Rien n'aurait donc changé pour la Russie

La Russie compte quatre défaites déjà contre la Finlande cette saison, dont un quart de finale olympique qui a désespéré tout un pays. Le nouveau sélectionneur Oleg Znarok parviendra-t-il à mettre un terme à cette série noire lors de ce match dans une Hartwall Arena pleine à Helsinki, où il fait un temps glacial.
 
Pour l'instant, il n'a pas fait mieux que ses prédécesseurs lors de l'Euro Hockey Challenge, où les Russes sont toujours le "grand pays" le moins performant contre les plus "petites nations". Une victoire et une défaite, ce fut le bilan à chaque fois, contre les Slovaques, Lettons puis Allemands. Les joueurs de NHL, qui ont largement eu le temps de s'acclimater depuis dix jours, sont censés faire la différence, en attendant Anisimov et le très attendu Mozyakin. En revanche, Znarok vient de subir trois défections sur blessure (Datsyuk, Tarasenko et Zaripov).
 
C'est surtout dans les cages que l'on attend du monde, puisque Bobrovsky et Koshechkin sont tous deux annoncés. Autant dire qu'Andrei Vasilyevsky, qui vient de décider de refuser la prolongation de contrat d'Ufa et de partir en NHL à seulement 19 ans, risque de ne pas rester longtemps. Quant à Anton Khudobin, il dit ne pas craindre la compétition, qu'il a vécu chaque jour avec Cam Ward cette saison. À lui de le prouver ce soir pour son deuxième match international.
 
Après avoir vécu une préparation tranquille, mais sans vraiment convaincre face à l'adversaire le plus fort (Slovaquie), la Finlande accueille deux joueurs importants, Petri Kontiola et Jori Lehterä, qui prennent tous deux place en première ligne. Aaltonen, habituel partenaire de Kontiola en sélection, pourrait les y rejoindre : il arrivera la semaine prochaine, juste avant les championnats du monde.
 
L'apport de Petri Kontiola se fait tout de suite sentir, car il transforme le jeu de puissance finlandais, médiocre tout au long du mois d'avril en l'absence de spécialistes de l'exercice. Maître à jouer, Kontiola prépare ainsi l'action du premier but de Leo Komarov, qui prend peu à peu de l'importance offensive dans cette équipe de Finlande, troquant son rôle de peste pour celui de renard de slot. Et en deuxième période, Kontiola marque lui-même sur une passe intelligente et parfaitement exécutée de Juuso Hietanen.
 
Ce deuxième but arrive cependant contre le cours du jeu. À cinq contre cinq, la Finlande n'est jamais dangereuse. Elle a cependant fait le trou en supériorité numérique et elle excelle aussi en infériorité, face à un jeu de puissance russe prévisible et lent dans la circulation du palet.
 

La Finlande semble jouer sous contrôle, mais courbe de plus en plus l'échine sous la pression russe. Mikko Koskinen, le gardien de deux mètres du Sibir Novosibirsk, élu au All-Star Game de KHL, arrête cependant tous les tirs adverses avec une allure très athlétique. Mais à deux minutes de la fin, Jyri Marttinen, qui a commis quelques petites erreurs dans sa zone, sort le palet de la glace. Znarok sort alors son gardien pour jouer à 6 contre 4, et une belle passe d'Ovechkin donne une cage ouverte à Kulyomin pour sauver l'honneur (2-1).
 
Cela fait donc cinq confrontations gagnées à la file pour la Finlande, portée par son gardien Koskinen et par sa première ligne. Cette mention doit inclure les cinq joueurs, y compris les deux arrières, belle alliance de cerveau (Hietanen) et de muscles (Mäntylä).
 
Commentaires d'après-match
 
Jori Lehterä (attaquant de la Finlande) : "Nous avons très bien commencé le match, mais en deuxième période, notre équipe s'est un peu endormie. Bon, notre gardien Koskinen a très bien joué. Je ne dirais pas que j'ai vu une grande différence en comparaison avec la façon dont la Russie jouait sous son ancien coach. Mais notre adversaire a travaillé dur, il a eu des problèmes d'efficacité, et aussi avec le trafic. On ne peut pas dire que les Russes volent sur la glace comme ils le font d'habitude."
 
Oleg Znarok (entraîneur de la Russie) : "J'ai globalement aimé le match. Nous nous sommes créé beaucoup d'occasions. Nous avons eu du mal à concrétiser. Nous devons encore travailler en supériorité numérique, mais à cinq contre cinq, je pense que nous avons dominé les deux dernières périodes. Les joueurs voulaient vraiment gagner et ont joué avec une grande envie, se battant jusqu'à la fin malgré le score de 0-2."
 
 
 
Finlande - Russie 2-1 (1-0, 1-0, 0-1)
Jeudi 1er mai 2014 à 16h00 à la Hartwall Arena de Helsinki. 11675 spectateurs.
Arbitrage de Pavel Hodek et Vladimir Pesina (TCH) assistés de Sakari Suominen et Masi Puolakka (FIN).
Pénalités : Finlande 12' (4', 4', 4'), Russie 10' (4', 4', 2').
Tirs : Finlande 16 (7, 5, 4), Russie 31 (9, 10, 12).
 
Évolution du score :
1-0 à 06'46" : Komarov assisté de Hietanen et Mäntylä (sup. num.)
2-0 à 36'02" : Kontiola assisté de Hietanen et Lehterä (sup. num.)
2-1 à 58'43" : Kulyomin assisté d'Ovechkin (sup. num.)
 
 
Finlande
 
Gardien : Mikko Koskinen.
 
Défenseurs : Tuukka Mäntylä - Juuso Hietanen (A) ; Atte Ohtamaa (2') - Jere Karalahti ; Jyri Marttinen (2') - Ville Lajunen (2') ; Ville Pokka (2') - Tommi Kivistö.
 
Attaquants : Jori Lehterä - Petri Kontiola (2') - Michael Keränen ; Leo Komarov (C) - Jarkko Immonen - Juha-Pekka Hytönen (A) ; Tommi Huhtala - Tomi Sallinen (2') - Iiro Pakarinen ; Veli-Matti Savinainen - Petteri Wirtanen - Eetu Pöysti.
 
Remplaçants : Juuse Saros (G), Teuvo Teräväinen. En réserve : Pekka Rinne (G), Oskari Korpikari, Jere Sallinen, Pekka Jormakka.
 
Russie
 
Gardien : Anton Khudobin [sorti de 57'38" à 58'43" puis de 58'59" à 60'00"].
 
Défenseurs : Evgeni Medvedev - Aleksandr Kutuzov (2') ; Denis Denisov (A) - Nikita Zaïtsev ; Dmitri Orlov - Anton Belov (2') ; Andreï Zubarev - Maksim Chudinov.
 
Attaquants : Aleksandr Ovechkin (C) - Vadim Shipachyov - Sergei Plotnikov ; Sergei Shirokov (A, 2') - Aleksandr Burmistrov - Nikolaï Kulemin ; Viktor Tikhonov (2') - Andrei Loktionov - Evgeni Kuznetsov (2') ; Anton Glinkin - Ilya Zubov - Mikhaïl Varnakov.
 
Remplaçants : Andrei Vasilevsky (G), Sergei Kalinin. En réserve : Stanislav Galimov (G), Ilya Nikulin, Yegor Yakovlev, Evgeni Dadonov, Vladimir Galuzin.