Prenable, le Canada ?

L'équipe de France bénéficie d'un calendrier présumé favorable en ce qu'elle affronte le Canada en ouverture des championnats du monde : les équipes nord-américaines sont réputées en effet plus prenables en début de tournoi, parce qu'elles n'ont pas encore eu le temps de s'adapter et de se forger des automatismes collectifs. Ceci dit, ce préjugé se vérifie de moins en moins souvent : cela fait dix ans que le Canada n'a plus trébuché lors de son premier match d'un Mondial !
 
Les Canadiens ont quasiment toujours le même programme, avec un - et un seul - match de préparation avant les championnats du monde. Ils perdent parfois celui-ci, mais ensuite ils sont prêts. Le fait que la saison régulière de NHL se soit terminée il y a longtemps n'a pas fait varier ce principe. L'adversaire choisi cette année est la Suisse, qui intègre ses derniers arrivants "nord-américains" Reto Berra et Simon Moser (à peine débarqué de l'avion, Sven Bärtschi n'est pas encore aligné).
 
Mais la grande actualité de ces derniers jours concerne Kevin Fiala. Le prodige, qui pourrait enchaîner les trois Mondiaux (U20, U18 et sénior) la même année, a été coupé samedi, en même temps que Manzato, Huguenin, Monnet et Pestoni. L'absence de Vauclair - commotionné - a aussi été confirmée. L'effectif était normalement définitif avec 26 joueurs, dont Kamerzin qui a été prévenu qu'il n'est là que comme joker en cas de blessure et qu'il ne serait pas dans la liste finale sinon. Kevin Fiala avait cependant été prévenu de se tenir prêt en cas de besoin... et comme Bodenmann s'est blessé à la main lors de l'entraînement d'hier, le gamin de 17 ans a été rappelé dans la journée pour jouer ce dernier match de préparation. Une seconde chance que Fiala va utiliser à fond !
 
Les Canadiens se retrouvent rapidement en infériorité après un coup de crosse de Burrows, et un tir dévié de Dominik Schlumpf frôle le poteau de James Reimer. Mais il ne faut guère plus de cinq minutes aux visiteurs pour ouvrir le score. Jonathan Huberdeau se débarrasse de son adversaire par une feinte de corps et centre pour Matt Read, qui a pris de vitesse le vieux capitaine Mathias Seger (0-1).
 
La défense suisse se laisse parfois désarçonner par la technique d'un Monahan ou d'un Kadri, et le défenseur Robin Grossmann doit même suppléer son gardien Reto Berra en sauvant le palet sur sa ligne. Les Helvètes sont désireux de montrer qu'ils n'ont pas peur physiquement, et Thomas Rüfenacht inflige ainsi une belle mise en échec en pleine glace au super-rookie Nathan McKinnon, qui la juge un peu en retard. En raison de l'altercation entre les deux hommes, on joue alors à 4 contre 4... et c'est le Canada qui en profite en doublant la mise par Ryan Ellis (0-2).
 
Deux pénalités contre Rüfenacht et Moser dans la dernière minute laissent le Canada à 5 contre 3 au retour sur la glace. Une situation vite exploitée par un tir de Kyle Turris. Côté suisse, Andres Ambühl se procure plusieurs bonnes occasions, dont une avec la complicité de Fiala qui manque malheureusement le rebond laissé par Ben Scrivens, rentré à mi-partie.
 
Les gardiens canadiens se partageront donc un blanchissage dans un match avec pas mal de déchet de part et d'autre. Malgré sa vitesse de patinage bien connue, la Suisse n'a rien pu faire contrôle un Canada assez tranquille qui a marqué au bon moment. Il clôt le score à 0-4 par une action individuelle de Nathan McKinnon, qui trompe ainsi Reto Berra, son coéquipier au Colorado.
 
L'adaptation à la grande glace s'est donc bien passée pour le Canada, et même si les effets du décalage horaire sont censés se faire sentir au bout de trois jours, donc pas encore ce soir à Zurich, les joueurs de Dave Tippett abordent leur match contre la France avec confiance. La Suisse fait en revanche grise mine, et le seul à pouvoir sourire est Kevin Fiala, qui a tout fait pour se mettre en évidence et qui a démontré que, au cas où, on pourrait compter sur lui.
 
Désignés joueurs du match : Kevin Fiala pour la Suisse et Ryan Ellis pour le Canada.
 
Commentaires d'après-match
 
Sean Simpson (entraîneur de la Suisse) : "Nous ne sommes pas prêts pour l'instant pour un championnat du monde. Dans les prochains jours, il nous reste vraiment beaucoup de travail. Si nous abordons la compétition comme ce match, cela sera extrêmement difficile."
 
 
 
Suisse - Canada 0-4 (0-2, 0-1, 0-1)
Mardi 6 mai 2014 à 20h10 au Hallenstadion de Zurich. 7041 spectateurs.
Arbitrage de Didier Massy et Danny Kurmann (SUI) assistés de Nicolas Fluri et Michael Tscherrig (SUI).
Pénalités : Suisse 8' (6', 0', 2'), Canada 10' (4', 0', 6').
Tirs : Suisse 23 (7, 3+7, 6), Canada 28 (10, 8, 10).
 
Évolution du score :
0-1 à 05'37" : Read assisté de Huberdeau
0-2 à 18'15" : Ellis
0-3 à 20'27" : Turris assisté de MacKinnon et Kadri (double sup. num.)
0-4 à 58'03" : MacKinnon
 
 
Suisse
 
Gardien : Reto Berra.
 
Défenseurs : Mathias Seger (C, -2) - Dean Kukan (-1) ; Roman Josi - Dominik Schlumpf ; Yannick Weber (2') - Eric Blum ; Robin Grossmann - Tim Ramholt (-1).
 
Attaquants : Benjamin Plüss (-1) - Luca Cunti (-1) - Denis Hollenstein (-1) ; Damien Brunner - Etienne Froidevaux (-1) - Simon Moser (-1, 2') ; Kevin Fiala - Andres Ambühl - Reto Suri ; Victor Stancescu - Reto Schäppi - Thomas Rüfenacht (4').
 
Remplaçant : Leonardo Genoni (G). En réserve : Robert Mayer (G), Jérémie Kamerzin, Simon Bodenmann (main), Kevin Romy, Sven Bärtschi.
 
Canada
 
Gardien : James Reimer puis Ben Scrivens à 30'19".
 
Défenseurs : Tyler Myers (+2) - Ryan Ellis (+2) ; Kevin Bieksa - Jason Garrison ; Erik Gudbranson (2') - Morgan Rielly.
 
Attaquants : Matt Read (+1) - Brayden Schenn (+1, 2') - Jonathan Huberdeau (+2) ; Joel Ward - Mark Scheifele - Jason Chimera (C) ; Troy Brouwer - Nazem Kadri - Cody Hodgson (+1) ; Nathan MacKinnon (2') - Kyle Turris - Alex Burrows (2') ; Sean Monahan (2').
 
Remplaçant : Sam Reinhart.