Dunkerque - Bordeaux (Division 1, quart de finale, match 1)

Pour leur deuxième qualification de suite en quarts de finale, les Corsaires sont à nouveau confrontés à un excellent élève de la classe. Après Lyon, c’est au tour de Bordeaux de venir affronter les Nordistes. Souvenir mitigé pour ces derniers, qui ont vu leur avance de deux buts fondre dans les soixante-quatre dernières secondes de leur confrontation en octobre dernier.

Les hommes de Carl Michaelson ont depuis redressé la tête, non sans perdre plusieurs éléments clés au passage : le capitaine Folcke, que l’on ne reverra peut-être plus sur la glace, et son compère Dubois ont comme Maxime Brachet vu leur saison prendre fin prématurément. Quant au Finlandais Jussi Laine, il ne fut pas du déplacement en terre basque, où Jure Kralj a de nouveau souffert et doit déclarer forfait.

Ce n’est donc pas avec un optimisme béat que Dunkerque aborde la rencontre, face à des Bordelais eux aussi touchés par les aléas : Romain Horrut et le revenant Zidan ont en effet perdu des plumes au cours des dernières semaines. Le revenant slovène est cependant aligné au sein d’une escouade arrivée la veille dans le Nord pour prendre ses marques. Ainsi devenue familière, la zone offensive est rapidement prise d’assaut par les équipiers d’Etienne Brodeur, qui reprend sans contrôle la passe de Savage, positionné dans le coin droit. Les lancers de Dratzén et Obuch chauffent Martel jusqu’au répit apporté par un surnombre girondin. Mathieu Cyr empêche certes Boubé de dégager, ses équipiers ne peuvent générer de danger pour Sebastian Ylönen, uniquement alerté par Laine.

Au complet, Bordeaux reprend le contrôle du jeu. Martial est contraint par la quatrième ligne à concéder un dégagement interdit, puis Loïc Destoop, trop impulsif dans son pressing, gagne à son tour la geôle. Étienne Brodeur se positionne derrière la cage pour distiller une passe précise vers Fredrik Dratzén arrivé en force. La défense est prise de court mais pas Martel, vigilant également face à Majercak. Les défenseurs aquitains multiplient en effet les assauts sur le jeu de puissance, avant d’oublier Mathieu Cyr, trop rapide pour Martin Obuch. Peu employé dans ce premier acte, Ylönen reste toutefois concentré face au Québécois.

Il faut attendre les fautes bordelaises pour voir les Maritimes pointer le bout de leurs crosses. Exclusivement sur des efforts individuels : après un coup de coude de Lambert, Loïc Destoop passe en revue toute la défense, dont un élément est bloqué à la ligne bleue, pour rater le dernier geste, et Daniel Pettersson tente de l’imiter sur la gauche. Le Suédo-Canadien échoue à son tour et ne récolte qu’une charge très appuyée de Boubé, dont il se relève avec peine. Le défenseur bordelais sanctionné pour méconduite, une double supériorité s’ouvre aux hommes de Carl Michaelson. Un jeu à trois Cyr-Pettersson-Nielsen passe près de l’ouverture du score, mais le Danois, alerté au second poteau, est frustré par un vigilant Majercak.

L’alerte passée, les Boxers retrouvent leur allant, sous la houlette d’une première ligne capable de confisquer le caoutchouc de longues secondes en zone offensive, jusqu’à ce que Brodeur ne se heurte au massif Bradac. Si Zeliska se démène pour contourner la défense et servir Francis Desrosiers, les boulets de canon viennent encore de la ligne bleue, par Obuch et surtout Dratzén, dont le lancer échappe quelque peu à Marc-André Martel.

La première occasion du tiers intermédiaire échoit à Tommy Latouche-Gauvin, isolé devant le slot par une passe de Moretti dans ses patins. Cependant, un gros travail de la deuxième ligne girondine pousse Jussi Laine à la faute. Nouvelle supériorité aquitaine, au cours de laquelle Jan Majercak servi par un patient Zemva rate de peu l’occasion de donner l’avantage aux siens. Même si les lancers bordelais sont parfois hors cadre, la maîtrise se poursuit au retour du banni, si bien que la supériorité numérique semble se poursuivre…

Dominés, les Corsaires bénéficient d’un coup du sort pour prendre les devants. Un dégagement d’Ylönen est intercepté à l’entrée de la zone par Mathieu Cyr. La paire Majercak-Obuch n’a pas le temps de s’opposer au capitaine dunkerquois, plein de sang-froid dans le dernier geste (1-0 à 25'31"). Transcendés par ce but, les locaux accentuent la pression : en puissance, Brendan Martial investit la défense, un tir de Krajcik est difficilement maîtrisé, puis Destoop lancé par Thomas s’enflamme mais tente le dribble de trop sur Obuch. Les visiteurs, inquiétés deux fois de suite par des lancers en force de Jakub Bradac, ripostent au plus fort de la tempête pour glacer l’atmosphère.

Dejan Zemva accélère jusqu’à la zone dunkerquoise et sert François Paquin. Le rebond concédé par Martel n’est pas exploité par Savage, mais le danger revient car Desrosiers et Obuch relancent rapidement, le palet parvenant à Étienne Brodeur, laissé libre devant la cage, une position qu’il affectionne particulièrement (1-1 à 31'44"). Contrés alors qu’ils se montraient plus offensifs, le défenseur Laine se trouvant même un instant dans une inhabituelle position de passeur derrière la cage, les Corsaires réagissent par Ballet, dont l’essai en force est écarté in extremis par Ylönen, secouru par des défenseurs moins inspirés sur plusieurs relances manquées. Martial chipe ainsi le palet à Obuch, pourtant en mesure de se dégager avant de prendre un risque.

Les largesses défensives sont contagieuses car, sur une situation confuse, Nicolas Mariage revient de l’arrière du but pour, sans opposition, donner une première fois l’avantage aux visiteurs (1-2 à 36'48"). Voyant son équipier Krajcik au sol, Daniel Pettersson proteste auprès du corps arbitral, écopant d’une longue pénitence pour rejoindre Destoop, auparavant puni pour méconduite en même temps que Cadren, et laisser les attaquants nordistes à sept, ce qui obligera Carl Michaelson à faire appel à Antoine Houque. Situation d’autant plus compliquée que les Girondins ont pris de l’avance avant le deuxième coup de sirène, Brodeur lancé par Zeliska sur l’aile ayant centré idéalement pour son compère Desrosiers (1-3 à 38'39").

Le dernier buteur est toutefois pénalisé dans les derniers instants, la faute à une accélération de Mathieu Cyr. Avec un homme de plus pour la reprise, les Corsaires savent qu’un hypothétique retour passe par un jeu de puissance retrouvé. Tommy Latouche-Gauvin rate le coche de peu, mais Francis Ballet, de la bleue, fait passer le message d’un lancer précis (2-3 à 41'05"). Mathieu Cyr remet le couvert dans la défense adverse, contraignant Zeliska à redoubler de vigilance.

Bordeaux, qui aurait pu reprendre le large lorsque Zemva a cherché le trou de souris dans un angle difficile, cède à nouveau sur une percée de Latouche-Gauvin. Dribblé, Majercak commet une faute… que le corps arbitral commue en tir de pénalité. Décision contestée par le banc girondin, qui estime que la position de l’ancien Nantais vis-à-vis du but et des adversaires est sujette à caution. Le numéro 40 local n’en a cure, trompant Ylönen pour placer le palet sur la gauche du but (3-3 à 42'45").

Très actif, Lukas Zeliska prend les choses en main, d’un lancer en angle très difficile et d’une passe en retrait pour Francis Desrosiers, dont le boulet de canon ne trompe pas Martel. Les occasions se multiplient de chaque côté, le jeu plus ouvert offrant de bonnes opportunités aux visiteurs, habiles en contre-attaque. Le poteau empêche Dejan Zemva, au lancer détourné par la crosse de Ballet, de trouver le but.

Dunkerque laisse passer l’orage et récupère Destoop et Pettersson aux abords des cruciales dernières minutes. Les deux hommes s’illustrent d’ailleurs dès leur retour au jeu, le second contraignant Sebastian Ylönen à concéder un nouveau rebond. Quant à Loïc Destoop, il contre Fredrik Dratzén et initie un deux contre un galvaudé par une passe trop peu appuyée vers Cyr. Encore plus percutant, Jakub Bradac tente une percée improbable au cœur de la défense, Majercak, Boubé et leurs partenaires ne pouvant arrêter l’ancien défenseur amnévillois, seul face à Ylönen. Difficile de juger de la trajectoire du palet, qui n’a pas franchi la ligne fatidique selon le banc girondin et Jean-François Savage, courroucés (4-3 à 52'31").

Le public local n’en a cure, lui qui entonne l’un des chants traditionnels du Carnaval, « On dit que Dunkerque est mort… ». Un peu présomptueux à la vue des intentions de Zemva, dont la passe n’est cependant pas reprise par Zidan dans l’enclave. Dunkerque se recroqueville, ne contre-attaquant que par intermittences, notamment par un lancer masqué de Latouche-Gauvin. Martin Lacroix quémande son temps-mort et Ylönen déserte sa cage. Bradac sanctionné pour accrocher, c’est un "6 contre 4" qui se dessine dans la zone locale pour la dernière minute. Le scénario d’octobre se répétera-t-il ? Brodeur reprend de volée la passe de Zeliska, dans le gant de Martel. Après une mine de Paquin de la ligne bleue, on retrouve les deux protagonistes sur la dernière action de la rencontre : l’ancien Montpelliérain sert Lukas Zeliska, dont l’essai ne transperce pas Martel.

À l’image de son coach, vindicatif vis-à-vis des arbitres, ou de Desrosiers, qui sur la dernière mise au jeu confond le palet et les jambes de Cyr, Bordeaux sort frustré de sa soirée à Raffoux. L’occasion d‘effacer cette défaite se présentera vendredi après-midi (!) à Mériadeck.

Commentaires d'après-match

Carl Michaelson (entraîneur de Dunkerque) : "Bien défendre était une partie du plan de jeu. Il fallait jouer comme nous en sommes capables, tout en respectant notre adversaire, meilleur. Nous devions corriger les erreurs du deuxième tiers-temps, ce qui a été fait car notre cage est ensuite restée inviolée. C’est compliqué face à cette équipe, qui a un excellent coach et d’excellents éléments. Je suis fier de mes joueurs. À la deuxième pause, nous avons parlé des bonnes choses réalisées, en restant soudés et tranquilles. La chose primordiale est de terminer fort. Pour le deuxième match, l’horaire ne doit pas être un paramètre décisif, cela ne change rien."

Martin Lacroix (entraîneur de Bordeaux) : "Martel a été déterminant, même si au deuxième tiers-temps nous parvenons à marquer trois buts consécutifs. La différence se fait sur un tir de pénalité inexistant et un but validé alors que le palet n’a pas franchi la ligne. Malheureusement il n’existe pas de reprise vidéo. Il ne faut toutefois pas enlever de crédit à la bonne prestation de Dunkerque. Pour le match de vendredi, nous allons nous préparer comme d’habitude, après avoir réglé certaines choses."


Dunkerque – Bordeaux 4-3 (0-0, 1-3, 3-0).
Samedi 8 mars 2014 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux. 1 000 spectateurs.
Arbitrage de Frédéric Le Berre assisté de Geoffrey Yssembourg et Jérémy Kahli.
Pénalités : Dunkerque 32' (4’, 2’+2x10’, 6’), Bordeaux 44' (8’+10’, 2'+10’, 4’+10’).
Tirs : Dunkerque 31 (5, 13, 13), Bordeaux 40 (17, 9, 14).

Évolution du score :
1-0 à 25'31" : Cyr
1-1 à 31'44" : Brodeur assisté de Desrosiers et Obuch
1-2 à 36'48" : Mariage assisté de Brodeur et Zidan
1-3 à 38'39" : Desrosiers assisté de Brodeur et Zeliska
2-3 à 41'05" : Ballet assisté de Cyr (sup. num.)
3-3 à 42'45" : Latouche-Gauvin, tir de pénalité
4-3 à 52'31" : Bradac

Dunkerque

Gardien : Marc-André Martel.

Défenseurs : Jakub Bradac - Francis Ballet (A) ; Kristian Krajcik - Jussi Laine.

Attaquants : Tommy Latouche-Gauvin (A) – Mathieu Cyr (C) - François Moretti ; Esben Nielsen - Benjamin N'Guyen - Daniel Pettersson ; Brendan Martial - Loïc Destoop - Clément Thomas ; Antoine Houque à 40’00".

Remplaçants : Michael Dizgun (G), Victor Théry, Benjamin Bataille, Antoine Vanwormhoudt. Absents : Ghislain Folcke (commotion), Maxime Brachet (épaule), Grégory Dubois (pied), Jure Kralj (blessé).

Bordeaux

Gardien : Sébastian Ylönen (sorti à 58'39").

Défenseurs : Fredrik Dratzén (A) - François Paquin (A) ; Jan Majercak - Cyril Boubé ; Maximilien Tromeur - Martin Obuch.

Attaquants : Francis Desrosiers - Lukas Zeliska - Étienne Brodeur ; Thomas Paradis - Vincent Cadren - Nicolas Mariage ; Cyril Lambert - Dejan Zemva - Jean-François Savage (C) ; Andrej Zidan, Raphaël Larrieu.

Remplaçants : Mickaël Gasnier (G), Antoine Picot. Absent : Romain Horrut (pied).