KHL (Finale, coupe Gagarine, match 5)

Dans les quatre matches précédents, les deux finalistes, Magnitogorsk et Prague, de la coupe Gagarine ont eu l’art de manier le chaud et le froid, tantôt le talent offensif, tantôt la solidité défensive, parfois la défense à trou, l’échec-avant efficace ou la trappe faussement collective, dans un tiers, trois périodes ou d’un match à l’autre, avec des gardiens primaires ou exceptionnels.

Bref une finale aussi passionnante qu’indécise, pas moins surprenante que difficile à discerner. Un régal si les évènements d’Ukraine, où la KHL est implanté à Donetsk avec le Donbass, n’étaient si terrorisants.

Au match 4, nous avions laissé Prague KO sur sa glace. Son coach, Kari Jalonen, reconduit exactement le même alignement. Son vis-à-vis, Mike Keenan, doit faire sans son expérimenté arrière de quatrième ligne, Vladimir Malenkikh, blessé. Il sera numériquement remplacé par Filipp Metlyuk, mais l’appelé de 32 ans, même chevronné, restera assis sur le banc. Le Metallurg jouera donc avec six défenseurs pendant que les Lev (Lions) joueront avec quatre duos de soutiens.

Le premier tiers sera équilibré et intense. Mais les joueurs locaux de Magnitogorsk interdisent le slot aux Tchèques qui disposent pourtant de plusieurs moments forts. Mais les tirs sont contraints de partir de trop loin et le trafic devant Koshechkin, le gardien du Metallurg, est un peu trop fluide, paisible et superficiel. Ni les arrières Oystrick (6’51), Nemec (11’21) et Sevc (19’40), ni les attaquants Ridderwall (9’02) et Ullstrom (15’11) ne surprendront le portier local.

De leur côté, sans dominer réellement, les Russes, au registre offensif plus complet, sont tranchants. Mais, soit ils ne sont pas encore tout à fait ajustés comme sur une chance de Khabarov-Timkin (7’14). Soit, Vehanen, le cerbère praguois, est à la parade. Sur des opportunités de Mozyakin (8’54), Tereshchenko (12’31) et Zaripov (16’13), le Finlandais veille au grain. Soit sa défensive se sacrifie, pareillement à Sevc qui contre Mozyakin (9’22).

Le vingt médian verra l’ouverture du score, ni méritée ni contre le cours du jeu, mais qui récompense le mordant parfois très talentueux russe. Jan Kovar évite Jiri Sekac en rentrant en zone offensive, puis dans la bande à droite, délivre une longue passe que reprend de volée (à une vingtaine de centimètres au-dessus de la glace) le franc-tireur Sergei Mozyakin. Eh, pan ! (1-0 à 25’36).

Les Lions ne vont pas réagir tout de suite. Non seulement, ils ont de la peine à jouer en bloc, tandis qu’ils laissent des boulevards aux joueurs des bords de l’Oural. L’arrière Chris Lee s’y engouffre et dans le duel qui l’oppose à Vehanen, le Canadien, qui n’a jamais joué en Ligue Nationale avant de venir en Europe, préfère le tir à la feinte. L’envoi sera bloqué (27’27).

Petit à petit, les patineurs des rives de la Moldau recouvrent leur organisation, se rapprochent et lancent encore trop souvent de loin. Ryan O’Byrne (32’30), Niko Kapanen (36’17) donneront du travail à Koshechkin. Jusqu’à ce qu’enfin, pour clôturer le tiers médian, Martin Thornberg, après tout un travail de Vrana, lancé par une ouverture aérienne, au-dessus de la zone neutre par un arrière (Nemec ?), ait la première position de tir tchèque du match, que Koshechkin, bien avancé, détournera avec toutes les peines du monde (38’52).

Cette occasion a-t-elle rassuré les visiteurs ? Néanmoins, Prague entamera la dernière période de bonne manière. Après deux tirs, Gragnani de loin (41’45) et Ridderwall à mi-distance (42’44), qui ont trouvé Koshechkin, Justin Azevedo, ailier américano-portuguais, et providentiel des Lev, dévie un lancer frappé de Sevc et égalise (1-1 à 42’54). Désormais, les Tchèques sont survoltés. Moins de deux minutes après l’égalisation, Sekac peut faire prendre les devants aux invités. Cependant Koshechkin frustre le jeune ailier (44’33). L’arrière finlandais de la première ligne des Lions, Mikko Maenpaa, tire de loin. Koshechkin bloque (45’16). En contre-attaque, le capitaine des Lev lance coté mitaine et trouve le poteau de la cage russe (49’39).

Le quart d’heure des joueurs de Kari Jalonen est passé. Certes ils vont dominer ensuite mais ils ne se protègent plus des contres de Magnitogorsk. Les hommes de Mike Keenan vont en gâcher, bâcler, saboter, quatre, dont deux surnuméraires ! Rien que cela ! Sur ceux-ci, Oskar Osala à deux reprises se heurte à Vehanen (50’01 & 51’41), tout comme Tim Brent (52’12). Jan Kovar, lui, verra sa passe coupée par Martin Sevc déplié de tout son long sur la glace (57’40).

C’est donc en prolongation que la décision devra se faire après soixante minutes sans aucune pénalité distribuée !

Devant 7464 partisans, le Metallurg Magnitogorsk a recouvré de l’énergie et mettent la pression sur la cage tchèque. Son deuxième trio Paré-Kazionov-Potekhin, oblige Michal Repik à leur soustraire un rebond laissé libre devant le but, en cachant la rondelle sous la mitaine de Vehanen (62’22). L’arrière régional, Sergei Tereshchenko, d’un tir des poignets, trouve l’arceau horizontal servant d’assiette à la cage d’un  Vehanen toujours présent après 23 arrêts (62’46). L’orage russe passe. Ondrej Nemec peut lancer de la ligne bleue. Mais Koshechkin s’impose (64’42).

En relance, Prague, émoussé, est désorganisé. L’échec avant de Magnitogorsk récupère facilement la rondelle qui revient à Kovar. De son fauteuil à droite le long de la bande, le maître à jouer adresse une longue passe transversale à destination de Mozyakin. Le terrible buteur frappe fort en haut du cercle gauche et délivre toute une patinoire (2-1 à 68’43).

Même s’il est passé au travers des gouttes pendant 15 minutes (de la 35e à la 50e) grâce à son gardien Koshechkin (35 arrêts), le Metallurg mérite sa victoire grâce à une défensive composée de six hommes exemplaire à l’instar de Sergei Tereshchenko. Les attaquants auront bien défendu aussi à l’image du joueur de centre Yunkov. L’offensive, pas toujours productive sur des chances concrètes, s’en est remise à l’entente du formidable duo Kovar-Mozyakin et ce soir cela a suffi grâce aux travaux de labeurs russes.

Le Metallurg Magnitogorsk, après deux démonstrations, aura l’occasion d’en finir chez les Lev Prague au match 6, car il mène, pour la première fois dans la série, par trois victoires à deux.

Commentaires d'après-match

Sergei Mozyakin (entraîneur de Magnitogorsk) : "Nous avons bien commencé, nous avons ouvert le score, mais nous nous sommes arrêtés et nous avons laissé l'adversaire revenir. Après ce match dur et intense, nous sommes heureux d'avoir gagné en prolongation. C'est une victoire très importante. Les deux équipes ont passé presque toute la journée d'hier dans l'avion et ce n'était pas facile. Peut-être que les arbitres ont décidé de ne pas interférer. Il y a eu quelques fautes de part et d'autres, mais les sifflets sont restés silencieux.

 

Metallurg Magnitogorsk – Lev Prague 2-1 (0-0, 1-0, 0-1, 1-0)

Samedi 26 avril 2014 à 15h00 à l'Arena Metallurg, 7 464 spectateurs.

Arbitrage de Vyacheslav Bulanov et Eduard Odins assistés de Dmitry Sivov et Sergei Shelyanin.

Pénalités : Magnitogorsk 0' (0',0', 0', 0’), Prague 0' (0', 0', 0', 0’).

Tirs : Magnitogorsk 25 (6, 7, 8, 4), Prague 36 (10, 10, 11, 5).

 

Évolution du score :

1-0 à 25'36" : Mozyakin assisté de Zaripov et Kovar

1-1 à 42’54" : Azevedo assisté de Zackrisson et Sevc

2-1 à 68’43" : Mozyakin assisté de Zaripov et Kovar

 

 

Metallurg Magnitogorsk

 

Gardien : Vassili Koshechkin (35 arrêts).

 

Défenseurs : Evgeni Biryukov - Viktor Antipin ; Yaroslav Khabarov - Sergei Tereshchenko ; Rinat Ibragimov - Chris Lee (CAN).

 

Attaquants : Danis Zaripov - Jan Kovar (TCH) - Sergei Mozyakin (C) ; Bogdan Potekhin - Dmitri Kazionov - Francis Paré (CAN) ; Denis Platonov - Mikhaïl Yunkov - Yaroslav Kosov ; Oskar Alexander Osala (FIN) - Tim Brent - Evgeni Timkin ; Vladimir Malinovsky (3 présences).

 

Remplaçant : Aleksandr Pechursky (G) et Filipp Metlyuk. En réserve : Evgeni Grigorenko. Absents : Vladimir Malenkikh (blessé), Alexei Bereglazov (MHL) et Vladislav Kamenev (MHL).

 

Lev Prague

 

Gardien : Petri Vehanen (FIN, 23 arrêts).

 

Défenseurs : Mikko Maenpaa (FIN) – Martin Ševc ; Ondřej Němec – Nathan Oystrick (CAN) ; Marc-André Gragnani (CAN) – Ryan O’Byrne (CAN) ; Topi Jaakola (FIN) - Jakub Nakládal.

 

Attaquants : Justin Azevedo (CAN) – Jiří Novotný (C) – Patrick Zackrisson (SUE) ; Martin Thörnberg (SUE) – Petr Vrána – Jiří Sekáč ; David Ullström (SUE) – Niko Kapanen (FIN) – Michal Řepík ; Calle Ridderwall (SUE) – Lukáš Cingel – Jakub Matai.

 

Remplaçant : Atte Engren (G, FIN). En réserve : Michal Birner, Jan Lukáš, Juraj Mikúš, Tomáš Kubalík, Dominik Pacovský et Jakub Klepiš. Absents : Spencer Humphries (prêt).