Italie - Norvège (Mondiaux 2014, groupe A)

La victoire aux tirs au but de la France sur Canada hier a mis la pression sur les adversaires directs des Bleus. Pour la Norvège et l'Italie, cette confrontation n'en prend que plus d'importance. Les Transalpins, qui avaient coché le match de demain, peuvent encore moins se permettre d'attendre.
 
Cette équipe italienne est-elle prête pour le championnat du monde ? C'est toujours la question cruciale : les promus mettent généralement du temps à se mettre dans le rythme, or le calendrier les oblige à être performants tout de suite puisqu'ils rencontrent les adversaires abordables au début. On peut s'inquiéter pour cette Italie qui n'a disputé que 2 petits matchs de préparation, contre le Kazakhstan, il y a deux semaines ! Certes, Tom Pokel, après une pré-saison très courte, avait été tout de suite compétitif avec Bolzano en ligue autrichienne. Qui sait, l'entraîneur canadien a peut-être une formule magique.
 
Les deux équipes sont tendues par l'enjeu, mais le match se décante à la sixième minute quand la défense italienne vole en éclats en zone neutre. Alors que Larkin - qui doit rentrer au banc - ne suit plus le jeu, Niklas Roest reçoit le palet dans son élan et se faufile comme si Ramoser et Fontanive étaient des plots, puis utilise un une-deux avec Andreas Stene pour se débarrasser du dernier défenseur Trevor Johnson : il n'a plus qu'à glisser le palet le long du poteau (0-1).
 
Enfin du renouvellement en équipe de Norvège ? Ce sont deux débutants en championnats du monde qui ont marqué ce but, sur une quatrième ligne au rôle autrefois anecdotique : Roest avait certes participé aux JO, mais il n'avait plus joué après une erreur au premier match.
 
L'Italie resserre ensuite la défense et verrouille sa ligne bleue, avant de se mettre progressivement à construire un peu plus. Alex Trivellato, le défenseur de 21 ans qui a bénéficié d'une opportunité exceptionnelle de progresser en jouant une saison chez les Eisbären de Berlin, réussit de bonnes présences par la qualité de ses relances et par son apport offensif : il est à l'origine de la première occasion en centrant pour la déviation de Fontanive qui frôle le poteau.
 
Le meilleur défenseur norvégien Jonas Holøs est sanctionné au tout début de la deuxième période. C'est la première supériorité numérique pour l'Italie, et il s'en faut de quelques centimètres pour qu'elle soit convertie : Giulio Scandella passe de derrière la cage à Daniel Sullivan, dont le tir frappe le poteau puis la transversale. Un ricochet curieux qui vaudra un très long appel au juge vidéo. Pendant la seconde pénalité norvégienne (une obstruction de Bastiansen), les Italiens n'arriveront pas à cadrer le moindre tir : un lancer du haut de l'enclave du malheureux Sullivan heurte cette fois l'extérieur de la cage à ras glace.
 
La frileuse Norvège ne produit plus rien depuis très longtemps, et pourtant elle ajoute un deuxième but. Sondre Olden laisse une passe-abandon en entrée de zone pour Morten Ask, qui feinte pour éviter le retour de DiCasmirro et tire sous la jambière gauche de Bellissimo, sans doute un peu "froid" après plusieurs mois sans compétition (0-2). Ask n'a pas vu pas le palet rentrer car il a pris de plein fouet le coude de Sullivan, mais c'est Skrøder qui est pénalisé pour avoir voulu faire justice. Troisième infériorité norvégienne dans cette deuxième période, mais Lars Haugen garde toujours sa cage inviolée.
 
Le défenseur d'AHL et ECHL Thomas Larkin, pourtant très attendu dans la défense italienne, commet encore une grosse erreur : il se fait voler le palet derrière la cage par Ken André Olimb qui remet en retrait à son frère Mathis. Ce coup-ci, Bellissimo sauve son équipe, en deux temps, rattrapant avec le bras le tir qui l'avait d'abord transpercé.
 

L'Italie commence la troisième période en infériorité, mais place une contre-attaque à 2 contre 1 : la passe de Brian Ihnacak est très bonne, le tir de Vincent Rocco un peu moins. La Norvège reprend ensuite le contrôle de la partie, en gardant la possession de la rondelle avec sa qualité technique.
 
Les Azzurri n'arrivent pas à bousculer l'organisation norvégienne, ni à emballer le match. Quand ils travaillent fort en fond de zone pour une bonne séquence en zone offensive à sept minutes de la fin, c'est pour mieux se faire piéger. Mathis Olimb récupère le palet et trouve une longue passe vers Anders Bastiansen dans le dos d'Armin Hofer. Le centre de Färjestad bat Bellissimo d'un tir à mi-hauteur, côté plaque (0-3). Maintenant, les carottes sont cuites, ou bouillies avec le minestrone si vous préférez.
 
La Norvège a eu ce qu'elle voulait, une victoire appliquée et sans frayeur, première étape dans la gestion de sa compétition. Le très conservateur Roy Johansen a bien réparti le temps de glace entre ses quatre lignes offensives aujourd'hui. Par contre, Jonas Holøs a encore joué presque 30 minutes, car le nouveau défenseur Stefan Espeland a été aligné avec une grande parcimonie.
 
L'Italie, blanchie quatre fois lors de son précédent passage en championnat du monde, part encore mal en n'arrivant déjà pas à mettre un but. Mais avec un peu plus de réussite offensive (la transversale de Sullivan), elle peut marquer et ainsi changer le cours d'un match. C'est ce dont la France devra se méfier demain.
 
La faible intensité de ce match compense en tout cas le handicap principal que connaissent les promus : l'absence de jour de repos avant le deuxième match si important. L'Italie doit encore avoir des forces physiques pour affronter la France, mais devra surtout garder confiance mentalement.
 
Désignés joueurs du match : David Borrelli pour l'Italie et Lars Haugen pour la Norvège.
 
Commentaires d'après-match
 
Mathis Olimb (attaquant de la Norvège) : "C'est le même but qu'au premier match du championnat du monde l'an dernier après quasiment le même match, mais ce n'est pas quelque chose que nous avions prévu. Mais 'Basse' [Bastiansen] était là-bas, et soudain il y a eu une grande ouverture et j'ai eu du temps. [...] Je pense qu'ils ont pris le contrôle en deuxième période. Nous étions un peu défensifs. Ils nous ont mis de la pression, et c'était bien d'avoir Lars Haugen. C'est notre joueur le plus important. Gagner est surtout un soulagement. Nous savions que la victoire était impérative. Maintenant, on peut penser au match suivant."
 
 
 
Italie - Norvège 0-3 (0-1, 0-1, 0-1)
Samedi 10 mai 2014 à 12h45 à la Chizhovka Arena de Minsk.
Arbitrage de Martin Frano (TCH) et Marcus Vinnerborg (SUE) assistés de Paul Carnathan (USA) et Justin Hall (CAN).
Pénalités : Italie 4' (2', 2', 0') ; Norvège 6' (0', 6', 0').
Tirs : Italie 15 (6, 5, 4) ; Norvège 27 (12, 6, 9).
 
Évolution du score :
0-1 à 05'42" : Roest assisté de Stene
0-2 à 31'19" : Ask assisté d'Olden et Skrøder
0-3 à 53'29" : Bastiansen assisté de M. Olimb
 
 
Italie
 
Attaquants :
Diego Kostner (-1) - Nathan di Casmirro (-1) - Giulio Scandella (A, -1, 2')
David Borrelli - Vincent Rocco - Brian Ihnacak
Luca Felicetti (-2) - Daniel Tudin (-1) - Makus Gander (2')
Joachim Ramoser - Nicola Fontanive (-1) - Marco Insam (-2)
 
Défenseurs :
Alexander Egger (C) - Davide Nicoletti
Armin Hofer (-1) - Christian Borgatello (A, -1)
Thomas Larkin (-2) - Daniel Sullivan (-1)
Alex Trivellato - Trevor Johnson (-1)
 
Gardien :
Daniel Bellissimo
 
Remplaçant : Anderas Bernard (G).
 
Norvège
 
Attaquants :
Kristian Forsberg - Mads Hansen (A) - Martin Røymark
Ken André Olimb (+1) - Anders Bastiansen (C, +1, 2') - Mathis Olimb (+1)
Sondre Olden (+1) - Morten Ask (+1) - Per-Åge Skrøder (+1, 2')
Andreas Martinsen (+1) - Andreas Stene (+1) - Niklas Roest (+1)
 
Défenseurs :
Henrik Odegaard (+3) - Jonas Holøs (A, 2')
Mats Trygg - Stefan Espeland [non aligné de 10' à 55']
Daniel Sorvik (+1) - Alexander Bonsaksen (+2)
 
Gardien :
Lars Haugen
 
Remplaçants : Lars Volden (G), Robin Dahlstrøm, Jonas Djupvik Løvlie.