KHL (Conférence Ouest, play-offs, demi-finale, matches 6)

Finalement, le capitaine du SKA St-Pétersbourg, l’ailier Ilya Kovalchuk (ex des New Jersey Devils et d’Atlanta Trashers, 816 points en 816 matches NHL) tenait bien sa place après sa rixe contre

le Norvégien Jonas Holos du Lokomotiv Yaroslav, qui recevait, avec la possibilité de terminer la série dès ce soir. Autant dire un (second) exploit pour le Lokomotiv. En effet, après avoir terminé huitième de la conférence ouest, Yaroslavl a déjà éliminé au premier tour le leader de cette poule et tenant du titre de la coupe Gagarine, le Dynamo de Moscou, et aujourd’hui, ils ont le deuxième du groupe à leur merci dans leur Arena 2000, bondée de 9071 fans ! Et cette prouesse, le Lokomotiv va l’accomplir. Comment ? D’abord en sortant très fort au premier tiers, ce qui étreint le SKA. Mais le gardien, recrue, international tchèque, Alexander Salak (20 arrêts) de St-Pétersbourg est miraculeux à deux reprises devant l’attaquant Sergei Konkov. Son vis-à-vis, le Canadien Curtis Sanford (26 arrêts), ancien back-up de Colombus, Vancouver et St-Louis, ne l’est pas moins en préservant sa cage sur deux infériorités pour des fautes montrant clairement l’impertinence des hommes de Dave King, le coach médaillé d’argent aux Jeux olympiques de 1992 avec « équipe Canada », de Yaroslavl.

Le deuxième tiers était plus équilibré. L’intensité du match était tout autant aussi forte. L’ailier Alexei Ponikarovsky sur la deuxième ligne des invités donnait de la charge à qui voulait en revendre. Mikelis Redlihs et Igor Musatov, les attaquants de Yaroslavl butaient sur Salak. Sanford exécutera une double parade sur un tir en haut de l’enclave de l’arrière Dmitry Kalinin dont le rebond sur la botte était repris par Ilya Kablukov sans dommage grâce à la vista du gardien local. Une histoire de Norvégiens ensuite. Jan Holos, dans le dos de son gardien, enlèvera sur sa ligne un palet de Thoresen, l’ailier de la première ligne du SKA. La période était hachée par quatre jeux spéciaux (deux pour chaque équipe) que les brigades défensives contraient à chaque fois (0-0 à 40’00).

Tout allait se jouer pendant le dernier vingt. Fonctionnant, peu à réaction, il valait mieux ouvrir le score pour le SKA. Lorsque le joueur de centre, Yury Petrov, dans la position de l’archer, à genou, frappait à mi-distance, une passe en retrait et ouvrait la marque pour les locaux de Yaroslavl (1-0 à 43’22), les choses se compliquaient terriblement pour St-Pétersbourg qui du pied du mur, se retrouvait désormais au bord du gouffre. Puis huit minutes plus tard, quand l’arrière Vitaly Vishnevsky faisait un festival dans une défensive en panique, patient en contournant un Salak naïf, le défenseur doublait la marque (2-0 à 50’38), le SKA tombait définitivement dans le précipice avec des joueurs aussi dominants que le gardien Alexander Salak, les défenseurs Yury Alexandrov et Kevin Dallman, les attaquants Roman Cervenka, Patrick Thoresen et Ilya Kovalchuk.

Plus homogène avec 4 blocs (contre trois et un quatrième trio offensif à St-Pétersbourg), Yaroslavl se qualifie pour une troisième fois en 5 saisons en finale de Conférence ouest. Avec son gardien Curtis Sanford, des arrières complémentaires Ilya Gorokhov, Staffan Kronwall, Yegor Yakolev, Jonas Holos et  Vitaly Vishnevsky, et des attaquants qui ne dépendent pas les uns des autres, ajustés harmonieusement, Sergei Plotnikov, Sergei Konkov, Geoff Platt, Daniil Apalkov, Yury Petrov, Yegor Averin, Mikelis Redlihs, Vadislav Kartayev, voire Janis Spukts depuis deux matches, le Lokomotiv Yaroslavl et son bastion quasi imprenable sont peut-être passés du statut d’outsider au statut de favori à l’ouest. Lokomotiv Yaroslavl surprenant et séduisant élimine le SKA St-Pétersbourg par quatre victoires à deux (1-0 ; 4-5pr ; 4-1 ; 1-6 ; 2-3 ; 2-0)

 

Le Lev Prague, en position de se qualifier en finale de conférence dès ce soir, était à Bratislava hier sur la glace de repli du club ukrainien, lorsqu'il reçut la nouvelle que le sixième match aurait bel et bien lieu à Donetsk ! Du jour au lendemain, la situation politique supposée instable était présumée redevenue sûre, et les Tchèques devaient se rendre dans l'est de l'Ukraine. Ordre de la KHL ! Un ordre si tardif et bouleversant tellement leurs plans que les médias tchèques l'ont qualifié de "farce". Andrei Nazarov, le coach du club ukrainien Donbass Donetsk, récupérait son ailier de poche et travailleur, Tuomas Kiiskinen (absent depuis trois rencontres, et constituait un premier trio entièrement finlandais. Mais il devait toujours déplorer l’absence d’Oskars Bartulis, le pilier de sa défense du troisième trio pour affronter un Lev Prague, diminué lui aussi car jouant sans son gardien titulaire, le Finlandais Petri Vehanen.

Cette fois, pas de tergiversation à Donetsk. Le Slovaque, Jan Laco, est aligné devant la cage. Le jeu n’est pas vraiment fermé mais pas spécialement ouvert au premier tiers. Néanmoins les locaux se craient les occasions. Ruslan Fedotenko, le capitaine de Donetsk, montre le chemin en ayant la première chance de la rencontre (5’45). Evgeny Dadonov, des poignets dans le slot, touche un poteau (8’19), puis il bute de près sur Atte Engren. D’un coup de mitaine retournée, improbable, le substitut de Vehanen, est glorieux (14’25). Dans le deuxième vingt, Lev Prague prend l’ascendant mais les défenseurs du Donbass se sacrifient pour aider leur portier Jan Laco à préserver leur cage inviolée. Ce dernier est chanceux de voir refuser un but « c.s.c. » de Fedotenko coupant une passe à destination de Patrick Zackrisson à l’affût (31’50).

Dès le départ de la dernière période, Donestk à son tour se voit refuser un but en supériorité (on suppose que l’arbitre avait sifflé avant l’entrée du palet) et où le box-play adverse encore frais à la reprise va sortir son équipe de l’embarras (0-0 à 42’50). Le risque de KO rend le jeu hermétique. Un peu plus tard ce sera aux Lev (Lions) de disposer d’un avantage numérique. Les Praguois ne vont pas le manquer. L’arrière Ondrej Nemec troue dans le haut des filets un Jan Laco masqué (24 arrêts) d’un lancer des poignets de la pointe (0-1 à 48’10). Maintenant c’est aux défenseurs de Prague de se dévouer au mal sur les tirs d’un Donbass sentant l’odeur des vacances approcher. Les attaquants des Lions ne sont pas en reste pour se sacrifier. C’est sans doute pourquoi, Atte Engren gardera sa cage vierge de tout but ukrainien dans les deux dernières minutes où Jan Laco sera remplacé par un attaquant supplémentaire jusqu’à la sirène finale ! Le Lev Prague rejoint le Lokomotiv Yaroslavl en finale de conférence ouest en éliminant le Donbass Donetsk par quatre victoires à deux (5-2 ; 3-4pr ; 2-3pr ; 1-3 ; 3-1 ; 0-1).

 

Précédemment dans la conférence ouest :

Le SKA St-Pétersbourg a éliminé le CSKA Moscou par quatre victoires à zéro (1-0 ; 5-1 ; 1-2pr ; 4-5pr)

Le Lev Prague s’est qualifié par quatre victoires à zéro aux dépens du Medvescak Zagreb (4-3 ; 5-2 ; 2-5 ; 2-3)

Lokomotiv Yaroslavl intraitable à domicile élimine le Dynamo de Moscou par quatre victoires à trois (3-2pr ; 2-1 ; 2-1 ; 3-2pr ; 1-0pr ; 6-0 ; 1-5)  

Donbass Donetsk élimine le Dinamo Riga quatre victoires à trois (5-2 ; 3-1 ; 7-3 ; 1-4 ; 1-2 ; 2-1 ; 3-1)