Meudon - Compiègne (Division 2, quart de finale retour)

Les demi-finales de D2 auront un qualifié inédit, Compiègne ou Meudon, et le résultat du match aller a ménagé le suspense.
 
Les deux buts de retard concédés dans l'Oise paraissent en effet remontables pour les Meudonnais. Ils se produisent devant des gradins bien pleins (l'entrée est gratuite), où les supporters compiégnois sont aussi arrivés avec leurs tambours.
 
La stratégie est simple pour Meudon : attaquer fort. Pendant dix minutes, les Comètes maintiennent une forte pression, et ils en sont récompensés par trois supériorités numériques. La première donne lieu à un un lancer lointain de Sébastien Trabach qui marque côté mitaine, mais l'arbitre refuse le but car le gardien a été gêné par un joueur dans son demi-cercle. La deuxième ne dure que quelques secondes, annulée par une obstruction de Lebailly. La troisième est la bonne : Thomas Lebailly tire de la ligne bleue, Connor Gagnon prend le rebond dans l'axe et Juraj Sadlon bénéficie d'un second rebond avec la cage ouverte sur le côté gauche (1-0, 08'40").
 
Mais dans la seconde moitié du premier tiers-temps, Compiègne reprend du poil de la bête. Deux pénalités de Nesa et Sadlon lui donnent du grain à moudre. Pendant la première, Alexandre Delplanque prend une position préférentielle devant la cage et égalise sur une passe en retrait d'Alexandre Le Blanc (1-1, 14'30"). Pendant la seconde, Quentin Fauchon vient marquer depuis l'arrière du but, côté droit (1-2, 16'43"). Les Lions ont réussi à priver les Meudonnais de palet pour se sortir de l'étreinte.
 
L'avantage de Compiègne s'est donc accru à trois buts au score cumulé, mais son effectif s'est réduit d'un homme : Martin Domian a dû quitter la glace avec une côte apparemment fracturée, et ses coéquipiers tournent donc à huit attaquants. Leur principale activité est défensive car ils se replient pour former un bloc très compact, mais ils lancent aussi des contre-attaques rapides. Dès le début de deuxième période, Fabien Kazarine part ainsi à 2 contre 0, il tente le tir, mais Pete Karvouniaris couvre bien l'angle.
 
On comprend que ces deux buts encaissés compliquent sérieusement la tâche des Meudonnais, car ils sont réduits à un attaque-défense ardu. Leur arrière slovaque Juraj Sadlon passe la majorité du temps sur la glace avec pour tâche de distribuer le jeu par ses relances, mais les avants peinent à se créer des occasions très franches. Il n'y a aucun espace et il faut beaucoup travailler en espérant de la réussite.
 
Vient le temps des méconduites. L'attaquant local Florian Nesa, habitué de ce type de sanction, est envoyé dans la geôle pour des paroles prononcés dans une algarade de slot. Compiègne se voit privé pour sa part pendant dix minutes de deux défenseurs (Fabien Bourgeois et David Artano) qui ont la mauvaise idée de contester des décisions arbitrales. Les Lions font repasser Thorrignac à l'arrière.
 
Les Meudonnais ne profitent pas de cette nouvelle perturbation des lignes. Plus ils se lancent à l'assaut, et plus ils se découvrent. À 4 contre 4, Alexis Nicolay part en contre-attaque sur l'aile droite, et Christophe Bourges prend un rebond face au gardien local qui réalise un arrêt-réflexe salvateur de la botte (37'42"). Après la pause, Karvouniaris doit encore sauver deux fois son camp en moins de trois minutes, face à Rémi Thomas qui se présente seul face à lui, puis avec un arrêt de la jambière sur un 2-contre-1 entre Le Blanc et Kazarine.
 
C'est au moment où l'on n'y croit plus guère que le MHC atteint enfin la cible. Aymeric Millet passe de derrière la cage et ne trouve toujours aucune dans cette défense compacte qui coupe les lignes de passe avec son activité de la crosse. Alors, il remet en retrait vers la bleue à Thomas Lebailly... qui lance au fond des filets (2-2, 46'00"). Ce but peut relancer Meudon, et Lebailly, qui enchaîne avec une belle mise en échec récupératrice dans sa zone, semble maintenant succéder à Sadlon comme meneur des lignes défensives.
 
La physionomie générale souffre néanmoins de peu d'évolution : Meudon domine mais se met à la merci d'une contre-attaque à tout moment. Quand Nesa prend encore une pénalité, pour un cinglage, Francis Larivée - seul sur le banc car son adjoint Romain Dubourdieu a été suspendu pour des mots envers les arbitres au match aller - utilise son temps mort (53'19"). Son équipe ne laisse pas les Lions s'installer et se procure même pas la meilleure occasion en infériorité par Gagnon. Mais en attendant, les minutes défilent toujours...
 
Meudon sort son gardien à une minute vingt-cinq de la fin. Alexandre Delplanque fait trébucher Millet dans le coin, et les Comètes peuvent donc jouer à 6 contre 4. En vain. Compiègne tient le score et peut exploser de joie : cette équipe qui accumulait les défaites en début de saison accède maintenant aux demi-finales !
 
Commentaires d'après-match
 
Olivier Duclos (entraîneur de Compiègne) : "C'est exceptionnel. On n'a aucune pression, forcément les joueurs se libèrent. On va jouer le coup à fond. On ne sera pas favoris contre Toulouse, là on l'était peut-être. Cela aurait été une déception de ne pas passer, suite au match aller où on était au-dessus techniquement. On a bénéficié de l'élimination rapide de la Magnus [d'Amiens], on a récupéré des joueurs qui se sont bien intégrés, la mayonnaise a pris rapidement."
 
Francis Larivée (entraîneur de Meudon, photo de gauche) : "L'idée est toujours de te rendre le plus loin possible en play-offs. La déception est tout le temps la même, quel que soit l'adversaire, et elle est là, difficile à évacuer dix minutes après l'élimination. Cette série dure 120 minutes, on a eu des hauts et des bas, et eux aussi. Compiègne a su marquer sur ses moments hauts, nous n'avons pas su le faire, et je n'enlève rien à la qualité du gardien Becouze qui a su se dresser quand il fallait. On a eu cinq minutes de flottement, mais on a dominé 55 minutes ce soir, même si soi-disant Compiègne a plus de ressources techniques que nous."
 
 
 
Meudon - Compiègne 2-2 (1-2, 0-0, 1-0)
Samedi 15 mars 2014 à 18h00 à la patinoire de Meudon la Forêt.
Arbitrage de Jean-Michel Hamont.
Pénalités : Meudon 24' (8', 4'+10', 2') ; Compiègne 36' (6', 8'+10'+10', 2').
Tirs : Meudon 37 (12, 14, 11) ; Compiègne 25 (8, 10, 7).
 
Évolution du score :
1-0 à 08'40" : Sadlon assisté de Gagnon et Lebailly (sup. num.)
1-1 à 14'30" : Delplanque assisté de Le Blanc et Kazarine (sup. num.)
1-2 à 16'43" : Fauchon assisté de Le Blanc et Bourges (sup. num.)
2-2 à 46'00" : Lebailly assisté de Millet et Gagnon
 
 
Meudon
 
Gardien : Panagiotis Karvouniaris [sorti à 58'35"].
 
Défenseurs : Juraj Sadlon - Morgan Noale ; Thomas Lebailly (A) - Gatis Bruders ou Nicolas Barbey (A).
 
Attaquants : Aymeric Millet - Antoine Bernardon (C) - Florian Nesa ; Patrick Langlois - Connor Gagnon - Sébastien Trabach ; Baptiste Blommaert ou Benjamin Voyer - Yohan Guilhem - Raphaël Mante ou Romain Soustelle.
 
Remplaçants : Benjamin Roullier (G), Julien Depois.
 
Compiègne
 
Gardien : Axel Bécouze.
 
Défenseurs : Alexandre Delplanque (C) - Fabien Bourgeois ; David Artano (A) - Marc-Antoine Herbet ; Christophe Bourges.
 
Attaquants : Martin Domian [blessé aux côtes] - Antoine Le Blanc - Fabien Kazarine ; Quentin Fauchon - Rémi Thomas - Alexis Nicolay ; Jason Thorrignac - Jakub Jelen - Paul Weisser.
 
Remplaçant : Corentin Cunsolo (G).