KHL (Finale, coupe Gagarine, match 3)

Malgré une série à égalité, une victoire partout, les Lev Prague ont toujours un avantage, avoir gagné sur la glace du Metallurg Magnitogorsk.

C’est ce que l’équipe russe souhaite réaliser ce soir dans le match 3 de la coupe Gagarine, afin de mettre la pression sur les joueurs de Kari Jalonen, l’ancien joueur finlandais de Rouen, coach des Praguois, arrivé en cours de saison.

L’entraîneur local peut compter sur le retour de l’attaquant Michal Birner, au sein de sa troisième ligne. Mais l’ailier tchèque, champion de SM-liiga en 2010 avec Turku (TPS), n’est pas encore monté sur la banquise de la capitale tchèque, que Jiri Sekac donne le tournis à Chris Lee, l’arrière du Metallurg. Il fait un tour de cage et à son terme lance à la cage. Son lancer, que Tim Brent baillant aux corneilles laisse faire, trouve l’arrière du patin du défenseur Malenkikh occupé au marquage d’un Lion, Petr Vrana. La rondelle est ainsi détournée dans les filets d’un Vasily Koshechkin bien désemparé (1-0 à 1’25).

Mis en confiance, Prague laisse d’abord passer la réaction russe. Un tir du défenseur Viktor Antipin (2’59). Ensuite, les joueurs régionaux neutralisent leurs adversaires. Surtout lors d’une infériorité (de 7’16 à 9’16). Enfin, pendant que les coups d’épaules se renforcent de part et d’autre, ils se créent les meilleures opportunités. L’ailier Jiri Sekac (10’52), le joueur du quatrième trio Jakub Matai (14’43), le premier centre Jiri Novotny (14’50) et l’arrière Ondrej Nemec (en sup.num. à 19’47) seront des artilleurs tous stoppés par un Koshechkin revanchard et bien disposé à garder son équipe dans le match.

On ne peut pas dire que son vis-à-vis, le Finlandais Petri Vehanen ait eu beaucoup de travail au premier tiers. Mais au deuxième vingt, les choses se compliqueront pour lui. Si tant est que le gardien vétéran, champion du monde en 2011, estime que ses parades et ses arrêts soient compliqués à exécuter. Il est sauvé par son poteau droit lorsque Jan Kovar reprend son propre rebond lors d’un duel excentré (23’07).

Si Magnitogorsk est revenu avec plus de volonté de jeu qu’au premier acte, Prague est toujours hermétique et dangereux à la mi-match. Jiri Sekac, intenable, s’échappe puis enrhume l’arrière russe, Rinat Ibragimov. Mais le jeune de 21 ans, formé à Kladno, passé par toutes les sélections tchèques, échoue son action sur l’épaule de Koshechkin (28’14). Puis, le défenseur canadien, Ryan O’Byrne, arrivé de NHL à l’intersaison, tente un lancer de la bande, sur lequel Koshechkin, masqué, fait un arrêt peu spectaculaire mais aussi important que difficile (32’20).

Ensuite, la fin de la période est un moment fort du Metallurg. Dos au but, Francis Paré tente un difficile revers entre ses jambes qui passera légèrement à côté de la cage (32’46). Danis Zaripov sera frustré par la mitaine de Vehanen (34’01). Yaroslav Kosov est au rebond d’un palet laissé libre par la gardien local (36’25). Le réintégrant des Lions, Michal Birner, est sanctionné d’un faire trébucher. Magnitogorsk en plein assaut ne manque pas l’opportunité d’égaliser. Sergei Mozyakin, le terrible capitaine, frappe fort entre le haut du cercle et l’oreille gauche, en pleine lucarne (1-1 à 38’57). Juste sous la sirène, le triple champion de Suède (2004, 2008 & 2010), Martin Thornberg, n’est pas loin de redonner l’avantage aux Praguois (40’00).

Cette réaction du champion du monde 2013 démontre, malgré un nuisible fléchissement dans le jeu, que les joueurs locaux ne sont pas prêts à lâcher quoi que ce soit dans la dernière période.

Ils l’attaquèrent de bon patin. Justin Azevedo, l’attaquant de Prague, américano-portugais, qui n’a jamais eu sa chance aux Kings de Los Angeles, face à la cage n’aura pas de seconde chance devant Vasily Koshechkin jouant du poke-check (43’17). Martin Thornberg est empêché à son tour par le gardien de Magnitogorsk (45’44). Lorsqu’un jeu de puissance s’offrent à eux, les Lev le jouent parfaitement. L’arrière canadien, Nathan Oystrick, arrivé il y a deux saisons en provenance d’AHL, délivre une passe transversale parfaite à travers le killing-play du Metallurg, que reprend de volée Justin Azevedo, lancé, à destination d’un interstice entre les jambières de Koshechkin (2-1 à 50’59).

Avec moins de dix minutes à jouer, Magnitogorsk n’a plus de temps à perdre et se rebiffe. Si Martin Sevc, un des défenseurs dominants de Prague, est sévèrement puni par la patrouille donnant une supériorité où Zaripov est malchanceux sur deux reprises (52’08 & 53’01). Sergei Mozyakin, le capitaine des Russes, lui, ne l’est pas pour un coup d’épaule à la mâchoire de Thornberg qui rentre directement au vestiaire alors que le Suédois héritait du puck et et allait se diriger vers une cage vide (58’17). La foule composée de 16435 fans (record de spectateurs pour un match de KHL) est passablement (le mot est faible) frustrée par ce scandale. Alors, imaginez l’ambiance lorsque sans gardien, dans un jeu installé, le Metallurg égalise après un tir écrasé, de la pointe. Le soubresaut du caoutchouc sur le corps d’un défenseur allongé, sacrifié, est frappé illico de la gauche par Francis Paré vers les résilles de Vehanen (2-2 à 58’42).

Si prêt de la sirène, nous nous dirigeons vers les prolongations. Quand le défenseur de devoir des visiteurs, Yaroslav Khabarov, n’assure pas une passe transversale qui est interceptée par le défenseur finlandais Mikko Mäenpää. L’ancien coéquipier d’Ilpo Salmivirta au Jukurit (la saison de du titre Mestis) mystifie Chris Lee et peut donner le disque à destination d’Azevedo. L’ailier trébuche sous le coup de crosse de Khabarov en retard, mais parvient adroitement en déséquilibre (sic) à loger le palet dans la lucarne d’un Koshechkin (32 arrêts) impuissant devant l’éclat dramatique de cette action (3-2 à 59’36). En moins d’une minute, toute la salle est passée de la frustration à la jubilation, d’une sensation de « vol » à la victoire. Un gain à la rouennaise en Somme (clin d’œil).

Un succès praguois que nous pouvons mettre au crédit du défenseur assistant Nathan Oystrick et des attaquants Martin Thornberg, Petr Vrana et Jiri Sekac en plus du buteur Justin Azevedo (9 buts en play-offs) et d’un Petri Vehanen (18 arrêts) qui a fait son travail.

Commentaires d'après-match

Kari Jalonen (entraîneur du Lev Prague) : "C'était le match le plus difficile de la finale. Je suis très heureux pour Jiri Sekac. Hier, il a continué à travailler 20 minutes le tir direct à la cage. La leçon n'a pas été vaine. Aujourd'hui encore, Mozyakin est sorti du lot chez nos adversaires. C'est le meilleur joueur de la KHL actuellement."

Mike Keenan (entraîneur du Metallurg Magnitogorsk) : "Nous avons été surpassés dans l'envie. Dans l'aptitude à envoyer le palet à la cage et à marquer. Dans le caractère et dans l'effort. Dans une finale, l'équipe qui gagne est celle qui est la plus forte dans ces domaines."