New York Rangers - Los Angeles Kings (finale de la coupe Stanley, match 4)

Les Kings ont su forcer le destin et exploiter leurs occasions pour mener trois victoires à zéro dans la série. La confiance est au sommet, au point que des photos des caisses de champagne et des cartons de casquettes et t-shirts commémoratifs ont circulé sur Internet.

Mais pour les sortir des cartons, il faut gagner ce soir. New York n'a pas abdiqué et espère enfin concrétiser les nombreuses occasions obtenues lors des trois premiers matchs.

 

Pour cela, Alain Vigneault a bouleversé ses lignes. Principale victime, Brad Richards. Le vétéran a connu un match trois catastrophique et se retrouve démis en quatrième ligne.

Les Rangers réalistes

Dès le coup d'envoi, Rick Nash intercepte Jake Muzzin à droite et tente un centre que personne n'arrive à reprendre. Carl Hagelin était resté en retrait et n'a donc pas pu profiter d'une cage ouverte. Cette occasion ne donne pourtant pas d'élan. Los Angeles domine en possession du palet, tentant quelques tirs de loin.

Il faut attendre la cinquième minute pour voir les locaux s'installer dans la zone adverse. La ligne St. Louis tourne bien le palet mais ne parvient pas à se créer de chance réelle. Le changement de joueurs met en scène la ligne Nash. Muzzin, au duel avec Hagelin, percute la bande et Stepan récupère pour un tir difficilement capté par Quick. Le temps fort se poursuit avec un duel dans le fond. Mitchell, déséquilibré, touche Dorsett au visage et c'est une pénalité pour crosse haute.

Le palet circule rapidement, sous l'impulsion de St. Louis et McDonagh. Kreider s'installe dans l'enclave et le danger se rapproche ; Brad Richards récupère entre les cercles mais choisit un lancer ras glace que Quick repousse. Il y avait plutôt la place en hauteur sur cette action. La deuxième unité spéciale entre en piste. John Moore tente un premier tir repoussé, et les Rangers restent en zone. Plein axe, Moore lance une deuxième fois et Pouliot lève sa crosse pour une déviation victorieuse, peu après la fin de la pénalité (1-0).

New York laisse son adversaire faire le jeu, lui assénant quelques mises en échec spectaculaires - Anton Stralman sur Drew Doughty, Ryan McDonagh sur Justin Williams - qui prouvent que l'équipe reste concentrée sur son sujet.

À la douzième minute, un contre des Kings pousse Mats Zuccarello à la faute. Sous la pression d'Anze Kopitar, le Norvégien envoie le disque hors des limites de jeu. Los Angeles obtient immédiatemment une énorme occasion, un tir de Alec Martinez de volée sur une passe de Marian Gaborik. Le palet traverse Lundqvist, s'arrête sur la ligne et Strålman dégage sous le nez de Carter et Gaborik. La vidéo le confirme : superbe geste défensif, sur le fil.

Les joueurs de Darryl Sutter peinent à se créer une autre occasion et échappent même à un surnombre, oublié par les officiels. La pénalité se termine mais les Kings continuent vers l'avant. Lundqvist sort deux bons tirs, dont un revers de Tanner Pearson qui avait perforé toute la défense sur la droite avec aisance.

À la dernière seconde, une erreur de Tyler Toffoli permet à Zuccarello de lancer au but. Dominic Moore cherche le rebond, que Quick contrôle. 1-0 à la pause, une avance qui n'a pas suffi lors des deux premiers matchs...

Deux buts d'avance... et un but malchanceux

Les Kings ont viré en tête au tirs (11-7) et surtout aux mises au jeu (20-4), ce qui leur permet de maîtriser la possession. Une longue présence, marquée par un tir excentré de Derick Brassard, redonne le palet à Los Angeles. Un grand dégagement lance Williams en deux-contre-un avec Gaborik. Le Slovaque reçoit le palet, seul sur la gauche. Il ajuste, tire et le palet percute la barre !

Les contres des Californiens mettent la défense en danger. Nouvel arrêt de Quick, nouveau débordement de Williams, qui donne en retrait à Stoll dont le tir échoue sur la botte du gardien des Rangers.

Mitchell concède sa deuxième pénalité du jour. New York n'exploite pas cet accrochage et ne lance aucun tir sur Quick jusqu'à huit secondes de la fin. Le portier bloque alors un lancer de John Moore en tête de cercle dévié par Brassard. Les esprits s'échauffent sur l'action. Doughty et Pouliot sont sanctionnés, et le cinq-contre-cinq revient après une nouvelle situation chaude sur le but californien, marquée par un tir de McDonagh et deux rebonds de Dominic Moore et Rick Nash.

Le temps fort new-yorkais finit par payer à la septième minute. McDonagh lance l'action. St. Louis entre en zone, avec relais de Derek Stepan qui lance au but. Chris Kreider attaque la cage et Quick ne peut maîtriser le palet. St. Louis le récupère et double la mise de près (2-0). Sur l'engagement, Derek Stepan perfore la défense à son tour et Quick peine à contrôler le tir. Une faute est appelée sur l'action contre Toffoli.

En infériorité, Kopitar teste Lundqvist d'un tir croisé et le Suédois repousse de la jambière. Le jeu de puissance s'installe sans parvenir à se montrer dangereux. Après un arrêt de Quick à quelques secondes de la fin de la pénalité, Girardi reçoit le palet à la bleue et sa crosse se brise sur le contrôle. Dustin Brown s'empare du palet et file en échappée. Il fixe Lundqvist et le trompe au bout de la jambière (2-1). Après son erreur du match 1, Girardi est vraiment maudit !

Pire pour les Rangers, ils subissent immédiatement les assauts adverses. Carter, servi dans la neutre, contourne la défense et se présente seul devant le gardien pour un arrêt difficile puis une séquence dangereuse devant la cage. Stralman échappe sur l'action à une pénalité pour cinglage. Les assauts se poursuivent avec un tir de Martinez, bloqué par le portier suédois. Puis, Tanner Pearson récupère et remonte la patinoire sur la droite, avant de repiquer vers le but en contournant Staal pour un nouvel arrêt.

New York, en difficulté, s'en remet à son meilleur joueur de la finale. Mats Zuccarello gagne son duel face à Voynov et tente un tour de cage, avant d'expédier le rebond hors cadre.

Un feu de paille car la fin de tiers tourne à l'avantage des Kings. Gaborik déborde à gauche et Lundqvist sort son tir. Puis, Toffoli envoie un tir dangereux, Pearson prend un rebond tout aussi menaçant. Enfin, Williams vole un palet dans une crosse adverse et trouve Stoll en retrait. Malgré une position idéale, l'attaquant ne cadre pas. La pression se poursuit sur le rebond, et Dominic Moore charge Dwight King dans le dos. Une pénalité évidente. Cette chance d'égaliser est gaspillée, sans aucune occasion franche. New York est pris de vitesse une dernière fois. Carter laisse Girardi sur place sur le côté gauche, repique vers le but et le gardien suédois réalise un nouveau miracle. New York est sous pression.

Fort Alamo

Los Angeles va-t-il encore remonter un handicap de deux buts ? Les Californiens s'y emploient rapidement, sous l'impulsion d'Anze Kopitar et d'un échec-avant agressif.

Les Rangers répliquent en exploitant quelques palets perdus, à l'image de Dorsett sur une erreur de Doughty. Le tir en pivot du quatrième ligne rate le cadre. Les Kings commencent à gamberger face à Lundqvist. Nouvelle mise au jeu gagnée par Kopitar et Brown récupère, se retrouve seul devant le but mais ne trouve pas la faille.

Le palet ne quitte plus les crosses des visiteurs, qui campent dans la zone new-yorkaise. Le compteur de tirs affiche 33-18 à dix minutes de la fin du match en faveur des joueurs de Darryl Sutter, et Lundqvist continue à écoeurer Gaborik, puis Toffoli à bout portant, servi en retrait par le Slovaque. Puis, c'est un tir excentré que Lundqvist repousse malgré un écran de Stoll. Sa défense se met au niveau avec des actions d'éclat de Staal et Girardi pour priver Carter et Kopitar d'occasions dangereuses.

Le troisième tiers est une attaque-défense à grande échelle. Les Rangers s'accrochent à leur but d'avance, se sacrifiant pour contrer les tirs, garder le disque dans les bandes et presser le porteur du palet.

À deux minutes de la fin, les Kings se créent une nouvelle situation explosive. Clifford et Mike Richards travaillent au fond et l'ancien Flyer sort du coin. Il lance au but depuis l'aile et Lewis, devant l'enclave, cherche le rebond, sans réussite. À une minute de la fin, Martinez envoie un lancer en pivot et Lundqvist le contrôle de justesse : une pile de joueurs se forme alors que le disque stationne sur la ligne, freiné par un petit tas de glace. Derek Stepan le repère en premier et le déplace du gant sous le gardien. Il ne referme pas la main sur la rondelle et les arbitres ne le sanctionnent donc pas, malgré une action confuse.

Jonathan Quick sort sur l'engagement suivant et Boyle dégage de loin, juste à côté de la cage vide. C'est un dégagement interdit. New York résiste encore aux vagues californiennes. Les tirs pleuvent face à une défense recroquevillée sur son but. Jusqu'à la dernière seconde, Lundqvist protège sa ligne malgré les efforts des attaquants des Kings, avec Brown, Carter et Kopitar à quelques centimètres du but.

Le champagne est arrivé trop tôt pour Los Angeles, qui va devoir le rapporter dans ses bagages. La série retourne en Californie : trois victoires à une.

New York aura bataillé toute la partie et gagné ce bras de fer grâce à un match exceptionnel d'Henrik Lundqvist. Avec 39 arrêts, dont 15 au dernier tiers, le portier suédois, bien aidé par une défense emplie d'abnégation, permet à son équipe de survivre deux jours de plus. Ceci dit, la tactique était risquée : New York n'a envoyé qu'un seul tir au but après celui du 2-0 !

Rendez-vous vendredi pour le match 5...


New York Rangers 2-1 Los Angeles Kings (1-0, 1-1, 0-0)
Finale de la coupe Stanley. Los Angeles mène la série trois victoires à une.
Mercredi 11 juin 2014, 20h20. Madison Square Garden de New York. 18006 spectateurs.
Arbitrage de Dan O'Halloran et Wes McCauley assistés de Derek Amell et Brad Kovachik.
Tirs : New York Rangers 19 (7, 11, 1)), Los Angeles Kings 41 (11, 15, 15)
Pénalités : New York Rangers 6' (2', 4', 0'), Los Angeles Kings 8' (2', 6', 0' )

Récapitulatif du score
1-0 à 07'25" : B. Pouliot assisté de J. Moore et D. Brassard
2-0 à 26'27" : M. St. Louis assisté de C. Kreider et D. Stepan
2-1 à 28'46" : D. Brown

 

New York Rangers

Attaquants
Chris Kreider - Dominic Moore (2') - Martin St. Louis
Carl Hagelin - Derek Stepan - Rick Nash
Benoit Pouliot (+1, 2') - Derick Brassard (+1) - Mats Zuccarello (+1, 2')
Brian Boyle - Brad Richards (A) - Derek Dorsett

Défenseurs
Ryan McDonagh (+1) - Dan Girardi (A, +1)
Marc Staal (A) - Anton Strålman
John Moore - Kevin Klein

Gardien : Henrik Lundqvist

Remplaçant : David Leneveu (G)
Blessé : Cam Talbot (G)
Réservistes: Raphael Diaz, Danny Syvret, Justin Falk, Dylan McIlrath, Tommy Hughes, Conor Allen (D), J.T. Miller, Danny Kristo, Ryan Bourque, Oscar Lindberg, Jesper Fast, Daniel Carcillo (A).

Los Angeles Kings

Attaquants
Marian Gaborik - Anze Kopitar (A) - Dustin Brown (C)
Tanner Pearson - Jeff Carter - Tyler Toffoli (+1, 2')
Dwight King - Jarrett Stoll - Justin Williams (-1)
Kyle Clifford (-1) - Mike Richards (-1) - Trevor Lewis

Défenseurs
Jake Muzzin - Drew Doughty (-1, 2')
Willie Mitchell (-1, 4') - Slava Voynov
Alec Martinez (-1) - Matt Greene (A)

Gardien : Jonathan Quick

Remplaçant : Martin Jones
Réservistes : Robyn Regehr (D, genou), Colin Fraser (A), Jeff Schultz (D), Andrew Bodnarchuk (D), Brayden McNabb (D), Linden Vey (A), Jean-François Berube (G), Jordan Nolan (A), Andy Andreoff (A).