plus agréable à voir. Dijon est à nouveau en infériorité, de façon tout à fait légitime. Le public pour une fois ne proteste pas, et la défense des Ducs serre les dents. Deux tirs morzinois manqués viennent aider à tuer la pénalité. C'est au tour de Nabb et des Pingouins de manquer l'immanquable, face à un Buysse sorti de sa cage. Trimolet peut souffler, mais le vent du boulet est passé tout près. Korenko, plus en forme que sur ses précédents matchs, écarte un centre dangereux, Mulle répond par un centre du même acabit face à Hare, qui s'interpose.
 
Dijon obtient alors une pénalité plutôt favorable, qui ne fait pas les affaires des Hauts Savoyards, à moins de deux minutes de la fin du match. Les Pingouins poussent quand même, foutu pour foutu, et demandent leur temps mort à 35 secondes de l'échéance finale. Le shoot d'Eriksson en direction de la cage vide intervient alors que le gong retentit, Morzine se jette sur lui, les Ducs viennent soutenir leur camarade. C'est le retour de la bêtise. Szabo écope de 5'+20', Trimolet gronde, mais le principal est tout de même fait ; le premier match est dans la musette des Ducs.
 
 
Dijon-Morzine 3-2 (2-2, 1-0, 0-0)
Samedi 1er mars 2014 à 20h00 à la patinoire municipale de Trimolet. 785 spectateurs.
Arbitrage de Geoffroy Barcelo et Savice Fabre assistés d'Anne-Sophie Boniface et S. Geoffroy.
Pénalités : Dijon 20' (5x2'), Morzine 43' (9x2', 1x5', 1x20').
Tirs : Dijon 45 (15, 17, 13), Morzine 31 (13, 8, 10).
 
Evolution du score :
1-0 à 07'59'' : Andersson assisté de Mulle et Boudreau
1-1 à 09'23'' : Hudson assisté de Jones et Papa
2-1 à 12'25'' : Sedlak assisté de Gauthier et Decock
2-2 à 17'59'' : Gaydon assisté de Ozolins
3-2 à 21'20'' : Gauthier assisté de decock et Eriksson