Kevin Fiala pour succéder à Andrei Kostitsyn ?

Kevin Fiala côté suisse, Leon Draisaitl côté allemand… Ils seront tous deux repêchés en première ronde lors de la prochaine draft NHL qui se tiendra les 27 et 28 juin à Philadelphie. Mais c’est bien avec leur équipe nationale senior qu’ils griffent la glace ce soir. Kevin Fiala a tout connu cette saison. Révélation des championnats du monde U20 à Malmö durant les fêtes, il est monté en grade au point de devenir titulaire, à seulement 17 ans, dans son club le HV71 Jonköping en élite suédoise. Il a confirmé son potentiel lors des récents championnats du monde U18 et, sitôt le tournoi terminé, il a été appelé avec les seniors par Sean Simpson. Il effectue donc ses grands débuts « chez les grands » dans la SAP Arena de Mannheim. S’il résiste aux dernières coupes dans le groupe suisse, il deviendra le premier joueur à participer une même saison aux championnats du monde U18, U20 et senior dans le groupe élite… depuis la saison 2002/2003 lors de laquelle Andrei Kostytsyn et Vadim Karaga avaient fait ce « grand chelem » avec la Biélorussie.

Le premier tir est allemand lorsque Felix Schütz alerte Robert Mayer de l’aile droite. Le début de match est marqué par deux longs arrêts de jeu en raison du but mal accroché côté helvète. Schütz est associé à Alexander Barta, un duo qui a plu le week-end passé à Pat Cortina et que l’on retrouve donc ce soir. Le premier temps fort allemand provient de leur ligne, mais ils ne parviennent pas à tromper Mayer.

Sur le deuxième temps fort allemand, Jeremie Kamerzin se met à la faute. Mais c’est bel et bien les Suisses qui sont dangereux en infériorité numérique. La nationalmannschaft s’expose à deux contres, dont un mené par Andres Ambühl et Dean Kukan mais mal conclu par Reto Suri. Il faut attendre la treizième minute pour voir la première très grosse alerte sur la cage de Rob Zepp. Inti Pestoni fait preuve de dextérité en entrée de zone. Kevin Romy reprend le palet au premier poteau, mais Zepp repousse avec un brin de réussite.  Les deux équipes rejoignent finalement les vestiaires sur un score nul et vierge.

Sean Simpson a appelé Kevin Fiala pour le voir à l’œuvre chez les adultes et il n’hésite pas à lui donner du temps de jeu en avantage numérique. Les supériorités numériques s’enchaînent d’ailleurs dans le tiers médian pour les Suisses, mais ils sont incapables de les exploiter.  Pire, c’est l’Allemagne qui ouvre le score sur un contre rondement mené par Tobias Rieder. Il se présente avec Daniel Pietta qui ne gaspille pas son offrande et marque dans le filet ouvert (1-0, 28’). Les Suisses sont incapables d’inquiéter Zepp pendant près de dix minutes consécutives à un de plus… et c’est le jeune Fiala qui est le plus dangereux. Seul dans l’enclave en fin de pénalité, il tire à ras la glace mais bute sur la botte du portier.

À force de gaspiller ces situations, la Suisse se fait punir. Tim Ramholt perd la rondelle sous la pression du forecheck allemand. Rieder s’appuie sur Leon Draisaitl qui lui remet dans l’enclave, le palet termine dans le haut du filet sous les yeux dépités du fautif (2-0, 44’46’’) Tobias Rieder, qui a inscrit vingt-sept buts à sa première saison chez les professionnels, en AHL, signe là son premier but en sélection nationale. L’Allemagne regagne les vestiaires avec deux buts d’avance, pas illogique vue leur domination au tir. La Suisse peut regretter sa léthargie en avantage numérique.

Draisaitl et Rieder, décidément les jeunes ont le pouvoir ce soir, remettent ça en début de troisième mais cette fois Mayer ferme la porte au deuxième poteau (44’). Après une deuxième période extrêmement hachée par les coups de sifflets et les pénalités, l’ultime période est plus fluide. Fiala offre un bon palet à Anthony Huguenin dans l’enclave mais Zepp s’illustre de la mitaine. Yannick Weber tente ensuite sa chance avec un numéro de soliste lors duquel il élimine trois défenseurs. Il bute néanmoins sur un portier adverse impeccable (52’).

Les Suisses tentent de sortir leur gardien en fin de partie. La première tentative à moins de deux minutes du terme est avortée, Mayer devant retourner dans son but à la hâte car Mauer profite d’un revirement. Sans danger finalement. Le gardien sort enfin avec une minute trente à jouer, mais les Suisses ne tirent pas profit du sixième joueur de champ.  Le temps mort demandé par Sean Simpson à quarante-quatre secondes du terme n’y fait rien.

L’Allemagne enchaîne donc un deuxième blanchissage de suite. Celui-ci est pour Rob Zepp après que Philipp Grubauer a gardé sa cage inviolée face aux Russes. La troupe de Pat Cortina fait preuve de solidité défensive dans sa préparation, avec trois blanchissages en sept rencontres. La Suisse est-elle maudite à Mannheim ? Lors de la dernière venue des Helvètes à la SAP Arena, en quart de finale du Mondial 2010, ils s’étaient inclinés 1-0. Chose certaine, Simpson a encore du pain sur la planche pour préparer son équipe avec un powerplay défaillant et trop d’opportunités de contre-attaques offertes à leur adversaire.

Kevin Fiala a obtenu plusieurs occasions, mais il n’est pas parvenu à briser le blanchissage de Zepp. De l’autre côté, Leon Draisaitl a montré une belle entente avec Tobias Rieder. L’Allemagne joue toujours sans les finalistes de DEL, mais ce jeune duo très talentueux a montré qu’il avait le niveau pour franchir les dernières coupes dans l’effectif. Tandis que la Suisse terminera sa préparation mardi soir à Zurich face au Canada, l’Allemagne affrontera les États-Unis à Nuremberg.

 

Allemagne - Suisse 2-0 (0-0, 2-0, 0-0)
Vendredi 2 mai 2014 à 20h15 à la SAP Arena de Mannheim. 9 210 spectateurs.
Arbitrage de MM. Daniel Piechaczek et Marcus Brill assistés de MM. Andre Schrader et Christopher Hurtik.
Pénalités : Allemagne 12‘ (2', 10’, 0’), Suisse  10' (4', 4’, 2’).
Tirs : Allemagne 34 (15, 8, 11), Suisse 24 (8, 5, 11).

Évolution du score :
1-0 à 28'00" : Pietta assisté de Rieder et Boyle (inf. num.)
2-0 à 34'46" : Rieder assisté de Draisaitl et Plachta

Allemagne

Gardien : Rob Zepp.

Défenseurs : Constantin Braun (+1) – Benedikt Kohl (+1) ; Frank Hördler (2’) – Denis Reul (+1) ; Nikolaï Goc (4’) – Daryl Boyle (+1) ; Sinan Akdag (2’) – Justin Krueger (2’).

Attaquants : Marcel Noebels – Kaï Hospelt – Thomas Oppenheimer ; Felix Schütz – Alexander Barta – Frank Mauer ; Daniel Pietta (+1) – Marcus Kink (2’) – Yannic Seidenberg ; Matthias Plachta (+1) – Leon Draisaitl (+1) – Tobias Rieder (+2) ; Yasin Ehliz.

Remplaçant : Philipp Grubauer (G).

Suisse

Gardien : Robert Mayer [sorti à 58’30’’].

Défenseurs : Roman Josi (-1) – Dominik Schlumpf ; Yannick Weber – Dean Kukan ; Robin Grossmann (-1) – Tim Ramholt (-1) ; Jeremie Kamerzin (2’) – Anthony Huguenin.

Attaquants : Inti Pestoni (2’, -1) – Kevin Romy (-1) – Damien Brunner (-1) ; Reto Suri (-1) – Andres Ambühl – Kevin Fiala (2’) ; Thibaut Monnet – Etienne Froidevaux (2’) – Thomas Rüfenacht ; Benjamin Plüss (-1) – Reto Schäppi (-1) – Victor Stancescu (2’, -1).

Remplaçant : Leonardo Genoni (G). Réserve : Simon Bodenmann, Luca Cunti, Denis Hollenstein, Eric Blum, Mathias Seger, Daniel Manzato.