New York Rangers - Los Angeles Kings (finale de la coupe Stanley, match 3)

Défaite interdite pour New York, qui retourne dans son antre avec deux victoires de retard. Les Kings ont conservé l'avantage de la glace à la faveur de deux succès à domicile après prolongations. Dans les deux cas, les Californiens ont remonté un handicap de deux buts.

Les Rangers doivent continuer à s'appuyer sur leur vitesse, mais beaucoup mieux défendre. Quelques erreurs majeures ont coûté cher dans ce début de série. Pour le reste, New York a fait jeu égal et doit saisir sa chance au Madison Square Garden.

Los Angeles joue avec le feu depuis plusieurs semaines, et parvient jusque là à s'en sortir. Mais combien de temps pourront-ils avoir l'énergie nécessaire pour renverser ces débuts de matchs poussifs ?

Les deux gardiens disposent de toute l'expérience nécessaire. C'est le 74e départ consécutif de Jonathan Quick et le 89e de Henrik Lundqvist en playoffs.

Un but sur la sirène

Le combat fait rage d'entrée le long des balustrades. Le porteur de palet se trouve immédiatement sous pression de part et d'autre. Los Angeles finit par s'installer en attaque. Marian Gaborik tente un premier tir, puis Matt Greene voit son lancer contrôlé par Lundqvist. La riposte vient de Carl Hagelin, dont le tour de cage ne surprend pas Quick.

La partie est relativement pauvre en occasions, à cause de deux défenses bien en place et attentives. Il faut donc évoluer en contre. Après une occasion de Rick Nash, Jeff Carter récupère et déborde à droite pour un tir croisé sorti de la plaque par le gardien des Rangers.

New York n'est pas en reste. Martin St. Louis gagne un duel derrière la cage et remise sur Carl Hagelin, qui échoue sur Quick. Le chronomètre défile sans arrêt de jeu et dans un rythme élevé. La possession reste globalement favorable aux visiteurs. Mais New York se crée les meilleures chances. John Moore lance du point d'appui et le palet dévié revient sur Mats Zuccarello. Le Norvégien ne parvient pas à convertir à bout portant, Quick s'étant jeté au sol et contrant le disque du bout de la crosse

Les Bleus reprennent l'ascendant sur la fin de tiers. Agressifs dans les duels, ils parviennent à conserver le palet en zone offensive pour de longues séquences. Sur l'une de celles-ci, Willie Mitchell perd ses nerfs et ses coups de crosse sur Mats Zuccarello n'échappent pas aux officiels. New York obtient son premier jeu de puissance. Les tirs pleuvent mais la défense bloque tout. Mitchell revient sur la glace, les Kings remontent le palet et Williams se décale vers la bande. Il attire Rick Nash et John Moore, et trouve Carter. Le grand pivot a le champ libre, s'avance et tire. Girardi s'est jeté et son patin dévie le palet, qui franchit la ligne à une seconde et sept dixièmes de la pause. Les Kings mènent enfin au score dans cette série (0-1).

Dominer n'est pas marquer

Comment Los Angeles va-t-il jouer avec un but d'avance ? Cela n'est plus arrivé depuis trois matchs. La première présence apparait positive, puisqu'Anze Kopitar conserve le palet le long de la bande et provoque une crosse haute de McDonagh. Les Kings mettent du temps à s'installer et sont privés de solutions dans l'axe. Il faut attendre les dernières secondes pour qu'une série de passes décale Alec Martinez, dont le tir ne présente guère de difficulté pour le portier suédois. New York revient au complet et part à l'assaut... mais Marc Staal commet une crosse haute sur Martinez devant la cage californienne et c'est un nouveau jeu de puissance.

Cette fois-ci, les Kings travaillent au fond, puis le long de la bande. Gaborik et Kopitar libèrent l'axe pour le tir de Jake Muzzin. St. Louis tente de contrer et dévie le palet. Lundqvist, parfaitement masqué par Carter, est battu (0-2).

New York cherche à réagir. Kreider assène une solide mise en échec, récupère et sert en retrait Stepan qui manque le cadre. Puis, Zuccarello déborde à droite et trouve un relais en la personne de Benoit Pouliot. L'ancien du CH attaque ma cage et Quick bloque, pendant que les arbitres signalent une faute sur le Norvégien. Les Rangers parviennent à expédier plusieurs tirs sur Quick, qui résiste. Pouliot, Richards, Brassard échouent sur le gardien. Le vainqueur du Conn Smythe 2012 réalise des miracles en fin de pénalité, volant Brassard au deuxième poteau avec sa crosse à mi-hauteur !

Les Rangers poussent. Derrière le but, Nash échappe à Doughty et perd le palet : l'accrochage du défenseur a évité le but sur un tour de cage. St. Louis entame le jeu de puissance d'une volée au cercle, imité par Stepan en angle fermé. Le palet ne quitte plus la zone, la défense se sacrifie pour contrer les tirs. Quick fait le reste, bloquant en fin de supériorité un lancer en hauteur de Brad Richards. Les Rangers jouent avec l'énergie du désespoir et Hagelin en fait trop, brisant la crosse de Muzzin. Un cinglage évident, qui place les Kings en situation idéale pour creuser l'écart. La défense tient bien, ne concédant qu'une action chaude de Jeff Carter dans les derniers instants.

New York domine nettement en tirs dans cette période mais part trop à l'abordage. Mike Richards profite de la montée de Girardi pour lancer un deux-contre-un avec Trevor Lewis. Il cherche à passer à son jeune coéquipier mais McDonagh contre. Lundqvist a anticipé la passe et Richards voit le palet revenir sur lui, il termine le travail (0-3).

Deux minutes à faire et Dorsett pousse Muzzin à commettre une obstruction. Nash tente de presser le gardien adverse, peu après un essai de déviation de Zuccarello. L'ancien Blue Jaket cherche lui aussi une déviation, qui file en dehors du terrain. Fin du tiers sur un 17-8 en tirs pour New York (21-13 au total), mais 2-0 en buts pour Los Angeles... Un opportunisme sans faille et une défense admirable, comme aux plus belles heures du titre 2012.

Retour à 2012

Sept secondes de jeu et Kreider s'infiltre entre deux défenseurs plein axe. Quick sauve cette échappée étonnante sur la mise au jeu initiale. Puis, Zuccarello attaque à gauche et Greene place sa crosse dans les patins. Pénalité logique, et une chance pour réduire le score d'entrée. La maladresse dans les passes coûte un temps précieux. La pénalité s'achève sur un tir de Pouliot en angle fermé, que Quick repousse du masque. Klein puis John Moore, du revers, tentent leur chance à leur tour, mais le premier rate le cadre et le second voit son lancer repoussé par la plaque du gardien.

Ces bonnes intentions prennent du plomb dans l'aile avec une obstruction sur le gardien qui donne un avantage numérique aux Kings. À un de moins, le meilleur Ranger du jour, Zuccarello, lance une contre-attaque et obtient deux tirs dangereux. À peine la pénalité terminée, Carter se crée une occasion monstre en reprenant un tir contré. Lundqvist, couché sur la glace, sauve le tir et le palet finit par être dégagé dans la confusion, après avoir roulé le long de la ligne !

Le compteur de tirs continue à grimper en faveur des Rangers, sans aucune efficacité. Un cinglage de Brown, qui brise la crosse de Staal, redonne une opportunité en supériorité numérique. Quick sort un nouveau tir, puis Doughty et Lewis manquent une occasion en contre-attaque. La défense contre et dégage tout et le capitaine californien revient en jeu.

Les Kings contrôlent la fin de match, avec beaucoup de serénité défensive. À quatre minutes du terme, Lundqvist profite d'une mise au jeu offensive pour laisser sa place à un attaquant. Une longue présence des Rangers pousse Los Angeles à un dégagement interdit. Williams se fait chasser volontairement pour gagner du temps et son coéquipier remporte l'engagement et dégage. Les Kings mettent la pression pour gêner la relance adverse. Il n'y a aucune occasion pour New York, qui peine à entrer correctement en zone offensive. Pearson trouve alors le poteau à quelques secondes de la fin, et une ultime chance dans l'enclave ne donne rien.

Blanchissage pour Jonathan Quick, l'homme du match pour les visiteurs. Les joueurs de Darryl Sutter espéraient progresser en défense. Ils ont été parfaits ce soir, résistant aux assauts adverses avant de marquer à des moments clés des buts plein d'opportunisme.

New York est donc mené trois victoires à zéro, la faute à un jeu de puissance poussif, un manque de réalisme devant le filet et trop d'imprécisions en défense et à la relance. Cela dit, Los Angeles est très bien placé pour savoir que la série n'est pas encore gagnée. Au premier tour, ils ont justement renversé un tel handicap face aux Sharks...

Il faudra beaucoup de chance New York pour remonter. Seul Toronto (1942) l'a réussi en finale. Et seuls les Devils ont réussi à prolonger la série à six matchs, en 2012, face... aux Kings.


New York Rangers 0-3 Los Angeles Kings (0-1, 0-2, 0-0)
Lundi 9 juin 2014, 18h30. Madison Square Garden de New York. 18006 spectateurs.
Arbitrage de Brad Watson et Steve Kozari assistés de Shane Heyer et Scott Driscoll.
Tirs : New York Rangers 32 (4, 17, 11), Los Angeles Kings 15 (5, 8, 2)
Pénalités : New York Rangers 8' (0', 6', 2'), Los Angeles Kings 12' (2', 6', 4')

Récapitulatif du score
0-1 à 19'59" : J. Carter assisté de J. Williams et S. Voynov
0-2 à 24'17" : J. Muzzin assisté de A. Kopitar et M. Gaborik (sup. num.)
0-3 à 37'14" : M. Richards assisté de K. Clifford

 

New York Rangers

Attaquants
Carl Hagelin (-2, 2') - Brad Richards (A, -1) - Martin St. Louis (-1)
Chris Kreider (2') - Derek Stepan (-1) - Rick Nash (-1)
Benoit Pouliot - Derick Brassard - Mats Zuccarello
Brian Boyle - Dominic Moore - Derek Dorsett

Défenseurs
Ryan McDonagh (-1, 2') - Dan Girardi (A, -2)
Marc Staal (A, 2') - Anton Strålman
John Moore (-1) - Kevin Klein

Gardien : Henrik Lundqvist (sorti de sa cage à 55'39")

Remplaçant : David Leneveu (G)

Blessé : Cam Talbot (G)
Suspendu : Daniel Carcillo.
Réservistes: Raphael Diaz, Danny Syvret, Justin Falk, Dylan McIlrath, Tommy Hughes, Conor Allen (D), J.T. Miller, Danny Kristo, Ryan Bourque, Oscar Lindberg, Jesper Fast (A).

Los Angeles Kings

Attaquants
Marian Gaborik - Anze Kopitar (A) - Dustin Brown (C, 2')
Tanner Pearson - Jeff Carter (+1) - Tyler Toffoli
Dwight King (+1) - Jarrett Stoll - Justin Williams (+1)
Kyle Clifford (+1) - Mike Richards (+1) - Trevor Lewis (+1)

Défenseurs
Jake Muzzin (2') - Drew Doughty (2')
Willie Mitchell (+1, 4') - Slava Voynov (+2)
Alec Martinez - Matt Greene (A, +1, 2')

Gardien : Jonathan Quick

Remplaçant : Martin Jones (G)

Réservistes : Robyn Regehr (D, genou), Colin Fraser (A), Jeff Schultz (D), Andrew Bodnarchuk (D), Brayden McNabb (D), Linden Vey (A), Jean-François Berube (G), Jordan Nolan (A), Andy Andreoff (A).