KHL (Finale, coupe Gagarine, match 4)

Après leur bonne victoire d’avant-hier, accrocheurs, les Lev Prague, à domicile, ont l’occasion de créer le break dans cette finale de la coupe Gagarine.

Pour le Metallurg Magnitogorsk, hétérogène, moins complet sur 60 minutes, il s’agit encore de réagir, comme lors du match n°2, mais cette fois sur la glace adverse.

Kari Jalonen, le coach de l’équipe tchèque, semble avoir choisi l’alternance pour deux de ses attaquants. Les Suédois Ullström et Ridderwall remplacent les Tchèques Birner et Kubalik sur les troisième et quatrième trios. De son coté, Mike Keenan, l’entraîneur canadien du club russe, a échangé Grigorenko et Kazionov. Avec ce dernier, double vainqueur de la coupe Gagarine (2009 & 2010), le conquérant de la coupe Stanley 1994 renforce sa deuxième ligne, tant au poste de centre, qu’en présence physique et qu’en expérience.

Les premiers dangereux sont les visiteurs. Francis Paré, le joker du Metallurg, arrivé en cours de saison de Finlande, est entre les oreilles lorsqu’il décoche son tir, mais Petri Vehanen sort sa mitaine d’un réflexe prodigieux (01’53). Les invités sortent fort en ce début de match. L’ailier, Timkin fait un grand tour de cage, passe en revue le défenseur canadien Oystrick. Puis l’attaquant fait une passe en retrait du revers, que frappe de loin Khabarov pour ouvrir la marque avec un poteau rentrant (0-1 à 3’57). Le défenseur russe prend là sa revanche, après la mauvaise passe qu’il a adressé dans le match précédent. Une erreur, un cadeau, qui a donné le revirement victorieux à Prague dans le match 3.

Les Lev (Lions) réagissent, mais confondent vitesse et précipitation. Ils perdent le palet. Une perte qui procure à Magnitogorsk un trois-contre-un. Zaripov manquera finalement la cage grande ouverte (6’16). Sur le contre c’est Prague qui est dangereux. Cependant, Novotny, au rebond d’un tir de Sevc, est détourné par Koshechkin (6’35).

Finalement, l’échec avant des locaux va être récompensé. À la ligne bleue, Kapanen intercepte une relance mal ajustée de Yunkov dans sa zone. Ullström hérite du palet et tire, du haut du slot, au-dessus de la plaque de Koshechkin (1-1 à 7’10).

Le jeu se resserre, sans occasion nette, jusqu’aux trois dernières minutes qui seront folles. D’abord, pour Prague, son héroïque attaquant canadien, Justin Azevedo, marque en contre-attaque, d’un tir des poignets en haut du cercle à mi-hauteur coté mitaine (2-1 à 17’13). Ensuite, le Metallurg, qui ne veut surtout pas rentrer au vestiaire sur ce but encaissé, provoque une légère faute de Sekac, qui ira tout de même, cirer le banc de la geôle disent les arbitres. À un homme de plus, Kovar et Mozyakin mettent une énorme pression sur la cage de Vehanen (17’46). Enfin, Antipin, l’arrière monté au second poteau, égalise dans une cage ouverte, à la faveur d’un jeu en surcharge et d’une passe précise de Zaripov (2-2 à 18’12).

Le vingt médian sera moins ouvert et un peu plus hermétique. En premier, Prague se rassure en défense et tue une pénalité (22’10). En deux, les locaux marquent sur leur premier avantage numérique. Nemec fait gamelle d’un tir de la pointe dans un jeu installé (3-2 à 26’02). Les Lev résistent encore à une infériorité (27’09). Azevedo dispose d’un contre, mais l’ailier est trop excentré pour surprendre un Koshechkin parfaitement concentré (33’17). Bref, les Praguois semblent être bien dans leur match jusqu’à ce que la laborieuse pugnacité russe surprenne Petri Vehanen. Antipin, monté aux avant-postes, frappe en bas du cercle droit, une passe en retrait de Mozyakin circulant derrière la cage. Sur l’envoi du défenseur russe, le palet passe par un trou de souris via la mitaine douteuse voire trouée du gardien finlandais (3-3 à 34’02).

Prague semble ébranlé par ce dernier but. Pourtant Vehanen, son gardien, est rassurant sur un lancer de loin où Paré le pressait. Mais ses coéquipiers n’y sont plus. Sur un nouveau power-play, les félins grégaires n’ont plus la solution et concèdent un contre surnuméraire. Heureusement pour les locaux, le duo Kovar-Mozyakin sera imprécis (38’08).

La pause sera la bienvenue pour le club tchèque. Eh bien, non. Nous nous trompions. Ses adversaires encore en relâche, dans tous les cas trop alignés (Sevc-Zackrisson), Mozyakin slalome entre Mäenpää et Thornberg, puis, faisant mine de provoquer Vehanen, le capitaine russe cache sa passe, au second poteau, jusqu’au dernier moment. Sur celle-ci, Mäenpää lève son patin pour éviter un but contre-son-camp. Mais dernière lui se cache Zaripov, qui a tout lu depuis le début, et reprend dans une cage quasi vide tellement la feinte, d’un Mozyakin éclatant, a aveuglé Vehanen (3-4 à 40’38).

Prague est absourdi. Incapable de se rebiffer. On craint le KO lorsque Nemec s’en va en prison. Cette fois avec raison. En effet à quatre contre trois, c’est presque trop facile pour le duo composé par Mozyakin et Zaripov. Ce dernier enfile de volée et de près au-dessus de la mitaine désespérée de Vehanen, bien impuissant ce soir (3-5 à 44’07).

Les Lev sont KO. Pour finir le match, ils disposeront de presque quatre jeux de puissance, sans pouvoir inquiéter sérieusement Magnitogorsk. Signe d’impuissance et de frustration tchèque, la fin de la rencontre sera affligeante avec quelques tristes rixes individuelles. Les 17 073 spectateurs (nouveau record de la KHL) de l’O2 auraient plutôt et sans doute préféré des Lions attentifs et agressifs dans le jeu pendant la dernière période.

Des qualités que les joueurs de Magnitogorsk, menés à deux reprises, ont su démontrer tout au long du match à l’instar du défenseur Viktor Antipin (deux buts), et des attaquants Sergei Mozyakin (4 passes), Jan Kovar (2 passes), Danis Zaripov (deux buts) et Tim Brent.

Les Lev Prague et le Metallurg Magnitogorsk sont à égalité deux victoires partout avant de jouer le match 5 à Magnitogorsk.

Commentaires d'après-match

Mike Keenan (entraîneur du Metallurg Magnitogorsk) : "Match compliqué et nerveux, mais agréable. Les deux équipes ont monté beaucoup de caractère. Bon, leur n°55 Sevc est certainement un chic type. Il ne devrait pas se comporter aussi mal. J'espère que la ligue le punira pour toutes ses provocations. Les équipes laissent sur la glace tellement de forces, on n'a pas à gâcher son temps avec de tels soucis."

Kari Jalonen (entraîneur du Lev Prague) : "L'attaque s'est montrée excellente, la défense mauvaise. Nous avons perdu le match à cause de notre jeu défensif médiocre."

 

Lev Prague – Metallurg Magnitogorsk 3-5 (2-2, 1-1, 0-2)
Jeudi 24 avril 2014 à 21h00 à l'O2 Arena, 17 073 spectateurs (record d’affluence en KHL).
Arbitrage de Roman Gofman et Alexei Ravodin assistés de Konstantin Gordenko et Ivan Dedyulya.
Pénalités : Prague 15' (2', 4', 4'+5'), Magnitogorsk 19' (0', 4', 10'+5').
Tirs : Prague 21 (5, 6, 10), Magnitogorsk 22 (13, 6, 3).
 
Évolution du score :
0-1 à 03'57" : Khabarov assisté de Timkin et Lee
1-1 à 07'10" : Ullstrom assisté de Kapanen
2-1 à 17'13" : Azevedo assisté de Zackrisson
2-2 à 18'12" : Antipin assisté de Zaripov et  Mozyakin (sup.num.)
3-2 à 26'02" : Nemec assisté de Azevedo et Kapanen (sup.num.)
3-3 à 34'02" : Antipin assisté de Mozyakin et Kovar
3-4 à 40'38" : Zaripov assisté de Mozyakin et Antipin
3-5 à 44'07" : Zaripov assisté de Mozyakin et Kovar (double sup.num.)
 
 
Lev Prague
 
Gardien : Petri Vehanen (FIN, 17 arrêts) sorti de 57'41 à 57'53 et de 58'37 à 60’00.
 
Défenseurs : Mikko Maenpaa (FIN) – Martin Ševc ; Ondrej Nemec – Nathan Oystrick (CAN) ; Marc-André Gragnani (CAN) – Ryan O'Byrne (CAN) ; Topi Jaakola (FIN) – Jakub Nakládal.
 
Attaquants : Justin Azevedo (CAN) – Jirí Novotný (C) – Patrick Zackrisson (SUE) ; Martin Thörnberg (SUE) – Petr Vrána – Jirí Sekác ; Michal Birner – Niko Kapanen (FIN) – Michal Repík ; Calle Ridderwall (SUE) – Lukáš Cingel – Jakub Matai.
 
Remplaçant : Atte Engren (G, FIN). En réserve : David Ullström (SUE), Jan Lukáš, Juraj Mikúš (SVK), Tomáš Kubalík, Dominik Pacovský et Jakub Klepiš (TCH, blessé). Absents : Spencer Humphries (prêt).
 
Metallurg Magnitogorsk
 
Gardien : Vassili Koshechkin (18 arrêts).
 
Défenseurs : Evgeni Biryukov - Viktor Antipin ; Yaroslav Khabarov - Sergei Tereshchenko ; Rinat Ibrahimov - Chris Lee (CAN) ; Vladimir Malenkikh.
 
Attaquants : Danis Zaripov - Jan Kovar (TCH) - Sergei Mozyakin (C) ; Bogdan Potekhin - Dmitri Kazionov - Francis Paré (CAN) ; Denis Platonov - Mikhaïl Yunkov - Yaroslav Kosov ; Oskar Osala (FIN) - Tim Brent - Evgeni Timkin ; Vladimir Malinovsky [2 présences].
 
Remplaçants : Aleksandr Pechursky (G). En réserve : Filipp Metlyuk et Evgeni Grigorenko.