Un virus perturbe les adversaires de la France

Un virus traîne dans le camp tchèque depuis mercredi. La moitié de l'équipe a eu la diarrhée. Le premier malade fut Sevc, puis Sobotka, qui a passé trois jours alité. Les Tchèques partagent leur hôtel avec tous leurs adversaires de poule (sauf la France et l'Italie), et le virus s'est ensuite répandu dans l'équipe de Slovaquie. Ils prennent des mesures prophylactiques, comme de manger séparément, mais n'ont pas pu empêcher Tomáš Hertl d'être atteint à son tour : en plus des problèmes intestinaux, il a aussi de la fièvre et un mal de gorge. Il est donc resté à l'hôtel.
 
Le Danemark compte aussi un malade depuis quelques jours, Julian Jakobsen, mais il est apparemment seul dans ce cas. L'alternance entre les gardiens continue avec la titularisation de Simon Nielsen.
 
Vladimir Růžička avait misé sur l'élimination de Montréal et l'arrivée de Tomáš Plekanec, qui était déjà convenue. Or, les Canadiens se sont qualifiés aux dépens de Boston, et Krejci, avec qui il n'y a pas eu de contacts préalables, s'est désisté en se disant fatigué. Vu que l'équipe tchèque est diminuée par ce virus, elle utilise enfin un de ses deux jokers pour intégrer Michal Vondrka. Rappelons que l'équipe tchèque est la seule à venir très "surdimensionnée", et qu'ils étaient cinq réservistes à attendre leur tour... Deux d'entre eux (Kašpar et Gulaš) ont appris qu'ils pouvaient rentrer chez eux, les deux autres (L. Kovář et M. Růžička) doivent toujours prendre leur mal en patience.
 
Les Tchèques ne sont pas encore qualifiés pour les quarts de finale. Ils sont provisoirement cinquièmes de poule, un point derrière leurs deux derniers adversaires (Norvège et France), mais avec un match en moins, face au Danemark, pour se rétablir à une position plus conforme à leurs attentes. Les Danois n'ont pas abandonné l'idée des quarts, puisqu'ils affronteront dans des confrontations directes deux autres prétendants (France et Slovaquie), mais leur maintien ne tient également qu'à un fil si jamais l'Italie prenait un point.
 
Le début de match est d'une simplicité enfantine. Deux pénalités idiotes sont sifflées contre Nicklas Jensen, qui fait trébucher Rolinek, et Stefan Lassen : cela fait deux buts tchèques. D'abord un tir de la ligne bleue de Jakub Klepis, ensuite une passe de Vladimir Sobotka pour Jaromir Jágr qui s'est fait oublier dans le cercle opposé pour venir face à la cage dévier la passe sans que les frères Lauridsen ne se rendent comptent de rien. On a déjà vu cette action quelque part : c'est exactement la même que le but égalisateur de Jágr contre la Slovaquie. Le staff danois n'a pas si bien travaillé la vidéo...
 
À 0-2, on peut croire le match déjà plié, les les attaquants danois gagnent le palet au rebond puis dans les coins, et le ressortent pour le défenseur Stefan Lassen, dont le tir croisé passe sous le bras de Salak (1-2).
 
En fait, on se rend compte qu'aucune équipe n'est sécurisante derrière, et que les attaques prennent le pas sur les défenses. Aussi bien le pressing de Jan Kovář en fond de zone que l'accélération et la passe de derrière la cage de Mikkel Bødker mettent le feu devant les cages.
 
Le doyen de la compétition Jaromír Jágr prend une pénalité bête en accrochant Jannik Hansen en zone neutre. En infériorité, les quatre joueurs tchèques (dont l'arrière gauche Jan Kolář) se retrouvent du côté droit, comme s'ils étaient hypnotisés par la vue du palet dans les crosses danoises. Ils laissent ainsi Mikkel Bødker recevoir une passe évidente, absolument seul à l'opposé. L'attaquant de Phoenix dribble le gardien... mais n'arrive pas à rabattre le palet dans la cage vide, contré in extremis par la crosse de Kolář ! C'est ce qu'on appelle se rattraper. À sa sortie de prison, Jágr provoque quelques clameurs en mettant dans le vent Philip Larsen en un contre un.
 
Les Danois dominent la deuxième période, mais en ne tirant quasiment pas au but. Ils se montrent particulièrement patients en supériorité numérique, où ils paraissent surtout chercher la passe transversale pour le tir du droitier Philip Larsen - en photo ci-dessous - qui attend dans le cercle gauche. Mais le gardien Salak et ses arrières se déplacent bien. Les défenses ont sûrement été sermonnées à la pause car elles se montrent plus sérieuses qu'au premier tiers. Le jeu est bien moins ouvert, et les occasions rares.
 
Les Tchèques commencent le troisième tiers-temps en avantage numérique car Morten Green a pris le palet dans sa main en l'écartant dans les derniers instants avant la sirène. Un tir de Vladimir Sobotka dans le masque de Simon Nielsen fait sauter le protège-cou du gardien danois. Il se rend au banc pour faire remettre toutes les attaches. L'élan tchèque, si tant est qu'il y en ait eu un, est un peu interrompu par cette longue pause.
 
Même à cinq contre cinq, la République Tchèque a cependant mis la main sur le match. Simon Nielsen a reçu un premier avertissement en relâchant un tir de Jakub Petruzalek, mais sa défense écarte le palet qui traîne. Il commet ensuite une seconde erreur, fatale celle-là, en n'attrapant pas de la mitaine un lancer lointain de Jakub Kindl (1-3).
 
Le Danemark a immédiatement de quoi répliquer car Ševc fait obstruction sur l'attaquant Jesper Jensen, mais il ne perturbe plus une boîte canadienne mieux en place. Un cinglage de Sobotka sur le poignet de Green, qui sort se faire soigner, n'est pas sanctionné. Les minutes défilent et Patrick Bjorkstrand gâche la seule situation favorable en contre-attaque à trois : le jeune attaquant passe dans le vide là où il n'a aucun coéquipier.
 
Il reste six minutes à jouer quand les Danois accélèrent en zone neutre pendant un changement : Martin Ševc accroche et retourne en prison. Un tir de Bjorkstrand frappe le masque de Salak, énervé du temps que mettent les arbitres à arrêter l'action, mais les Tchèques semblent ensuite tranquilles. Klepis vole même le palet à Nicklas Jensen dans sa zone. Pourtant, le Danemark place une dernière offensive à 5 contre 4. Jannik Hansen perd le palet et est contré, mais dans son dos, Kim Staal décale Jesper Jensen qui reprend dans le haut du filet (2-3). L'entraîneur-adjoint tchèque Jaroslav Špaček est en colère car Salak a peut-être été gêné par Hansen arrivé jusque dans son demi-cercle et qui a touché sa jambe, même s'il a semblé se déplacer normalement après ce contact.
 
La fin de match gagne de ce fait en suspense. Le Danemark se découvre un peu, et Hudler en contre-attaque signe une passe levée pour Cervenka, absolument seul dans l'axe, qui tire dans le gardien. Une occasion d'autant plus regrettable que les Danois sortent leur gardien pour l'offensive de l'ultime chance. Morten Madsen sort le palet du coin malgré Nemec et passe du revers dans le slot où Sobotka ne peut empêcher Jannik Hansen d'offrir une cage ouverte à Patrick Bjorkstrand (3-3). Incroyable retournement dans un match paraissant sans histoires !
 
La prolongation à 4 contre 4 est animée. Simon Nielsen accumule les arrêts face à Nemec, décalé par Jagr, à Kolar, sur un palet sorti de la bande par Cervenka, et de la bande sur un revers du défenseur Ondrej Vitasek. Entre-temps, Nicklas Jensen, du cercle gauche, a obligé Salak à une parade difficile entre gant et jambière. Tirs au but, pour la seconde fois de la journée après France-Norvège.
 
Jakub Klepiš s'élance le premier et son revers échoue dans la botte de Nielsen.
Mikkel Bødker, avec sa vitesse, fait reculer Salak et le bat du revers.
Le revers de Jiri Hudler est bien paré par Simon Nielsen.
Salak détourne d'un poke-check l'approche de Nicklas Jensen.
Une clameur s'élève quand Jágr s'élance en dernier... et retombe quand il rate.
 
Le Danemark signe sa plus grande victoire depuis quatre ans - son premier succès de l'histoire contre les Tchèques - et se relance totalement dans la course aux quarts de finale. Il a cependant joué ce match à 3 lignes et devra donc récupérer avant un duel absolument décisif contre la France lundi après-midi.
 
Les Tchèques étaient-ils malades, affaiblis, endormis, ou plus simplement victimes de leur attentisme coutumier quand ils mènent au score ? En tout cas, ils ont pris une bonne leçon, et vont devoir vite retrouver la forme pour accéder aux quarts de finale. Et plus encore s'ils veulent terminer troisièmes et non quatrièmes, une place qui mène droit à un match contre la terrible Russie.
 
Désignés joueurs du match : Jannik Hansen pour le Danemark et Jakub Klepiš pour la République Tchèque.
 
Commentaires d'après-match
 
Jakub Kindl (défenseur de la République Tchèque) : "Nous avions le match sous contrôle. Quand on mène 3-1 à dix minutes de la fin, cela ne doit pas arriver ! Je n'ai pas d'autres mots, c'est une honte. Il faut l'analyser et voir ce qui n'a pas fonctionné. Déjà, nous avions mené 3-1 contre les Suédois et nous avions perdu aux tirs au but. Pendant cinquante minutes contre le Danemark, nous jouions un super hockey, mais il faut jouer soixante minutes ! Ils ont joué tout le match avec constance, ils nous ont pressés, il faut aussi leur donner du crédit."
 
 
 
Danemark - République Tchèque 4-3 t.a.b. (1-2, 0-0, 2-1, 0-0)
Samedi 17 mai 2014 à 16h45 à la Chizhovka arena de Minsk. 6892 spectateurs.
Arbitrage de Keith Kaval et Steve Patafie (USA) assistés de Chris Carlson (CAN) et Anton Semjonov (EST).
Pénalités : Danemark 10' (4', 6', 0', 0'), République Tchèque 10' (2', 4', 4', 0').
Tirs : Danemark 26 (12, 3, 8, 3), République Tchèque 32 (11, 7, 10, 4).
 
Évolution du score
0-1 à 04'26" : Klepis assisté de Jagr et Nemec (sup. num.)
0-2 à 06'55" : Jagr assisté de Sobotka (sup. num.)
1-2 à 09'56" : Lassen assisté de Christensen
1-3 à 45'04" : Kindl assisté de Klepis et Červenka
2-3 à 55'31" : J. Jensen assisté de Staal et Hansen (sup. num.)
3-3 à 59'07" : Bjorkstrand assisté de Hansen et Madsen
 
Tirs au but :
République Tchèque : Klepiš (arrêté), Hudler (arrêté), Jágr (arrêté).
Danemark : Bødker (réussi), N. Jensen (poke-check).
 
 
Danemark
 
Attaquants :
Mikkel Bødker (+2, 2') - Morten Green (C, +1, 2') - Mads Christensen (+1)
Nicklas Jensen (-1, 2') - Morten Madsen (A) - Jannik Hansen (2')
Patrick Bjorkstrand (+1) - Jesper Jensen - Kim Staal
Frederik Storm
Morten Poulsen [une présence]
 
Défenseurs :
Stefan Lassen (2') - Philip Larsen (+1)
Oliver Lauridsen - Markus Lauridsen
Jesper B. Jensen (A, +1) - Emil L. Kristensen
Phillip Bruggisser
 
Gardien :
Simon Nielsen
 
Remplaçants : Patrick Galbraith (G), Anders H. Poulsen, Thomas Spelling.
En tribunes : Julian Jakobsen (malade).
 
République Tchèque
 
Attaquants :
Tomáš Rolinek (C, -2) - Vladimír Sobotka (-2, 2') - Jaromír Jágr (A, -2, 2')
Jiří Hudler (+1) - Roman Červenka (+1) - Jakub Klepiš (+1)
Jiří Sekáč (2') - Jiří Novotný - Michal Vondrka
Martin Zaťovič - Jan Kovář - Jakub Petružálek
 
Défenseurs :
Jakub Kindl - Ondřej Němec (A, -1)
Martin Ševc (4') - Ondřej Vitásek
Jan Kolář (-1) - Petr Zámorský
Michal Jordán
 
Gardien :
Alexander Salák
 
Remplaçant : Jakub Kovář (G).
En tribunes : Roman Polák (épaule), Tomáš Hertl (malade).