KHL (Finale, coupe Gagarine, match 7)

Le Metallurg Magnitogorsk et le Lev Prague, à égalité trois victoires partout, jouent le match décisif. Le vainqueur de ce match 7 remportera pour la première fois la prestigieuse coupe Gagarine. En l’emportant, Prague, l’outsider, pourraît aussi être le premier club « non-russe » à remporter le trophée de la KHL.

De son côté, Mike Keenan, le coach canadien de Magnitogorsk, le favori, serait le pionnier des entraîneurs disposant sur son palmarès de la coupe Stanley (qu’il l’a soulevé sur le banc des Rangers de New York en 1994) et de la coupe Gagarine. Il aborde le match couperet avec tout son effectif.

Kari Jalonen, le head finlandais accouru dans la capitale tchèque pendant la saison pour « sauver » les Lvi (Lions), mieux, les emmener au match ultime, doit se passer d’un ailier se sa deuxième ligne, l’espoir Jiri Sekac, qui a démarré sa carrière pro en KHL (sans passer par l’Extraliga tchèque), il y a deux ans, et de l’arrière international, Jakub Nakladal, champion d’Extraliga en 2010 avec Pardubice et médaillé de bronze aux championnats du monde en 2012.

Dans la première moitié du tiers initial, les deux équipes se rendent coup pour coup. Les attaquants suédois, Calle Ridderwall (2’46) et Patrick Zackrisson (4’00) répondent aux Russes, Zaripov (0’12) et Mozyakin qui trouve le poteau de Petri Vehanen, le gardien des visiteurs.

Les locaux ouvrent le score. Après une remise en jeu gagnée en zone offensive, le défenseur Yaroslav Khabarov, à la ligne bleue, lance des poignets. La rondelle échappe à la mitaine hasardeuse de Vehanen, passe au-dessus de l’épaule du gardien vétéran puis sur la glace elle est poussée dans les filets par le Québécois Francis Paré (1-0 à 4’43). Un peu plus tard, les challengers égalisent par l’américain Justin Azevedo. Le but est refusé (8’49). L’arbitre ayant sifflé un palet en dehors des limites alors qu’il ne l’était pas !

Après que Danis Zaripov a mis la pression sur la cage praguoise (12’25), l’ailier David Ullstrom, le remplaçant de Sekac, égalise pour de bon en déviant un tir de loin et patient de l’arrière québécois Marc-André Gragnani (1-1 à 13’49).

Ensuite, Prague initie le jeu. Jakub Matai aura la meilleure occasion des assauts praguois (14’50) avant une dernière minute incroyable. En trente-et-une secondes, trois chances et trois parades ou arrêts spectaculaires sont à dénombrer. Zackrisson (19’31), Mozyakin (19’42) et Kapanen (19’53) font briller les gardiens Koshechkin et Vehanen qui doivent plonger pour préserver leur camp respectif avant la première pause.

Mis à part la sortie de Gragnani, l’arrière canadien de 27 ans qui a fait quelques piges en NHL (Buffalo, Vancouver et Carolina) et une pour le Canada aux Mondiaux de 2011, qui doit quitter ses coéquipiers du Lev sur blessure, le deuxième vingt sera assez sublime.

Prague, via Petr Vrana, déclenche les hostilités. Quand Magnitogorsk lui répond, il trouve une lucarne via son défenseur Evgeny Biryukov en haut du slot qui a repris une passe en retrait de Zaripov après une accélération d’Antipin (2-1 à 23’32).

Sortis rassurés du match 6 d’où ils sont sortis gagnant après avoir été menés à trois reprises, les Lvi ne se découragent pas. Au contraire, ils sont dominants mais ne concluent pas leurs moments forts. Les attaquants Ridderwall (31’39), Azevedo et Repik butent tout trois sur Koshechkin qui colmate impeccablement les brèches de la défensive russe.

Le Metallurg procède en contre. Jan Kovar, son joueur de centre de la première ligne, maintient la pression sur le but du Lev en touchant sa base arrière.

Finalement, Prague parvient à égaliser par l’arrière Ryan O’Byrne d’un tir de loin (2-2 à 34’41). Le suspense demeure avant qu’en moins d’une minute Magnitogorsk ne fasse basculer la rencontre.

En effet, les joueurs locaux vont marquer deux buts en quarante-et-une secondes. En entrée de zone, Evgeny Timkin est contré de la crosse par Ridderwall. Mais Yaroslav Kosov, en soutien derrière Timkin, peut récupérer le palet et le frapper au-dessus  de la jambière droite d’un Vehanen inopérant (3-2 à 36’56).      

Tout de suite après, le long de la bande à droite, Danis Zaripov lève le puck dans le trafic. Au premier poteau, Jan Kovar, la crosse au niveau de l’épaule, rabat le caoutchouc au nez et à la moustache de Vehanen, entre les jambières du goalie (4-2 à 37’37). La cassure est faîte juste avant de rentrer au vestiaire.

À son retour, Kari Jalonen a échangé ses gardiens au profit d’Atte Engren, à 26 ans, le portier arrivé du TPS cet été, où il a été appelé comme troisième cerbère de l’équipe finlandaise participant aux derniers championnats du monde, fait sa troisième apparition dans ces play-offs de KHL 2014.   

Cela fonctionne, le remplaçant de Vehanen a la baraqua. Mozyakin parti en échappée lancé par Kovar trouve du revers le poteau du back-up (43’01). Dans la continuité de l’action, un peu naïf, Engren doit s’incliner lorsque Zaripov altruiste devant la cage, fait la passe à son capitaine. Sergei Mozyakin marque dans une cage grande ouverte son treizième but des play-offs (5-2 à 43’10).

Cette fois la cabane est tombée sur le lion ! Le Lev ne s’en remettra pas. Il y a bien un « retenir » de Kovar sur Novotny, le capitaine d’en face, de non sanctionné. Puis une embardée de l’arrière canadien de Metallurg, Chris Lee, qui projette Thornberg sur la cage au point de la déboîter, lors d’une pression offensive praguoise, ne sera pas plus signalée par la force sifflotante. Ces étonnantes tolérances désignent déjà le vainqueur. Alors, Danis Zapirov éteint définitivement toute revendication déplacée. L’homme du match (à notre avis), échappe à Sevc qui tente un fâcheux coup de crosse, sans toucher l’ailier russe (le Tchèque écopera logiquement d’une méconduite de 10 minutes), part en breakaway nicher le disque, derrière Engren, côté mitaine (6-2 à 52’25).

Cela apparaît néanmoins sévère pour Prague. Les infatigables travailleurs tchèques réduiront légitimement l’écart. L’ailier Martin Thornberg reprend un rebond dans la balustrade consécutif à un tir de son défenseur Nemec (6-3 à 53’55). Ce dernier et Novotny créent un décalage qui permet à l’attaquant Justin Azevedo de frapper du haut du slot (6-4 à 58’19).

Comme on ne sait jamais, Kari Jalonen prend aussitôt son temps-mort et remplace son gardien, Engren, par l’ailier Thornberg. Alors, à neuf secondes de la fin, du sacre de Magnitogorsk, Yunkov enfile en cage vide (7-4 à 59’51). Huit, sept, six… deux, un, zéroooo ! Tout le Metallurg se lance sur Koshechkin, l’autre man of the day (à notre humble idée) qui a déjà jeté en l’air crosse, casques et gants.

Les douloureux évènements ukrainiens et ses victimes ne seront en aucun cas évoqués. Pas d’hommage, ni d’intentions un tant soit peu sympathisantes, malgré la présence dans ce pays au bord de la guerre d’une franchise KHL, le Donbass de Donetsk, demi-finaliste de la conférence ouest. Comme pour simuler que tout va bien dans l’ancienne Fédération de Russie. Sergei Mozyakin et Danis Zaripov peuvent aller soulever la première coupe Gagarine du Metallurg Magnitogorsk. Quant au Tchèque Jan Kovar (24 ans), et au Québécois, Francis Paré (26 ans), ils remportent un second titre d’affilée, après avoir été respectivement champion d’Extraliga tchèque et d’AHL (coupe Calder) la saison dernière. Leur coach, le Canadien Mike Keenan, est le premier entraîneur à avoir gagné la coupe Stanley et la coupe Gagarine.

Le Metallurg Magnitogorsk, de la conférence est, remporte de trophée en battant le Lev Prague, du groupe ouest, au terme de sept matches passionnants, par quatre victoires à trois (0-3 ; 4-1 ; 3-2 ; 3-5 ; 2-1pr ;5-4pr ; 7-4)

Commentaires d'après-match

Jiri Novotny (capitaine du Lev Prague) : "Le Lev est la troisième grande équipe à Prague. Ce n'était pas facile de le faire, parce que le club n'a été fondé qu'il y a deux ans. Sans budget énorme, sans stars, nous avons réussi un excellent résultat. Je suis fier de mon équipe. Si avant les play-offs, quelqu'un avait dit que nous irions au septième match de la finale, nous l'aurions pris pour un fou. Mais nous le méritons. Je veux féliciter le Metallurg, ils ont une grande équipe, mais nous étions proches de la victoire. Cela fait cinq ans que je joue en KJL et je peux dire que durant cette période personne n'a dominé la ligue comme Mozyakin cette saison. Il est maintenant indubitablement le meilleur joueur en Europe."

 

Metallurg Magnitogorsk – Lev Prague 7-4 (1-1, 3-1, 3-2)

Mercredi 30 avril 2014 à 19h00 à l'Arena Metallurg 7482 spectateurs.

Arbitrage de Konstantin Olenin et Eduard Odins assistés de Dmitry Sivov et Sergei Shelyanin.

Pénalités : Magnitogorsk 0' (0',0', 0'), Prague 10' (0', 0', 10').

Tirs : Magnitogorsk 23 (7, 8, 8), Prague 47 (18, 19, 10).

 

Évolution du score :

1-0 à 04'43" : Paré assisté de Khabarov

1-1 à 13’49" : Ulsström assisté de Gragnani

2-1 à 23’32" : Biryukov assisté de Antipin et Zaripov

2-2 à 34’41" : O’Byrne

3-2 à 36’56" : Kosov assisté de Timkin et Kazionov

4-2 à 37’37" : Kovar assisté de Antipin et Zaripov

5-2 à 43’10" : Mozyakin assisté de Zaripov et Kovar

6-2 à 52’35" : Zaripov assisté de Kovar

6-3 à 53’55" : Thörnberg assisté de Němec

6-4 à 58’19" : Azevedo assisté de Němec et Novotný

7-4 à 59’51" : Yunkov assisté de Paré et Osala (cage vide)

 

 

Metallurg Magnitogorsk

 

Gardien : Vassili Koshechkin.

 

Défenseurs : Evgeni Biryukov - Viktor Antipin ; Yaroslav Khabarov - Sergei Tereshchenko ; Rinat Ibrahimov - Chris Lee (CAN) ; Filipp Metlyuk (4 présences).

 

Attaquants : Danis Zaripov - Jan Kovar (TCH) - Sergei Mozyakin (C) ; Bogdan Potekhin - Dmitri Kazionov - Francis Paré (CAN) ; Denis Platonov - Mikhaïl Yunkov - Yaroslav Kosov ; Oskar Alexander Osala (FIN) - Tim Brent - Evgeni Timkin ; Vladimir Malinovsky (4 présences).

 

Remplaçant : Aleksandr Pechursky (G). En réserve : Evgeni Grigorenko. Absents : Vladimir Malenkikh (blessé), Alexei Bereglazov (MHL) et Vladislav Kamenev (MHL).

 

Lev Prague

 

Gardien : Petri Vehanen (FIN, 15 arrêts) puis Atte Engren (FIN, 8 arrêts) à 40’00.

 

Défenseurs : Mikko Maenpaa (FIN) – Martin Ševc ; Ondřej Němec – Nathan Oystrick (CAN) ; Marc-André Gragnani (CAN) [sorti sur blessure à la 22ème ] – Ryan O’Byrne (CAN) ; Topi Jaakola (FIN).

 

Attaquants : Justin Azevedo (CAN) – Jiří Novotný (C) – Patrick Zackrisson (SUE) ; Martin Thörnberg (SUE) – Petr Vrána – David Ullström (SUE) ; Michal Birner – Niko Kapanen (FIN) – Michal Řepík ; Calle Ridderwall (SUE) – Lukáš Cingel – Jakub Matai.

 

Remplaçant : (-). En réserve : Jan Lukáš, Juraj Mikúš, Tomáš Kubalík, Dominik Pacovský et Jakub Klepiš. Absents : Spencer Humphries (prêt), Jakub Nakládal et Jiří Sekáč (blessés).