KHL (Finale, coupe Gagarine, match 1)

Le Metallurg Magnitogorsk, deuxième de la saison régulière, invaincu à domicile durant les trois tours de play-offs précédents, fait figure de favori dans cette finale face aux Lev Prague.

Le club tchèque, pour sa seconde saison en tant que franchise de la KHL, a fini cinquième de la ligue continentale et est parvenu jusqu’en finale à l’aide du Lokomotiv Yaroslavl, disent les mauvaises langues, qui a réussi les exploits d’éliminer les deux terribles armadas de l’ouest, le Dynamo de Moscou et le SKA St-Pétersbourg, libérant la route de cette finale 2014 aux Praguois, troisième de la conférence occidentale.

Pour ce premier match à Magnitogorsk, Kari Jalonen, le coach des visiteurs, a choisi les attaquants David Ullström (3e ligne) et Lukas Cingel (4e ligne) à la place respectivement de Birner (blessé) et Kubalik (choix).

Dans ce premier tiers, tout s’accélère au bout de dix minutes de jeu. Viktor Antipin, le défenseur du premier duo du Metallurg, se fait expulser pour avoir violement chargé en dehors du jeu Petr Vrana (10’06).

Pendant cinq minutes en supériorité numérique, les Lev (Lions) ne manquent pas l’occasion d’ouvrir le score. Après une grosse pression de Jiri Novotny consécutif à un arrêt incomplet de Vasily Koshechkin, le gardien local, sur un tir de loin d’Ondrej Nemec (12’40), le défenseur Martin Sevc marque d’un tir de la pointe pendant que Koshechkin est masqué (0-1 à 13’35).

Revenu à cinq joueurs, le Metallurg reprend les choses en mains jusque la fin du tiers. Mais il se heurte à Petri Vehanen, le gardien finlandais de l’équipe tchèque. Le joueur de centre Jan Kovar, trouvé par son capitaine Sergei Mozyakin (15’36), puis aidé du Québécois Francis Paré (17’02) et l’attaquant canadien Tim Brent butent tous les deux sur le solide portier, champion du monde en 2011 et vainqueur de la coupe Gagarine en 2010, ayant renforcé Ak Bars Kazan en cours de saison.

Les Praguois abordent le deuxième vingt avec plus d’agressivité que lorsqu’ils ont quitté la glace. Cela paie. L’ailier David Ullström, champion de Suède avec le HV71 en 2010, avant de tenter sa chance, sans réussite, outre-Atlantique aux Islanders de New York, qui faisait son retour après avoir été blessé, obtient une opportunité (21’50). Moins de trois minutes après, son coéquipier Petr Vrana, le centre de la deuxième ligne devant la cage, est patient lorsqu’il reçoit une passe de son partenaire Jiri Sekac, dans la bande, juste avant qu’il ne passe derrière la cage. Vasily Koshechkin est un peu trop juste de sa mitaine sur le revers de Vrana et doit s’incliner une deuxième fois dans un silence glacial malgré 7500 spectateurs (0-2 à 24’35).

Magnitogorsk n’est pas KO. D’une part il ose toujours. Une déviation d’un tir de loin ne passe pas loin de la cage des Lev (28’25). D’autre part, une supériorité le remet en selle. L’attaque à cinq installée des locaux parvient à créer un décalage mais le killing play praguois ne masque pas son gardien. Petri Vehanen peut donc bloquer le redoutable lancer de Sergei Mozyakin (35’06). Mais le metallurg éprouve certaines difficultés à trouver des positions de tir devant une défensive bien organisée et calme

Dans un jeu moins subtil, plus direct. Les locaux de la quatrième ligne essaient de forcer leur destin en allant en force à la cage. Evgeny Timkin, le jeune ailier formé à Omsk, réussi à provoquer Vehanen au milieu de quatre défenseurs praguois, sans succès (36’44).

À force de pousser, le Metallurg laisse des espaces. En toute fin de vingt minutes, Lukas Cingel et Calle Ridderwall s’y échappent à deux contre le seul Sergei Tereshchenko qui coupe la passe entre les deux visiteurs et laisse son gardien, Vasily Koshechkin, faire un miracle sur le tir du Suédois (le second nommé), au cursus NCAA, jamais passé par la SHL (39’29).     

Dans la dernière période, Magnitogorsk jouera le tout pour le tout aidé par des Praguois, forts de leur avantage, passant beaucoup moins la ligne rouge.  

Face à cette défense renforcée, le Metallurg aura deux occasions. À deux-contre-deux, Denis Platonov et Francis Paré prennent le meilleur sur le duo Nemec-Sekac. Mais le revers du Québécois ne trompe pas la vigilence de Vehanen (41’18). Puis, le gardien finlandais aura besoin de talent sur la seconde chance de Magnitogorsk. Danis Zaripov, l’ailier expérimenté double champion du monde (2008 & 2009), triple champion de Russie (2006, 2009 & 2010), délivre une merveilleuse petite passe instantanée du revers pour le chevronné Denis Platonov qui peut frapper de l’oreille droite, sur la jambière que sort Petri Vehanen d’un réflexe prodigieux (52’16).

On se rapproche de la fin du match et Mike Keenan, le coach de Magnitogorsk arrivé des Flames de Caglary cet été, remplace son gardien, Vasily Koshechkin (14 arrêts) par Sergei Mozyakin. Sur un palet perdu par les joueurs locaux, Justin Azevedo, l’Américano-Portuguais de Prague, trouve les filets dans une cage vide, de la ligne rouge (0-3 à 58’17).

C’est parce que Petri Vehanen (21 arrêts) a sorti les parades nécessaires, réalisant un blanchissage, que les arrières Martin Sevc et Ondrej Nemec ont été énormes et que les attaquants Jiri Novotny et Niko Kapanen étaient très aguerris que les Lev Prague ont su résister après avoir pris leur chance et pris l’avantage sur un fait de jeu du début de match. Magnitogorsk est prévenu et même super favori, il n’aura pas le droit à l’erreur dans les matches de cette finale pour la coupe Gagarine car Prague a démontré toute sa résistance ce soir.

Commentaires d'après-match

Kari Jalonen (entraîneur du Lev Prague) : "Mes gars se sont bien préparés pour le match. Tous ont joué 60 minutes fantastiques. Maintenant, il ne peut plus y avoir de surprises, parce qu'il y a les deux meilleures équipes avec de grands joueurs."

Mike Keenan (entraîneur du Metallurg Magnitogorsk) : "Je suis d'accord que notre adversaire était mieux préparé. Les joueurs de Prague étaient plus rapides, et dans les moments les plus importants nous n'avons pas su marquer. Le premier but en supériorité numérique a été la clé du match. En NHL, on ne punit pas une telle faute d'une expulsion."