Bélarus - États Unis (Mondiaux 2014, groupe B)

Le moment tant attendu est arrivé, le championnat du monde de hockey a débuté. L'un des plus contestés aussi. L'évènement organisé sur la sphère du dirigeant controversé Loukachenko, évidemment présent pour ce premier match des siens, n'a pas fini de susciter les critiques.
 
Dernier en date, l'isolement en zone de transit de Martin Uggla, militant des droits de l'homme bien connu en Suède, prié de repartir d'où il est venu. Un fait qui a enragé Christer Englund, président de la fédération suédoise, sommant les organisateurs, la fédération internationale et son président René Fasel de délivrer des explications.
 
Dans un climat très particulier, le Bélarus, classé 14e ces trois dernières années, entame donc sa compétition qui doit lui servir de tremplin pour intégrer la cour des grands. Du moins, c'est ce que souhaite Monsieur Loukachenko, principal instigateur - par décret - des naturalisations du gardien Kevin Lalande et de l'attaquant Geoff Platt.
 
Rappelons que cette sélection, avec forcément une haute ambition à domicile, est sous la baguette du revenant Glen Hanlon. Ce dernier est de retour après avoir laissé un souvenir impérissable en 2006 : une étonnante sixième place.
 
C'est donc le premier défi de la très jeune - 24 ans de moyenne d'âge - équipe des États-Unis : faire flancher le pays hôte en ouverture. Une chose qu'ils n'avaient pu faire en 2010 au stade de Gelsenkirchen, battus par l'Allemagne 2-1 devant 77 803 spectateurs. Un revers d'autant plus préjudiciable que les USA avaient terminé le tournoi en phase de relégation.
 
Impensable pour l'entraîneur Peter Laviolette, récemment nommé derrière le banc de Nashville pour la saison à venir, qui est secondé par Don Granato, Phil Housley et Joe Sacco, et qui dirige les USA une troisième fois pour un Mondial. La prudence est d'autant plus de mise que les Américains ont eu vent de la contre-performance canadienne au grand bonheur des Bleus. Sans surprise, nommé titulaire pour la compétition, le vétéran Tim Thomas fait son entrée en scène face à un autre - 40 bougies cette année - Andreï Mezin.
 
Le Bélarus attaque la rencontre sans complexe. Bonne séquence des frères Kostitsyn, bonne combinaison entre Grabovski et Stepanov, les hôtes ne laissent aucun répit aux Américains qui sont finalement poussés à la faute. Et les États-Unis ne sont pas totalement habitués à cette grande glace, Andreï Stepanov est totalement oublié devant Thomas, l'ailier de l'Amur Khabarovsk s'offre la première opportunité franche mais ne cadre pas son tir du revers qui frôle le poteau. 
 
Face à un Bélarus entreprenant, les États-Unis se doivent de réagir. Trouba et Johnson commencent à faire le show, un lancer de Nelson passe juste au-dessus de la barre transversale et Kalyuzhny est pris par la patrouille. Tyler Johnson centre pour Caig Smith qui délivre dans l'axe un lancer peu puissant mais Brock Nelson, placé devant le slot, le prolonge dans les filets (0-1, 12'22").
 
Quelques minutes plus tard, les hommes de Peter Laviolette sont proches de doubler la mise. Sur son couloir gauche, Peter Mueller se rapproche pleine vitesse, tire, la rondelle passe entre les jambières de Mezin mais passe devant la ligne de but et ressort ! Le portier de l'Avangard Omsk, qui a bien failli se faire piéger sur cette action, intervient cependant de la mitaine en détournant une reprise de Nelson. Craig Smith, Seth Jones et Kevin Hayes seront également dangereux avant la première pause.
 
Menés au score, les Biélorusses repartent dans le deuxième tiers-temps avec la même envie : belle reprise de Kitarov et slap de Platt. À la 27e minute, Trouba se trouve derrière le but, effectue une passe dans le dos... où se trouve Alekseï Ugarov qui donne instantanément à Alekseï Yefimenko, Tim Thomas bouche toutefois totalement la cible.
 
Par la suite, Geoff Platt se crée une autre occasion après un rush rapide couloir droit avant que son équipe ne parvienne à se débarrasser d'une pénalité pour surnombre.
 
Tir en pivot de Kalyuzhny, Grabovski qui menace le but américain avec une déviation : le Bélarus reste dans le match. Avant de connaître une fin de deuxième période cauchemardesque. Le défenseur Dan DeKeyser monte, fait le tour de la cage et transmet à la ligne bleue à Jacob Trouba qui reprend de volée (0-2, 34'59"). À peine une minute plus tard, Johnny Gaudreau entre en zone rapidement et place un lancer sous la barre de Mezin (0-3, 35'55"). Pour finir, Jimmy Hayes protège remarquablement son palet, passe derrière le but, ressort et donne à l'opposé pour Colin McDonald qui bénéficie d'une porte grande ouverte (0-4, 37'42"). 
 
Face à la tempête étoilée qui s'est abattue, le Bélarus tente alors de sauver les meubles avant la deuxième pause. Sergeï Kostitsyn effectue un lancer dans la mitaine de Thomas. Néanmoins, juste avant le buzzer, alors que Smith est emprisonné pour crosse haute, une combinaison en triangle, débutant par Alekseï Kalyuzhny et Mikhaïl Grabovski, est conclue par une reprise d'Andreï Stepanov (1-4, 39'56").
 
N'importe quelle équipe ayant essuyé une telle tempête en fin de tiers peinerait à se remettre en marche. Ce n'est pas le cas du Bélarus qui tente tout de même de conserver la même énergie. La défense américaine est toutefois plus vigilante et plus mobile, et une nouvelle passe de Gaudreau devant la cage aurait pu porter préjudice. Le bloc biélorusse est solidaire, même lors d'un désavantage numérique suite à une faute de Denisov malgré un angle totalement ouvert à DeKeyser monté au poteau droit.
 
Une des réussites américaines ce soir est sans conteste sa première ligne, déjà très à l'aise. À la 50e minute, Craig Smith effectue un nouveau tir sur réception. Quatre minutes plus tard, Smith tire dos au but, Tyler Johnson récupère, fait le tour de la cage et donne poteau opposé où Smith bute sur un placement rapide de Mezin. Les minutes défilent et le Bélarus, frustré, commence à perdre son calme avec deux pénalités qui vont sourire à leurs opposants.
 
Andreï Kostitsyn en prison, Jacob Trouba réalise un slap pleine puissance de la ligne bleue, le puck est si fort que Mezin le touche du gant mais ne peut le capter, le palet poursuit sa course dans le but (1-5, 54'58"). Denisov de nouveau au cachot, un lancer lointain de Jake Gardiner rebondit sur la palette du défenseur adverse Graborenko, le palet poursuit sa course dans le but (1-6, 56'57"). Une énième pénalité d'Andreï Kostitsyn ne permet pas aux Américains d'alourdir la facture malgré des nouvelles tentatives devant le slot de Smith et Johnson.
 
Malgré une bonne attitude d'entrée, le Bélarus manque son entrée dans son championnat du monde, la faute à une fin de deuxième période cauchemardesque et un sang-froid qui s'est effrité en fin de match. Au bénéfice des États-Unis, déjà dans le bain et prolongeant la belle aventure de la saison passée, qui réussissent parfaitement leur entrée en matière.
 
Élus joueurs du match : Mikhaïl Grabovski pour le Bélarus, Jimmy Hayes pour les États-Unis.
 
Commentaires d'après-match
 
Tim Thomas (gardien des États-Unis) : "Ils sont rapides, patinent beaucoup et mettent une bonne pression. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit facile. Le match en lui-même a été bien plus serré que le score ne l'indique. Ils ont obtenu de bonnes chances en deuxième période malgré le fait que nous voulions les tenir à l'écart. Heureusement, nous avons su gérer malgré leur poussée dès le début."
 
Alekseï Kalyuzhny (attaquant du Bélarus) : "Nous ne pouvons pas avoir de regret s'agissant de notre état d'esprit. Nous nous sommes présentés avec la bonne attitude et un vrai désir de gagner ce match. Mais ces quelques minutes en fin de deuxième période ont finalement été cruciales. Nous sommes revenus avec la même envie en début de troisième mais nous n'avons pu marquer. Si nous avions profité d'une ou deux de ces opportunités, nous aurions pu revenir dans le match."
 
 
Bélarus - États-Unis 1-6 (0-1, 1-3, 0-2).
Vendredi 9 mai 2014 à 20h45 à la Minsk Arena. 13600 spectateurs.
Arbitrage de Martin Frano et Vladimir Sindler (TCH) assistés de Jon Kilian (NOR) et Sakari Suominen (FIN).
Pénalités : Belarus 14' (2', 2', 10'), États-Unis 6' (2', 2', 2').
Tirs : Belarus 21 (5, 11, 5), États-Unis 25 (9, 9, 7).
 
Évolution du score :
0-1 à 12'22" : Nelson assisté de Smith et Johnson (sup. num.)
0-2 à 34'59" : Trouba assisté de DeKeyser
0-3 à 35'55" : Gaudreau assisté de Petry
0-4 à 37'42" : McDonald assisté de J.Hayes
1-4 à 39'56" : Stepanov assisté de Grabovski et Kalyuzhny (sup. num.)
1-5 à 54'58" : Trouba assisté de Gaudreau et Johnson (sup.num.)
1-6 à 56'57" : Gardiner assisté de Gaudreau et K.Hayes (sup. num.)
 
 
Bélarus (2' pour surnombre)
 
Attaquants :
Alekseï Kalyuzhny (C, 2') - Mikhaïl Grabovski (A) - Andreï Stepanov
Andreï Kostitsyn (-1, 4') - Aleksandr Kitarov (-1) - Sergeï Kostitsyn (-1)
Geoff Platt (-2) - Andreï Stas (-2) - Konstantin Koltsov (-2)
Alekseï Ugarov - Alekseï Yefimenko - Artyom Volkov
Evgeni Kovyrshin
 
Défenseurs :
Nikolaï Stasenko (-1) - Dmitri Korobov (-2)
Vladimir Denisov (A, 6') - Oleg Yevenko
Andreï Karev (-1) - Roman Graborenko (-1)
Ivan Usenko (-1)
 
Gardien :
Andreï Mezin
 
Remplaçant : Vitali Koval. En tribune : Kevin Lalande (G), Kirill Gotovets.
 
États-Unis
 
Attaquants :
Craig Smith (A, 2') - Brock Nelson (2') - Tyler Johnson
Johnny Gaudreau (+1) - Vincent Trocheck (+2, 2') - Justin Abdelkader (C, +1)
Peter Mueller - Tim Stapleton - Tommy Wingels
Colin McDonald (A, +1) - Drew Shore - Kevin Hayes (+2)
Jimmy  Hayes (+2)
 
Défenseurs :
Jacob Trouba (+1) - Dan DeKeyser (+1)
Seth Jones - Jake McCabe
Jeff Petry (+2) - Jake Gardiner (+2)
Matt Donovan.
 
Gardien :
Tim Thomas
 
Remplaçant : Dan Dekeyser (G). En tribune : Connor Hellebuyck (G), Connor Murphy, Andy Miele.