Los Angeles Kings - New York Rangers (Finale de la coupe Stanley, match 1)

C'est une finale inédite pour cette édition 2014, entre deux équipes qui ont su surmonter l'adversité dans ces playoffs.

Des Kings tenaces

Los Angeles bénéficie de l'avantage de la glace, pour la première fois dans ces phases finales. Les Kings sont la première équipe à débarquer en finale après trois séries en sept matches, toutes trois gagnées à l'extérieur. La fatigue pourrait jouer un rôle, mais Los Angeles possède la détermination nécessaire pour passer outre.

Les Californiens ont tout d'abord éliminé leurs voisins de San José en renversant une série dans laquelle ils étaient menés 3-0. C'était déjà un exploit rarissime, mais ils ne sont pas arrêtés en si bon chemin. Ils ont ensuite sorti leur autre voisin, Anaheim, en gagnant à nouveau le septième match en déplacement. Puis, le champion en titre Chicago est tombé à l'issue d'une série épique. Trois des quatre derniers matchs ont eu recours aux prolongations.

Anze Kopitar mène l'équipe en points (22) et Marian Gaborik en buts (12). L'équipe dispose d'une jolie profondeur, avec une ligne Pearson-Carter-Toffoli souvent décisive, un capitaine physique, Dustin Brown, et des contributeurs importants, tel Justin Williams, néo-recordman des points marqués lors d'un match 7 (14 en carrière). La défense apporte un plus offensif indéniable grâce à Drew Doughty, Jake Muzzin, Slava Voynov et Alec Martinez, buteur décisif face aux Blackhawks.

Contrairement au titre 2012, durant lequel Los Angeles avait étouffé ses adversaires par la qualité de sa défense, l'édition 2014 s'est surtout gagnée grâce au jeu offensif. Jonathan Quick a souffert dans les cages, concédant beaucoup plus de buts que d'habitude, notamment en début de série face aux Sharks ou face à Chicago.

Le talent des Kings ? Les mises au jeu, qui leur permettent de contrôler la partie et d'exceller pour tuer les pénalités. Mais aussi une capacité à contenir l'attaque vers les extérieurs, à relancer proprement, à soutenir l'attaque et aussi à étouffer l'adversaire si nécessaire. Le faux rythme imposé par Los Angeles, avec des réveils soudains et piquants, la capacité à évoluer en contre-attaque ou à faire la différence en supériorité numérique sont aussi à mettre en avant. Autre point fort, le physique : près de 900 mises en échec en play-offs, soit 42 de moyenne par match !

Première pour New York en vingt ans

Les Rangers de New York n'ont pas la même expérience de la finale. La franchise de l'Est vit là sa meilleure saison depuis le titre de 1994. Les Rangers ont souffert pour éliminer les Flyers puis les Penguins, à chaque fois en sept manches. La finale de conférence contre Montréal s'est jouée en six manches, culminant par une brillante prestation défensive (victoire 1-0), au lendemain d'une déroute 7-4 face au Canadien. Cette qualification a permis de donner six jours de repos aux Rangers, un atout non négligeable à ce stade de la saison.

New York s'appuie sur une rigueur défensive héritée de John Tortorella, marquée par la capacité à contrer des tirs et à se sacrifier défensivement. L'ensemble de l'équipe protège très bien Henrik Lundqvist, globalement irréprochable dans ces playoffs avec plus de 92% d'arrêts. La défense soutient le jeu offensif. Ryan McDonagh ou Dan Girardi notamment portent le palet et sont capables de relancer ou de jouer un rôle de sixième attaquant.

Offensivement, les Rangers disposent d'une profondeur d'effectif intéressante, marquée avant tout par la vitesse. Martin St. Louis mène l'attaque auprès de son compère Brad Richards. Mais des joueurs comme Derek Stepan, Chris Kreider, Mats Zuccarello ou Carl Hagelin figurent aussi parmi les plus rapides de la ligue. Un Rick Nash n'est évidemment pas à négliger non plus. Mieux, les troisième et quatrième lignes ont beaucoup produit. Derick Brassard, Dominic Moore, Benoit Pouliot, Brian Boyle ont souvent fait la différence.

Ce style de jeu assez agressif sur le porteur fait des Rangers une formation souvent pénalisée. Face au jeu de puissance des Kings, cela risque de coûter cher. Les joueurs d'Alain Vigneault vont devoir gagner en discipline.

Le remplaçant de Lundqvist, Cam Talbot, est blessé. David LeNeveu le remplace sur le banc, pour le seul changement dans l'effectif.

La dernière opposition entre les Rangers et Los Angeles en playoffs remonte à 1981. New York avait gagné une série au meilleur des cinq matchs 3 victoires à 1.

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New York débute bien avec une première action de Derek Dorsett, suivi d'une seconde de Rick Nash. Réplique californienne par Justin Williams, puis Jeff Carter servi en retrait par Tanner Pearson. Une erreur de relance profite ensuite à Carl Hagelin qui reprend tout de suite et Quick doit faire l'arrêt.

Un début en fanfare pour les deux équipes, qui ferment peu à peu la porte en contrant mieux les tirs. Sur un de ces tirs contrés, la tentative de Jake Muzzin file le long du poteau. Los Angeles commence à s'appuyer sur ses défenseurs. Après Muzzin, Doughty et Voynov testent Lundqvist de loin.

Les Rangers prennent possession du palet dans les minutes qui suivent. Quick sort un tir de loin, puis un essai de St. Louis entre les cercles sur un service en retrait de Brad Richards. Sur l'action, Hagelin est accroché et la première pénalité de la finale est appelée. Les Kings pressent le porteur du palet et les Rangers peinent à dérouler leur jeu. Il faut attendre le retour à cinq-contre-cinq pour voir une action dangereuse, initiée de près par Mats Zuccarello.

À sept minutes de la pause, une rare incursion des Kings en attaque tourne mal. Une passe en retrait vers Doughty est mal contrôlée. Le défenseur se fait voler le disque par Benoit Pouliot, qui démarre en échappée et profite d'une chute de Muzzin. L'ancien espoir du Wild se présente seul face à Quick et trouve la lucarne côté crosse (0-1).

Une minute plus tard, Zuccarello accroche Pearson le long de la bande et les officiels signalent la pénalité. Boyle se crée la première chance en infériorité et Quick doit intervenir. Puis, Hagelin fait parler sa vitesse. Il devance Voynov, feinte Quick. Le gardien sauve mais repousse de la botte sur la jambe de Voynov, qui pousse involontairement le palet au fond (0-2).

Un but qui perturbe les Kings, incapables d'exploiter leur supériorité numérique. En face, les joueurs de Vigneault sont en pleine confiance et déroulent leur jeu de passe. C'est généralement dans ces moments-là que Los Angeles est le plus fort. Les Kings réduisent le score à moins de trois minutes de la pause. Jeff Carter et Kyle Clifford, alignés ensemble alors que Daryl Sutter cherche à modifier ses combinaisons, mettent le feu dans la défense. Derek Stepan échoue à dégager le palet et Carter lui vole le disque. Ligne de fond, il sert Clifford au premier poteau pour un tir en hauteur petit côté (1-2). C'est le score à la pause, à l'issue de vingt minutes disputées à un rythme rapide.

Los Angeles a imposé son style physique (24-10 en mises en échec à la pause) en premier tiers. Les Californiens poursuivent sur cette lancée dès le début du tiers médian. Une stratégie qui permet de récupérer un palet en défense pour lancer un contre. Lewis lance un 2-contre-1 avec Gaborik et choisit le tir, mais il rate le cadre. Lundqvist sauve ensuite un tir de Muzzin et le rebond. Le défenseur des Kings accroche Nash sur ce rebond et sort pour obstruction. La technique de Zuccarello crée la première chance et Richards, servi au deuxième poteau, ne peut convertir. Le duo récidive en changeant de côté quelques instants plus tard, sans réussite. Stepan sert ensuite St. Louis en retrait et la pénalité s'achève, avec un jeu de puissance bien plus dangereux qu'en premier tiers.

Les Kings ont bien défendu et ils repartent à l'assaut. Muzzin sert Williams d'une passe longue et l'ailier attend le soutien en tête de cercle. Il trouve Drew Doughty lancé, qui réalise un superbe geste technique pour effacer son défenseur et s'avance vers le but. Le champion olympique profite du trafic devant Lundqvist pour égaliser (2-2).

Sur l'engagement, Brassard commet une charge dangereuse dans le dos de Brown sous le nez de l'arbitre. Le capitaine des Kings peine à rentrer au banc. Brassard n'échappe pas à la punition : deux minutes pour obstruction. La défense des Rangers ne concède aucune occasion franche et ce n'est qu'au retour à cinq-contre-cinq que Lewis échappe au duo Klein-Stralman plein axe pour une bonne chance en semi-échappée.

Voynov enchaîne avec un tir de la bleue, repoussé par le portier suédois. New York réplique par Pouliot et Zuccarello, très actifs. Clifford sauve aussi son camp face à une tentative d'échappée d'Hagelin. L'attaquant des Kings se jette pour enlever le palet de la crosse du Suédois.

À une minute de la pause, Mike Richards concède deux minutes pour crosse haute en zone offensive sur Brassard. Le public fait part de son mécontentement, les officiels n'ayant pas signalé deux mauvais coups sur Doughty et Greene peu avant.

Kopitar tente de s'échapper en infériorité à la reprise. McDonagh et Brad Richards défendent comme ils peuvent, et le Slovène parvient à lancer du revers. Il y a de la confusion sur le rebond mais Kreider s'en empare et dégage. La pénalité s'achève.

Les Kings prennent l'ascendant et Gaborik, plus attentif sur un palet envoyé en fond de zone des Rangers, pousse Girardi à l'accrocher. Le bon positionnement du Slovaque sur la retombée du palet lui a permis de se mettre en position de tir et le défenseur a du le retenir. Le jeu de puissance des joueurs de Daryl Sutter peine à s'installer. Lundqvist n'a aucun arrêt à effectuer. Il sauve peu après deux tirs de Mitchell de la bleue, les Kings dominant dix tirs à zéro après sept minutes. Une minute après, Doughty lance un 3-contre-2. Nash l'accroche mais le défenseur en rajoute dans sa chute. Les arbitres renvoient les deux joueurs sur le banc des punitions. Le quatre-contre-quatre ne porte le danger ni sur un but, ni sur l'autre et New York cherche toujours son premier tir sur Quick après douze minutes, jusqu'à un débordement à gauche de Martin St. Louis.

Les Rangers desserrent l'étau, dans une partie toujours aussi indécise. Les duels sont accrochés, personne ne finissant son action sans une mise en échec. À cinq minutes de la fin, Toffoli déborde à gauche et repique au but. Girardi défend bien et Lundqvist repousse un palet moins dangereux que prévu.

Les dernières minutes se jouent à toute vitesse, presque trop vite pour des enchainements précis. La troisième ligne des Rangers, Pouliot-Brassard-Zuccarello, s'active en zone offensive, mais la défense s'en sort et contre avec un tir de Toffoli sur l'aile droite.

Il reste 1'36" lorsque Brian Boyle, un ancien premier choix des Kings, se trouve sanctionné pour un cinglage qui brise une crosse adverse. Los Angeles manque de se faire surprendre par Hagelin, qui démarre en échappée et échoue sur Quick. Les Kings repartent de l'autre côté et Carter frôle le but sur un tour de cage. La sirène retentit pour appeler les prolongations. 20 tirs à 3 pour les Californiens dans ce tiers, et encore quelques secondes de supériorité à venir dans la période supplémentaire.

Le reliquat d'avantage numérique se termine rapidement, avec un tir lointain de Rick Nash en contre. Les Rangers bataillent fort pour conserver la possession du palet et récupèrent beaucoup dans leur camp. Ils se font finalement contrer pour un 3-contre-2. Pouliot revient superbement et repousse le palet sur Girardi en entrée de zone. Le défenseur recule à son cercle et commet alors une énorme erreur. Il perd le contrôle du palet et, sous pression, dégage à genoux vers la bleue. Les Rangers changeaient de ligne et Mike Richards bloque le dégagement, sert Williams tout seul entre les cercles. Le sniper trompe Lundqvist en hauteur (3-2).

Los Angeles remporte donc la première manche à l'issue d'une rencontre indécise. Les Kings ont globalement dominé, notamment lors d'un troisième tiers durant lequel le compteur de tirs a grimpé. C'est une nouvelle victoire des Kings en remontant un handicap de deux buts... New York n'a pas démérité, se créant plusieurs occasions grâce à sa vitesse. Comme prévu, Lundqvist a assuré dans les cages. La série est loin d'être terminée.

Commentaires d'après-match

Drew Doughty (défenseur de Los Angeles) : "Je l'ai déjà dit si souvent, Justin [Williams] est de loin le joueur le plus sous-estimé dans notre équipe. Il ne peut pas recevoir assez de louanges."

 

Los Angeles Kings 3-2 ap. New York Rangers (1-2, 1-0, 0-0, 1-0)
Mercredi 4 juin 2014, 17h20. Staples Center de Los Angeles, Californie. 18399 spectateurs.
Arbitrage de Steve Kozari et Brad Watson assistés de Shane Heyer et Scott Driscoll.
Tirs : Los Angeles Kings 43 (17, 7, 20, 2), New York Rangers 27 (13, 9, 3, 2)
Pénalités : Los Angeles Kings 8' (2', 4', 2', 0'), New York Rangers 10' (2', 2', 6', 0')

Récapitulatif du score
0-1 à 13'21" : B. Pouliot
0-2 à 15'03" : C. Hagelin assisté de B. Boyle et R. McDonagh (inf. num.)
1-2 à 17'33" : K. Clifford assisté de J. Carter
2-2 à 26'36" : D. Doughty assisté de J. Williams et K. Clifford
3-2 à 64'36" : J. Williams assisté de M. Richards

 

Los Angeles Kings

Attaquants :
Marian Gaborik (-1) - Anze Kopitar (A, -1) - Dustin Brown (C)
Tanner Pearson (+1) - Jeff Carter - Tyler Toffoli
Dwight King - Jarrett Stoll - Justin Williams (+2)
Kyle Clifford (+1) - Mike Richards (+1, 2') - Trevor Lewis

Défenseurs
Jake Muzzin (+2, 2') - Drew Doughty (-1, 2')
Willie Mitchell - Slava Voynov (-1)
Alec Martinez (2') - Matt Greene (A, +2)

Gardien : Jonathan Quick

Remplaçant : Martin Jones

Réservistes : Robyn Regehr (D, genou), Colin Fraser (A), Jeff Schultz (D), Andrew Bodnarchuk (D), Brayden McNabb (D), Linden Vey (A), Jean-François Berube (G), Jordan Nolan (A), Andy Andreoff (A).

New York Rangers

Attaquants
Carl Hagelin (+1) - Brad Richards - Martin St. Louis
Chris Kreider (-1) - Derek Stepan (-1) - Rick Nash (-1, 2')
Benoit Pouliot - Derick Brassard (2') - Mats Zuccarello (2')
Brian Boyle (-1, 2') - Dominic Moore - Derek Dorsett (-1)

Défenseurs
Ryan McDonagh (+1) - Dan Girardi (2')
Marc Staal (-2) - Anton Stralman (-2)
Raphael Diaz - Kevin Klein (+1)

Gardien : Henrik Lundqvist

Remplaçant : David Leneveu (G)
Blessé : Cam Talbot (G)
Suspendu : Daniel Carcillo, John Moore (1 match).
Réservistes: John Moore, Danny Syvret, Justin Falk, Dylan McIlrath, Tommy Hughes, Conor Allen (D), J.T. Miller, Danny Kristo, Ryan Bourque, Oscar Lindberg, Jesper Fast (A).