Brest - Caen (Ligue Magnus, Play-down, Match 5)

La montagne accouche d’une souris.

La tension est montée d’un cran après le match 4 suite à la charge non sanctionnée de Quentin Berthon qui a sorti du match Thierry Poudrier. Cet évènement a déclenché les foudres du coach caennais Luc Chauvel et de l’attaquant Jérémie Romand dans les médias.

Employant des termes appartenant au champ lexical de la guerre, de la menace et de l’appel à la vengeance, ils promettent une véritable bataille ce soir pour ce match 5. L’entraîneur breton Sébastien Oprandi joue plutôt la carte de l’apaisement.

Au vu du contexte, le match s’annonce plutôt explosif pour au final bien peu de choses. Première surprise : Thierry Poudrier, annoncé blessé par des rumeurs, est présent dès le coup d’envoi. Avec le retour de Kevin Da Costa, les Caennais sont finalement au complet. Après avoir loupé les matchs 3 et 4, Erwan Pain est de retour pour les Albatros mais seulement comme joueur de complément.

À l’exception du match 1, les entames de match brestoises ont été plutôt poussives jusqu’à présent. Cette rencontre ne fait pas exception et c’est bien dommage pour les Albatros qui obtiennent pas moins de quatre supériorités numériques dans les douze premières minutes. De quoi prendre les commandes et assommer l’adversaire rapidement dans une série où l’équipe ayant deux buts d’avance l’emporte à chaque fois.

Hélas pour eux, ils n’en profitent pas une seule fois. La construction du jeu est poussive et Brest reste sous la menace de contre-attaques dangereuses des Caennais qui pressent à la bleue. Thibault Geffroy bloque ainsi un tir de Pard. L’occasion offerte par ce revirement se solde par un lancer-frappé bien stoppé par Michael Dupont (12’39’’). Les seules éclaircies locales n’existent que par la technique de David Croteau qui est le seul à impulser un peu de dynamisme dans ce premier tiers fade. Du côté normand, ce n’est guère mieux, même en powerplay dans les dernières minutes de la période (16’58’’).

Surprise à l’entame du tiers médian, Quentin Kello prend la place de Lucas Normandon dans les cages des Drakkars. Auteur d’un match impeccable jusqu’à présent, l’ex-portier angevin est blessé et préfère laisser sa place. Son remplaçant s’en tire à bon compte face à David Croteau qui manque de pousser au fond la passe de son compatriote Nicholas Pard (21’40’’).

Les choses s’emballent enfin dans ce match atone jusqu’à présent. Les offensives se font plus tranchantes d’un côté comme de l’autre. Michal Dian échoue de près après un rapide tour de cage mais dans la foulée Nicolas Motreff ne parvient pas empêcher le palet à sortir de la zone offensive. Thierry Poudrier en profite pour s’échapper en contre mais il est débouté par Dupont (26’20’’). Le centre canadien est certes présent mais il ne semble pas en pleine possession de ses moyens. Il y a fort à parier qu’il joue blessé.

La balance des pénalités se rééquilibre avec les sanctions sifflées à l’encontre de Vladimir Holik (26’48’’) puis de David Hennebert (27’52’’). Réduits à trois contre cinq avec deux défenseurs en prison, les Bretons tiennent le choc car le jeu de puissance des Drakkars n’est guère plus convaincant.

Le danger écarté, les Albatros reviennent au complet et se créent leur plus grosse occasion. Un tir fulgurant de Nicholas Pard fait tinter la transversale et le poteau de Kello (31’40’’). Malgré une timide tentative de Birolini (32’34’’), la domination est locale. Erwan Pain entre dans le bal, uniquement en supériorité numérique d’abord (33’35’’) puis sur le bloc offensif Pard-Croteau après la blessure de Nicolas Motreff (34’). Son tir est repoussé par Kello (36’36’’) et le revers de Croteau s’avère trop mou pour déjouer le gardien caennais qui assure parfaitement sa suppléance.

La pause ayant permis à Motreff de se rétablir, Pain retrouve sa place sur le banc. L’ultime période démarre fort physiquement avec des charges appuyées des deux côtés. Dans le dos des arbitres, Nicolas Deshaies projette Nicholas Pard à terre. Remis sur ses patins, le Canadien va au contact se faire justice auprès du défenseur caennais sous les yeux du corps arbitral qui appelle une pénalité différée. Kello sort pour créer un surnombre. S’ensuit un cafouillage devant le but de Dupont sur lequel Brice Chauvel est le plus prompt à récupérer le palet errant qu’il pousse au fond (0-1 à 44’10’’).

Il reste un peu plus d’un quart d’heure afin de réagir pour Brest où pour creuser l’écart pour Caen. Les Albatros pensent avoir égaliser par un tir excentré de David Poulin mais le but est logiquement refusé, la cage ayant été bougée (par Quentin Kello ?). Un fait de jeu suivi peu après par un incident cocasse : en se faisant charger, le capitaine caennais Thibault Geffroy arrache une moitié de publicité se trouvant sur la bande délimitant l’aire de jeu (48’). Voir photo ci-dessous

Quelques minutes d’interruption sont nécessaires pour régler le problème (arracher la partie restante de la publicité), permettant ainsi aux deux équipes de recharger les batteries pour le sprint final. Revigoré, David Croteau est l’auteur de l’action du match : partant en contre-attaque en infériorité numérique, il se fait une passe lobée pour lui-même. Malgré des Caennais à sa poursuite il se présente en duel face à Kello. Son tir passe ras glace à côté de la cage, des cinglages normands non sanctionnés ne lui ayant pas permis d’ajuster sa frappe (54’10’’).

Bien regroupés en défense, les Drakkars commettent néanmoins des fautes évitables. Un retard de jeu les pénalise pour la seconde fois suite à un palet directement dégagé hors de la surface de jeu (55’27’’). Incapables de concrétiser et de plus en plus résignés, les Albatros ne profitent pas de cette offrande adverse. La sortie de Dupont (59’13’’) et le temps mort (59’19’’) sont vains malgré un palet qui flirte avec la ligne de but caennaise dans les ultimes secondes (59’59’’).

Victoire caennaise sur la plus petite des marges à l’issue de la rencontre la moins spectaculaire de la série et aux antipodes des annonces faites dans la presse. Les deux équipes ont été en dessous de leur niveau habituel. Peut-être crispés par l’enjeu, Normands et Bretons ont longtemps affiché un jeu timide bien loin du champ de bataille promis.

À l’arrivée, cela bénéficie aux Caennais qui empochent un troisième succès par un petit but d’avance mettant dos au mur les Brestois qui dominent pourtant la série en terme de buts inscrits (17 contre 11). Décevants par rapport à la prestation du match 4, les Albatros devront tout donner samedi prochain à Caen la Mer pour espérer décrocher un septième match. Pas moins de 150 supporters les accompagneront pour les encourager.


Brest – Caen 0-1 (0-0, 0-0, 0-1)
Samedi 8 mars 2014 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1400 spectateurs
Arbitrage de Geoffrey Barcelo et Alexandre Bourreau assisté de Pierre Dehaen et Yann Furet.
Pénalités : Brest 16' (4’, 6’, 6’), Caen 14' (8’, 2’, 4’).
Tirs : Brest 37 (14, 15, 8), Caen 38 (16, 14, 8)

Évolution du score :
0-1 à 04’10’’ : Chauvel assisté de Da Costa et Gomane (joueur supplémentaire)

Brest

Gardien : Michael Dupont (sorti à 59’19’’).

Défenseurs  : Vladimir Holik – Thomas Evans ; Daniel Carlsson (C) – David Hennebert (A) ; Aurélien Gréverend – David Poulin.

Attaquants : Aïna Rambelo – Jaroslav Prosvic (A) – Michal Dian ; Jonathan Avenel (Rambelo de 35’ à 48’) – Quentin Berthon (J. Avenel de 35’ à 48’) – Graham Avenel (Berthon de 35’ à 48’) ; Nicolas Motreff (Pain de 36’ à 40’) – David Croteau – Nicholas Pard ; Valentin Dumélié ; Erwan Pain (une présence en supériorité numérique à 33’35’’).  

Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Gaëtan Cannizzo.  

Caen

Gardien : Lucas Normandon puis Quentin Kello à partir de 20’.

Défenseurs : Nicolas Deshaies – Alexis Gomane (A) ; Jordan Dewey – Shawn Stuart ; Vadim Gyesbreghs – Alexis Birolini.

Attaquants : Udo Marie – Thibault Geffroy (C) – Fabien Métais ; Jean-Christophe Gauthier –Thierry Poudrier (A) – Jérémie Romand ; Brice Chauvel – Kevin Da Costa – Charles Geslain.

Remplaçants : Alexandre Palis, Damien Grendka, Hugo Damy, Martin Ropert et Yohann Robert.