Le service minimum !

Avec seulement trois points en trois matchs, la République Tchèque se retrouve en difficulté dans la course aux quarts de finale. Si la victoire contre la Slovaquie en ouverture était un joli come-back, la prestation décevante face à la Suède et le réveil tardif face au Canada laissent planer des inquiétudes légitimes pour la presse tchèque.

Vladimir Růžička a dû procéder à quelques modification dans son alignement. La blessure de Roman Polák en défense avait poussé le staff à rappeler Michal Jordán. Intégré doucement dans les premiers matchs, il sera lancé dans la seconde paire défensive ce soir. En attaque, Vladimír Sobotka est grippé. Il laisse donc sa place en première ligne à Tomáš Rolinek. Le capitaine rejoint le leader naturel Jaromír Jágr et le prodige Tomáš Hertl.

Du côté italien, Nicola Fontanive, jusque là 13e attaquant, laisse sa place à Anton Bernard pour son premier match du tournoi. Le match a une saveur particulière pour le hockey français. L'arbitre Pierre Dehaen sera l'un des officiels pour cette rencontre.

Les Tchèques prennent rapidement le contrôle du match. Un bon jeu de passe libère Jiří Hudler. L'attaquant de Calgary peine à maîtriser le disque et donne à Roman Červenka, dont le tir en hauteur ne surprend pas Daniel Bellissimo. Un peu plus tard, Jan Kolář surgit au second poteau mais ne parvient pas à reprendre une passe transversale. Le danger se rapproche avec une nouvelle action de Červenka à bout portant, au rebond d'un lancer de la bleue. Après dix minutes, les Tchèques mènent onze tirs à deux...

L'Italie défend, encore et toujours. Ondřej Němec, bien servi à droite, rate le cadre, après s'être montré patient pour ajuster son tir. Bellissimo bloque dans la foulée un nouveau tir venu de sa droite. Et les actions s'accumulent. Hudler, puis Jakub Klepiš, échouent encore sur le portier de Luleå. Et les minutes défilent, en attaque-défense.

Les Tchèques dominent certes, mais leur jeu manque d'intensité, de rythme. Les tirs restent périphériques, sans grand trafic devant la cage. Dans la dernière minute, une rare incursion italienne en attaque expédie Diego Kostner sur le banc de la prison. Dès l'engagement, Jágr commet un cinglage et annule la pénalité. Pour l'instant, les Tchèques tombent dans la toile d'araignée italienne. Tom Pokel poursuit sa méthode en alignant ses quatre blocs de manière égale : entre cinq et sept présences chacun.

À la reprise. Puis, une série de contres favorables libère les Tchèques. Dans la neutre, Hudler récupère un palet et effectue une passe dans le dos vers Sekáč. Le tir en entrée de zone trouve son chemin sous la barre, au-dessus de l'épaule de Bellissimo (1-0, photo de droite). Diego Kostner, à l'origine de l'action avec un palet perdu en zone offensive, en frappe sa crosse sur la balustrade.

Borrelli concède un cinglage sur l'engagement. Bellissimo sauve de la mitaine un bon tir de la bleue pour la seule occasion tchèque. Il s'impose ensuite lors d'un 2-contre-1 conclu par Petružálek, maintenant encore son équipe dans la partie. Un peu avant la mi-match, Němec est sonné derrière son but et met quelques instants avant de rentrer sur le banc.

L'attaque-défense continue encore et toujours. Trevor Johnson est pris pour faire trébucher. L'Italie cantonne le jeu sur les extérieurs et n'est pas mise en danger. Les Tchèques contrôlent toujours la partie mais les Italiens tentent – très timidement – de sortir de leur boîte. Malheureusement, dans ce genre de cas, ils s'exposent. Zaťovic initie un 2-contre-1 et Bellissimo doit sauver les meubles. Nathan DiCasmirro concède une pénalité sur l'action que les Tchèques n'exploitent toujours pas. Un but d'avance à la pause, c'est un peu le service minimum pour les hommes de Vladimir Růžička...

Les Tchèques poursuivent sur leur lancée et obtiennent une très bonne chance après quatre minutes. Rolinek déborde à droite et trouve Jágr dans l’intervalle. Le vétéran déniche un trou de souris pour une passe en pleine course vers Hertl, qui feinte et échoue sur Bellissimo. L'Italie s'enhardit et Salák doit s'allonger sur le palet après une situation confuse devant sa cage. La Squadra azzurra insiste et le gardien tchèque se couche encore sur un centre de derrière la cage détourné par un de ses défenseurs. Tom Pokel réduit son banc et Alex Trivellato et Armin Hofer en font les frais : ils ne toucheront pas la glace dans ce troisième tiers.

Le match s'anime enfin. Bellissimo sort la mitaine face au lancer de la bleue de Petružálek, qui sert peu après Novotný au cercle pour un nouveau lancer. La pression tchèque est excessive. Hudler se retourne et touche un défenseur au visage. Le jeu de puissance italien a une chance d'égaliser à huit minutes de la fin. Les arrières tchèques coupent les lignes de tirs et contrent la plupart des tentatives italiennes.

Les espoirs d'arracher un point s'envolent à moins de cinq minutes de la fin. Une première action de Červenka près du but porte déjà le danger, et le vétéran récupère le palet. Du fond, il sert Jágr qui arrive du cercle et trouve le fond des filets (2-0). L'Italie n'a plus guère d'espoirs lorsque Thomas Larkin accroche Zaťovic. Bellissimo sauve une déviation de Červenka sur un tir de Němec. Le portier italien s'impose sur un ultime tir avant de laisser sa place à un attaquant. Cela ne suffit pas.

La République Tchèque s'impose donc 2-0. Une victoire logique tant le compteur de tirs est déséquilibré. Cela dit, l'attaque tchèque n'a pas vraiment brillé. L'essentiel est acquis avec ces trois points. L'Italie, accrocheuse et tenace, a probablement manqué sa chance en gaspillant une supériorité numérique en fin de troisième tiers.

Désignés joueurs du match : Jiří Sekáč (République Tchèque) et Alexander Egger (Italie).

Commentaires d'après-match :

Tom Pokel (entraîneur de l'Italie) : « Nous avons perdu, mais je suis fier de notre équipe. Étape par étape, match après match, nous progressions. Nous avons contenu une attaque très habile, avec un bon travail défensif, un bon travail en infériorité et un bon gardien, ce qui est essentiel pour nous. Nous avons tenu un score serré et nous avons poussé en fin de match. C'est alors que nous avons eu une chance en supériorité, que nous n'avons pas concrétisé. Nous avons aussi manqué quelques situations de surnombre en contre, qui étaient de bonnes chances. La trappe a bien fonctionné en zone neutre. Nous n'avons pas les mêmes ambitions que d'autres équipes ici, mais nous pouvons être fiers de ce que nous avons fait. Il y a eu une erreur cruciale avec le palet sur le deuxième but. Dommage, nous espérions au moins un point. »

Vladimir Růžička (entraîneur de la République Tchèque) : « Nous nous attendions à un match défensif de l'Italie, avec des contres dangereux. Malgré cette préparation, ils ont eu de bonnes chances. Nous avons vu que, si on ne marque pas vite contre eux, la partie devient compliquée. Il n'y avait que 1-0 en troisième, avec le palet qui bondissait devant notre but. Heureusement, un but gagnant en fin de match nous donne la victoire. »

Ondřej Němec (défenseur de la République Tchèque) : « Nous ne sommes pas surpris par ce match, car dans ce Mondial, toutes les équipes sont bonnes. L’entraîneur nous avait prévenu que ce serait un match difficile. L'Italie a démontré aujourd'hui qu'ils étaient très bons. C'était difficile, nous voulions marquer un deuxième but, et nous avons eu quelques moments chanceux devant notre cage. La chose la plus importante, ce sont les trois points. Ce sera difficile aussi contre le Danemark, car toutes les équipes veulent montrer leur valeur dans ce tournoi. »

République Tchèque - Italie 2-0 (0-0, 1-0, 1-0)
Mercredi 14 mai 2014 à 16h45 à la Chizhovka Arena de Minsk. 4160 spectateurs.
Arbitrage de Maxim Sidorenko (BLR) et Marcus Vinnerborg (SUE) assistés de Ivan Dedioulia (BLR) et Pierre Dehaen (FRA).
Pénalités : République Tchèque 4' (2', 0', 2') , Italie 10' (2', 6', 2').
Tirs : République Tchèque 37 (15, 11, 11) , Italie (2, 5, 4)

Récapitulatif du score
1-0 à 22'53" : Sekáč assisté de Hudler et Němec
2-0 à 55'34" : Jágr assisté de Červenka

République Tchèque

Attaquants :
Tomáš Rolinek (C) – Tomáš Hertl – Jaromír Jágr (A)
Jakub Klepiš – Roman Červenka – Jiří Hudler
Jiří Sekáč – Jiří Novotný – Jakub Petružálek
Jan Kovář – Martin Zaťovic.

Défenseurs :
Ondřej Němec (A) – Jakub Kindl
Michal Jordán – Martin Ševc
Petr Zámorský – Jan Kolář

Gardien :
Alexander Salák.

Remplaçants : Jakub Kovář (G), Ondřej Vitásek.
Absents : Roman Polák (D, blessé à l'épaule), Vladimír Sobotka (A, grippé).

Italie

Attaquants :
Brian Ihnačák – Vincent Rocco – David Borrelli
Giulio Scandella – Nathan DiCasmirro (A) – Diego Kostner
Markus Gander – Daniel Tudin – Luca Felicetti
Marco Insam – Anton Bernard – Joachim Ramoser.

Défenseurs :
Alexander Egger (C) – Davide Nicoletti
Trevor Johnson – Alex Trivellato
Armin Hofer – Christian Borgatello (A)
Daniel Sullivan – Thomas Larkin.

Gardien :
Daniel Bellissimo

Remplaçant : Andreas Bernard (G)
En tribunes : Nicola Fontanive