God Save the Puck #2 : it's "Scottingham" !

An unexpected final-four

La saison régulière d’EIHL ayant pris fin la semaine passée, place donc aux play-offs qui outre Manche se jouent sur une formule simple et rapide, afin de permettre notamment une première phase chargée et extrêmement riche

 : après les 52 rencontres de saison régulière (quadruple aller retour face aux quatre équipes de la même conférence, double aller retour face aux cinq autres équipes), les huit premières formations s’affrontent en quarts de finale en simple aller-retour, à l’issue desquels les quatre gagnants prennent la direction du National Ice Centre de Nottingham pour un week-end final où les demis se jouent le samedi et les finales le dimanche.
Il était donc temps de jouer ces quarts de finale, qui concluent si l’on excepte Nottingham la saison à domicile des équipes concernées, et qui donc par habitude se déroulent dans une ambiance incroyable. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que certaines surprises se sont invitées à la fête.

Belfast Giants (1) – Hull Stingrays (8) : la marche était immense pour les Anglais de Hull, qualifiés dans les derniers instants pour les play-offs au détriment des Devils de Cardiff. Sur leur chemin l’équipe qui a dominé de la tête et des épaules la saison régulière, championne de la première phase depuis le 16 février. Toutefois deux contre arguments se posent dans la balance : d’abord le fait que les Giants de Belfast sont restés… sur une défaite ! En effet, l’équipe s’est vue privée d’un Grand Slam possible en s’inclinant en finale de la Cup face aux Panthers de Nottingham, alors qu’ils semblaient avoir fait le plus dur à l’issue du match aller. Enfin, dans une ville où prédominent encore le football (les « Tigers » évoluant en Premier League) et le rugby à XIII, les Stingrays commencent à se faire une place dans le paysage sportif municipal et peuvent compter sur des partisans extrêmement actifs qui peuvent jouer leur rôle dans la volonté de faire déjouer Belfast en match aller.

Et on y croit dur comme fer dans la Hull Arena, quand à l’issue du premier tiers les Stingrays mènent au score grâce à un but de l’ancien pensionnaire des Chamois de Chamonix, Omar Pacha. Seulement les Giants de Belfast n’ont pas été leader incontesté du championnat pour rien. L’équipe est expérimentée et sait parfaitement gérer les moments difficiles pour retourner les situations en un rien de temps. Ainsi le tiers médian vient à peine de débuter (34 secondes) que l’ex-morzinois Colin Shields égalise. Profitant du momentum, les Giants font le trou et au bout de cinq minutes dans ce deuxième tiers-temps, le score est de 1-3. Un dernier but de Saurette dans les dernières minutes vient parachever un succès logique pour Belfast (1-4), en dépit de la bonne volonté de Doucet et consorts, et place les Nord-Irlandais sur une autoroute vers le « final week-end ».

Il reste en ce dimanche à transformer l’essai à domicile pour les Giants. Avec 3 buts d’avance acquis à l’extérieur, et face à une équipe privée de son défenseur Gomeniuk, suspendu trois matchs suite à une faute sur Peacock commise la veille (pas de délai pour les commissions en Grande Bretagne, qui travaillent immédiatement suite aux rencontres), la qualification semble une formalité.
Après un long round d’observation qui tournait donc plutôt en faveur des locaux, et un EXCEPTIONNEL double arrêt signé Ben Bowns, Belfast a subitement connu un trou noir en début de deuxième tiers, et Hull inscrit deux buts coup sur coup… en infériorité numérique. Les anciens de la Ligue Magnus furent à la fête dans cette confrontation puisque ces deux réalisations sont l’œuvre de Carl Lauzon. Les Stingrays sont alors à un but d’un incroyable retour, mais Belfast fera finalement parler l’expérience. Le reste de la rencontre est à leur avantage et ils s’imposent finalement 3-2, une double victoire qui ouvre sans surprise les portes du carré final.

Belfast Giants – Hull Stingrays : 4-1 / 3-2 – Belfast qualifié pour le final-four.



 
Dundee Stars (3 – Gardiner Conference Champions) – Fife Flyers (7) : Dans ce derby écossais, le rapport de force n’est pas sans rappeler celui de Belfast – Hull : à Dundee l’expérience et la position de force, à Fife la fougue et l’élan populaire autour de l’un des plus anciens clubs de hockey britannique (qui vient de fêter ses 75 ans d’existence).
De fougue il en est bien question dans la rencontre du samedi à Kirkcaldy, et les Flyers mettent littéralement le feu aux Stars en début de match : 3-0 après les premières vingt minutes ! Et même 4-0 à mi-match suite à un doublé de Bobby Chaumont. On pense que les Flyers filent vers un succès qui les placerait en position idéale, mais la fin de match leur échappe ! Un doublé du jeune assistant-coach russe Nikita Kashirsky et un but de Rawlyk vient dégonfler la note pour Dundee, mais surtout permet de laisser l’adversaire à portée pour le match retour du lendemain (4-3).

On a tous conscience de la part importante de la psychologie dans une confrontation. Avant que ne débute cette rencontre du dimanche à Dundee, on a plutôt tendance à penser que malgré la défaite la veille, le retour à un but pour les Stars laisse à croire que la confiance a changé de camp. Mais trêve de penser, le hockey se joue avant tout sur la glace, pardi ! Et c’est justement dans le jeu qu’après un premier tiers-temps fermé, l’américain Jordan Fulton débloque le compteur… pour Fife ! Et à partir de là, bis repetita avec le match de la veille. Hartung et Wilson permettent aux Flyers de mener de trois buts à la sirène. Cette fois ci le retour pour Dundee en un tiers semble improbable, et de retour il n’y aura pas. Fife s’impose finalement 1-4 et crée la surprise en s’invitant à Nottingham. Les supporters des Flyers, nombreux d’ailleurs à avoir fait le court déplacement, auront cette belle formule qui donne le titre de ce God Save the Puck : « Scottingham » !  

Dundee Stars – Fife Flyers : 3-4 / 1-4 – Fife qualifié pour le final-four.

Sheffield Steelers (2) – Coventry Blaze (6) : duel à l’anglaise pour une issue bien indécise. Le Blaze de Coventry a connu une saison assez compliquée, mais l’équipe est réputée pour être difficile à manœuvrer en seconde phase. Pour ce faire il faudrait de préférence commencer par une  victoire à domicile pour les coéquipiers de Mike Zacharias : Coventry ouvre le score par l’intermédiaire de l’anglais Russell Cowley. Mais l’ancien portier de Gap doit s’incliner en toute fin de tiers sur un but d’un autre anglais (c’est assez rare pour le signaler), Jason Hewitt.
Le deuxième tiers est tout aussi ouvert et Sheffield prend l’avantage par l’intermédiaire du « français d’EIHL », Max Lacroix. Le natif de Québec est en effet le seul de la ligue à avoir un passeport français. Son père Pierre a d’ailleurs porté les couleurs de Villard, de Tours et de Viry dans l’élite française (1989-1993). Giudice égalise pour le Blaze avant que Goertzen redonne rapidement l’avantage aux Steelers, et clôt la marque dès la mi-match. Sheffield prend donc une belle option dès le match aller, avant de recevoir dans son antre, nouvellement promu (puisque cela date de la semaine) patinoire hôte de la finale de Challenge Cup, nouvelle formule.

Le match retour se jouait ce mardi à la Motorpoint Arena avec un solide statut de favori pour les Steelers. Un statut dont ils vont facilement s’accommoder avec un premier but inscrit par Dustin Kohn au bout de huit minutes de jeu. Sheffield s’installe et fait parler la puissance à mi-match avec un doublé de Robert Dowd et une autre réalisation de Max Lacroix. A 4-0 à l’issue de ce tiers, le suspense est tué et la fin de rencontre est anecdotique. Les Steelers s’imposent 6-1 et rejoignent notamment Belfast en week-end de clôture, pour une possible finale de play-offs attendue…

Sheffield Steelers – Coventry Blaze : 3-2 / 6-1 – Sheffield qualifié pour le final-four.

Nottingham Panthers (4) – Braehead Clan (5) :  un quart de finale prématuré (match aller joué le jeudi 27, match retour le samedi 29), avec un avantage glace inversé (Nottingham reçoit au match aller, sans doute du fait de la proximité avec la finale de la Challenge Cup), cela donne une confrontation atypique entre deux équipes qui se sont énormément accrochés en fin de saison justement pour cette quatrième place et l’avantage de la glace qui est censé aller avec, comme quoi… !
Deux jours après la réception de la finale retour de la Challenge Cup et le titre acquis pour les anglais (cinquième coupe d’affilée pour Nottingham) aux dépends des favoris Giants, deux scénarii s’offrent aux Panthers : soit cette victoire aura été le choc psychologique nécessaire qui relance totalement Nottingham dans une saison quelque peu chaotique, soit la fatigue l’emporte et sert la cause du Clan. La réponse ne se fait pas attendre dans ce match aller (au National Ice Centre du coup), où les Panthers, qui semblent accuser le coup physiquement, prennent 30 tirs mais ne parviennent à tromper la vigilance de Kyle Jones. En face, les anciens Magnusiens restent discrets mais leurs coéquipiers ne laissent pas passer leur chance, notamment Neil Trimm, auteur d’un doublé. Victoire aussi surprenante que convaincante pour le Clan sur le score de 0-4, et déjà un pied et demi en carré final.

Vainqueurs du Grand Slam (l’ensemble des titres) la saison passée, on sait que les Panthers demeurent  capables de revenir dans toutes les situations, bien que celle-ci semble extrêmement compromise pour les joueurs du coach Neilson. Nottingham qui a besoin d’un gros début de match dans cette course contre la montre, et c’est chose faite : trois minutes de jeu et l’intenable canadien Matt Francis ouvre le score. Un deuxième but anglais pourrait faire douter la « Purple Army », mais au contraire la nécessité des Panthers de se découvrir permet à Ash Goldie d’égaliser. Le jeu se neutralise alors sur les joueurs de Nottingham qui bute sur une solide défense durant tout le deuxième tiers, rendant alors un retour de plus en plus improbable pour les visiteurs. Et quand en début de tiers final, l’ancien amiénois Kévin Bergin vient crucifier son ancienne équipe, la messe est dite. Nottingham lâche définitivement face à une équipe qui fête en avance son incroyable qualification, et le score est plutôt lourd (5-1).
Le Clan de Glasgow se qualifie pour le premier final-four de sa jeune histoire (depuis 2010). Quant à Nottingham, les Panthers voient s’achever deux impressionnantes séries, en ayant concédé un blanchissage à domicile pour la première fois depuis 148 matchs et plus de quatre ans, et en ratant le week-end de clôture (à domicile) comme ce n’était plus arrivé depuis la saison 2007-2008.

Nottingham Panthers – Braehead Clan : 0-4 / 1-5 – Braehead qualifié pour le final-four.



Le programme du final weekend à Nottingham:
Samedi :
 Belfast Giants – Fife Flyers
Sheffield Steelers – Braehead Clan

(petite finale et finale des play-offs dimanche)



The Premier League Zone

En Premier League également se jouaient les quarts de finale de play-offs. Les favoris du championnat ayant pris les quatre premières places, ils recevaient au match retour dimanche mais certains avaient pris des options dès la veille. Topo rapide sur le week-end.

Manchester Phoenix (1) – Bracknell Bees (8) : sacrée surprise du samedi avec la victoire des abeilles face aux champions en titre, grâce notamment à un doublé de Scott Spearing (3-2). Manchester se devait de réagir le lendemain, c’est chose faite avec une convaincante victoire dans un match qui s’est débridé sur la fin (6-3). Les Phoenix poursuivent leur route pour conserver leur titre.

Manchester Phoenix – Bracknell Bees : 2-3 / 6-3 – Manchester qualifié pour le final-four.

Basingstoke Bison (2) – Sheffield Steeldogs (7) : Basingstoke a parfaitement géré la confrontation, en s’imposant à Sheffield samedi et en se permettant de blanchir son gardien Dean Skinns (0-2). Match retour le lendemain maitrisé avec une nouvelle victoire. Le Bison est plus que jamais le co-favori pour le titre.

Basingstoke Bison – Sheffield Steeldogs : 2-0 / 6-2 – Basingstoke qualifié pour le final-four.
Guildford Flames (3) – Telford Tigers (6) : tout restait à faire après l’impressionnant match nul du samedi à Telford (4-4). Et ce fut indécis jusqu’au bout puisqu’il a fallu attendre un but dans le troisième tiers de Longstaff, assisté de Kristoffersson, pour permettre aux Flames de se qualifier à l’arrachée pour le carré final (3-2).

Guildford Flames – Telford Tigers : 4-4 / 3-2 – Guildford qualifié pour le final-four.

Milton Keynes Lightning (4) – Swindon Wildcats (5) : dans la confrontation la plus indécise, Milton Keynes semblait avoir fait le plus dur en s’imposant à Swindon du samedi (2-3). Mais c’était sans compter sur la volonté des Wildcats, à l’effectif fourni en anciens joueurs du championnat de France (Lyle, élu homme du match, mais aussi Fojtik, Aldridge et Höög). Ils retournent la situation dans ce match retour à Milton Keynes, s’imposent 1-3 et viennent chercher leur ticket pour le dernier carré.

Milton Keynes Lightning – Swindon Wildcats : 3-2 / 1-3 – Swindon qualifié pour le final-four.



Le programme du final weekend à Coventry:
Samedi :
Manchester Phoenix – Swindon Wildcats
Basingstoke Bison – Guildford Flames

(petite finale et finale des play-offs dimanche)



Last but not least !

Fin de saison régulière dans la division “South 1” et le titre de première phase acquis dès la semaine passée par les Chieftains des Chelmsford, ville de la banlieue de Londres. L’équipe complète « the Treble » puisqu’elle s’est imposée ce week-end sur les Redskins de Streatham (2-3 / 5-0), emportant ainsi également la NIHL Division 1 South Cup. Ils joueront la semaine prochaine les quarts de finale des play-offs face aux Devils de Solent and Gosport.