Suisse - Allemagne (Mondiaux 2014, groupe B)

Dernière équipe du tournoi à ne pas encore avoir inscrit le moindre point, la Suisse a impérativement besoin d’une victoire face à l’Allemagne. En cas de défaite, il faudrait affronter le Kazakhstan et la Lettonie avec le spectre de la relégation…

La Suisse peut compter sur plus de fraîcheur que l’Allemagne, qui s’est inclinée hier face à la Finlande. Une chose est certaine, Nino Niederreiter – éliminé la nuit dernière avec Minnesota – ne rejoindra pas la Nati à Minsk. C’est le défenseur Tim Ramholt qui est inséré dans l’effectif.

Le début de match n’est pas très convaincant pour la troupe de Sean Simpson. La pénalité de Reto Suri pour charge incorrecte, après seulement une minute de jeu, n’aide pas. L’Allemagne n’en profite pas. Les Suisses n’obtiennent leur premier tir qu’à la dixième minute de jeu tandis que l’Allemagne a déjà lancé quatre fois sur Reto Berra.

Lorsque Yannic Seidenberg se met à la faute, pour obstruction, la Nati tarde à en profiter. Ils multiplient les mauvais choix et les imprécisions dans la première minute du jeu de puissance. La solution vient sur un raid solitaire de Roman Josi. Il entre en zone sur l’aile gauche et se retrouve derrière la cage. Sa passe pour Damien Brunner au centre de la glace est parfaite, et ce dernier lance sur réception. Rob Zepp ne peut bloquer parfaitement la rondelle qui termine sa course dans le but, bien aidée par la crosse de Simon Moser (1-0, 12'17", photo de droite). Le but est néanmoins accordé à Brunner.

L’avantage est de courte durée. Un tir de la pointe de Kai Hospelt contraint Reto Berra à laisser un rebond. Thomas Oppenheimer gagne son duel avec Tim Ramholt et propulse la rondelle au fond du but (1-1, 13'57"). La Suisse a mené au score pendant cent secondes. C’est sur ce score que se quittent les deux équipes après vingt minutes.

Les hommes de Sean Simpson obtiennent une grosse chance de marquer après quelques secondes dans le tiers médian. Un palet anodin est mis à la cage depuis la zone neutre mais Zepp ne sait pas que la rondelle se trouve sous sa botte. Dans la confusion, Andres Ambühl et Reto Suri ne parviennent pas à redonner l’avantage à la Suisse.

L’Allemagne reprend des couleurs au fil des minutes, à l’image de cette solide mise en échec appliquée par Frank Hördler sur Luca Cunti, qui tentait d’entrer en zone. Sur un jeu de transition rapide, Félix Schütz met Berra à l’épreuve qui – pour une fois – ne donne pas de rebond. On le sent d’ailleurs gagner en sérénité au fil du match.

Les Suisses obtiennent un bon contre peu après la demi-heure de jeu. Ambühl et Hollenstein se présente à deux contre un mais Zepp frustre ce dernier du bouclier. L’action continue et Josi ramène la rondelle en zone offensive. Il trouve Hollenstein au centre et l’attaquant de Zurich ne laisse, cette fois, aucune chance au gardien allemand (2-1, 32'13"). La Nationalmannschaft tente de réagir immédiatement par l’intermédiaire d’Alexander Barta.

C’est bien la Suisse qui possède le momentum de la rencontre et c’est un véritable siège sur la cage de Rob Zepp. Et sur une entrée en zone offensive côté gauche, Damien Brunner temporise avant de trouver Kevin Romy dans l’enclave. Il envoie un missile que Zepp ne peut stopper (3-1, 36'27", photo de droite).

La Suisse respire, ce matelas de deux buts d’avance devrait leur permettre d’envisager plus sereinement la suite de la rencontre…

C’est sans compter sur une nouvelle erreur de concentration en fin de période. Sinan Akdag manque son tir sur l’aile gauche mais continue son action derrière la cage. Les défenseurs helvètes désertent l’enclave, où se trouve Oppenheimer pour réduire la marque (3-2, 38'52"). C’est son deuxième but de la soirée, qui a le don de rendre Sean Simpson furieux sur le banc. La Suisse a gâché une belle occasion de regagner les vestiaires avec deux buts d’avance.

Pénalisé à deux reprises en toute fin de tiers médian puis en début de troisième tiers, Frank Mauer offre quatre minutes d’avantage numérique à la Suisse. Rob Zepp a du travail mais l’orage passe sans encombre. Marcel Noebels profite du retour à forces égales pour faire un numéro dans la défense suisse, mais son tir passe à côté (44’).

L’Allemagne fait le jeu, la Suisse joue les contre-attaques. C’est ainsi qu’Andres Ambühl donne des chaleurs à Zepp, peu avant que Josi ne profite d’un changement de ligne hasardeux pour percer plein centre et trouver la jambière du gardien.

L’objectif de la fin de rencontre pour la Suisse est d’empêcher l’offensive allemande de tromper Berra. Le portier de la Nati a fort à faire alors que souffle un vent de panique dans sa défense. Il essuye cinq tirs en quelques secondes (55’).

Pat Cortina retire son gardien à une minute de la fin avant de prendre son temps-mort. Reto Suri a l’occasion de sceller la marque en cage vide mais il passe la patate chaude à Etienne Froidevaux… qui tire à côté ! Dans la continuité, énorme alerte sur la cage suisse. Reto Berra est sauvé par sa barre transversale sur un tir du revers de Barta. La sirène retentit et on peut deviner le « ouf » de soulagement de Sean Simpson.

L’Allemagne enchaîne un deuxième revers consécutif alors que la Suisse décroche sa première victoire, et donc ses premiers points du tournoi. Il était temps ! Cela permettra de préparer dans de meilleures conditions les matches face aux adversaires que sont la Lettonie et le Kazakhstan.

Désignés meilleurs joueurs : Roman Josi (SUI) et Thomas Oppenheimer (ALL).

Commentaires d’après-match

Kevin Romy (attaquant de la Suisse) : « Marquer ces deux buts dans le deuxième tiers-temps était important pour nous. Nous avons obtenu une avance que nous avons tenu jusqu’au bout. Lorsque l’on joue notre jeu et que l’on met l’Allemagne sous pression, on est plus rapide et plus talentueux qu’ils ne le sont. Nous avons fourni un meilleur match et sommes retournés à ce qui nous avait réussis par le passé. »

Roman Josi (défenseur de la Suisse) : « Nous avons eu une énorme occasion de marquer le quatrième but puis ils sont revenus et ont heurté la transversale. Tout est allé si vite ! J’ai vu Barta devant le but et j’ai pensé ‘pourvu qu’il ne marque pas’. Heureusement il a mis le palet sur la barre. »

Damien Brunner (attaquant de la Suisse) : « Nous avons trouvé le moyen de marquer des buts et remporter la rencontre. Bien sûr nous pouvons toujours aller en quarts de finale si nous gagnons nos trois prochains matches. Ce sera dur mais nous pouvons le faire. »

 

Suisse - Allemagne 3-2 (1-1, 2-1, 0-0)
Mercredi 13 mai 2014 à 16h45 à la Minsk Arena. 11 628 spectateurs.
Arbitrage de Steve Patafie (USA) et Aleksi Rantala (FIN) assistés de Jon Kilian (CAN) et Anton Semjonov (EST).
Pénalités : Suisse 6' (4', 0', 2'), Allemagne 6' (2', 2', 2').
Tirs : Suisse 25 (5, 10, 10), Allemagne 24 (9, 8, 7).

Évolution du score :
1-0 à 12'17" : Brunner assisté de Josi et Weber (sup. num.)
1-1 à 13'57" : Oppenheimer assisté de Hördler et Hospelt
2-1 à 32'13" : Hollenstein assisté de Josi et Cunti
3-1 à 36'27" : Romy assisté de Brunner et Moser
3-2 à 38'52" : Oppenheimer assisté de Akdag et Hospelt

Suisse

Attaquants :
Simon Moser (2') – Kevin Romy – Damien Brunner (+1)
Luca Cunti (2') – Reto Schäppi (-1) – Denis Hollenstein
Andres Ambühl (A) – Kevin Fiala – Reto Suri (2')
Thomas Rüfenacht – Victor Stancescu – Etienne Froidevaux

Défenseurs :   
Dominik Schlumpf – Roman Josi (A)
Dean Kukan – Eric Blum (-1)
Mathias Seger (C, +1) – Yannick Weber (+2)
Tim Ramholt (-1) – Robin Grossmann (-1)

Gardien :
Reto Berra

Remplaçant : Leonardo Genoni (G). Non alignés : Benjamin Plüss, Sven Bärtschi (côtes cassées).

Allemagne

Attaquants :
Frank Mauer (-1, 4') – Alexander Barta (A, -1) – Felix Schütz (-1)
Kai Hospelt (+2)  – Thomas Oppenheimer (+2) –  Marcel Noebels (+2)
Marcus Kink (A) – Yannic Seidenberg (2') – Daniel Pietta
Tobias Rieder (-1) – Matthias Plachta (-1) – Leon Draisaitl (-1)
Alexander Weiss

Défenseurs :
Torsten Ankert (-1) – Constantin Braun
Benedikt Kohl – Frank Hördler (C, -1)
Justin Krueger – Sinan Akdag (+1)
Denis Reul (+1)

Gardien :
Rob Zepp [sorti à 59'01"]

Remplaçants : Danny aus den Birken (G). Non alignés : Philipp Grubauer (G), Moritz Müller.