France - Kazakhstan (à Boulogne-Billancourt)

Dernier match de préparation pour l'équipe de France avant le départ pour les championnats du monde à Minsk. Les anciens Amar, Meunier et Treille ont été mis au repos pour laisser la place à d'autres joueurs. Dans le cas des deux attaquants, cela permet aux joueurs parmi les plus tangents pour la sélection (Berthon et Lampérier) de prouver leur valeur avant les choix définitifs qui seront annoncés aux joueurs à l'issue de ce match.
 
Dans le cas du défenseur Amar, sa place est prise par Benjamin Dieude-Fauvel, arrivé tout juste hier, afin de lui permettre de se mettre en jambes avec l'équipe. Les sélectionneurs l'avaient invité avec les A' en septembre dernier en Ukraine, mais il n'est malheureusement pas possible de le faire venir de sa ligue professionnelle nord-américaine (CHL) au cours de la saison. Comme il est allé assez loin en play-offs, sa préparation avec l'équipe nationale est donc raccourcie, et c'est sa seule opportunité de tâter un peu de glace européenne avec le groupe. Les sélectionneurs ont donc dû trancher sans le tester dans la drée. Pour autant, l'arrière de cent kilos connaîtra ses premiers championnats du monde : Dieude-Fauvel fera bien paetie de l'aventure, et c'est le jeune Aziz Baazzi qui a été retranché dans la journée.
 
Enfin, signalons que Ronan Quemener commence la rencontre. Destiné à être gardien numéro 3, le Briançonnais aura ainsi un peu de pratique s'il est amené à rentrer en cours de compétition.
 
Le Kazakhstan, qui n'a pas fait l'Euro Hockey Challenge, n'a pas forcément le rythme international et n'est pas l'adversaire qui aidera l'équipe de France à élever sa vitesse de jeu ; il la prépare plutôt à ce qui l'attend dans son deuxième match du Mondial, celui qui sera décisif pour le maintien contre l'Italie.
 
Le match prend cependant une tournure physique et les tricolores dominent les premiers duels... sauf quand ils font face au capitaine adverse, l'ex-joueur de NHL et mastodonte de 1m98 et 110 kilos Nikolaï Antropov. C'est lui qui sort le palet de derrière la cage pour Roman Starchenko, dans le cercle gauche, qui tire dans la lucarne opposée (0-1, 08'50"). Les visiteurs ont profité d'une faute de placement de Chakiachvili et Henderson.
 
Cette première période a au moins rassuré la France sur son jeu en infériorité numérique. La pénalité de Guttig en début de match est passée sans encombres grâce aux interceptions en zone neutre de Bellemare et Bertrand. Après le but, Antonin Manavian, énervé par une grosse charge de Fyodor Polishchuk sur son partenaire défensif Maxime Moisand, donne un coup de crosse au joueur kazakh et part deux minutes en prison.
 
La France accélère en deuxième période. Yohann Auvitu trouve une longue passe vers Loïc Lampérier, dont le tir dans le haut du filet est capté par Vitali Eremeïev. Teddy Da Costa se montre plus précis avec un superbe tir en lucarne, poteau rentrant. Sur l'engament, Julien Desrosiers redonne l'avantage aux Français en tirant peu après l'entrée en zone (2-1, 25'18"). Le score a été renversé en douze petites secondes !
 

Les supériorités numériques françaises sont moins bien négociées que les infériorités, et Konstantin Romanov s'échappe en infériorité, mais il bute sur Quemener... et prend même une pénalité dans la foulée. La France joue donc à 5 contre 3, au moment où Hardy fait son entrée prévue dans les cages. Cette situation de jeu avec deux hommes de plus est finalement concrétisée dans le slot par Anthony Guttig qui glisse le palet entre les bottes de Vitali Eremeïev. Le portier vétéran du Kazakhstan est ensuite mal placé sur un tir en angle fermé de Julien Desrosiers, qui tire en lucarne sur une passe transversale de l'inévitable Auvitu (4-1, 39'19").
 
La France mène tranquillement, peut-être un peu trop. Elle cafouille à sa ligne bleue défensive en supériorité numérique et Chakiachvili voit sa passe interceptée par Roman Starchenko qui réduit la marque à 4-2. En fin de match, le Kazakhstan sort plusieurs fois son gardien, et Janil n'arrive pas à empêcher Antropov d'entrer en zone et de tirer du poignet à mi-hauteur. Damien Fleury parvient tout de même à conclure en cage vide pour assurer la victoire (5-3).
 
Cette seconde victoire face à un des "pays qui fait l'ascenseur" confirme que l'équipe de France a le niveau du Mondial élite, même s'il faudra le confirmer le jour J. Les Bleus ont commis des erreurs, notamment le jeune Chakiachvili qui a connu une mauvaise soirée après une excellente saison et une très bonne préparation qui l'amenait comme titulaire inattendu. La concurrence est peut-être rouverte avec Moisand et Dieude-Fauvel, arrivés plus tard dans la préparation mais qui pourront aussi contribuer.
 
En attaque, le potentiel de la France monte chaque année, ce qui complique assurément les choix. La sélection des deux derniers noms à retrancher n'a peut-être jamais été aussi difficile, car il faudra laisser à la maison soit des joueurs établis, soit des jeunes qui connaîtraient cet ultime couperet deux ans de suite, ce qui sera dans tous les cas frustrant pour les hockeyeurs concernés.
 
Il faudra ensuite reformer les lignes offensives avec les deux joueurs NHL (Antoine Roussel et Stéphane Da Costa) qui renforceront le groupe dès l'arrivée à Minsk. Risquons-nous - sans garantie - à un pronostic d'alignement pour le championnat du monde :
Roussel - Bellemare - Fleury
Desrosiers - Meunier - Treille
Guttig - S. Da Costa - T. Da Costa
Ritz (ou Raux) - Henderson (ou Raux) - Bertrand
 
Commentaires d'après-match
 
Pierre Pousse (entraîneur-adjoint de la France) : "C'était notre dernier match de préparation. L'objectif était de gagner deux fois de suite, et il a été atteint. Tout n'a pas été parfait. Au premier tiers, nous n'étions pas vraiment dans le rythme. Au deuxième tiers, nous avons remis les choses au point. Au troisième tiers, nous avons commis beaucoup d'erreurs. À 4-1, on pensait le résultat acquis, on a manqué d'engagement et surtout d'intelligence."
 
 
 
France - Kazakhstan 5-3 (0-1, 4-0, 1-2)
Dimanche 4 mai 2014 à 20h00 à Boulogne-Billancourt. 1150 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Bourreau et Alexandre Hauchart (FRA) assistés de Matthieu Loos et Pierre Dehaen (FRA).
Pénalités : France 10' (4', 6', 0'), Kazakhstan 16' (2', 10', 4').
Tirs : France 35 (14, 11, 10), Kazakhstan 20 (5, 7+1, 7).
 
Évolution du score :
0-1 à 08'50" : Starchenko assisté d'Antropov
1-1 à 25'06" : T. Da Costa assisté de Guttig et Raux
2-1 à 25'18" : Desrosiers assisté de Manavian et Lampérier
3-1 à 34'04" : Guttig assisté de Bellemare et Besch (double sup. num.)
4-1 à 39'20" : Desrosiers assisté d'Auvitu et Lampérier
4-2 à 49'13" : Starchenko assisté de Kolesnikov (inf. num.)
4-3 à 58'20" : Zhailauov
5-3 à 58'57" : Fleury assisté de Ritz et Bellemare (cage vide)
 
 
France
 
Gardien : Ronan Quemener puis Florian Hardy à 33'17".
 
Défenseurs : Yohann Auvitu (A, +2, 2') - Nicolas Besch (+2, 2') ; Benjamin Dieude-Fauvel (+2) - Antonin Manavian (+2, 4') ; Florian Chakiachvili (-3) - Jonathan Janil (-3) ; Maxime Moisand.
 
Attaquants : Nicolas Ritz (+1) - Pierre-Édouard Bellemare (C, +1) - Damien Fleury (+1) ; Julien Desrosiers (A, +1) - Loïc Lampérier (+1) - Eliot Berthon (+1) ; Anthony Guttig (+1, 2') - Teddy Da Costa (+1) - Damien Raux (+1) ; Luc Tardif (-2) - Brian Henderson (-2) - Charles Bertrand (-2).
 
En réserve : Cristobal Huet (G), Baptiste Amar, Laurent Meunier, Yorick Treille.
 
Kazakhstan
 
Gardien : Vitali Eremeïev [sorti de 56'51" à 57'20", de 57'40" à 58'20" et de 58'40" à 58'57"].
 
Défenseurs : Vladislav Kolesnikov (+1) - Kevin Dallman (2') ; Artemi Lakiza (-1) - Vladimir Grebeshnikov (-1) ; Aleksei Vasilchenko (-1, 2') - Anton Kazantsev (-1) ; Aleksei Litvinenko (A) - Maksim Semyonov (+1).
 
Attaquants : Vadim Krasnoslobotsev - Nikolaï Antropov (C, +1, 2') - Roman Starchenko ; Konstantin Romanov (2') - Dmitri Upper (A, -1, 6') - Talgat Zhailauov ; Mikhaïl Rakhmanov (-1) - Fyodor Polishchuk (-1) -  Konstantin Pushkariov (-1, 2') ; Aleksei Antsiferov - Andrei Spiridonov - Evgeni Rymarev.