Allemagne - France (Euro Hockey Challenge, à Weißwasser)

Français et Allemands commencent leur préparation aux championnats du monde, à un peu moins d'un mois de l'échéance, avec des équipes en formation progressive.
 

Si les demi-finales de DEL battent leur plein, les play-offs de Ligue Magnus sont terminés. Les Bleus disposent donc de l'intégralité de leurs joueurs "locaux". On sait néanmoins que leurs cadres essentiels sont expatriés, parmi lesquels le défenseur offensif Kevin Hecquefeuille, qui s'est fracturé la clavicule dimanche soir en finale de LNB et qui manquera beaucoup à des lignes arrières où Baptiste Amar entame sa dernière campagne. Or, la France n'a pour l'instant que deux joueurs évoluant à l'étranger, Nicolas Besch et Damien Fleury.
 
L'Allemagne, elle, compte trois expatriés, le Bernois Justin Krueger, le lointain exilé (à Vladivostok) Felix Schütz et le petit nouveau Leon Draisaitl, qui évolue en junior majeur au Canada. Actuel numéro 4 sur les listes de la NHL, Leon est un des favoris de la prochaine draft NHL et est annoncé comme le supertalent germanique de la nouvelle génération. Son père Peter Draisaitl est une célébrité en Allemagne pour son pénalty resté sur la ligne de but en quart de finale des Jeux olympiques d'Albertville. Son fils a hérité de sa vision du jeu et de ses excellentes mains en un contre un, mais aussi de son patinage perfectible. Et bien sûr, le gamin est bien plus grand (189 cm contre 181) et gros (96 contre 86) que son paternel à seulement 18 ans.
 
Draisaitl n'est pas le seul débutant : on compte un autre junior, Dominik Kahun, ainsi que Toni Ritter (le "local" puisqu'il a été formé à Weißwasser), Mirko Höfflin et le défenseur Henry Haase. Mais dans ces cinq novices, celui qui a le plus de chances de rester jusqu'au Mondial, c'est peut-être Draisaitl, même si Pat Cortina prend garde à ne pas brusquer la pépite.
 
La France ose elle aussi intégrer un junior, l'Isérois Jordann Perret, mais son second débutant est un ancien à 28 ans : Pierre-Antoine Devin. Le Caennais d'origine est devenu champion de France dès sa première année dans un grand club, à Briançon, en assumant le rôle de joueur de devoir de troisième ligne qu'on lui connaissait déjà à Strasbourg.
 
Dans une belle ambiance, les trois mille spectateurs de Weißwasser assistent à un début de match ouvert avec des occasions de part et d'autre. La France ne connaît pas trop son usuel temps d'adaptation au rythme international et prend même l'avantage par un lancer masqué de Nicolas Besch à la ligne bleue (0-1). Quatre minutes plus tard, Felix Schütz est fait trébucher par Antonin Manavian et se voit accorder un tir de pénalité, mais ne parvient pas à le transformer.
 
L'Allemagne égalise rapidement en deuxième période. Kai Hospelt dévie parfaitement un tir de Justin Krueger. Le gardien Felix Brückmann s'interpose magnifiquement devant Grégory Béron. Les locaux accentuent alors la pression, et le travail de Matthias Plachta fait de la place pour un tir du défenseur Benedikt Brückner, bien servi en retrait par le gamin Draisaitl, qui n'aura pas tardé à confirmer sa réputation de passeur (2-1).
 

Ce n'est qu'au début de la deuxième période que l'Allemagne prend sa première pénalité, un accrochage de Lindlbauer. L'avantage numérique française commence mal par une contre-attaque de Schütz, qui échoue de peu. Il est pourtant concrétisé un peu plus tard, grâce à Valentin Claireaux. Les Allemands répliquent cinq minutes plus tard par un joli revers de Yasin Ehliz. Mais la France parvient à arracher le nul avec un peu de réussite, puisque le but de Damien Fleury bénéficie d'une déviation de la jambe du défenseur Justin Krueger.
 
Auteur de 45 arrêts et d'un nouveau match international solide, Florian Hardy conclut sa soirée en arrêtant toutes les tentatives allemandes aux tirs au but. Non, Draisaitl n'a pas essayé d'y venger son père. L'expérience est privilégiée dans cet exercice, puisque les sélectionneurs envoient Julien Desrosiers au quatrième tir pour un succès d'estime en terre saxonne.
 
Commentaires d'après-match
 
Pat Cortina (entraîneur de l'Allemagne) : "C'était globalement une bonne prestation de toute l'équipe. Le moral et l'engagement m'ont plu. Pour les spectateurs, la partie était aussi intéressante, avec des va-et-vient. Nous aurions dû plus nous tenir à notre plan de jeu après avoir pris deux fois l'avantage. Mais les gars voulaient peut-être trop bien faire dans certaines situations. Cela arrive. Nous avons beaucoup de nouveaux joueurs. Je suis satisfait de tous."
 
 
 
Allemagne - France 3-4 après tirs au but (0-1, 2-0, 1-2, 0-0, 0-1)
Jeudi 10 avril 2014 à 19h45 à l'Eisarena Weißwasser. 3038 spectateurs.
Arbitrage de Markus Krawinkel (ALL).
Pénalités : Allemagne 4' (0', 0', 4', 0'), France 6' (2', 2', 2', 0').
Tirs : Allemagne 48, France 33.
 
Évolution du score :
0-1 à 13'04" : Besch assisté de Janil
1-1 à 23'24" : Hospelt assisté de Krueger et Mauer
2-1 à 35'13" : Brückner assisté de Kahun et Draisaitl
2-2 à 43'35" : Claireaux assisté de Fleury et Béron (sup. num.)
3-2 à 48'39" : Ehliz assisté de Boyle et L. Braun
3-3 à 51'46" : Fleury assisté de Desrosiers
 
Tirs au but :
Allemagne : Hospelt (manqué), Barta (manqué), Ehliz (manqué).
France : Fleury (manqué), Ritz (manqué), Béron (manqué).
Tireurs supplémentaires : Desrosiers (F, réussi), Hospelt (A, manqué).
 
 
Allemagne
 
Gardien : Felix Brückmann.
 
Défenseurs : Constantin Braun (+1) - Daryl Boyle ; Benedikt Brückner (+1) - Justin Krueger (+1) ; Henry Haase (-1, 2') - Frank Hördler (-1) ; Peter Lindlbauer (+1, 2') - Dennis Reul.
 
Attaquants : Dominik Kahun (+1) - Leon Draisaitl - Matthias Plachta ; Frank Mauer - Kai Hospelt (+1) - Mirko Höfflin (+1) ; Yasin Ehliz (+1) - Felix Schütz (+1) - Laurin Braun (+1) ; Toni Ritter (-1) - Alexander Barta (-1) - Yannic Seidenberg (-1).
 
Remplaçant : Andreas Jenike (G). En réserve : Sinan Akdag, Marcus Kink, Daniel Pietta, Nicolai Goc.
 
France
 
Gardien : Florian Hardy.
 
Défenseurs : Nicolas Besch (-2) - Jonathan Janil ; Aziz Baazzi (+1) - Kévin Dusseau ; Antonin Manavian (-3) - Baptiste Amar.
 
Attaquants : Julien Desrosiers (+1) - Damien Raux - Yorick Treille ; Grégory Béron (2') - Valentin Claireaux - Damien Fleury (-1) ; Nicolas Ritz (-1) - Brian Henderson (+1) - Pierre-Antoine Devin ; Loïc Lampérier - Jordann Perret (-1) - Robin Gaborit (-1, 2').
 
Remplaçant : Ronan Quemener (G). En réserve : Florian Chakiachvili, Luc Tardif jr.