Biélorussie - Norvège (Mondial U18, division IA)

Favorite du tournoi, la Norvège entre en piste face à la Biélorussie pour ce deuxième match de la première journée.
 
La saison dernière, les Norvégiens ont pris la deuxième place, ne concédant qu'une défaite 6-3 face au Danemark. Une défaite fatale à leurs espoirs de montée, malgré leur attaque de feu (31 buts en 5 matchs, meilleure du tournoi). Pas moins de sept joueurs sont de retour cette saison, ce qui fait de la Norvège l'équipe la plus expérimentée du tournoi. On trouve ainsi les deux gardiens, Fredrik Gronstrand et Sander Berg - ce dernier était titulaire l'an dernier. L'arrière Jesper Nipe est le seul défenseur de retour, alors que l'on compte quatre attaquants "revenants" : Martin Ronnild, Herman Kopperud (1 but), Ludvig Hoff (2 buts et 5 passes) et Colin Olsen (1 but, 1 passe). Lors du tournoi de Riga début décembre, les U18 norvégiens avaient battu la Biélorussie 3-2. Bis repetita ?
 
Côté biélorusse, l'ambiance s'annonce assez particulière. Le dernier entrainement "à la soviétique" a marqué les esprits des suiveurs : bagarre entre joueurs, charges plus que limite et coach agressif, laissant sur la glace un joueur victime d'une charge d'un coéquipier et hurlant sur ses joueurs de le laisser là. Spectacle en vue !
 
La Biélorussie n'avait fini que 4e l'an passé avec deux victoires, une défaite après prolongation et deux défaites. La défense s'en était bien sortie (15 buts encaissés) mais l'attaque avait peu compensé (17 buts pour). Le score face à la Norvège à l'époque (6-3) témoigne de l'écart entre les deux équipes. En sera-t-il de même avec cette nouvelle génération ? En effet, seuls deux joueurs sont de retour : le défenseur Vadim Klyavzo avait signé 5 passes. Il sera le capitaine. L'attaquant Yegor Veremyov 1 but et 3 passes. Les deux joueurs devront jouer un rôle de meneur dans ce tournoi. La Biélorussie arrive avec seulement 11 attaquants, pour 9 défenseurs.
 
La Norvège démarre bien
 
La première séquence est confuse, les deux équipes perdant le palet tout à tour, jusqu'au premier arrêt de Sander Berg, suivi d'un second peu après. La Norvège réplique bien car sa première attaque décale Valle Lindstad, qui provoque une faute du capitaine Klyavzo. L'attaque norvégienne peine à s'installer et les rouges reviennent au complet. La séquence aura eu le mérite de lancer la Norvège, qui confisque la rondelle. Le jeu de passe est précis, rapide. Trop rapide pour les Biélorusses, qui laissent Hoff tout seul entre les deux cercles pour l'ouverture du score (0-1 à 04'42").
 
Le relâchement coupable sur l'engagement coûte très cher. Les Biélorusses s'approchent du but de Berg et l'arbitre valide l'égalisation, inscrite juste avant que la cage ne soit dessoclée (1-1 à 05'03").
 
Le match est très rapide et beaucoup plus physique que le premier match du jour. Il faut dire que les deux équipes sont les plus grandes et les plus lourdes du tournoi en moyenne...
 
À la onzième minute, Alexander Bunets assène une violente charge sur Christian Kaasastul. Le Norvégien est sonné, le Biélorusse est renvoyé aux vestiaires. Son camp va jouer cinq minutes en infériorité numérique. Pire, Isaikov prend deux minutes à son tour et la Norvège évolue en cinq contre trois. Le palet circule bien pour chercher Martin Gran entre les cercles. Mais pas facile d'éviter le 1m98 de Falkovski... Changement de méthode et on cherche Colin Olsen au second poteau. L'attaquant vendange une cage grande ouverte. Les Nordiques se montrent bien poussifs et laissent passer leur chance.
 
En revanche, la vitesse norvégienne paraît plus efficace. Le contre de Martin Ronnild sur l'aile gauche laisse sur place la défense et son tir croisé trompe Kulbakov (1-2 à 16'33"). Piquée, la Biélorussie prend les choses en main, cherchant des déviations devant la cage avec des centres appuyés. Sander Berg doit rester solide. Il s'en sort face aux vagues adverses. L'un des tirs le laisse un peu perdu sur sa ligne mais la défense dégage le palet qui traîne.
 
Les Scandinaves confirment
 
Le début de deuxième tiers se révèle très nerveux. Des joueurs qui se cherchent un peu, séparés par les arbitres, et de lourdes charges. Le grand Falkovski n'est pas que grand, il est aussi très bon défenseur et aide bien son camp. Malheureusement, il ne peut pas être partout. La Norvège arrive lancée à la bleue, deux joueurs filent à la cage et le centre est dévié au fond des filets (1-3).
 
GoncharovQuelques instants plus tard, les Nordiques concèdent leur première pénalité. Sateraas sort et la Biélorussie s'installe. Le jeu de puissance ne traine pas et réduit le score, avec une déviation de Goncharov sous la botte de Berg (2-3). Le lancer de Falkovski complète son arsenal.
 
La partie s'est équilibrée, chaque équipe peinant à approcher de la cage. C'est pourquoi Martin Ronnild décide d'y aller tout seul : l'attaquant norvégien accélère à droite et repique vers le but, embarquant tout sur son passage, gardien et cage compris. Pénalité logique, et les rouges combinent, cherchant les déviations. La pénalité s'achève et le palet ne sort pas. Misnikov se trouve alors à la conclusion chanceuse d'un contre favorable, tout seul devant le gardien... Berg dévie au-dessus !
 
Cela témoigne cependant de la domination de la Biélorussie, qui confisque le palet et cantonne la Norvège dans sa zone. Seul le duo Olsen-Lavik surnage en attaque. Comme souvent dans ces cas là, dominer n'est pas gagner. La mise au jeu consécutive au bon travail du duo est exploitée par le trio suivant, avec Henriksen à l'affût au second poteau, qui convertit le rebond laissé par le gardien sur l'action de Gran (2-4 à 33'03").
 
FalkovskiLe jeu reste bien moins précis qu'au premier tiers et les deux équipes peinent à enchaîner les passes. Il y a tout de même quelques beaux gestes, à l'image de Martin Gran, très technique, qui soulève son palet au dessus de la crosse du défenseur avant de lancer au but. Kulbakov sort le tir de la botte.
 
La fin de tiers se joue en supériorité pour la Biélorussie, Ronnild s'étant montré un peu trop viril en zone offensive. Falkovski, impressionant dans ce match, s'offre la première chance en remontant toute la glace, tranquillement, à la faveur d'un changement de ligne adverse. L'action suivante envoie Fladeby en prison, juste après la fin de la pénalité norvégienne.
 
Un jeu de puissance efficace
 
La reprise manque de rythme. La Biélorussie gaspille son avantage numérique, faute de conserver le palet en attaque. Les Blancs gèrent leur avance au score grâce à la qualité de leur patinage et leur vitesse. Les minutes défilent jusqu'à une pénalité biélorusse. La défense, concentrée, se montre efficace et libère un contre-attaque dans les dernières secondes. La passe de l'aile gauche passe au dessus de la crosse du défenseur. Kravtsov contrôle brillamment cette passe difficile et, seul face au gardien, trouve un trou de souris (3-4). Le match est relancé !
 
À dix minutes de la sirène, Buynitski prend une charge sévère de Kaasastul. L'arrière norvégien est logiquement sanctionné de 2'+10', plaçant la Biélorussie en situation idéale pour égaliser. Les affaires scandinaves ne s'arrangent pas puisque le gardien Sander Berg se rend coupable d'un retard de jeu en ayant bougé sa cage. La Biélorussie reçoit donc 1'25" de double supériorité numérique, ce qui pousse le bouillant coach Vladislav Klochkov à demander un temps mort. Choix payant. Le petit défenseur Goncharov signe un doublé d'un tir lointain excentré (4-4).
 
Le banc biélorusse explose et la partie s'emballe. Hoff en un-contre-un d'un côté, Markevich qui déshabille un défenseur de l'autre ; les occasions s'enchainent. Piquée au vif, la Norvège accélère son jeu et son pressing, mais tombe dans l'indiscipline avec une nouvelle charge bien trop sévère de Ronnild, qui se sera fait remarquer tout le match par son jeu physique. Il prend deux minutes, et Misnikov le suit pour avoir répliqué. Le quatre contre quatre ouvre le jeu. Les occasions, elles, tardent un peu, chacun cherchant trop l'exploit individuel. La partie devient de plus en plus tendue au fil des secondes. La sirène retentit : 4-4, une prolongation qui n'arrange personne...
 
Le show Ronnild
 
À quatre contre quatre, les espaces permettent à Misnikov de s'infiltrer et de se présenter seul devant Berg, qui sauve son camp de la catastrophe. Le portier sort aussi un tir du capitaine Klyavzo et voit le rebond filer à côté. La Norvège plie... et obtient une bonne chance par Lindstad, après un gros travail de Ronnild en zone offensive. Kulbakov tient bon aussi. Henrik Borge prend son temps mort à quelques secondes de la fin. Cela manque de payer puisque Hoff gagne la mise au jeu et Nipe lance au but : Isaikov contre le tir qui file au dessus. Tirs au but !
 
Ronnild s'avance, fixe le gardien et glisse facilement le palet au fond. 0-1.
Veremyov s'élance à son tour, contrôle bien et envoie le palet en hauteur. 1-1.
Hoff a autant de réussite que son compère. Vitesse et précision. 1-2.
Goncharov peine à maîtriser son palet, qui reste un peu collé à la glace. Du coup, il ne parvient pas à déplacer le garden. 1-2.
Olsen échoue lui aussi face au grand écart de Kulbakov. 1-2.
Buynitski égalise en ajustant parfaitement entre les jambières de Berg. 2-2.
Les trois premiers tireurs sont passés. 

Bull

Le coach relance Veremyov, qui se heurte à la mitaine de Berg.
Hoff n'a pas plus de réussite, Kulbakov réussissant son poke-check.
Buynitski fixe superbement Berg et s'impose du revers. 3-2.
Ronnild doit marquer : pas de fioritures, efficacité entre les jambières. 3-3.
Buynitski s'y colle une troisième fois, et marque encore en stoppant presque devant le gardien pour l'embarquer. 4-3.
Ronnild le copie et fixe lui aussi le gardien d'un côté pour le tromper de l'autre. 4-4.
Buynitski cherche cette fois à marquer entre les jambières et Berg sort la crosse. 4-4.
Hoff, tout en technique, ne lève pas assez son palet. 4-4.
Veremyov cherche la lucarne mais ne cadre pas. 4-4.
Ronnild termine le travail entre les jambières. 4-5.
 
Victoire de la Norvège en fusillade grâce à quatre buts sur quatre essais de Ronnild. Les Norvégiens ont énormément souffert et gaspillé une avance de deux buts dans le dernier tiers, mais restent dans le coup pour la montée. En face, la Biélorussie a fait une très bonne prestation, et il n'a pas manqué grand chose...
 
Côté joueurs :
La Norvège a reçu l'aide bien sûr de Martin Ronnild, décisif en fusillade. Son jeu hyper physique a pesé et parfois coûté cher. Le défenseur Christian Bull s'est montré solide, apportant beaucoup à la relance avec son coéquipier Marthinsen. Hoff et Lindstad ont aussi beaucoup apporté.
La Biélorussie s'est surtout appuyée sur deux défenseurs : le petit Goncharov (1m67) et le grand Falkovski (1m98). Leur patinage, leur relance et leurs tirs ont joué un grand rôle. Du côté de l'attaque, Markevich s'est distingué par sa qualité technique.
En revanche, les deux gardiens ont déçu, laissant beaucoup de rebonds.
 
 
Biélorussie 4-5 Norvège en fusillade (1-2, 1-2, 2-0, 0-0)
Patinoire Jean-Bouin de Nice, dimanche 13 avril 2014, 16h.
Arbitrage de TJ Foster (Canada) assisté de Orjan Ahlen (Suède) et Florian Widmann (Autriche).
Tirs : Biélorussie 49 (17, 13, 10, 9) Norvège 38 (11, 6, 10, 10)
Pénalités : Biélorussie 43' (9'+20', 0', 4'+10') Norvège 24' (0', 8', 6'+10')
 
Récapitulatif du score
0-1 à 04'42" : Hoff assisté de Bjerke et Bull
1-1 à 05'03" : Kravtsov assisté de Filipovich et Kotashenko
1-2 à 16'33" : Ronnild assisté de Bjerke et Henriksen
1-3 à 21'19" : Lavik assisté de Lindstad
2-3 à 23'47" : Goncharov assisté de Falkovski et Buynitski (sup. num.)
2-4 à 33'03" : Henriksen assisté de Gran et Bull
3-4 à 46'26" : Markevich assisté de Klyavzo et Falkovski
4-4 à 50'26" : Goncharov assisté de Misnikov et Markevich (double sup. num.)
Victoire de la Norvège en fusillade (5-4).
 
 
Biélorussie
 
Gardiens : Ivan Kulbakov
 
Défenseurs : Roman Isaikov - Vadim Klyavzo (C) ; Andrei Timoshenko - Stepan Falkovski ; Vladislav Goncharov (A) - Yegor Ivanov (A) ; Kirill Chaika - Ilya Sushko ; Artemi Chernikov.
 
Attaquants : Vladislav Misnikov - Danila Karaban - Kirill Markevich ; Yevgeni Astankov - Dmitri Buynitski - Yegor Veremyov ; Dmitri Filipovich - Alexander Kravtsov - Ivan Kotashenko ; Vyacheslav Gretski - Alexander Bunets.
 
Remplaçant : Alexander Osipkov (G)
 
Norvège
 
Gardiens : Sander Berg
 
Défenseurs : Christian Kaasastul - Emil Sateraas (C) ; Christian Bull - Andreas Marthinsen ; Jesper Nipe - Sondre Bjerke ; Cato Knutsen.
 
Attaquants : Ludvig Hoff (A) - Martin Ronnild - Vetle Lindstad ; Eirik Lavik - Herman Kopperud (A) - Colin Olsen ; Martin Gran - Magnus Henriksen - Stian Nystuen ; Henrik Knold - Tobias Fladeby - Petter Gronstad ; Oskar Drillestad.
 
Remplaçant : Fredrik Gronstrand (G)