Suisse - Kazakhstan (Mondiaux 2014, groupe B)

Le maintien se joue probablement ce soir dans le groupe B. La Suisse, aux résultats poussifs depuis le début du tournoi, se trouve en danger et affronte un promu kazakh sans doute plus en confiance.
 
Les deux équipes ont joué la veille. Il ne devrait pas y avoir d'excuses "fatigue" ce soir... Le Kazakhstan est tout de même privé de son ailier rapide Konstantin Pushkaryev, blessé hier lors d'un contact avec Justin Abdelkader. Cette charge au genou a valu au capitaine américain une suspension d'un match.
 
Parmi les arbitres du jour, le Français Pierre Dehaen (photo de droite).
 
Le début de partie est assez fermé. Les deux équipes sont sans doute un peu nerveuses à cause de l'enjeu. Porté par le public, le Kazakhstan obtient une pénalité après huit minutes, lorsque Schlumpf accroche un attaquant parti en slalom vers la cage. Le jeu de puissance tourne plutôt bien. Savchenko décoche même un gros tir dans l'axe, repoussé par le gardien. La Suisse récupère le disque et démarre en contre. Une passe en profondeur de Suri trouve le patin de Savchenko et le palet tombe dans la crosse de Kukan. Celui-ci prend appui sur Savchenko pour repiquer vers la cage et, à une main, parvient à glisser la rondelle entre les jambières (1-0). Le Kazakhstan a encaissé beaucoup de buts en supériorité, mais pour le coup, c'est le box play suisse qui trouve la faille...
 
De retour au complet, la Suisse insiste. Brunner efface un défenseur et délivre une petite passe vers Hollenstein, au duel dans l'enclave. Le portier kazakh s'en sort dans la confusion.
 
La Suisse paraît avoir pris la mesure de son adversaire et obtient une supériorité pour un accrocher de Blokhin. Weber frôle le deuxième but lorsque son tir croisé du cercle frappe le poteau. Moser, ligne de fond, n'a pas de réussite non plus. Les lignes changent et Hollenstein remonte le palet côté gauche. Il n'est pas attaqué et repique vers le but. Son tir passe entre les jambières d'un Yeremeyev bien faible pour le coup (2-0).
 
Le coach l'a bien vu aussi. Deux buts identiques, debout, entre les jambières, c'est assez pour qu'Ivanov fasse son entrée dans les cages. Le Kazakhstan tente de revenir et prend possession de l'enclave. Aucun tir ne débouche de cette bataille et le palet est dégagé.
 
Vasilchenko accroche et la Suisse profite d'une pénalité différée pour mettre le feu, via Rüfenacht. Panique à bord et un défenseur finit par toucher le palet en coupant une passe vers un joueur tout seul devant une cage ouverte. Le jeu de puissance s'installe. Moser, planté devant le gardien, dévie un tir et Ivanov se couche sur le palet. À quatre secondes de la fin de la prison, Ambuhl gêne Gavrilin qui avait intercepté dans la neutre. Les officiels signalent la faute et le jeu de puissance se met en place, mené par Dallman. Attentif, Berra conserve une mitaine ferme et bien placée à deux reprises. En contre, Brunner profite d'une erreur d'Ivanov derrière son but pour servir Rüfenacht, qui reprend au-dessus, le gardien s'étant vite replacé. C'est la dernière action du tiers, la Suisse gérant son avance jusqu'à la sirène.
 
Le Kazakhstan cherche à contrôler le palet en ce début de deuxième tiers et passe plus de temps en zone offensive. Pas très longtemps, ceci dit... La Suisse reste plus dangereuse grâce au travail de Brunner et Romy, ou encore aux montées de Schlumpf.
 
Sur l'une de ces actions, Romy prend une méchante charge de Nikolaï Antropov, coude en avant. L'attaquant helvète doit se faire aider pour rentrer au banc, puis au vestiaire. Le capitaine kazakh prend une méconduite pour le match pour cette charge à la tête.
 
L'occasion de creuser l'écart se présente donc et l'équipe spéciale, privée de Romy, tourne le palet. Après quelques tirs sur Ivanov, face à une défense solidaire, Josi échange sa place avec Weber, qui slalome, s'avance et envoie un joli tir du poignet depuis le cercle (3-0).
 
Il y a de la décontraction et de la maladresse côté suisse après ce but, et Starchenko notamment manque d'en profiter en infériorité. Puis, les Helvètes se réinstallent. Tir de Josi, Moser cherche le rebond. Ivanov réalise ici un double arrêt de qualité. Les joueurs de Sean Simpson poursuivent après la fin de la pénalité. Le junior Fiala signe un tir intéressant repoussé de la plaque par Ivanov, peu après une belle défense de Seger sur Starchenko qui filait au but.
 
Les occasions pleuvent sur Ivanov, bombardé dans ce tiers. Une nouvelle erreur de relance profite à Ambühl, avec Schäppi dans le coup. Le tir du premier est à bout portant, mais Ivanov est bien placé. Le jeu suisse combine, cherche des déviations et étouffe la défense adverse. Romanov, dépassé, finit par dégager le palet au-dessus et sort deux minutes. Le powerplay se promène comme chez lui et finit par faire mouche à trente secondes de la fin. Ambühl et Blum sont dans l'enclave pour recevoir une passe ligne de fond de Hollenstein. Ambühl ne rate pas l'aubaine (4-0).
 
Les efforts brouillons du Kazakhstan ne suffisent pas et la Suisse peut aborder sereinement le dernier tiers, avec un avantage de 30-18 en tirs, et surtout un 4-0 confortable.
 
L’indiscipline a coûté très cher au Kazakhstan tout au long du tournoi. Équipe la plus pénalisée, la formation d'Asie centrale est à nouveau dépassée dès les premières minutes et Kazantsev prend deux minutes. La Suisse marque pour la quatrième fois en avantage numérique lorsque Josi envoie le palet vers la cage. Ivanov laisse un rebond, Moser et Cunti bataillent dans l'enclave et le second concrétise la chance (5-0).
 
Une pénalité de Kukan offre une chance de sauver l'honneur. Savchenko se fait artilleur en chef sans réussir à cadrer. La pénalité est tuée et les Helvètes remontent tranquillement le palet. Brunner, le long de la bande, remise sur Eric Blum entre les cercles pour une volée surpuissante dans la lucarne (6-0).
 
Le Kazakhstan fait n'importe quoi et Spiridonov vient donner un coup à la tête d'un adversaire. Dix minutes de méconduite et deux minutes de supériorité, comme si les joueurs d'Ari-Pekka Selin n'avaient pas pris assez de buts dans cet exercice... Ce coup-ci, cela ne donne rien.
 
Il n'y a plus guère de motivation des deux côtés et, à l'exception de Starchenko, pas grand chose d'offensif au Kazakhstan. Josi retient toutefois une crosse et c'est un avantage numérique. Le tir dans l'axe de Blokhin profite de la déviation de Krasnoslobodtsev, planté dans l'enclave, pour tromper Berra entre les jambes (6-1). L'attaquant kazakh se met encore en valeur dans la même position en cherchant un rebond ; Grossmann l'accroche et c'est une nouvelle situation de supériorité, gaspillée.
 
La fin de match n'est pas terrible, avec des pertes de palet des deux côtés, de la maladresse ; c'est un peu le "garbage time" d'un match de basket au score déjà réglé. À la dernière minute, Schlumpf prend deux minutes et le Kazakhstan marque encore une fois. Le slap de la bleue de Krasnoslobodtsev est repoussé, directement sur Rymarev qui pousse le palet juste derrière la ligne. La vidéo confirme le but (6-2).
 
La Suisse s'impose donc nettement dans ce match, exploitant la traditionnelle indiscipline d'une équipe plutôt dépassée dans ce tournoi. Le Kazakhstan est officiellement relégué, alors que la Nati peut encore rêver des quarts, sans avoir son destin en mains.
 
Désignés joueurs du match : Andres Ambühl (Suisse) et Vadim Krasnoslobodtsev (Kazakhstan).
 
Commentaires d'après-match
 
Benjamin Plüss (attaquant de la Suisse) : "Il fallait absolument gagner et nous avons bien joué quarante minutes. Le risque de relégation était là, maintenant nous avons encore une chance en quarts même si nous n'avons pas notre destin en mains. Nous n'avons pas pu faire grand chose face aux Russes, il y a eu l'arbitrage face aux États-Unis, puis une courte victoire face aux Allemands. Contre la Finlande, nous avons joué avec le cœur, nous sommes restés ensemble. Il faudra faire du mieux possible contre la Lettonie lundi."
 
Sean Simpson (entraîneur de la Suisse) : "Notre équipe a fait 60 minutes solides. Elle a bien géré la situation, s'est bien préparée pour ce match. Je suis content du succès, cela permet d'aller de l'avant. La Lettonie a connu une superbe saison, avec le quart olympique. C'est une équipe costaud et il faudra bien préparer ce match."
 
Ari-Pekka Selin (entraîneur du Kazakhstan) : "Nous n'avons pas opposé une grande résistance à la Suisse. La responsabilité m'en incombe."
 
 
 
Suisse - Kazakhstan 6-2 (2-0, 2-0, 2-2)
Samedi 17 mai 2014 à 20h45 à la Minsk Arena. 11739 spectateurs.
Arbitrage de Igor Dremelj (SLO) et Martin Frano (TCH) assistés de Pierre Dehaen (FRA) et Sakari Suominen (FIN).
Pénalités : Suisse 12' (4', 0', 8'), Kazakhstan 45' (4', 2'+5'+20', 4'+10').
Tirs : Suisse 40 (8+3, 19, 10), Kazakhstan 25 (9, 9, 7).
 
Évolution du score
1-0 à 09'44" : Kukan (inf. num.)
2-0 à 14'06" : Hollenstein assisté de Seger et Ambühl (sup. num.)
3-0 à 27'22" : Weber assisté de Josi (sup. num.)
4-0 à 37'33" : Ambühl assisté de Hollenstein (sup. num.)
5-0 à 43'16" : Cunti assisté de Josi et Moser (sup. num.)
6-0 à 46'05" : Blum assisté de Cunti et Brunner
6-1 à 50'22" : Krasnoslobodtsev assisté de Dallman et Blokhin (sup. num.) 
6-2 à 59'32" : Rymarev assisté de Krasnoslobodtsev et Blokhin (sup. num.)  
 
 
Suisse
 
Attaquants :
Denis Hollenstein (+1) - Kevin Romy - Damien Brunner (+1)
Simon Moser - Reto Schäppi - Andres Ambühl (2')
Reto Suri (+1) - Etienne Froidevaux (+1) - Kevin Fiala
Thomas Rüfenacht - Luca Cunti (+1) - Victor Stancescu
Benjamin Plüss
 
Défenseurs :
Roman Josi (A, 2') - Dominik Schlumpf (+1, 4')
Mathias Seger (C) - Yannick Weber
Eric Blum (+2) - Dean Kukan (+1, 2')
Robin Grossmann (2')
 
Gardien :
Reto Berra
 
Remplaçant : Leonardo Genoni (G).
En tribunes : Tim Ramholt (D), Sven Bärtschi (A, blessé aux côtes)
 
Kazakhstan
 
Attaquants :
Roman Starchenko - Nikolaï Antropov (C, 5'+20') - Talgat Zhailauov (-1)
Mikhaïl Rakhmanov - Dmitri Upper (A) - Konstantin Romanov (-1, 2')
Vadim Krasnoslobodtsev (-1) - Fyodor Polischuk (-1) - Andrei Gavrilin
Mikhaïl Panshin (-1) - Andrei Spiridonov (2'+10') - Evgeni Rymarev (-1)
 
Défenseurs :
Yevgeni Blokhin (2') - Kevin Dallman (-2)
Maksim Semyonov - Artemi Lakiza
Roman Savchenko (-2) - Aleksei Litvinenko (A)
Aleksei Vasilchenko (2') - Anton Kazantsev (2')
 
Gardien :
Vitali Yeremeyev puis Aleksei Ivanov à 14'06"
 
En tribunes : Pavel Poluektov (G), Konstantin Pushkaryov (blessé).