Lyon – Neuilly-sur-Marne (Division 1, demi-finale, match 3)

Lyon - Neuilly : la logique est respectée.

La patinoire Charlemagne accueille, en ce jour inhabituel pour du hockey, des Bisons et des Lions à égalité après les deux premiers matchs de la demi-finale. Dans le premier match, les Lyonnais, qui semblaient pourtant contrôler le jeu, menant 4-2 à 8 minutes du terme, se sont fait assommer par des Nocéens qui ont montré une très grande force de caractère en inscrivant 3 buts, dont le dernier à moins de 30 secondes de la fin du temps réglementaire pour s'imposer 5-4. Les Lions n'ont pas d'alternative : ils doivent gagner deux matchs à Charlemagne sous peine de terminer la saison prématurément. Ils sont aidés dans cette mission par un effectif au complet alors que Neuilly doit aligner des joueurs blessés, dont le capitaine Loïc Sadoun. La première partie du défi a été brillamment relevée par des Lyonnais qui ont montré de l'envie hier soir à Charlemagne, et qui n'ont surtout pas relâché la pression à l'approche de la fin du match. Résultat, une nette victoire 8 à 2. Tout reste à faire aujourd'hui, avec à la clé une place en finale, et la possibilité d'atteindre l'objectif annoncé dès le début de la saison : accéder à la Ligue Magnus.

Neuilly cherche dès l'entame à imposer son rythme à des Lyonnais dont le gardien doit déjà faire un arrêt à peine la deuxième minute de jeu engagée. Les Bisons se montrent insistants en zone offensive, jusqu'à ce qu'Elie Raibon puisse dégager la zone par Vikhaël To-Landry qui trouve Timothée Franck idéalement placé devant la cage nocéenne. Franck tire, Kevin Beech repousse mais laisse un rebond, que Franck reprend, le palet passe sous les jambières et finit au fond (1'43", 1-0). Une faute de Zachary Hervato quelques secondes plus tard résulte en une première supériorité numérique lyonnaise. Les gones s'installent en zone offensive. Beech ferme la porte à Gillet d'abord, puis à Miroslav Kristin du milieu de terrain. Le pilonnage continue et une cage déplacée redonne un peu d'air aux visiteurs.

Malgré le but d'avance des Lions, les actions s'enchaînent pour les deux équipes, et les deux gardiens sont tour à tour sollicités. Les tirs se font progressivement plus puissants et mieux cadrés. Un peu avant la mi-période, les visiteurs profitent d'une bonne dynamique, se créant de belles occasions en tenant la zone offensive, notamment par Marc Slupski qui oblige Matej Kristin à un arrêt en deux temps. Les deux formations se rendent coup pour coup, mais aucun ne trouve la faille permettant de faire évoluer le score.

Jozef Wagenhoffer sort alors deux minutes pour cinglage. Les Lyonnais s'installent autour du but nocéen et font tourner le palet, enchaînant les tirs, qui trouvent tous, sur leur chemin, les jambières de Beech. Les palets ont du mal à prendre de la hauteur, mais les gones poursuivent sur leur lancée, et Alexander Olsson, sur une passe de Miro Kristin, trouve enfin la faille (17'30", 2-0). Hervato pour Neuilly et Gillet, Biniek et Lebey pour Lyon tentent leur chance, mais les jambières de Matej Kristin et un Maxime Dubuc couché en travers de la glace permettent d'empêcher le palet de trouver le chemin du but.

Le public de Charlemagne, dans l'ambiance des grands soirs, assiste de nouveau à un très beau match de hockey : les actions sont belles, le jeu est propre, avec très peu de pénalités et d'interruption de jeu, les situations de powerplay sont intenses et les gardiens sont sollicités de part et d'autre.

Au retour des vestiaires, les Lyonnais poursuivent sur la même dynamique, mais les Nocéens ne comptent pas se laisser faire. Lions et Bisons tirent tour à tour, et sur les rebonds laissés par les gardiens, les joueurs des deux formations tentent de prendre l'avantage, ce qui se traduit par beaucoup de confusion, des crosses qui s'entrechoquent et de rudes bagarres pour reprendre possession du palet.

Une erreur de changement donne l'avantage aux Lyonnais, les Nocéens se faisant siffler pour surnombre. Les Lions, dont le jeu de puissance est en amélioration, multiplient les occasions, cependant les Nocéens parviennent assez facilement à dégager, et les Lyonnais doivent repartir de la zone neutre. Enfin, To-Landry fixe le portier nocéen et sert Biniek sur le côté opposé du but, le Québecois n'a qu'à rediriger le palet dans le filet, Beech est battu (23'51", 3-0).

Les Bisons sont sonnés mais pas vaincus pour autant, ils repartent à l'assaut du but lyonnais, cependant la pression mise ne leur permet pas de concrétiser. Au contraire, ce sont les locaux qui dominent et enchaînent les tirs, sollicitant Kevin Beech sans succès jusqu'à ce que celui-ci laisse un rebond après des tirs de Millerioux et Biniek. To-Landry, devant la cage, en profite pour rediriger le palet dans le but (26'18", 4-0).

Frank Spinozzi sent que la rencontre bascule et demande son temps mort, ce qui a pour conséquence un sursaut d'orgueil des Bisons qui durcissent le jeu. Mais rien n'y fait, les visiteurs ont beau avoir envie, ils peinent à s'installer en zone offensive. Les Lions ne leur laissent pas l'espace dont ils ont besoin et les poussent même à la faute. C'est en infériorité numérique, après un cinglage sifflé contre Léo Cuzin, que Neuilly s'offre sa plus belle action jusqu'à présent en contre, le gardien lyonnais déviant in extremis le palet.

Lyon temporise, Trefny conserve le palet derrière le but lyonnais, attend la fin du changement de ligne, passe à Biniek qui lance l'action, passe la ligne centrale, trouve Lebey à gauche, Kevin Beech se déporte pour fermer l'angle, Lebey passe alors à To-Landry devant le but à droite, Kevin Beech est battu, la cage est ouverte, To-Landry envoie le palet au fond (36'45", 5-0).

En fin de tiers, Lyon est en double infériorité numérique après une pénalité pour cinglage contre Trefny puis, à peine une minute plus tard, un surnombre. Les Nocéens en profitent pour s'installer en zone offensive et faire tourner le palet, mais ils sont hésitants à tirer, le seul lancer dangereux étant arrêté par un Matej Kristin en grand écart devant son but. La dernière action du tiers est lyonnaise, Millerioux part en contre sur une interception de palet, mais seul, il échoue sur un grand Kevin Beech. Les deux équipes rentrent au vestiaire sur un score sec, après 20 minutes durant lesquelles le jeu s'est durci. Cependant si ces play-offs ont appris une chose aux gones, c'est que Neuilly peut revenir jusqu'à la toute dernière minute.

À la reprise, les Lyonnais sont toujours en double infériorité pour 31 secondes, les Bisons en profitent donc pour reprendre tambour battant. Ils s'installent tout de suite en zone offensive et font tourner le palet, cherchant l'ouverture dans la défense lyonnaise. C'est Julius Sinkovic qui la trouve sur le premier tir nocéen, les Bisons débloquent enfin le compteur (40'29", 5-1). Il restait deux secondes à faire dans cette première pénalité, les Lyonnais doivent donc encore subir près d'une minute en infériorité numérique, leur solide jeu de défense leur permet de ne pas encaisser d'autre but et on retrouve les équipes à cinq contre cinq.

Le but nocéen a sonné comme un avertissement pour les Lions, qui ont bien assimilé le message de leur coach lors du dernier entraînement : s'ils veulent gagner, ils doivent aller chercher la victoire. Ils continuent donc leur course en avant. Les gones passent du temps autour du but nocéen, cherchant des ouvertures pour tirer. Olsson, de derrière la cage, trouve Gillet face à lui, qui envoie un missile en pleine lucarne, Kevin Beech ne peut rien faire (42'05", 6-1). Moins d'une minute plus tard, Raibon reçoit le palet de Figon-Gage au niveau du cercle de remise en jeu à droite de la cage, il est seul face au gardien, attend un coéquipier, qu'il trouve en la personne de Jonathan Laberge sur la gauche du but. Beech fait face à Elie Raibon, il ne peut donc pas arrêter le tir de Jonathan Laberge, le palet finit dans le but (42'53", 7-1).

Une faute de To-Landry permet à Neuilly de s'installer dans la zone lyonnaise. Comme à leur habitude, les Bisons font circuler le palet en cherchant une ouverture. Les Lyonnais restent mobilisés en défense, les quelques tirs sont arrêtés par Matej Kristin et la pénalité est enfin tuée. Cependant, la table de marque n'a pas fini d'annoncer que l'équipe de Lyon joue au complet quand Julius Sinkovic passe à Marc Slupski devant le but, qui trouve enfin le filet (46'06", 7-2).

L'intensité du jeu monte, et avec elle les fautes. Raibon pour cinglage et Lafrance pour obstruction partent en même temps pour deux minutes, les deux formations se retrouvent à 4 contre 4. Neuilly continue son pressing sur Lyon, et au moment où les deux équipes jouent de nouveau au complet, les Bisons sont installés autour de la cage lyonnaise, multipliant les tirs, ils arrivent enfin à tromper Matej Kristin par un tir de Arthur Cuzin (49'10", 7-3). Lyon vient d'encaisser 2 buts en 3 minutes, François Dusseau demande son temps mort.

Le jeu se muscle, les supporters de Neuilly qui ont fait le déplacement jusqu'à Lyon donnent de la voix, les bagarres pour le palet sont de plus en plus dures, les gardiens de plus en plus sollicités. À moins de deux minutes de la fin, Lebey intercepte un palet nocéen, il se retrouve seul face à Beech et prend sa chance. Il tire en pleine lucarne, le palet passe au-dessus de la mitaine de Beech et scelle définitivement le sort des Bisons (58'20", 8-3).

La patinoire Charlemagne est en feu, plus de 2000 personnes sont debout, qui chantent, applaudissent, brandissent les drapeaux bleu et rouge. Les spectateurs scandent les dernières secondes du match, et c'est l'explosion de joie : Lyon gagne cette demi-finale et se qualifie pour la finale. Le public entend à peine la table de marque annoncer les deux dernières pénalités du match sur le sifflet de fin contre Trefny pour cinglage et Guimbard pour méconduite.

Joueurs, coaches et encadrement se retrouvent au centre de la glace pour les poignées de main et des félicitations. À noter une belle accolade entre François Dusseau et Frank Spinozzi qui montre tout le fair-play et le respect entre ces deux formations, qui profitent toutes deux d'un tour d'honneur mérité, sous les applaudissements du public.

On retrouve souvent, à ce niveau de la compétition, des matchs tendus, durs, où la frustration peut l'emporter sur le jeu, mais les spectateurs de Charlemagne ont assisté aujourd'hui à un très beau match, avec de l'intensité, de nombreuses actions et peu de pénalités, en résumé un vrai match de play-offs. Lyon a fait le boulot, mais Neuilly n'a pas à rougir de la défaite, les Bisons ont opposé une belle résistance.

Etoiles du match : Aymeric Gillet (Lyon), Zachary Hervato (Neuilly)

 

Lyon – Neuilly sur Marne 8-3 (2-0, 3-0, 3-3)

Dimanche 23 mars 2014 à 17h30 à la patinoire Charlemagne, Lyon. 2 137 spectateurs.

Arbitrage de Jérémy Rauline assisté de Jérémy Kahli et Gabriel Pointel.

Pénalités : Lyon 12' (2', 4', 6'), Neuilly 22' (4', 4', 4'+10')

Evolution du score :

1-0 à 01'43" : Franck assisté de Raibon et To-Landry

2-0 à 17'30" : Olsson assisté de Laberge et Miroslav Kristin (sup. num.)

3-0 à 23'51" : Biniek assisté de To-Landry et Lebey

4-0 à 26'18" : To-Landry assisté de Biniek et Millerioux

5-0 à 36'45" : To-Landry assisté de Lebey et Biniek (sup. num.)

5-1 à 40'29" : Sinkovic assisté de Vsetecka et Kadic (double sup. num.)

6-1 à 42'05" : Gillet assisté d'Olsson et Millerioux

7-1 à 42'53" : Laberge assisté de Raibon et Figon-Gage

7-2 à 46'06" : Slupski assisté de Sinkovic et Guimbard

7-3 à 49'10" : Arthur Cuzin assisté de Dubuc et Sinkovic

8-3 à 58'20" : Lebey

 

Neuilly-sur-Marne

Gardien : Kevin Beech.

Défenseurs : Jozef Wagenhoffer - Jonathan Lafrance ; Arthur Cuzin - Maxime Dubuc ; David Vsetecka.

Attaquants : Stanislav Polodna - Julius Sinkovic - Lukas Pek ; Leyland Plaire - Zachary Hervato - Denis Kadic ; Kevin Guimbard – Léo Cuzin - Marc Slupski ; Gabriel Da Costa.

Remplaçants : Rémi Husson (G), Loïc Sadoun (C), Jérémy Fritsch, Clément Rey.

Lyon

Gardien : Matej Kristin.

Défenseurs : Oliver Styf - Radovan Trefny ; Aymeric Gillet - Martin Millerioux (C) ; Jules Breton - Martin Dufek.

Attaquants : Alexander Olsson - Jonathan Laberge - Miroslav Kristin ; Julien Lebey - Nicolas Biniek - Vikhaël To-Landry ; Elie Raibon - Timothée Franck - Frédéric Figon-Gage.

Remplaçants : Adrien Morel-Hervillard (G), Thomas Lapointe, Mathieu Touveron, Charly Cirgues, Léo Girod, Arnaud Magallon.