Briançon - Angers (Ligue Magnus, finale, match 7)

C'est la troisième année que la finale de la Ligue Magnus est organisée au meilleur des sept manches, et cela fait deux ans de suite qu'elle aboutit à un septième match décisif.
 Angers, battu l'an dernier à domicile en prolongation, voudra se venger sur Briançon, qui attend lui aussi son premier titre sur sa glace.
 
Les Diables rouges sont privés de Bostjan Golicic, suspendu pour sa charge à la tête de Fortier à la fin du sixième match. Le Slovène avait marqué à chacune des victoires briançonnaises dans cette finale, mais il faudra cette fois faire sans lui. Damien Raux prend sa place sur la deuxième ligne. Sébastien Rohat monte sur la troisième ligne, où Pierre-Antoine Devin, incertain jusqu'au bout, tient sa place. Luciano Basile continue donc d'évoluer à quatre trios offensifs, avec Cédric Di Dio Balsamo qui intègre l'alignement.
 
La première occasion est briançonnaise. Marc-André Bernier charge le défenseur dans la bande pour ouvrir la voie à Danny Kearney, qui tente un tir de précision mais ne fait qu'effleurer le poteau. Mais sur l'action suivante, a priori anodine, un tir du revers de Braden Walls - bien décalé par Campbell - passe entre les jambières du malheureux Ronan Quemener (0-1, 02'29"). Rappelons que l'équipe qui a ouvert le score a toujours gagné ?
 
Briançon veut faire mentir les statistiques, et n'a pas l'intention d'abandonner si tôt. La pénalité de Frederik Borjesson lui en donne l'opportunité. L'inévitable Kearney est insistant au rebond sur le côté de la cage, mais la solution vient finalement d'un lancer axial de la ligne bleue de Sébastien Bisaillon, à travers beaucoup de trafic (1-1, 12'22").
 
L'intensité monte d'un cran en deuxième période. Les arrêts de jeu sont de plus en plus houleux. Après la mi-match, Henderson donne un coup de crosse à l'épaule de Szélig qui se tient au niveau de la tête : les arbitres sanctionnent les deux joueurs, et la phase de 4 contre 4 est dominée par Briançon, jusqu'à ce qu'une crosse haute soit sifflée contre Bernier. Les Angevins peuvent donc jouer 55 secondes à 4 contre 3, puis le reste des deux minutes à 5 contre 4. Sauvé une fois par son poteau, Ronan Quemener repousse de l'épaule un lancer ouvert d'Andrej Mrena, au moment où il est percuté de plein fouet par Tim Crowder. Cela n'est pas pour calmer les esprits...
 
La crosse de Julien Albert monte involontairement à la lèvre de Rich Crowley, et Briançon se retrouve à son tour en avantage numérique. Un slap puissant de l'arrière formé au club Florian Chakiachvili bat d'abord Florian Hardy, masqué (2-1, 37'05"). Le jeu reprend à peine que Damien Raux convertit une passe de derrière la cage de Danny Kearney (3-1, 37'18"). Le défenseur Michael Busto est coupable sur les deux buts, d'abord en ne dégageant pas la vue de son gardien, ensuite en lâchant le marquage du buteur pour foncer sur le passeur. Les Angevins ont été assommés par ces deux buts au moment où ils semblaient avoir pris le dessus.
 
Les Ducs abordent donc le troisième tiers-temps avec un retard important, mais ils sont en supériorité numérique après une faute de Bernier juste avant la pause. Les unités spéciales d'infériorité des rouges tuent cette pénalité. Puis la première ligne de Briançon fait une entrée tonitruante en matière avec trois occasions sur la même présence, dont un tir de l'enclave de Dave Labrecque qui touche Hardy et retombe derrière la ligne, alors que le cage se met à bouger. Les arbitres n'accordent pas le but, mais envoient Florent Aubé en prison, sans conséquence.
 
La délivrance survient juste après pour le public de la patinoire René-Froger. Un palet contré par Borjesson revient sur le capitaine Marc-André Bernier qui décoche un tir puissant dans le haut du filet (4-1, 46'28"). Le long de la bande, Bernier envoie ensuite le palet en pivot vers Kearney qui dévie près de la cage (5-1, 47'18"). Maintenant que les espaces s'ouvrent et que les visiteurs doivent prendre des risques, Danny Kearney et ses collègues de ligne se régalent à chaque fois qu'ils montent sur la glace.
 
Pour les 80 ans du club, dont les 10 dernières années avec Luciano Basile comme entraîneur, Briançon est champion de France ! Dans les accolades entre un Basile en larmes et le staff angevin (Mickaël Juret et David Deshaires), on sent tout le respect entre les deux clubs, respect qui a imprégné cette finale malgré la compétition extrême.
 
Même sans Golicic, Briançon a su bâtir son succès sur sa profondeur de banc supérieure, valorisée notamment par ses joueurs dédiés à l'infériorité numérique. Comme au cinquième match, les unités spéciales ont fait la différence, avec trois buts en supériorité numérique. La France a donc un champion qui joue depuis des années à quatre lignes, ce qui est peut-être une étape importante dans son développement. Pour autant, les individualités de la première ligne briançonnaise (Kearney-Labrecque-Bernier) étaient au-dessus du lot et l'ont clairement démontré tout au long de la finale.
 
Commentaires d'après-match (sur L'Équipe 21)
 
Simon Lacroix (entraîneur d'Angers) : "Ça s'est joué au deuxième tiers, On a eu de nombreuses occasions de leur faire mal, des palets qui ont traîné devant la cage, mais on n'a pas réussi à marquer le deuxième but, ils l'ont fait. Le quatrième but tue le match. Ils le méritent, Luciano fait un excellent travail. C'était une belle série. Je suis fier de mes gars, notamment Florian Hardy qui a été exceptionnel pour nous, mais on va passer des moments difficiles dans les prochaines heures."
 
Luciano Basile (entraîneur de Briançon) : "Je suis tellement fier de mes joueurs. Cette équipe est jeune mais a beaucoup de coeur. Je veux dédier cette victoire à trois personnes : mon papa, Alain Bayrou qui nous a quittés il y a quelques années, et mon fils Luca qui est à Madrid. Angers aurait pu faire un beau champion aussi. Ils ont beaucoup de qualités humaines, beaucoup de solidarité."
 
Florian Chakiachvili (défenseur de Briançon, auteur du but décisif) : "Ce n'est pas une sensation que je peux décrire. C'est avant tout une victoire d'équipe, une très longue route. On est tous très fatigués, on a tout donné ce soir. Je suis particulièrement content de faire partie de cette aventure. Je suis né ici, ma famille est ici. Je suis juste heureux, c'est aussi simple que ça."
 
 
 
Briançon - Angers 2-0 (1-0, 1-0, 0-0)
Dimanche 6 avril 2014 à 15h00 à la patinoire René-Froger. 2162 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez et Bruno Colleoni assisté de Pierre Dehaen et Matthieu Barbez.
Pénalités : Briançon 14' (4', 10', 0') ; Angers 18' (6', 8', 4').
Tirs : Briançon 34 (12, 18, 4) ; Angers 32 (8, 9, 15).
 
Évolution du score :
0-1 à 02'29" : Walls assisté de Bellemare et Campbell
1-1 à 12'22" : Tarantino assisté de Jensen et Ankerst (sup. num.)
2-1 à 37'05" : Chakiachvili assisté d'Ankerst et Tarantino (sup. num.)
3-1 à 37'18" : Raux assisté de Kearney et Bernier (sup. num.)
4-1 à 46'28" : Bernier assisté de Kearney et Labrecque
5-1 à 47'18" : Kearney assisté de Bernier et Labrecque
 
 
Briançon
 
Gardien : Ronan Quemener.
 
Défenseurs : Richie Crowley - Sébastien Bisaillon ; Florian Chakiachvili - Mathieu Jestin ; Viktor Szelig - Teddy Trabichet.
 
Attaquants : Denny Kearney - Dave Labrecque - Marc-André Bernier ; Jimmy Jensen - Damien Raux - Jaka Ankerst ; Lionel Tarantino - Sébastien Rohat - Pierre-Antoine Devin ; Matthieu Frecon - Cédric Di Dio Balsamo - Gasper Cerkovnik.
 
Remplaçants : Aurélien Bertrand (G), Thibault Farina, Thybaud Rouillard. Absent : Bostjan Golicic (suspendu).
 
Angers
 
Gardien : Florian Hardy.
 
Défenseurs : Gary Leveque - Michael Busto ; Andrej Mrena - Cédric Custosse ; Frederik Borjesson - Florent Aubé.
 
Attaquants : Jonathan Bellemare - Braden Walls - Cody Campbell ; Johan Skinnars - Éric Fortier - Tim Crowder ; Julien Albert - Brian Henderson - Robin Gaborit ; Tomas Baluch, Léonard Nalliod-Izacard.
 
Remplaçants : Alexis Neau (G), Damien Sanchez, Paul Bahain, Alexis Crosnier.