République Tchèque - Norvège (Mondiaux 2014, groupe A)

Quatre équipes sont maintenant à égalité à 7 points (avec la France et la Slovaquie) dans le groupe A, et deux d'entre elles s'affrontent ce soir. Pour les Norvégiens, qui ont perdu contre leurs deux autres adversaires directs, c'est le match de la dernière chance pour les quarts de finale. Les Tchèques sont un peu mieux placés puisqu'ils ont battu les Slovaques en prolongation et doivent encore affronter les Français.
 
La défaite aux tirs au but contre le Danemark a néanmoins été durement ressentie par la République Tchèque. Toutes les lignes offensives ont été modifiées, selon une idée déjà établie. Vladimir Růžička voulait en effet créer la ligne Hertl-Sobotka-Jágr depuis plusieurs jours, mais il n'avait pas pu le faire puisque les deux premiers ont été malades tour à tour.
 
Les changements concernent aussi les lignes arrières : le débutant Ondrej Vitasek, celui-là même qui avait commencé la saison en deuxième division, a été promu sur la première paire défensive aux côtés de Nemec. Il a été jugé plus combatif dans les phases défensives que les arrières plus établis, trop statiques. Martin Ševc a ainsi été cloué sur le banc.
 
La Norvège titularise pour la seconde fois le jeune gardien Steffen Søberg, déjà présent contre la Suède. Mais cette seconde apparitition commence très mal, par un but-gag. Placé dans le coin gauche, Jágr centre entre les jambes de Bonsaksen pour Hertl qui reprend à bout portant. Søberg tourne la tête et cherche vainement le palet qu'il croit passé entre ses jambières. En fait, il a ricoché devant lui, et Vladimir Sobotka le glisse tranquillement dans les filets alors que le gardien ne le regarde pas, tête tournée en arrière. La scène est comique, même si elle ne fait pas sûrement rire les Norvégiens (1-0, 00'39").
 
Steffen Søberg a largement de quoi se rattraper dans les minutes, puisqu'il essuie un mitraillage. La plus belle occasion est à l'actif du défenseur Jan Kolar, entré dans l'enclave pour dévier une passe de Jagr. 11 tirs à 0 en huit minutes : la statistique laisse entrevoir une balade de santé, et le danger est de se relâcher. C'est ce qui arrive à Ondrej Nemec, en train de relancer tranquillement... sauf qu'il a effectué sa passe à côté du palet ! L'avertissement est sans frais, car si Sondre Olden vient lui prendre le palet, son tir du revers n'est pas trop dangereux.
 
La suite du premier tiers-temps est plus favorable aux Norvégiens. Vitasek concède la première pénalité. Ken Andre Olimb, servi à droite du but, semble contrôler le palet en reculant vers le slot, ce qui incite deux défenseurs à intervenir pour l'arrêter. En fait, il remet dans le mouvement à Sondre Olden seul face à la cage, qui bute sur un arrêt décisif de Salak. Les frères Olimb sont toujours les moteurs offensifs de la Norvège. Même si Mathis fait un petit séjour en prison, quand il en sort, c'est lui qui se procure le dernier tir de la première période.
 
Dès le début du deuxième tiers-temps, Roman Cervenka projette Mathis Olimb dans la balustrade et prend deux minutes de pénalité. Le gardien Salak garde les jambières fermes sur la déviation dans l'enclave de Dahlstrøm puis sur le rebond. Sitôt sorti de prison, Cervenka tire entre les cercles... sur le poteau.
 
Ce n'est pas aujourd'hui que Salak et le banc tchèque vont se réconcilier avec les arbitres. Ils sifflent en effet un tir de pénalité parce que le gardien a lâché sa crosse vers Morten Ask en position de tir (28'34"). On n'a vraiment pas l'impression que c'était volontaire, c'est plutôt un contact avec Skroder qui lui a fait perdre sa prise. Et Ask était dans un angle fermé, peu dangereux, lorsque l'incident s'est produit. Parmi les joueurs sur la glace, Roy Johansen choisit d'envoyer Ken André Olimb pour le tir de pénalité. Il tente une double feinte droite-gauche, mais Salak met sa crosse en opposition et arrête le mouvement, de toute façon trop rapide. Son mouvement rageur de la mitaine en dit long sur son envie de revanche... Après la défaite d'hier, des commentateurs avaient rappelé la faiblesse récurrente de Salak dans les tirs de pénalité et critiqué le coach de ne pas l'avoir remplacé...
 
Trois minutes plus tard, Odegaard est sanctionné pour un coup de genou. En supériorité numérique, Jan Kovář décoche un tir du poignet parfaitement masqué par Hudler : poteau ! Le même sort attend aussi le revers d'un Cervenka décidément maudit ce soir.
 
Même s'ils font tinter les montants, les Tchèques n'ont pas totalement refermé les vannes derrière : Ken André Olimb trouve une longue passe dans l'axe vers Anders Bastiansen qui s'est encore fait oublier à la ligne bleue, mais Alexander Salak repousse de la botte gauche le tir du revers de son ancien coéquipier à Färjestad.
 
Lorsque le prodige Tomas Hertl a l'angle du but ouvert, Kristian Forsberg ne se pose pas de question et le plaque carrément au sol. On ne connaissait pas les prouesses norvégiennes en rugby ! Les arbitres appellent ça "accrocher". Les Tchèques jouent donc à 5 contre 4 à cheval sur la seconde pause, sans effet.
 
La République Tchèque se repose sur son jeu de transition, et s'appuie en particulier sur la révélation de la saison Jiří Sekáč. Il subtilise d'abord le palet dans le dos de Mathis Olimb dans la zone neutre, part en contre et tire sur... le poteau, encore ! Sekáč gratte ensuite un palet dans la crosse de l'autre Olimb (Ken Andre) en zone défensive, part à 2 contre 1 avec Novotny, mais Steffen Søberg pare de la botte le tir du joueur de centre.
 
Tandis que Salak capte d'une belle mitaine un tir en angle de Roest, des échauffourées éclatent devant la cage. On joue à 4 contre 4, ce qui favorise la vitesse des frères Olimb : la passe en retrait de Ken André pour Mathis démarqué, qui tire dans le poitrail dans le gardien.
 
Les Tchèques comprennent qu'avoir la possession du palet en zone offensive est encore la meilleure défense, et ils se mettent à dominer les dix dernières minutes. Le malheureux Morten Ask prend le palet dans la joue gauche sur un tir (51'05"). Les Norvégiens peinent de plus en plus à sortir proprement de leur zone.
 
Les frères Olimb placent toujours des accélérations : Mathis obtient un tir du revers, et Ken André récolte... une pénalité contre le vieux lion Jagr, qui l'a accroché en sortie de zone (56'00"). Cette supériorité numérique décisive ne donne rien, pas plus que la sortie du gardien.
 
Les Tchèques se sont cette fois appliqués à défendre jusqu'au bout. S'ils battent la France, ils seront troisièmes du groupe et éviteront les Russes.
 
Désignés joueurs du match : Alexander Salák (République Tchèque) et Jonas Holøs (Norvège).
 
Commentaires d'après-match
 
Vladimir Růžička (entraîneur de la République Tchèque) : "Nous nous sommes appuyés sur une défense sûre, nous avons un peu changé de style de jeu. Nous avons choisi un système plus confortable pour les joueurs. Ce n'est pas le moment des expériences, c'est le championnat du monde. Nous avons dit que nous jouons des play-offs à partir de maintenant. Dommage d'avoir frappé des poteaux, au lieu des buts. Nous savions que ce ne serait pas facile contre les Norvégiens. Ces équipes sont considérées plus faibles, mais ne le sont pas. Je ne veux pas parler de l'enjeu de la troisième place, les Russes sont dominants mais ils peuvent aussi perdre. Seul le prochain match contre la France nous intéresse."
 
 
 
République Tchèque - Norvège 1-0 (1-0, 0-0, 0-0)
Dimanche 18 mai 2014 à 20h45 à la Chizhovka Arena de Minsk. 7902 spectateurs.
Arbitrage de Jyri Rönn (FIN) et Marcus Vinnerborg (SUE) assistés de Jimmy Dahmen (SUE) et Anton Semyonov (EST).
Pénalités : République Tchèque 8' (2', 2', 4'), Norvège 8' (2', 4', 2').
Tirs : République Tchèque 39 (13, 15, 11), Norvège 21 (8, 5, 8).
 
Évolution du score
1-0 à 00'39" : Sobotka assisté de Hertl et Jágr
 
 
République Tchèque
 
Attaquants :
Tomáš Hertl (+1) - Vladimír Sobotka (+1) - Jaromír Jágr (A, +1, 2')
Jakub Klepiš - Roman Červenka (2') - Michal Vondrka
Jiří Sekáč (2') - Jiří Novotný - Jiří Hudler
Tomáš Rolinek (C) - Jan Kovář - Martin Zaťovič
 
Défenseurs :
Ondřej Vitásek (+1, 2') - Ondřej Němec (A, +1)
Jakub Kindl - Michal Jordán
Jan Kolář - Petr Zámorský (2')
 
Gardien :
Alexander Salák
 
Remplaçant : Jakub Kovář (G), Martin Ševc, Jakub Petružálek.
En tribunes : Roman Polák (épaule).
 
Norvège
 
Attaquants :
Martin Røymark (-1) - Mads Hansen (A, -1) - Kristian Forsberg (-1)
Ken Andre Olimb - Anders Bastiansen (C) - Mathis Olimb (2')
Sondre Olden - Morten Ask - Per-Age Skrøder
Andreas Martinsen - Robin Dahlstrøm (2') - Niklas Roest
 
Défenseurs :
Jonas Holøs (A, -1) - Alexander Bonsaksen (-1)
Mats Trygg (2') - Henrik Ødegaard (2')
Daniel Sørvik - Stefan Espeland
 
Gardien :
Steffen Søberg [sorti à 59'05"]
 
Remplaçants : Lars Haugen (G), Jonas Djupvik Løvlie, Steffen Thoresen.
En tribunes : Lars Volden (G), Nicolas Bryhnisveen, Andreas Stene.