France - Slovaquie (Euro Hockey Challenge, à Grenoble)

La Slovaquie prend sa revanche

Après une double confrontation face à l’Allemagne (victoire 4-3 après tirs au but et défaite 2-0), l’équipe de France poursuit sa préparation pour les championnats du monde avec deux confrontations face à la Slovaquie. Un adversaire prestigieux que les Tricolores ont battu jeudi lors de la première confrontation à Gap (4-2). Après un départ complètement manqué, les Slovaques étaient revenus en fin de match. Leur réaction tardive laisse penser qu’ils voudront prendre leur revanche ce soir et laver l’affront sur la glace de Pôle Sud.

Du côté de l’équipe de France, l’objectif sera de confirmer. Mais cela n’empêche pas la revue d’effectif de continuer. Cristobal Huet laisse sa place à Florian Hardy dans les cages. Julien Desrosiers est au repos.

La rencontre débute avec une cérémonie en hommage à Eddy Ferhi qui a mis un terme à sa carrière à la fin de la saison de Division 1 qu’il a disputée avec Anglet. Le portier international, resté dans l’ombre d’Huet et Lhenry sous le maillot tricolore, a connu les plus belles années de sa carrière avec les Brûleurs de Loups avec lesquels il a notamment remporté deux coupes Magnus en 2007 et 2009. La glace de ses exploits était donc l’endroit tout indiqué pour célébrer sa retraite sportive. Un retour chargé d’émotion pour le portier qui a pu dire au revoir au public grenoblois.

Antonin Manavian est sanctionné après seulement seize secondes de jeu et la France se retrouve déjà en infériorité numérique. Heureusement pour les Bleus, le power-play slovaque est timide et pas très percutant.

Les Slovaques entrent doucement dans cette rencontre et ne mettent pas beaucoup de pression sur la cage de Florian Hardy. Les Tricolores en profitent pour tenter quelques incursions en zone d’attaque et se montrent dangereux sur une échappée de Guttig puis un tir sur le poteau de l’homme en forme des Bleus, Teddy Da Costa. Malheureusement, les Bleus se font rattraper par leur indiscipline avec une crosse haute de Nicolas Ritz. Cette fois, l’infériorité numérique sera de courte durée puisque Marek Daloga se rend coupable d’une violente charge contre la bande sur Damien Raux. Après deux minutes de jeu à quatre contre quatre, les Bleus se retrouvent enfin en supériorité numérique lorsque Martin Stajnoch dégage directement le palet dans les tribunes. Une occasion pas très bien exploitée par les hommes de Dave Henderson qui ont connu des difficultés ce soir en supériorité numérique.

Hardy doit se montrer vigilant sur quelques tirs slovaques dangereux alors que les premières frictions entre les deux équipes font monter la température. Ivan Svarny est sanctionné pour une obstruction sur Béron. Nouvelle supériorité numérique pour les Bleus qui manquent de peu se faire surprendre sur un 2 contre 1 emmené par Miroslav Satan.

Cette supériorité est interrompue par une grosse charge de Manavian sur Nagy. Sonné, l’ailier slovaque met quelques instants à se relever. Après un conciliabule entre arbitres, Manavian reçoit une pénalité majeure assortie d’une méconduite de match. Retour au vestiaire prématuré pour le rugueux défenseur tricolore qui n’a pas pu profiter de son retour à Pôle Sud.

Pendant cinq minutes, les Slovaques vont tenter de forcer la décision mais ils se heurtent à un box play français bien en place. Richard Stehlik fait quand même tinter la barre transversale sur un lancer lointain mais la pénalité majeure s’écoule et le score reste vierge à la pause.

La Slovaquie accélère en début de seconde période. La défense tricolore est bien près de se faire surprendre et Auvitu est poussé à la faute pour neutraliser in extremis une occasion dangereuse de Tybor, faute qui aurait mérité un penalty. En infériorité numérique, Yorick Treille met la pression dans la zone slovaque mais il en fait trop et commet une faute évitable. Une pénalité différée est appelée contre lui mais sur la contre-attaque, Miroslav Satan glisse astucieusement le palet derrière la botte de Hardy et ouvre le score dans un trou de souris (0-1, 22'42").

Plus tranchants, les Slovaques font mal à la défense tricolore. David Skokan tente une action en solo mais butte sur Hardy. Radoslav Tybor aura plus de réussite quelques minutes plus tard en partant dans le dos de Florian Chakiachvili. Il se présente seul face à Hardy, fixe le portier tricolore et glisse le palet au ras du poteau d’un joli tir croisé (0-2, 27'29").

Assommés par ces deux buts encaissés en cinq minutes, les coéquipiers de Laurent Meunier vont avoir l’opportunité de se relancer grâce à l’indiscipline des Slovaques. Martin Stajnoch puis Marek Daloga se font pénaliser tour à tour à une minute d’intervalle. Entre temps, Nagy s’était présenté tout seul face à Hardy mais avait manqué le cadre. Peut-être frustré par son échec, Nagy proteste auprès des arbitres et se prend dix minutes de méconduite.

À cinq contre trois, les Bleus vont tout faire pour réduire le score. Enfin poussés par un public jusque-là très discret, ils vont manquer de discernement dans le dernier geste et laisser passer l’occasion. Stajnoch, à sa sortie de prison, sera même tout près de tromper Hardy en échappée mais il tire au-dessus du cadre.

Les Français ne renoncent pas pour autant : Meunier puis Da Costa mettent Ján Laco à contribution qui réalise une parade exceptionnelle face au capitaine tricolore. Et les pénalités continuent de s’abattre sur des Slovaques incrédules… Juraj Mikus et Vladimir Mihalik regagnent à leur tour la prison. Les attaquants tricolores tentent de forcer le verrou par Fleury puis Guttig mais à chaque fois Laco dit non.

La meilleure occasion tricolore du tiers sera pour Lampérier qui se retrouve seul face à Laco mais manque de précision pour surprendre le portier slovaque. Inefficaces offensivement, les Bleus vont voir Damien Fleury se faire pénaliser dans la dernière minute, obligeant Hardy à un dernier arrêt important face à Spirko.

Faute de n’avoir pu concrétiser leur power-play au second tiers, les Bleus entament la dernière période avec deux buts de retard. Miklik teste Hardy dès les premières secondes mais Baazzi et Meunier répliquent et butent à leur tour sur Jan Laco.

La France est bien rentrée dans ce troisième tiers et voit ses efforts récompensés sur un magnifique jeu collectif de la deuxième ligne : Guttig laisse le palet en retrait à Fleury qui décale immédiatement Da Costa lequel place le palet sous la barre d’une splendide reprise sans contrôle (1-2, 47'11").

Un petit bijou qui regonfle le moral des Bleus. Plus mordants, plus offensifs, ils font le forcing pour égaliser sous les encouragements du public grenoblois enfin enthousiaste. Malheureusement, une pénalité malchanceuse de Meunier vient freiner l’élan tricolore. La pénalité est tuée et les Bleus enchaînent avec une grosse occasion de but suite à un palet perdu par Stehlik. Ritz s’échappe en deux contre un avec Fleury, préfère le tir à la passe et bute in extremis sur Jan Laco.

Les Français semblent en mesure d’égaliser mais ils doivent surveiller leurs arrières et Hardy est obligé de s’employer sur un tir du revers de Hascak. Alors que les chances d’une égalisation française semblent réelles, Miroslav Satan met fin aux espoirs tricolores en se montrant le plus prompt au rebond suite à un tir de Nagy (1-3, 52'59").

Ce troisième but slovaque douche définitivement les espoirs d’un retour de l’équipe de France. Deux pénalités de Martin Reway et d’Andrej Stastny, ce dernier pour une grosse charge sur Eliot Berthon, vont pourtant donner une raison d’y croire jusqu’au bout. Mais plutôt que de sortir son gardien et finir la rencontre à six contre quatre, Henderson la joue prudente avec une simple supériorité numérique dans les deux dernière minutes. Un power-play encore stérile à l’image d’un match des occasions manquées pour les Bleus. À la fin du match, Baptiste Amar s’offre un émouvant tour d’honneur pour saluer une dernière fois son public.

La Slovaque a donc pris sa revanche ce soir sur l’équipe de France. Entrés timidement dans la partie, les hommes de Vladimir Vujtek ont su appuyer sur l’accélérateur eu début de la seconde période et concrétiser leurs temps forts après avoir vendangé un power-play de cinq minutes en fin de première période.

Sans être géniaux, les Slovaques se sont montrés plus efficaces que leurs adversaires à l’image de leur capitaine Mirsolav Satan, auteur d’un doublé ce soir, qui montre qu’à 40 ans passés, il a encore de beaux restes. L’autre grand bonhomme du match côté slovaque, est sans aucun doute le portier Jan Laco, auteur de quelques arrêts très spectaculaires. La Slovaquie possède un grand gardien qui sera sans doute précieux au moment des championnats du monde.

En deux rencontres, l’équipe de France a montré qu’elle pouvait se hisser au niveau de la Slovaquie. C’est une bonne nouvelle car les deux équipes se retrouveront dans la même poule pour une « belle » qui comptera pour de bon cette fois-ci. Même s’ils ont eu moins de réussite que jeudi, les Bleus échouent de très peu dans cette rencontre très serrée. Leur manque de réussite en supériorité numérique leur a sans doute coûté la victoire ce soir.

Même si la deuxième ligne Guttig - Da Costa - Fleury a confirmé tout le bien qu’on pensait d’elle après le match de jeudi, il manquait encore quelques gâchettes en attaque (Desrosiers, Bellemare, Bertrand, Sacha Treille et peut-être Roussel si son équipe est éliminée des play-offs en NHL) qui devraient améliorer l’efficacité offensive. Au moins les Bleus ont pu se rassurer défensivement avec une bonne résistance en infériorité numérique et une bonne sortie de Florian Hardy. De quoi gagner en confiance et monter en puissance avec deux nouveaux matchs de préparation en Lettonie la semaine prochaine.

Désignés meilleurs joueurs du match : Yorick Treille (Grenoble) et Ján Laco (Slovaquie)

(Photos Philippe Crouzet - www.ipernity.com/doc/182273/album et Emmanuel Giraudeaux)

Commentaires d’après-match (d’après Sport+ et le Dauphiné Libéré) :

Dave Henderson (entraîneur de l’équipe de France) : « On a beaucoup mieux joué que lors du deuxième match en Allemagne. On a eu les actions, on a eu les occasions de but. Notamment une où le gardien fait un arrêt spectaculaire face à Meunier mais dans l’ensemble on a mieux joué ce soir, on avait moins de chances que jeudi à Gap mais on est de mieux en mieux. On est content du match malgré la défaite mais il faut qu’on soit plus efficace en jeu de puissance. On a le contrôle du palet mais pas assez d’actions dangereuses. »

Laurent Meunier (capitaine de l’équipe de France) : « Ce n’est pas trop mal. Aujourd’hui on a beaucoup de déchets techniques dans le power-play, dans le jeu. Mais la glace était de très mauvaise qualité. Sur les deux matchs, il y a du positif. On gagne une fois. On va regarder tout ça à la vidéo et on va essayer de progresser. On a sept-huit chances en power-play et on ne met pas de but, c’est ce qui fait la différence ce soir. »

Pierre Pousse (entraîneur-assistant de l’équipe de France) : « C’est un aperçu de ce qu’on peut avoir là-bas. Même si ça n’a pas souri en fin de match après être revenu à 2-1, on a été là physiquement. Notre power-play n’a pas connu de réussite non plus. »

Nicolas Besch (défenseur de l’équipe de France) : « C’est toujours bien de retrouver des têtes connues ! Ça rappelle de bons souvenirs de revenir là. On perd mais il y a quelques années on aurait pris dix pions face à la Slovaquie. Hormis les quelques erreurs individuelles dont moi sur la dernière, on n’a pas été mauvais. »

Baptiste Amar (défenseur de l’équipe de France) : « Depuis l’an dernier, dans le discours de l’encadrement comme entre nous, on se dit que l’on est capable d’aller chercher des résultats contre les grosses nations. Nos progrès techniques et collectifs alliés à cette volonté de performer nous permettent de faire de meilleurs résultats face aux gros.»

Damien Fleury (attaquant de l’équipe de France) : « On est de plus en plus solide. On sait que l’objectif est le maintien mais entre joueurs, on a un quart en tête… »

Miroslav Satan (capitaine de la Slovaquie) : « Cette équipe de France est meilleure chaque année qui passe. Aujourd’hui, on sait qu’ils peuvent battre n’importe qui. Et si on n’est pas dedans, ils peuvent faire mal… »

Ján Laco (gardien de la Slovaquie) : « Le match s’est joué d’un camp à l’autre sur un bon rythme. Le jeu a été inutilement haché par un grand nombre de fautes, mais le plus important c’est qu‘on a eu la partie sous contrôle et qu’on l’a remportée. Il faut toujours dominer le premier tiers-temps et on y est parvenu. Le score était nul à la première pause, et ça nous a bien aidés. On a joué juste et avec du cœur. On a eu aussi un peu de chance, alors on a très bien maitrisé la rencontre. Cela s’explique aussi par le fait qu’on s’y était très bien préparés. (...) On se réjouit de déjà rentrer à la maison et de profiter un peu des fêtes de Pâques car, du point de vue de l’organisation, on s’est pas aussi bien chargés de nous en France qu‘on aurait pu le souhaiter, surtout au niveau de la nourriture qui était déplorable. »

 

France – Slovaquie 1-3 (0-0, 0-2, 1-1)

Samedi 19 avril 2014 à 15h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.

Arbitrage de Bruno Colleoni (FRA) et Geoffrey Barcelo (FRA) assistés de Pierre Dehaen (FRA) et Guillaume Gielly (FRA)
Pénalités : France 37' (4’+5’+20’, 6', 2'), Slovaquie 28' (6’, 8’+10’, 4')
Tirs cadrés : France 29 (7, 13, 9), Slovaquie 23 (4, 13, 6)

Évolution du score :

0-1 à 22'42" : Satan assisté de Nagy et Mikus (sup. num.)
0-2 à 27'29" : Tybor assisté de Miklik et Mihalik
1-2 à 47'11" : Da Costa assisté de Fleury et Guttig
1-3 à 52'59" : Satan assisté de Nagy et Mikus

 

France

Gardien : Florian Hardy [sorti de 59'49" à 60'00"]

Défenseurs : Baptiste Amar (A) – Antonin Manavian (2'+5'+20') [puis Aziz Baazzi après 20'00"] ; Yohann Auvitu (2’) – Nicolas Besch ; Florian Chakiachvili – Jonathan Janil.

Attaquants : Nicolas Ritz (2') – Laurent Meunier (C, 2') – Yorick Treille (A) (2') ; Anthony Guttig – Teddy Da Costa – Damien Fleury (2') ; Damien Raux – Brian Henderson – Loïc Lampérier ; Luc Tardif – Eliot Berthon – Grégory Béron.

Remplaçants : Ronan Quemener (G), Valentin Claireaux, Kévin Dusseau.

Slovaquie

Gardien : Ján Laco

Défenseurs : Marek Daloga (4') – Karol Sloboda ; Vladimir Mihalik (2') – Richard Stehlik ; Jan Brejcak – Martin Stajnoch (4') ; Ivan Svarny (2') – Juraj Valach.

Attaquants : Ladislav Nagy (10') – Juraj Mikus (2') – Miroslav Satan (C) ; Radoslav Tybor – Rastislav Spirko – Michel Miklik ; Martin Reway (2') – Andrej Stastny (2') – Peter Zuzin ; David Skokan – Patrik Lusnak – Marcel Hascak.

Remplaçants : Jaroslav Janus (G), Mario Lunter.