Rouen - Angers (Ligue Magnus, demi-finale, match 1)

Hardy les Ducs !
 
Face à sa "bête noire" rouennaise, Angers (sans Mrena) n'a pas fait dans la fioritures.
 Les franchissements savants de la ligne bleue, le contrôle du palet des arrières, les "tic-tac toe" et les belles envolées individuelles n'ont pas de place dans l'ASGA de Simon Lacroix. Mais le combat, la rage et le cœur envahissent ce manque. Devant un Florian Hardy serein et respecté, la défensive des Ducs a été aussi remarquable d'abnégation que surprenante de fraîcheur.  
 
Rouen est sorti très très fort au premier tiers. En moins de trente-neuf secondes, le RHE avait déjà tiré trois fois pour se créer sa première occasion. Janil (0'20), Lahesalu (0'33) et Riendeau (0'39) étaient sur la bonne voie. Les pénalités à cheval de dix secondes de Janos Vas et Tomas Baluch s'annulaient (02'11). Rouen campe en zone offensive. Romain Gutierrez et Juraj Stefanka y sont comme dans leur jardin et leur compère, Anthony Rech, trouve la barre ! Florian Hardy est battu pour ce qui sera la seule fois du match (5'29).
 
Ensuite, les Dragons, toujours aussi gourmands de palets, gênés par une défensive accrocheuse à souhait, ne réussiront plus à se créer de décalage suffisant dans leurs actions pour ajuster Florian Hardy qui n'avait plus "qu'à" faire son boulot. Julien Desrosiers de trop loin (4'37), Manavian trop excentré (6'51), Desrosiers trop souple (6'54), Vas pas assez bas dans l'enclave (7'59). Marc-André Thinel se voit refuser un but pour quelques millimètres de lame dans le cercle d'engagement gauche. Le sifflet lent (après que le capitaine normand a eu le temps de contrôler le puck puis de balayer la rondelle) de M. Loos a de quoi légitimement braquer toute la patinoire.
 
Les joueurs locaux sont moins incisifs mais toujours dominants. Les coéquipiers de Jonathan Bellemare sortent le bout de leurs becs. Cependant, pas de mégarde, Florian Hardy gère, certes en père peinard, des tirs d'une pluie toujours battante. De Janil (9'09), à Tavzelj (11'39 et 12'37) en passant par Mielonen (10'54). Que des défenseurs ! Bref, les Ducs interdisent toute approche, tout trafic aux Dragons. Parfois avec des moyens illicites comme Julien Albert sur Goncalves et Benoit (12'44). Le jeu de puissance des joueurs de Rodolphe Garnier ne se crée pas vraiment de chance et bute sur Florian Hardy. Alors qu'au contraire, Campbell et Crowder se projettent à deux-contre-un, le tir du dernier nommé étant remarquablement stoppé par Gabriel Girard d'une mitaine inspirée. Un arrêt délicat, bien effectué à froid par l'excellent substitut de Fabrice Lhenry blessé, qui ne touchait là guère plus que son deuxième palet (13'57). C'était sans frais de la part des Angevins, mais un avertissement tout de même.
 
Mis sur la corde raide par Angers, Lampérier manque une opportunité à cause d'un mauvais contrôle (15'08), les Dragons prennent de mauvaises décisions. Un ailier manque une interception en zone neutre. Du coup, le mouvement angevin a créé l'intervalle nécessaire à son offensive. Tim Crowder file le long de la bande à droite, centre, pour Fortier qui, à la lutte avec un défenseur droit mollasson, a pris la position préférentielle devant la cage. Petite déviation de l'ailier gauche, qui passe au-dessus de la jambière de Girard (0-1 à 15'52). Simple et efficace.
 
La suite ? Elle se résume presque simplement à un nom. Devinez ! Florian Hardy. Le garçon sera très solide d'abord devant Julien Desrosiers (16'34). Ensuite, Un excellent pressing offensif de Marc-André Thinel aura trouvé Vas qui a su se démarquer et se rendre disponible mais est trop altruiste envers Lampérier qui manque son duel avec Hardy alors qu'il est idéalement placé dans le slot (16'59). Enfin, François-Pierre Guénette échoue en échappée sur le mur Hardy, au style peu spectaculaire mais très efficace (18'44).
 
Après ce premier tiers, Angers mène contre le cours du jeu, mais ce sont les play-offs et donc peu importe la manière. Au retour, l'ASGA a une terrible chance à deux coups, mais Gabriel Girard est incroyable et sauve son camp de deux parades successives devant Brian Henderson qui a habilement manœuvré puis devant Albert à la suite de l'international (20'17). Rouen souffre et Gutierrez déplace sa cage. Le RHE neutralise l'attaque à cinq adverse (25'00).
 
Robin Gaborit, puis Busto cirent le banc de la geôle. Mais les Dragons ne sont vraiment pas inspirés. Pendant une minute et trente-trois secondes en double avantage numérique, à part le bris de crosse du joueur situé à la pointe, il n'y a rien eu de notable ! Simon Lacroix a même le temps de changer au moins deux fois ses trios défensifs tellement les normands sont... ou plutôt n'y sont pas. À sa sortie de prison, Robin Gaborit est trouvé en contre provoque Girard qui repousse, un Duc réplique, Girard parade, Börjesson de près ajuste Girard qui n'a plus d'appuis, mais celui-ci fait jaillir sa mitaine, on ne sait comment, et stoppe son exécution (27'58). In-Croi-Yable !
 
Les champions de France ont compris le danger et ils ressortent les armes. La ligne Rech-Gutierrez-Stefanka est frustrée par Hardy, une nouvelle fois solide (29'48). Sous pression et provoqué, Eric Fortier ne tient plus ses nerfs, preuve que la compétition est rude pour les deux derniers finalistes de la Magnus. Après avoir sanctionné le buteur angevin, M.Bergamelli demande à M.Juret de descendre de son perchoir. "Pénalité de match pour le banc d'Angers", indique la table de marque (33'28). Ultime gageure présidentielle au corps arbitral, le dirigeant de l'ASGA finira de suivre le match juste à côté du banc derrière le plexi... En power-play, Rouen n'y est toujours pas et n'y sera jamais. Fatal, les jeux de puissance rouennais successifs (33'28 & 39'03) sont téléphonés, lents, paralysés, galvaudés.
 
Au dernier tiers, Rouen domine sans virulence, jusqu'à sa première chance depuis vingt-cinq minutes. Julien Desrosiers est dans l'enclave, il a de l'espace pour armer son lancer, cette fois le Franco-Québecois a le temps d'ajuster Hardy... Julien Albert, revenu du diable vauvert derrière l'ailier local, pousse la rondelle hors de portée de la crosse du Rouennais (46'03).
 
Les hommes du président Chaix sont émoussés. Antonin Manavian est maladroit et commet une faute offensive sur Crowder (49'58). Gabriel Girard trouve encore la ressource de sortir une mitaine salvatrice lors d'un lancer d'Albert (51'14). Andrej Tavzelj sera monstrueux sur le box-play local et évite à ses coéquipiers de trop s'exposer à la menace adverse. Rebelote, Guénette fait trébucher Albert par imprudence (52'14). Si les Dragons résistent, ils sortent désorganisés de ces deux pénalités. Pourtant Rodolphe Garnier ne prend pas son temps-mort ! Et sur un contre, arrive ce qu'on pouvait voir venir depuis ces deux dernières infériorités, le but angevin. Un déboulé sur la gauche, un centre au cordeau, un palet dévié et ça fait deux pour Angers (0-2 à 56'30).
 
À Rouen, Gabriel Girard sera bien remplacé par un attaquant supplémentaire, sans pouvoir prendre de temps mort, mais en vain. Angers mène la série une victoire à zéro. Les Ducs seront-ils capables de recouvrer autant d'énergie après leur débauche de ce soir ? Les Dragons prendront-ils l'ascendant psychologique sur Hardy en recouvrant de l'efficacité offensive et du jeu en power-play ? Autant de questions que le match numéro deux pourraient lever.
 
Joueurs étoiles du match : *** Florian Hardy (Angers) ; ** Tim Crowder (Angers) ; * Éric Fortier (Angers).
 
 
 
Rouen - Angers 0-2 (0-1, 0-0, 0-1)
Mardi 11 mars 2014 à 20h30 au centre sportif Guy Boissière. 2747 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli et Damien Bliek assistés de Gwilherm Margry et Matthieu Loos.
Pénalités : Rouen 16' (2', 6', 8') ; Angers 20' (4', 12', 4').
Tirs : Rouen 46 (22, 15, 9) ; Angers 22 (4, 10, 8).
Supériorités : Rouen 0/6, Angers 0/4.
Chances : Rouen 7 (5, 1, 1) ; Angers 3 (0, 2, 1).
 
Évolution du score :
0-1 à 15'52" : Fortier assisté de Crowder et Borjesson
0-2 à 56'30" : Crowder assisté de Skinnars et Bellemare
 
 
Rouen
 
Gardien : Gabriel Girard (20 arrêts) sorti de 58'30 à 59'58.
 
Défenseurs : Lauri Lahesalu – Jonathan Janil ; Antonin Manavian – Miloslav Guren ; Andrej Tavzelj (A) – Juha Mielonen ; et Léo Guillemain (de 5'29 à 15'52).
 
Attaquants : Julien Desrosiers – François-Pierre Guénette (A) – Yannick Riendeau ; Loïc Lampérier – Janos Vas – Marc-André Thinel (C) ; Anthony Rech – Romain Gutierrez – Juraj Stefanka [et Benoit avec parcimonie] ; et Anthony Goncalves – Loup Benoit – Johan Saint-André (de 5'29 à 15'52).
 
Remplaçants : Tom Aubrun (G), Dimitri Thillet. Absents : Fabrice Lhenry (adducteurs), Raphaël Faure (surnuméraire), Stanislav Hudec (départ).
 
Angers
 
Gardien : Florian Hardy (46 arrêts).
 
Défenseurs : Florent Aubé – Michael Busto (A) ; Gary Lévèque – Cédric Custosse ; Fredrik Börjesson – Paul Bahain.
 
Attaquants : Tomas Baluch – Brian Henderson – Julien Albert (A) ; Éric Fortier – Braden Walls – Cody Campbell ; Johan Skinnars – Jonathan Bellemare (C) – Tim Crowder ; Robin Gaborit.
 
Remplaçants : Alexis Neau (G), Alexis Crosnier, Damien Sanchez. Absents : Andrej Mrena (?), Mark Isherwood (mal du pays).