Caen - Brest (Ligue Magnus, play down, match 6)

Brest s’offre une balle de match

Ça sent le soufre ce soir à la patinoire de Caen La Mer. L’antre des drakkars est comble, 1700 personnes sont présentes dont 150 Brestois. Caen s'est offert la semaine dernière une occasion en or de plier la série à domicile. Lucaas Normandon, toujours en délicatesse avec son dos, laisse sa place à Quentin Kello, très jeune gardien formé à Amiens. Luc Chauvel peut compter sur un effectif complet tandis que Sébastien Oprandi doit se passer de Motreff, blessé à l’épaule.

Les deux équipes semblent se regarder en ce début de match, mais Gauthier fait parler sa pointe de vitesse pour menacer Dupont et la défense bretonne. Le kop brestois se fait entendre dans les travées de la patinoire. Gauthier est au four et au moulin, chacune de ses accélérations fait mouche. Les Drakkars sont bien rentrés dans le match, les duels sont physiques et les charges appuyées. C'est Da Costa qui est le premier sanctionné pour une obstruction. Kello et sa défense contrent les tirs brestois, Holik et Pard lancent vers la cage, mais c'est Croteau qui oblige le gardien à bloquer la rondelle de la mitaine. Caen repart de l'avant après avoir tué la pénalité. Romand, très en vue ce soir, travaille fort contre la bande et lance Poudrier pleine axe mais son tir est arrêté.L'élan caennais est encore stoppé quand Geffroy qui faire trébucher le cerbère breton. Dupont joue bien le coup sur cette faute en laissant trainer sa jambe devant le capitaine normand. Brest profite de ce powerplay pour prendre l'avantage. Prosvic, placé devant le but, dévie parfaitement la passe de Croteau dans les filets du jeune Kello (0-1, 7’38’’). Ce but fait mal aux Drakkars qui peinent à prendre le jeu à leur compte.Les hommes d'Oprandi sont beaucoup plus rapides, Croteau transperce la défense mais Kello repousse de la botte. Caen souffre, plie mais ne rompt pas. Les Albatros impriment un gros rythme. Marie, suite à un palet gratté devant le but, fait trembler le camp brestois. Mais sa passe arrive dans les patins de Romand qui ne peut tirer. Brest fait tourner la rondelle et leur pressing très haut empêche les Caennais de bien relancer. Les Drakkars sont trop désorganisés, perdant trop de palets en zone neutre. Dian part même en contre pour un face-à-face que Kello remporte avec sa botte droite. Gréverend est pénalisé, mais Caen n'installe pas son power play, seul Gyesbreghs lance un slap puissant sur Dupont, bien dans son match. Brest sort donc de la glace en menant au score. Le but de l’ancien Caennais a fait très mal aux hommes de Luc Chauvel. Le match est parti sur un rythme très intense, le jeu est physique mais sans mauvais geste à signaler. Brest a pris l’avantage fort logiquement.

Les Caennais repartent en supériorité numérique et même en double supériorité, Holik étant sanctionné. Et comme souvent, le powerplay caennais se fige. Gyesbreghs, Da Costa et Chauvel essayent tant bien que mal d'être dangereux mais il en faut plus pour déstabiliser Dupont. Le Canadien est très rassurant, rapide sur ses jambes. Les Brestois tuent la nouvelle pénalité de Holik sans difficultés. Offensivement, les Drakkars doivent montrer autre chose pour espérer tromper Carlsson et ses coéquipiers. Les Albatros siègent dans le camp caennais pendant que Gomane est en prison. Kello multiplie les parades, Brest fait bien circuler le palet en utilisant deux joueurs derrière la cage pour faire le jeu. Ce deuxième tiers est stressant et la tension semble monter d'un cran sur la glace. Les charges sont de plus en plus appuyées dans les coins. Ce match tient toutes ses promesses. Pard sort pour un coup de coude mais l'histoire se répète et Caen repart avec son powerplay bien trop stéréotypé. Seul Poudrier se crée une occasion, bien placé devant la cage, mais il tire au-dessus. Le Québécois semble émoussé, moins présent dans le jeu même s'il fait preuve d'un gros travail défensivement comme à son habitude. Une prison de Dewey permet à Brest de revenir à égalité numérique. Et c'est encore Croteau qui oblige Kello à un arrêt réflexe avec sa mitaine. Le jeu s'emballe et Brest ressort très vite le palet vers l'attaque, Dian part encore en contre mais est fauché dans sa course, l'arbitre ne siffle rien. Il ne siffle pas non plus sur une grosse charge sur Poudrier. La pression monte sur le banc caennais car le centre reste au sol et ressort complétement sonné. Le match reste très correct malgré les nombreuses charges qui fatiguent les organismes. Les Caennais terminent le tiers comme ils l'ont commencé, en supériorité mais à 5 contre 3 car Croteau et Rambelo sont pénalisés, Carlsson ne semble pas d’accord et écope d'une méconduite. Stuart et Gauthier tirent vers Dupont mais la sirène retentit. Pas de but dans ce second tiers, les Caennais ont pourtant bénéficié de beaucoup de supériorités. Le travail de la semaine sur ces phases de jeu ne semble pas payer. Brest a contrôlé son adversaire, avec un jeu vif et physique. Les deux gardiens ont été mis à contribution, Dupont est impressionnant de calme devant sa cage.

Les Caennais profitent enfin de l'indiscipline adverse. Et c'est Romand qui met enfin le palet hors de portée de Dupont. Bien décalé côté droit, Poudrier lance un tir très lourd que Dupont ne peut que détourner. Romand profite du rebond pour égaliser (1-1, 40’58’’). Le joueur formé à Rouen harangue la foule et le public répond présent. Les Drakkars enfoncent le clou par le biais de Da Costa juste après. Il dévie le tir du poignet de Gyesbreghs entre les bottes de Dupont (2-1, 41'14''). Ce but galvanise les locaux et Dupont est mis à contribution par Gauthier qui enrhume deux défenseurs bretons. Caen a l'occasion de faire le break sur une nouvelle pénalité sifflée, cette fois-ci pour Gréverend. Stuart, à la bleue, organise le jeu et décale Romand. L'ailier n'arrive pas à cadrer son tir qui frôle la lucarne. Le reste sera trop désorganisé côté caennais. Geffroy fait trébucher Croteau et Brest installe son jeu mais les passes sont trop peu précises, Evans décide de tirer à longue distance et Pain n'arrive pas à reprendre la rondelle devant Kello. Brest ne doute pas longtemps. Prosvic, bien inspiré, reprend le rebond mal couvert par Dewey pour remettre les deux équipes à égalité (2-2, 52'02''). Comme dans le 1er tiers, les coéquipiers de Stuart semblent accuser le coup. Brest accentue son pressing et bloque les sorties de zone très haut. Le jeu se durcit avec de mauvais coups. Aucune équipe ne lâche physiquement. Berthon, encore très actif, prend Gomane de vitesse mais Kello reste attentif. Dewey relance plein axe sur l’adversaire, Evans récupère et lance à longue distance. Romand réussit tant bien que mal à sortir le palet du cafouillage devant la cage. Alors que le jeu est moins fluide, Caen est pénalisé pour surnombre, une erreur évitable qui peut coûter très cher à ce moment du match. Oprandi en a conscience et décide de prendre son temps mort. Dian installe facilement le jeu brestois, le palet circule vite, Holik tire à mi-hauteur à deux reprises. Croteau tente aussi sa chance mais Kello est encore irréprochable. Sacré mental de sa part, il n'a pas joué beaucoup cette saison et la pression est forte sur un tel match. Romand est lancé par Stuart en sortant du banc des pénalités, il se présente face à Dupont mais est gêné par le retour de deux défenseurs. Sur l'action qui suit, Romand se retrouve dans la même situation et est bousculé. Romand réclame une pénalité mais l’arbitre laisse jouer. Le public caennais retient son souffle quand Brest se retrouve en supériorité en fin de tiers mais Kello est encore très serein. Caen a réussi à prendre l’avantage dans ce tiers mais les Brestois ont su réagir grâce à l’inévitable Prosvic.

La pression est à son comble à l’orée de la prolongation. Caen installe son jeu mais ni Romand ni Dewey n'inquiètent vraiment  Dupont. Les Drakkars semblent plus frais physiquement, la défense adverse les attend très bas. Après un sacré slalom entre Dewey et Stuart, Pard se retrouve face à Kello qui gagne un duel de plus. Le gardien profite de l’arrêt de jeu pour remettre sa botte droite, ce qui a le don de rendre fou Oprandi. Les arbitres ont décidé de laisser jouer et ne sifflent pas sur un coup de coude brestois sur Gauthier, le rapide Canadien sort le nez en sang. Chauvel a l’occasion de tuer le match, Deshaies feinte deux brestois en entrée de zone et le lance côté droit mais son one timer est trop prévisible pour tromper Dupont. Les joueurs des deux camps semblent épuisés, incapables d’accélérer après un match où ils ont tout donné. On se dirige tout droit vers la séance de tir au but.

Poulin s’élance et sa feinte oblige Kello à se coucher, il n’a plus qu’à tirer au-dessus des bottes du gardien. Geslain loupe sa tentative, sa feinte étant trop lente pour tromper Dupont. Dian loupe aussi son tir, tout en tranquillité, il n’arrive pas à faire chavirer Kello, très rapide sur sa ligne. Gauthier échoue également, Dupont sort le palet avec son épaule. Graham Avenel a l’occasion de tuer le match mais loupe son tir. C’est donc Romand qui s’élance mais le shoot puissant du Caennais passe au dessus du but. Le banc brestois explos ! Les Albatros s’offrent donc la possibilité de jouer la "finale" à domicile.

Quel match ce soir à Caen. Les deux équipes ont livré une sacrée bataille et auraient pu gagner. Cette belle série offre donc un septième match aux joueurs. La défaite ne va pas être simple à digérer pour les hommes de Luc Chauvel, car ils auraient pu tuer le match avec plus de réussite offensive. Kello et Dupont se sont livré un superbe duel à distance, lâchant peu de rebonds et multipliant les arrêts réflexes. Les deux formations sont très proches, même si quand les Brestois accélèrent, ils peuvent faire la différence à tout moment. Mais le coach caennais n’a vraiment rien à reprocher ses joueurs ce soir.

 

Caen - Brest 2-3 aux tirs au but (0-1, 0-0, 2-1, 0-0, 0-1)
Samedi 14 mars 2014 à la patinoire de Caen La Mer. 1700 spectateurs
Arbitrage de Bruno Colleoni et Nicolas Barbez assistés de Yann Furet et David Courgeon.
Tirs : Caen 37 (10, 9, 12, 6) ; Brest 53 (20, 10, 14, 9).
 
Évolution du score :
1-0 à 07'38" : Prosvic assisté de Holik et Croteau (sup. num.)
1-1 à 40'58" : Romand assité de Poudrier (sup. num.)
2-1 à 41'14" : Da Costa assisté de Gyesbreghs
2-2 à 52'02" : Prosvic assisté de J.Avenel et Evans
 
Tirs au but :
Brest : Poulin (réussi), Dian (manqué), G. Avenel (manqué).
Caen : Geslain (manqué), Gauthier (manqué), Romand (manqué).

 

Caen

Gardien : Quentin Kello

Défenseurs : Nicolas Deshaies – Alexis Gomane (A) ; Jordan Dewey – Shawn Stuart ; Vadim Gyesbreghs – Alexis Birolini.

Attaquants : Udo Marie – Thibault Geffroy (C) – Fabien Métais ou Alexandre Palis ; Jean-Christophe Gauthier – Thierry Poudrier (A) – Jérémie Romand ; Brice Chauvel – Kevin Da Costa – Charles Geslain.

Remplaçants : Lucas Normandon, Damien Grendka, Hugo Damy, Martin Ropert et Yohann Robert.

Brest

Gardien : Mickael Dupont

Défenseurs : Vladimir Holik – Thomas Evans ; Daniel Carlsson (C) – David Hennebert (A) ; Aurélien Gréverend – David Poulin.

Attaquants : Aïna Rambelo – Jaroslav Prosvic (A) – Michal Dian ; Jonathan Avenel  – Quentin Berthon – Graham Avenel ; Erwan Pain – David Croteau – Nicholas Pard

Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Gaëtan Cannizzo, Valentin Dumélié. Absent : Nicolas Motreff (épaule).