Lettonie - France (Euro Hockey Challenge, match 5)

Avec deux victoires, l'équipe de France tient déjà son meilleur résultat dans l'Euro Hockey Challenge. Elle a partagé les succès avec deux nations mieux classées, l'Allemagne et la Slovaquie, et elle en affronte maintenant une troisième, la Lettonie. Cette Arena Riga rappelle de mauvais souvenirs aux Bleus, privés de Jeux olympiques ici-même par le pays-hôte il y a un quinze mois.
 
Une Arena Riga au centre de l'attention depuis que des drapeaux lituaniens et ukrainiens ont été refoulés à l'entrée lors des deux rencontres Lettonie-Russie, dans un contexte de haute tension politique liée à la crise en Ukraine. Le président de la fédération Kirovs Lipmans en a rejeté la responsabilité sur l'Arena Riga, qui a précisé en retour que la sécurité était assurée par les organisateurs, et que les consignes venaient de la fédération elle-même (qui n'assume donc pas).
 
Les Français accueillent un seul renfort supplémentaire, Charles Bertrand, qui prend la place de Valentin Claireaux renvoyé dans ses foyers. Les Lettons, de leur côté, restent sur un succès de prestige sur la Russie (1-0) et enregistrent plusieurs arrivées.
 
La plus importante est celle de Kaspars Daugavins, qui a retrouvé confiance avec Genève-Servette après avoir eu peu de temps de jeu pendant deux saisons à Ottawa en NHL. Daugavins vient de signer en KHL au Dynamo Moscou la saison prochaine. Mais après avoir joué à l'aile toute l'année en Suisse, il est placé au centre en équipe de Lettonie, entre Redlihs et Indrasis. C'est le poste habituellement occupé par Janis Sprukts, mais celui-ci a déclaré forfait, par fatigue et peut-être crainte de blessure, car il n'a pas encore de contrat pour l'an prochain. On a donc besoin de Daugavins.
 
Le grand absent dans le camp letton, c'est surtout Ted Nolan. On cherche vainement l'entraîneur canadien. Lipmans s'en est ému : "C'est la situation que j'envisageais avant les JO de Sotchi, mais tout le monde me pensait fou de vouloir changer de coach avant les championnats du monde. Ce n'est pas facile de combiner le travail en club et en sélection. Je pense qu'il est d'une certaine façon harcelé par le management [de Buffalo]. Ce n'est pas pour rien qu'il a été nommé coach du dernier de la NHL. C'est maintenant la Coupe Stanley, ils regardent des additions potentielles, je comprends bien ça. Au bout du compte, il ne faut pas oublier qu'il est resté dix ans sans travail, et qu'il le serait probablement encore s'il n'avait pas conduit l'équipe de Lettonie aux Jeux olympiques."
 
Nolan arrivera lundi (en même temps que Girgensons, son attaquant à Buffalo), soit deux semaines après la date espérée par la fédération. En attendant, c'est son adjoint, l'expérimenté Tom Coolen, qui profite un peu de la lumière en s'occupant de l'équipe.
 
Cristobal Huet prend place dans la cage française, et réalise rapidement son premier grand arrêt, face à Gints Meija décalé par une passe de Saulietis. Les Bleus prennent peu à peu des initiatives, mais elles sont contrôlées par la défense locale menée par un excellent Kristaps Sotnieks. La première pénalité tricolore, concédée en zone offensive par Damien Fleury, est fatale. Huet repousse le tir de la bleue de Rodrigo Lavins (nouveau recordman letton des sélections depuis une semaine), puis celui de Daugavins, mais Cipulis a ensuite l'angle ouvert sur le second rebond (1-0).
 
La France se retrouve rapidement en supériorité numérique après une pénalité de Dzerins, mais Yorick Treille ne réussit pas à rediriger le palet vers la cage ouverte. Aussitôt, Gints Meija s'échappe en contre et se fait retenir par Nicolas Ritz. Il ne réussit pas à tromper Huet sur le tir de pénalité qui s'ensuit. Une obstruction de Jekimovs donne aux Bleus leur troisième avantage numérique, toujours inefficace. C'est même Indrasis qui est le plus dangereux dans les dernières secondes de l'infériorité.
 
En deuxième période, Brian Henderson est pénalisé deux fois, pour avoir retenu Meija et pour une obstruction sur Daugavins. Mais la Lettonie est peu dangereuse en jeu de puissance. Les contre-attaques lui conviennent mieux, comme le prouve encore Miks Indrasis en fin de tiers, puis encore à la reprise avec deux feintes rapides face à Huet, mais sans arriver à lever le palet au-dessus du gardien couché.
 
La France résiste de mieux en mieux, et se procure de plus en plus d'occasions. La récompense arrive à douze minutes de la fin, quand Damien Fleury, seul dans l'enclave, place le palet sous la barre pour égaliser (1-1). Mais moins de deux minutes plus tard, la première ligne balte réplique par une belle combinaison : Daugavins feint de reprendre directement le service d'Indrasis, ce qu'anticipent la défense et le gardien, et en fait il passe le palet en direction de Redlihs qui a le but grand ouvert (2-1).
 
Les Bleus jouent la dernière minute à 6 contre 4 après une pénalité de Saulietis, mais n'arrive pas à faire tomber un solide Masalskis (36 arrêts ce soir).
 
Commentaires d'après-match
 
Kaspars Daugavins (attaquant de la Lettonie) : "C'était un peu difficile parce que j'avais les jambes lourdes et que je devais me rappeler comment jouer au centre. Physiquement, je n'avais pas de puissance et j'ai perdu les duels, mais tactiquement ce match était bon. Je considère ma performance à peine au-dessus de médiocre. Le gardien et le centre sont les deux joueurs sur lesquels reposent beaucoup de responsabilités, mais c'est plaisant de la sentir sur ses épaules. Tout attaquant sait comment jouer au centre, mais en réalité c'est plus difficile car des instincts apparaissent en jouant à l'aile. Un ailier doit juste surveiller les arrières adverses en zone défensive, alors qu'un centre doit parler avec ses défenseurs et être capable de changer de position en moins d'une seconde selon la tactique. [...] Avant même de commencer le hockey, j'étais un grand fan de l'équipe de Lettonie et je voulais en faire partie. Avant tout rêve de NHL, je voulais être Kercs et Belavskis. Maintenant, j'y suis et je veux y jouer autant que possible."
 
Dave Henderson (entraîneur de la France) : "Le premier tiers nous a posé des problèmes, la Lettonie a pris le match en mains et nous n'avons pas su répondre au niveau approprié. Nous étions mieux organisés au deuxième tiers et nous avons très bien joué au dernier tiers. Les joueurs ont progressé dans la confiance dans leur zone. Nous avons fait une erreur en ne sortant pas le palet de notre zone défensive et nous avons été punis. Notre objectif premier est le maintien dans l'élite mondiale. Si nous y parvenons, nous pourrons penser à autre chose. L'équipe a progressé mais manque de persistance dans sa performance. Si on ne joue pas chaque match comme le dernier, les problèmes commencent. Les gens en France demandent pourquoi je ne dis pas qu'on se bat pour les quarts de finale. Cela ne ferait qu'accroître la pression sur l'équipe."
 
 
 
Lettonie - France 3-1 (2-0, 0-0, 1-1)
Vendredi 25 avril 2014 à 19h30 à l'Arena Riga. 2569 spectateurs.
Arbitrage de Thomas B. Andersen (DAN) et Maris Locans (LET).
Pénalités : Lettonie 12' (6', 2', 4'), France 6' (2', 4', 0').
Tirs : Lettonie 32 (12, 12, 8), France 37 (13, 10, 14).
Engagements : Lettonie 28 (8, 12, 8), France 30 (7, 9, 14).
 
Évolution du score :
1-0 à 12'58" : Cipulis assisté de Lavins et Daugavins (sup. num.)
1-1 à 48'37" : Fleury assisté de Guttig
2-1 à 50'22" : M. Redlihs assisté de Daugavins et Indrasis
 
 
Lettonie
 
Gardien : Edgars Masalskis.
 
Défenseurs : Arturs Kulda (A) - Guntis Galvinš ; Rodrigo Lavinš (A) - Kristaps Sotnieks (+1, 2') ; Maris Jass - Janis Jaks (-1) ; Martinš Gipters (+1, 2') - Maksims Širokovs (-1).
 
Attaquants : Mikelis Redlihs (+1) - Kaspars Daugavinš (+1, 2') - Miks Indrašis (+1) ; Martinš Cipulis (-1) - Herberts Vasiljevs (C, -1) - Roberts Jekimovs (-1, 2') ; Kaspars Saulietis (2') - Andris Džerinš (2') - Gints Meija ; Juris Štals - Armands Berzinš - Koba Jass.
 
Remplaçant : Ivars Punnenovs (G). En réserve : Elvis Merzlikins (G), Agris Saviels, Martinš Porejs, Georgijs Pujacs, Aleksandrs Niživijs, Roberts Lipsbergs, Maris Bicevskis, Roberts Bukarts.
 
France
 
Gardien : Cristobal Huet.
 
Défenseurs : Baptiste Amar (A) - Antonin Manavian ; Yohann Auvitu (+1) - Nicolas Besch ; Florian Chakiachvili - Jonathan Janil ; Aziz Baazzi - Kévin Dusseau.
 
Attaquants : Julien Desrosiers - Laurent Meunier (C, -1) - Yorick Treille (A, -1) ; Anthony Guttig (+1) - Teddy Da Costa (+1) - Damien Fleury (+1, 2') ; Nicolas Ritz - Brian Henderson (4') - Charles Bertrand ; Damien Raux - Eliot Berthon (-1) - Luc Tardif (-1).
 
Remplaçants : Florian Hardy (G), Loïc Lampérier. En réserve : Ronan Quemener (G), Grégory Béron.