KHL (Finale, coupe Gagarine, match 6)

Le Metallurg Magnitogorsk a souvent fait dans la démonstration et le brio dans cette série finale. Ce qui leur permet de n’être plus qu’à une seule victoire de soulever la coupe Gagarine. Mais le club russe a aussi fait dans l’inconstance face à l’abnégation du Lev Prague.

Dans leur patinoire et devant leur public, qui n’en finit pas de battre les records de spectateurs en KHL, c’est sur cette qualité, à faire déjouer les favoris, que compte une équipe tchèque au bord du gouffre.

Comme pour renforcer leur solidarité, l’ensemble des joueurs praguois ont rasé leur barbe pour ne laisser que leur moustache sur leur visage dans le plus pure style Movember.

Durant le tiers initial, ce sont les moustachus qui s’offrent le premier moment fort de la partie par l’ailier suédois, Patrick Zackrisson, arrivé de Suède l’été dernier (3’20).

Puis, les barbus prendront le contrôle de la rencontre. Repik est approximatif derrière son but ce qui permet à Yunkov d’inquiéter Petri Vehanen (5’36). Le gardien local sauvera son camp d’un réflexe prodigieux de la plaque lorsque Chris Lee, l’arrière canadien, envoi du haut du slot (8’08). Par contre, le portier finlandais, champion du monde en 2011, sera beaucoup moins brillant lorsque Mozyakin, déclenché de loin par Zaripov, prend légèrement le meilleur au patinage sur Maenpaa et ouvre le score d’un revers entre les jambières lors d’une attaque foudroyante (0-1 à 9’47). C’est le 12e but du capitaine de Magnitogorsk. Ce terrible franc-tireur n’est pas discipliné quelques minutes plus tard. Le meilleur buteur de KHL de ces deux dernières saisons est sanctionné lors d’une faute offensive.

Le Lev (Lion) va en profiter. Preuve que s’ils ne sont pas au mieux, au pied du mur, ils ont toujours de la méthode et de l’abnégation. Justin Azevedo égalise de la pointe dans un jeu installé (1-1 à 13’53). C’est aussi le 12but de l’ailier américano-portuguais qui n’a jamais eu sa chance aux Kings de Los Angeles.

En fin de tiers, c’est le maître à jouer du Metallurg, Jan Kovar, qui est pris par la patrouille pour un sévère motif. L’attaque massive de Prague est rôdée. L’arrière expérimenté Martin Sevc, quadruple champion en SHL et ancien coéquipier de Pierre-Edouard Bellemare à Skelleftea, frappe fort de la pointe droite dans une cage semi ouverte (2-1 à 19’09).

Après la première pause, Magnitogorsk redémarre fort le deuxième vingt. Oskar Osala profite d’un excellent échec avant pour intercepter une rondelle de Nakladal. Néanmoins, Vehanen peut préserver son but (22’23). Mais l’ailier finlandais, agressif, est toujours intenable le long de la bande. Après être passé derrière la cage de Vehanen, le double vainqueur de la coupe Calder (Champion de AHL) remet du revers dans le haut du slot, où Yunkov peut instantanément reprendre sa passe (2-2 à 22’35).

Le Metallurg poursuit inexorablement sa marche en avant. Grâce à un vaillant pressing offensif de ses coéquipiers, Chris Lee peut frapper du haut du cercle gauche. Petri Vehanen semble stopper le tir de sa mitaine, mais le palet a ricoché sur le gant et il parabole au-dessus de son épaule puis retombe dans le dos du miséreux gardien (2-3 à 24’55).

Quelques minutes plus tard, Prague marque dans un schéma qu’il s’est constamment évertué à jouer (Une dizaine de fois). Un tir des poignets du défenseur Ryan O’Byrne, de loin, dans l’axe, après un échec avant pugnace, permet à l’ex joueur de NHL (Toronto, Colorado, Montréal) d’égaliser pour les siens (3-3 à 27’58).

Cette égalisation tiendra, un peu plus que la précédente, malgré des poussées de Mozyakin (34’16) et Timkin (35’41). Et surtout un poteau, le droit, qui sauvera Prague sur un tir de Zaripov en haut de l’enclave (35’11).

Les joueurs locaux viennent de tuer leur seconde infériorité, lorsque les visiteurs placent une nouvelle attaque expéditive, faîte de deux longues passes jusqu’à la ligne bleue adverse. Ensuite, Sergei Mozyakin se charge de déborder Sevc sur la droite, puis exécute une grande passe vers le slot, dans lequel Paré frappe aussitôt sans contrôle dans une défensive sans doute peu émoussé par le killing play précédent (3-4 à 38’41).

Dans la dernière période, le Metallurg attend Prague au coin du bois pour mieux en sortir. Sergei Tereshchenko lance parfaitement Bogdan Potekhin en échappée derrière Nakladal. Hélas, le jeune ailier russe, formé au club, ne surprendra pas Vehanen (43’32). Jan Kovar, pour Magnitogorsk, n’aura pas plus de réussite. Petri Vehanen,du bouclier, déroute le tir, du joueur de centre, champion de république tchèque avec Plzen la saison dernière (46’42).

Le temps passe et les Lions augmentent leur intensité. Ils jouent (encore) plus haut avec l’aide d’un arrière. Toujours avec cette obsession de tirer de loin. Cette sensation d’impuissance car le Metallurg, appliqué et actif, interdit tout palet contrôlé devant son but. Cela fonctionne quand le défenseur canadien Nathan Oystrick frappe… sur le poteau gauche (49’28). Quand, Martin Thörnberg, vivement inspiré, remise pour Niko Kapanen qui tire… en dehors du cadre (49’35).

Finalement, lorsqu’on y croyait plus, juste le moment avant de passer en mode énergie du désespoir, Tereshchenko tarde à trouver une solution de relance. Novotny et Zackrisson travaillent dans la bande mais Mozyakin est le plus malin et extirpe la rondelle de la bande. Prêt à lancer un contre, le buteur de Magnitogorsk se fait chiper le disque par Mäenpää qui tient sa revanche du premier but. L’arrière finlandais flingue Koshechkin des poignets, de loin (eh oui !), dans le cercle droit (4-4 à 57’39).

En attendant la prolongation à jouer en mort subite. Les minutes suivantes sont un petit entre acte de soulagement pour les 16894 spectateurs de l’O2 de Prague.

Le surtemps se passe calmement, jusqu’à une poussée de Magnitogorsk qui oblige Vehaenen à s’allonger à plat ventre sur la glace. Ce qu’il ne l’empêche pas de laisser un palet libre devant lui qui est repris par… son coéquipier Patrik Zackrisson. L’ailier de la première ligne du Lev, part seul en contre dépasser Ibragimov et lancer sur Koshechkin. Le puck ricoche sur l’épaule du gardien qui s’en aperçoit et plonge sur le côté en balayant de la crosse le caoutchouc qui s’apprêtait à franchir sa ligne de but. Incroyable ! Dans la continuité de l’exploit du gardien russe, le palet est dans la crosse de Ryan O’Byrne. Derrière la ligne de but, excentré à gauche, l’arrière praguois, faute de meilleure solution, envoi un lancer désespéré sur le gardien au précédent formidable réflexe. Dans un minuscule trou de souris à la hanche de Koshechkin, le puck s’est glissé et s’enfile dans les résilles donnant la victoire au Lev Prague (5-4 à 63’53).

Mike Keenan, le coach de Magnitogorsk, quittera son banc furieux que la faute d’Azevedo sur Lee n’ait pas été sifflée sur l’action qui précédait le but gagnant d’O’Byrne. Que de regrets pour le brillant Metallurg qui a craqué devant les travailleurs obstinés, pourtant privés, dès le premier tiers, de Sekac, un ailier de la deuxième ligne, que sont des Lev moustachus.

Le Metallurg Magnitogorsk et le Lev Prague, à égalité trois victoires partout, devront en découdre lors d’un match décisif, le numéro 7, à Magnitogorsk, où le Metallurg l’a emporté deux fois sur trois dans cette série. Mais où Prague a déjà blanchi la fameuse offensive russe !

Commentaires d'après-match

Ilya Vorobiev (entraîneur-adjoint du Metallurg Magnitogorsk) : "Lee a une crosse coincée entre ses jambes, le Lev part en contre et marque le but gagnant alors que l'arbitre aurait pu siffler une pénalité. Comment les émotions ne pourraient-elle pas exploser ? Il est nécessaire de le comprendre. Même si, je l'admets, c'est la première fois que je vois Mike [Keenan] ainsi. [...] Koschechkin est notre premier gardien. Lui et seulement lui."

Aleksandr Poliakov (directeur de la commission d'arbitrage de la KHL) : "Nous avons revu l'action sur plusieurs angles. D'abord, le joueur du Lev dégage, puis, comme une crosse est entre ses jambes, le joueur de Magnitogorsk trébuche et tombe. Mais à ce moment le palet est déjà de l'autre côté. À ce point, Keenan peut réagir. Je le comprends parfaitement. Ce qu'on voit du banc est une chose. Mais en regardant la vidéo, on se forge une autre opinion."

 

Lev Prague – Metallurg Magnitogorsk 5-4 (2-1,1-3, 1-0, 1-0)

Lundi 28 avril 2014 à 21h00 à l'O2 Arena, 16 894 spectateurs.

Arbitrage de Vyacheslav Bulanov et Jyri Ronn assistés de Viktor Birin et Ivan Dedyulya.

Pénalités : Prague 4' (0',4', 0', 0’), Magnitogorsk 4' (4', 0', 0', 0’).

Tirs : Prague 32 (14, 9, 5, 4), Magnitogorsk 30 (9, 13, 8, 0).

 

Évolution du score :

0-1 à 09'47" : Mozyakin assisté de Zaripov et Kovar

1-1 à 13’53" : Azevedo assisté de Sevc et Nemec (sup.num.)

2-1 à 19’09" : Sevc assisté de Nemec et Azevedo (sup.num.)

2-2 à 22’35" : Yunkov assisté de Osala et Tereshchenko

2-3 à 24’55" : Lee assisté de Brent et Timkin

3-3 à 27’58" : O’Byrne assisté de Birner et Repik

3-4 à 38’41" : Paré assisté de Mozyakin et Yunkov

4-4 à 57’39" : Maenpaa

5-4 à 63’53" : Oystrick assisté de Zackrisson

 

 

Lev Prague

 

Gardien : Petri Vehanen (FIN, 30 arrêts).

 

Défenseurs : Mikko Maenpaa (FIN) – Martin Ševc ; Ondřej Němec – Nathan Oystrick (CAN) ; Marc-André Gragnani (CAN) – Ryan O’Byrne (CAN) ; Topi Jaakola (FIN) – Jakub Nakládal [blessé au 3ème tiers].

 

Attaquants : Justin Azevedo (CAN) – Jiří Novotný (C) – Patrick Zackrisson (SUE) ; Martin Thörnberg (SUE) – Petr Vrána – Jiří Sekáč [blessé à 8’08] puis Ridderwall (à 20’00); Michal Birner – Niko Kapanen (FIN) – Michal Řepík ; Calle Ridderwall (SUE) – Lukáš Cingel – Jakub Matai.

 

Remplaçant : Atte Engren (G, FIN). En réserve : David Ullström (SUE) Jan Lukáš, Juraj Mikúš, Tomáš Kubalík, Dominik Pacovský et Jakub Klepiš. Absents : Spencer Humphries (prêt).

 

Metallurg Magnitogorsk

 

Gardien : Vassili Koshechkin (32 arrêts).

 

Défenseurs : Evgeni Biryukov - Viktor Antipin ; Yaroslav Khabarov - Sergei Tereshchenko ; Rinat Ibrahimov - Chris Lee (CAN).

 

Attaquants : Danis Zaripov - Jan Kovar (TCH) - Sergei Mozyakin (C) ; Bogdan Potekhin - Dmitri Kazionov - Francis Paré (CAN) ; Denis Platonov - Mikhaïl Yunkov - Yaroslav Kosov ; Oskar Alexander Osala (FIN) - Tim Brent - Evgeni Timkin ; Vladimir Malinovsky (2 présences).

 

Remplaçants : Aleksandr Pechursky (G) et Filipp Metlyuk. En réserve : Evgeni Grigorenko. Absents : Vladimir Malenkikh (blessé), Alexei Bereglazov (MHL) et Vladislav Kamenev (MHL).