Ennui à l'italienne

Pour ce troisième match du tournoi, le promu italien a l'occasion de frapper un grand coup pour son opération maintien. La victoire face à la France le place en position intéressante pour distancer un concurrent direct aujourd'hui. Les Danois, avec déjà deux défaites, sont dos au mur. Un succès face à l'Italie reste indispensable pour rester dans l'élite mondiale.
 
Et les Scandinaves débutent parfaitement. L'ouverture du score dès la troisième minute évite de trop gamberger. Jesper Jensen conclut le travail de Patrick Bjorkstrand et trompe Bellissimo (0-1). Un peu auparavant, l'Italie a gaspillé une bonne chance en trouvant le poteau...
 
Peu après cette ouverture du score danoise, Scandella concède deux minutes. Le jeu de puissance ne fait pas grand chose et on assiste même à un contre italien, conclu par un tir peu dangereux de Nicoletti.
 
La possession reste danoise à cinq contre cinq. Nicklas Jensen cherche le tour de cage et Bellissimo bloque de la botte. Puis, Storm centre et Bjorkstrand dévie astucieusement, au-dessus. Le palet reste en zone, Larsen envoie un slap de la bleue, hors cadre. Pas plus de réussite pour Jesper Jensen en déviation à la fin de cette longue séquence. L'Italie enchaîne en contre-attaque. Kostner déborde à gauche et fixe le gardien au premier poteau, contourne la cage et passe. Simon Nielsen est revenu vite sur sa ligne et bloque le tir, dégageant le palet sur son côté gauche. L'Italie gagne le duel dans le coin et le palet revient sur Scandella, pour une petite passe dosée vers Diego Kostner. Ce dernier s'approche du but et glisse un revers entre les jambières du gardien (1-1). 
 
Le match s'ouvre et Jannik Hansen s'infiltre entre deux défenseurs pour une échappée. Bellissimo reste solide sur sa ligne. La défense italienne ne lâche rien et ne concède plus aucune occasion. La supériorité numérique passe à l'Italie à la faveur d'une faute de Jensen. Avec un joueur planté dans l'enclave, les joueurs de Tom Pokel cherchent les déviations. Malgré une longue présence en zone danoise, aucune occasion franche n'apparaît.
 
Les deux équipes rentrent au vestiaire sur ce score nul. L'Italie, prudente, a parfaitement réussi son coup. Après avoir fait le dos rond, les Transalpins ont endormi les Danois et profité d'un contre pour égaliser. Tom Pokel équilibre parfaitement ses temps de jeu, toutes les lignes ayant été alignées entre 5 et 9 fois.
 
Le scénario du match contre la France paraît se répéter. Le deuxième tiers débute d'ailleurs dans la même veine. L'Italie pique la défense à la moindre contre-attaque, via Ramoser ou Scandella. La Squadra Azzurra prend confiance et a déjà tenté en cinq minutes plus de tirs qu'au premier tiers tout entier. Une faute de Kim Staal en zone offensive permet d'accentuer ce temps fort. Les tirs sont contrés ou hors cadre, et les Nordiques retournent au complet. Cela lance une séquence danoise un peu plus percutante, avec plusieurs tirs sur Bellissimo. Le portier italien n'est pas vraiment inquiété, ceci dit, et le rythme retombe un peu. La patinoire est correctement remplie, mais sans supporters des deux camps, on s'ennuie ferme...
 
Alex Trivellato concède une pénalité après 35 minutes. Non seulement les Danois n'en profitent pas, mais Julian Jakobsen commet une obstruction. L'Italie s'installe jusqu'à une énorme erreur de Trevor Johnson. Le défenseur pousse trop loin son palet à la bleue et Jannik Hansen s'en empare. Il démarre en deux-contre-un sur l'aile gauche et choisit le tir croisé, pour le deuxième but danois (1-2, photo ci-dessus). À peine Jakobsen revenu sur la glace, le Danemark assomme la partie avec un tir de la bleue signé Kristensen. Deux joueurs traînent devant Bellissimo, Staal faisant mine de dévier le palet, ce qui trompe le gardien (1-3).
 
Les Vikings sont en feu et Bellissimo sauve de l'épaule une tentative en revers. La défense italienne commence à prendre l'eau de toutes parts alors que les hommes de Jan Karlsson ont repris confiance. Poulsen percute la défense et Christensen récupère le disque pour un tir à bout portant. Le Danemark a accéléré mais finit le tiers à court d'un homme pour une crosse haute de Nicklas Jensen. 
 
L'accélération danoise leur donne deux buts d'avance à la pause. Après un bon début de tiers, l'Italie n'a plus lancé au but pendant de longues minutes. 25 tirs danois à 8 en deux tiers, le score est complètement logique.
 
Le même non-rythme s'installe pour le troisième tiers. La possession reste danoise, sans que le spectacle ne soit vraiment convaincant. Les tirs se comptent sur les doigts d'une main après sept minutes, avec un Bellissimo toujours serein sur sa ligne. Pour le reste, le public s'ennuie...
 
Il faut attendre la onzième minute pour qu'un contre danois pousse Trevor Johnson à la faute. Le beau slalom de Nicklas Jensen plaît beaucoup au public, sans qu'il n'apporte une occasion. L'Italie revient au complet et la défense n'a concédé aucun tir.
 
Les minutes défilent. Nielsen n'a toujours aucun arrêt à effectuer, Bellissimo très peu. À 2'30" de la fin, le portier italien sort de sa cage pour un attaquant. Cela ne fonctionne pas et Kim Staal marque en cage vide (1-4). 
 
Le Danemark remporte sa première victoire du tournoi, face à un rival direct pour le maintien. Le bas de tableau de cette poule A devient ainsi très indécis...
 
Désignés joueurs du match : Brian Ihnacak (Italie) et Emil Kristensen (Danemark).
 
Commentaires d'après-match
 
Jannik Hansen (attaquant du Danemark) : "Nous savions que l'Italie jouait bien dans la zone neutre, avec quatre ou cinq joueurs attendant des revirements. Ils ont eu leurs chances et nous sommes tombés un peu trop dans leur trappe. Les deux buts en deuxième tiers les ont forcés à sortir un peu. Nous espérions un meilleur départ dans ce tournoi. C'était difficile contre la Suède, car beaucoup de nos joueurs n'avaient pas joué depuis longtemps. Il fallait du temps pour créer une alchimie dans les lignes. Contre la Norvège, nous avons bien joué mais pris trop de pénalités, et leur jeu de puissance était très bon. Le Canada, ce sera compliqué car ils commencent à bien tourner. Nous devons saisir nos chances, bien jouer défensivement et, pourquoi pas, copier le manuel de jeu italien !"
 
Tom Pokel (entraîneur de l'Italie) : "Bravo au Danemark. Le résumé est simple. Nous avons joué un bon match tactique et défensif, mais des erreurs individuelles majeures nous ont tué, notamment le but en infériorité. Au lieu de marquer et de mener 2-1, nous nous retrouvons en retard. Nous devons lancer plus au but, mettre plus de pression. Les deux buts coup sur coup étaient difficiles à digérer. Trop de revirements, surtout le premier et deuxième but."
 
Jan Karlsson (entraîneur du Danemark) : "C'était un match difficile. Nous avions prévenu les joueurs que l'Italie avait de bons patineurs, avec un style de jeu nord-américain. Ils ont frappé le poteau au début, et nous étions nerveux. Notre troisième but était donc très important. Nous avons eu une bonne discussion après le premier tiers et nous avons mieux joué après. Le but en infériorité a changé le match. Les quatre lignes ont bien tourné, et j'ai trouvé que la quatrième avait été la meilleure (Storm-Jensen-Bjorkstrand). Tout le mérite de ce succès revient à notre groupe en infériorité, face au bon jeu de puissance italien. Simon Nielsen a aussi sorti un arrêt exceptionnel en début de troisième."
 
 
 
Italie - Danemark 1-4 (1-1, 0-2, 0-1)
Mardi 13 mai 2014 à 16h45 à la Chizhovka Arena de Minsk. 5092 spectateurs.
Arbitrage de Antonin Jerabek (TCH) et Mikael Nord (SUE) assistés de Paul Carnathan (USA) et Jimmy Dahmen (SUE).
Pénalités : Italie 8' (2', 2', 4'), Danemark 8' (2', 6', 0').
Tirs : Italie 13 (4, 4, 5), Danemark 31 (12, 13, 6).
 
Évolution du score :
0-1 à 02'51" : J. Jensen assisté de P. Bjorkstrand et Storm
1-1 à 12'15" : Kostner assisté de Scandella
1-2 à 35'50" : Hansen (inf. num.)
1-3 à 36'19" : Kristensen assisté de Jakobsen et Mi. Bødker
1-4 à 57'34" : Staal assisté de Mi. Bødker et P. Larsen (cage vide)
 
 
Italie
 
Attaquants :
David Borrelli (-1, 2') - Vincent Rocco (-2) - Brian Ihnacak (-2)
Giulio Scandella (-1, 2') - Nathan DiCasmirro (A, -1) - Diego Kostner
Luca Felicetti - Daniel Tudin - Markus Gander
Joachim Ramoser (-1) - Nicola Fontanive (-1) - Marco Insam (-1)
 
Défenseurs :
Alexander Egger (C) - Davide Nicoletti (-1)
Alex Trivellato (2') - Trevor Johnson (-2, 2')
Armin Hofer (-1) - Christian Borgatello (A, -1)
Thomas Larkin - Daniel Sullivan (-1)
 
Gardien :
Daniel Bellissimo [sorti de sa cage à 57'34"]
 
Remplaçant : Andreas Bernard (G).
En réserve : Alex Caffi (G), Anton Bernard, Patrick Bona.
 
Danemark
 
Attaquants :
Nicklas Jensen (4') - Morten Madsen (A, +2) - Jannik Hansen (+1)
Morten Poulsen (-1) - Morten Green (C, -1) - Mads Christensen (-1)
Kim Staal (+1, 2') - Julian Jakobsen (+2, 2') - Mikkel Bødker (+2)
Patrick Bjorkstrand (+1) - Jesper Jensen (+1) - Frederik Storm (+1)
 
Défenseurs :
Jesper B. Jensen (A, +1) - Philip Larsen (+2)
Stefan Lassen (+1) - Oliver Lauridsen (+2)
Emil Kristensen (+1)
Philipp Bruggisser (-1) [2 présences]
 
Gardien :
Simon Nielsen
 
Remplaçant : Patrick Galbraith (G).
En réserve : Markus Lauridsen (fièvre).