Canada - Italie (Mondiaux 2014, groupe A)

L'Italie a-t-elle encore une chance de rester dans l'élite ? Sa défaite de peu contre les Tchèques (0-2) lui a donné espoir, mais se contenter de défaites honorables, si cela constitue un progrès par rapport à sa dernière apparition en 2012, ne suffit pas à se maintenir.
 
Qui peut-elle battre ? La Slovaquie, adversaire direct, est théorique l'adversaire le plus prenable, mais les Italiens ont toujours perdu contre elle. Contre les cousins canadiens, l'Italie a réalisé 2 matches nuls dans l'histoire, dont celui tonitruant de 1982 pour son entrée dans l'élite.
 
Le Canada semble atteindre son rythme de croisière après son faux-pas initial contre la France. Dave Tippett semble avoir trouvé son équipe, en tout cas ses lignes ne bougent plus. Si Jason Garrison ne joue pas ce soir, c'est parce qu'il est malade. Une aubaine pour Morgan Rielly, l'arrière de 20 ans des Toronto Maple Leafs, qui n'avait le droit à jouer qu'en supériorité numérique. Il peut enfin bénéficier du temps de jeu à 5 contre 5 jusqu'ici réservé aux autres défenseurs plus âgés et établis.
 
Pendant une grosse dizaine de minutes, l'exploit paraît presque crédible. Quasi-inexistante offensivement dans ce championnat du monde, l'Italie parvient pourtant à s'installer en zone et à se créer quelques occasions par Brian Ihnacak, qui frôle le poteau, et Marco Insam, que James Reimer doit sauver à bout portant. Sur la première infériorité, Ihnacak et Rocco ont même des contre-attaques.
 
Il suffit d'une erreur pour gâcher cette belle entame. Une perte de palet en zone neutre du jeune Alex Trivellato permet au Canada de partir à 2 contre 1. Joel Ward regarde son collègue Scheifele pour faire croire à la passe, et décoche en fait un tir du poignet qui s'insère entre les jambières de Bellissimo (1-0).
 
Après quatre rencontres pour chaque équipe, l'Italie est une des équipes les plus disciplinées et a les meilleures statistiques en infériorité numérique, ce qui est remarquable pour un promu. Cette solidité qui fait la fierté du coach Tom Pokel explique sans doute que la Squadra Azzurra n'ait encaissé aucun carton.
 
Cette première place en infériorité est hypothéquée par une faute grave de Joachim Ramoser, l'attaquant de 19 ans qui manque de l'épaule Alexandre Burrows mais le heurte avec le genou au passage de la ligne bleue. Terrible image que celle de l'attaquant de Vancouver qui connaît sa troisième blessure de la saison et doit être porté hors de la glace par ses compagnons de ligne, ne pouvant plus peser sur sa jambe droite. Même si le geste de Ramoser n'était sans doute pas intentionnel, il vaut évidemment une expulsion. L'Italie arrive bien à gérer les deux premières minutes d'infériorité numérique, entrecoupées par la pause, mais pas plus loin. Le Canada pousse plus fort, et Cody Hodgson inscrit le 2-0 sur un rebond.
 
Le match est dès lors fini. Sur un nouveau 2 contre 1, Mark Scheifele délivre une belle passe à Jason Chimera qui marque le 3-0 dans un angle fermé. L'Italie bénéfice ensuite de trois avantages numériques presque à la file, mais elle confirme son incapacité à construire le jeu dans cet exercice. Elle se procure plus de tirs, ce que demandait Pokel, mais elle reste inefficace. Pire, elle encaisse encore un but, toujours à 2 contre 1, avec Matt Read en passeur et Kyle Turris en buteur.
 
L'Italie commence à souffrir dans sa zone sous la pression canadienne. Cody Hodgson, l'homme en forme du moment, inscrit son cinquième but en deux jours, d'un revers en lucarne (5-0).
 
Cet écart décide Pokel à faire sortir le gardien vétéran italo-canadien Daniel Bellissimo pour le dernier tiers-temps et à aligner le jeune Andreas Bernard à sa place pour la première fois de la compétition. Cette période commence idéalement pour l'Italie, quand David Borrelli dévie un lancer de Trevor Johnson, le premier but transalpin depuis 149 minutes !
 
Et puis, plus rien. Le Canada contrôle le jeu. L'Italie subit plusieurs pénalités, et Andreas Bernard est mis à contribution. Il finira par s'incliner sur un tir de Brayden Schenn, servi par Nathan MacKinnon.
 
 
 
Canada - Italie 6-1 (1-0, 4-0, 1-1)
Vendredi 16 mai 2014 à 16h45 à la Chizhovka Arena de Minsk. 5772 spectateurs.
Arbitrage de Roman Gofman (RUS) et Daniel Piechaczek (ALL) assistés de Pierre Dehaen (FRA) et Stanislav Raming (RUS).
Pénalités : Canada 14' (2', 8', 4'), Italie 33' (2'+5'+20', 0', 6').
Tirs : Canada 34 (13, 9, 12), Italie 22 (8, 11, 3).
 
Évolution du score
1-0 à 13'07" : Ward
2-0 à 21'39" : Hogdson (sup. num.)
3-0 à 26'02" : Chimera assisté de Scheifele et Ward
4-0 à 29'19" : Turris assisté de Read (inf. num.)
5-0 à 36'15" : Hogdson assisté de B. Schenn et MacKinnon
5-1 à 41'12" : Borrelli assisté de Scandella et Johnson
6-1 à 56'30" : B. Schenn assisté de Huberdeau et MacKinnon
 
 
Canada
 
Attaquants :
Alex Burrows - Brayden Schenn (+2) - Nathan MacKinnon (+2, 2')
Jason Chimera (A) - Kyle Turris (A) - Matt Read (2')
Cody Hogdson (+1) - Nazem Kadri - Troy Brouwer
Jonathan Huberdeau (+2) - Mark Scheifele (+2) - Joel Ward (+2, 2')
Sean Monahan
 
Défenseurs :
Braydon Coburn (+1, 6') - Tyler Myers (+2)
Ryan Ellis (+1) - Kevin Bieksa (C)
Morgan Rielly (+2) - Erik Gudbranson (+2, 2')
 
Gardien :
James Reimer
 
Remplaçant : Justin Peters (G).
En réserve : Ben Scrivens (G), Jason Garrison (malade).
 
Italie
 
Attaquants :
David Borrelli (-1) - Vincent Rocco (-2) - Brian Ihnačák (-2)
Giulio Scandella - Nathan DiCasmirro (A, -1) - Diego Kostner (2')
Luca Felicetti (-1) - Daniel Tudin (-2) - Markus Gander (-1)
Joachim Ramoser (5'+20') - Anton Bernard (-1) - Marco Insam (-1)
 
Défenseurs :
Alexander Egger (C, -2) - Davide Nicoletti (-1)
Alex Trivellato (-1) - Trevor Johnson (-2, 2')
Christian Borgatello (A, -1) - Armin Hofer (2')
Daniel Sullivan (-1, 2') - Thomas Larkin
 
Gardien :
Daniel Bellissimo puis Andreas Bernard à 40'
 
En tribunes : Alex Caffi (G), Patrick Bona, Nicola Fontanive.