Los Angeles Kings - New York Rangers (Finale de la coupe Stanley, match 5)

C'est le 26e match des playoffs pour les Kings de Los Angeles, qui égalent ainsi le record de Philadelphie (1987) et Calgary (2004). C'est aussi le 93e match de playoffs de cette édition 2014, le précédent record étant de 92 (1991).

Une bien longue saison donc, qui pourrait s'achever ce soir en cas de succès californien. Les hommes de Darryl Sutter mènent trois victoires à une et visent leur deuxième coupe en trois ans, après avoir perdu en finale de conférence la saison dernière.

Le match 4 fut copieusement dominé par les Kings. Menés 2-0, ils ont réduit le score puis finit le match en feu, ne concédant qu'un seul tir en près de trente minutes. Il aura fallu un grand Henrik Lundqvist, bien aidé par des sauvetages sur la ligne d'Anton Strålman et Derek Stepan (aidé par un tout petit tas de neige...) pour offrir un sursis aux Rangers.

New York a sauvé l'honneur mais espère surtout faire aussi bien que les Devils du New Jersey en 2012 en remontant la série vers un sixième match. Et les Rangers ne sont jamais aussi forts que dos au mur, avec un bilan de onze victoires et deux défaites sur les treize derniers matchs à élimination. Henrik Lundqvist en est le principal artisan avec près de 96% d'arrêts dans ce type de rencontre.

Los Angeles part fort

Les duels sont rapidement intenses et Rick Nash accroche Jake Muzzin, pour la première pénalité du match après seulement 1'44" de jeu. Lundqvist s'illustre avec un premier arrêt difficile de la botte sur un tir en pivot dévié de Drew Doughty, puis un second devant Muzzin de la bleue. Nash revient et les Kings conservent l'ascendant. Il y a déjà beaucoup de vitesse dans le jeu et le chronomètre défile sans interruption.

La domination des Kings se poursuit et, après six minutes, Williams envoie au fond. King le remonte vers Martinez, qui reprend de volée au point d'appui. Lundqvist sauve et Stoll et King bataillent dans l'enclave. Justin Williams trouve le palet et le glisse du revers derrière le gardien masqué (1-0).

Williams se montre encore une fois décisif et plus que jamais candidat au trophée Conn Smythe avec cinq buts, sept passes dans des matchs cinq, six ou sept. Cela lui fait sept points en finale et quatorze sur les onze derniers matchs...

L'intensité californienne dépasse cependant la limite peu après. Dustin Brown concède deux minutes pour retenir, juste après un tir de Martin St. Louis que Quick repousse de la plaque. Le jeu de puissance s'installe et Brad Richards tente deux tirs, dont un lointain qui vient trainer devant le but sans que personne ne le reprenne. Le troisième tir, de volée, de l'ancien du Lightning trouve Quick sur sa route. Le capitaine de Los Angeles revient au jeu mais New York est dans un temps fort. Hagelin, Stralman, Nash mettent le feu et les tirs pleuvent, sans réussite.

Les Kings répliquent par un lancer de Martinez. Le rebond file le long de la bande et Dustin Brown met Derek Dorsett au tapis d'une solide mise en échec.

New York tente de développer son jeu. Derek Stepan, servi sur la gauche, termine une contre-attaque par un tir excentré que Quick contrôle en deux temps. La ligne Kreider-Stepan-Nash apporte un danger permanent, mais n'exploite pas les rebonds nés des tirs contrés ou laissés par Quick. À deux minutes de la fin, Zuccarello contrôle le long de la bande et prend la défense à contre-pied d'une passe du revers. Klein arrive lancé dans l'axe et son tir est repoussé. Pouliot, qui trainait dans l'enclave, met Quick au sol et c'est une pénalité pour obstruction, le gardien en ayant perdu son masque.

L'unité spéciale tourne le palet, menée par Dew Doughty. L'arrière fait un bon tir, mais après une minute, il donne un coup de crosse inutile à Stepan et sort à son tour. Le quatre-contre-quatre n'est pas exploité, pas plus que les quelques secondes supériorité new-yorkaises avant la pause.

Des Rangers réalistes

Une quarantaine de secondes d'avantage numérique s'offre aux Rangers pour débuter la période. Cependant, ils ne parviennent pas du tout à combiner et Doughty sort de prison sans dommage.

Clifford lance l'attaque dans l'autre sens, déviant un tir de Doughty puis lançant Kopitar sur la droite. Le Slovène effectue une passe-abandon pour Brown, qui lance en hauteur dans la mitaine de Lundqvist.

New York frôle l'égalisation à la quatrième minute avec un tir de John Moore de la bleue. Brad Richards le dévie juste à côté du but, prenant Quick à contre-pied. Puis, le travail de Pouliot permet à Zuccarello de sortir de derrière la cage avec le disque. Le Norvégien tente un revers et le disque est dégagé.

C'est décidément un duel de gardiens qui s'engage, Lundqvist bloquant un essai de Brown après un débordement à droite. Le Suédois s'en sort peu après devant Stoll, infiltré dans l'axe, puis sur un tour de cage de Carter, lancé par Williams. Le palet ne quitte plus les crosses californiennes. Clifford élimine Strålman et trouve encore Lundqvist sur sa route.

Les Rangers s'en remettent à la ligne Pouliot-Brassard-Zuccarello, qui s'installe en zone offensive pour une longue séquence. Cela relance l'équipe, qui obtient une bonne chance sur un tir de McDonagh dans l'axe. Quick ne parvient pas à capter de la mitaine avec Dorsett devant lui et Boyle s'empare du rebond. Mitchell se jette et contre le tir devant la cage ouverte.

Peu avant le quart d'heure de jeu, Dwight King touche Zuccarello au visage et place New York en avantage numérique. Richards tente un premier tir de loin, repoussé. Les Rangers conservent la possession, font circuler le palet. McDonagh, au cercle, parvient à trouver un angle de passe vers Kreider, qui dévie au fond des filets (1-1). Premier point de la finale pour Brad Richards, à l'origine de l'action à la bleue.

La partie s'emballe. Kreider n'exploite pas une sortie hasardeuse de Quick et le palet file dans l'autre sens, où Clifford résiste à John Moore pour attaquer la cage et obtenir deux tirs, parfaitement sauvés par Lundqvist.

Il reste deux minutes lorsque les arbitres sanctionnent Dominic Moore pour un accrochage sur Willie Mitchell. Malgré une bonne pression, Los Angeles ne cadre pas ses tirs. Et à quatre secondes de la fin de la pénalité, vingt-cinq de la pause, Hagelin prend de vitesse Voynov et gagne son duel épaule contre épaule. Il décale Boyle. Le grand gabarit fixe Doughty, le contourne et nettoie la lucarne opposée (1-2). Les deux défenseurs étaient sur la glace depuis presque deux minutes entières.

Fin du tiers sur ce renversement complet de situation. Deux anciens joueurs de Boston College ont remis New York devant...

Les Kings ne lâchent jamais

Los Angeles a certes habitué ses fans à des retours d'anthologie, mais l'inquiétude transparaît dans les travées pendant la pause. Les Rangers abandonnent le palet dans les premières minutes, forçant Los Angeles à prendre l'extérieur, limitant l'espace pour le porteur du palet. Une fois récupéré, le palet est simplement renvoyé au fond pour un changement de ligne.

Les Kings paraissent manquer d'énergie et de créativité, obtenant très peu de tirs. Il faut attendre la septième minute pour voir une occasion franche. Mitchell, bien décalé, envoie un tir croisé que Lundqvist repousse de la mitaine. Brown se jette sur le rebond, au duel avec Stepan, et le portier suédois se déplace assez vite pour le contrer. Le disque revient sur Kopitar qui ne cadre pas face à un gardien et une défense hors de position. Sur l'engagement qui suit, Lundqvist contrôle en deux temps un tir de Muzzin dévié par Stoll, sous la pression de Carter.

La pression californienne pousse les Rangers à la faute et Muzzin entre en contact avec Zuccarello, pour une pénalité contestée par New York. La supériorité ne traîne pas. Il reste douze minutes à jouer lorsque Carter parvient à garder le palet en zone, à décaler Doughty qui envoie un tir croisé. Gaborik gratte le palet entre les jambières du gardien (2-2). Le Slovaque compte désormais quatorze buts dans ces playoffs, soit un de moins que le record d'équipe de Wayne Gretzky en 1993 (15).

Les noirs sont en feu et pilonnent la défense des visiteurs. À dix minutes de la fin, le compteur affiche 27 tirs à 13, avec un cinglant 9-1 dans le troisième tiers.

New York ne parvient plus à construire ni aligner trois passes consécutives. La relance pose de gros problèmes et offre des situations dangereuses à l'adversaire. Fébrile, Girardi commet par exemple deux erreurs de passe, et Carter manque de peu d'en profiter d'un lancer en hauteur. Les supporters entament un "We want the cup !" déterminé.

Il reste quatre minutes et, sur une rare mise au jeu dans la zone des Kings, Boyle surprend Greene d'un tir en pivot que Quick repousse de justesse.

La tension est palpable dans ces dernières minutes. Personne ne veut commettre une erreur fatale. Los Angeles se découvre un peu moins et la défense de New York respire un peu plus. Le public se lève pour les ultimes secondes, marquées par un tir surpuissant de Muzzin, servi en retrait par Kopitar, avec l'écran de Gaborik. Le palet frôle le poteau et la sirène retentit : prolongation !

Une prolongation mythique

Les Kings ont dominé 29 tirs à 15, et comptent même 21 tirs hors cadre pour faire bonne mesure. Malgré tout, c'est la troisième fois en cinq matchs qu'une période supplémentaire est nécessaire.

Un but en prolongation pour recevoir la coupe, le tout à domicile ? Ce n'est plus arrivé depuis 1980 (Bob Nystrom, Islanders) et auparavant, 1970 (Bobby Orr, Boston). À l'extérieur, Patrick Kane a le dernier (Chicago, 2010).

Lundqvist veille aux statistiques avec une série d'arrêts dès la deuxième minute devant Stoll et Martinez, avec Williams dans le coup bien sûr. Lundqvist sauve ensuite son camp sur un tour de cage de Gaborik.

Le match devient fou et Nash et Kreider mettent le feu dans la défense californienne. Stepan conserve bien le palet et Voynov l'accroche. Supériorité numérique pour New York, une chance en or de gagner la partie. Le palet circule bien et une passe de St. Louis traverse la défense vers McDonagh. Tir du défenseur, qui lève les bras... poteau ! Brown et Kopitar abattent un travail considérable et Voynov revient au jeu.

Les Kings repartent à l'abordage, menés par un Williams de feu, qui sert Mike Richards en retrait pour un tir sorti de l'épaule par Lundqvist. L'intensité du match est incroyable, avec une nouvelle percée à l'arrachée de Carter, puis un tir de Martinez. 

New York se crée tout autant de chances. St. Louis et Brad Richards interceptent et échangent en entrée de zone, et le petit ailier tente un tir difficilement sorti. Et le métal résonne de l'autre côté lorsque Toffoli sort de derrière la cage et lance en pivot depuis le cercle !

La coupe Stanley balance d'un côté à l'autre et n'a toujours pas choisi son camp... Williams lance Pearson ; premier tir, tour de cage, rebond, rien ne passe pour le jeune attaquant sur cette séquence menaçante. Lundqvist, intraitable, tient son équipe à flots.

Les Rangers résistent et se montrent piquants par moments. Quick sauve un tir sur une mise au jeu et les Kings repartent dans l'autre sens, avec un Williams qui frôle encore le but gagnant sur une déviation d'une passe de Stoll. La grosse présence de sa ligne a épuisé la défense qui ne peut s'en sortir que par un dégagement interdit. Richards gagne l'engagement, tire et Carter rate le rebond.

New York pousse à son tour en fin de période. Un tir de Girardi est dévié par Zuccarello, contraignant Quick à laisser un rebond dans l'axe. Le Norvégien reprend, sans réussite. Carter met la pression de l'autre côté, et Doughty se fait voler le disque à la bleue. Kreider file en échappée à quelques secondes de la fin... Quick sauve ! La prolongation s'achève et permettra aux cardiaques de respirer. Que d'occasions ! 42 tirs à 21 pour Los Angeles, et toujours 2-2. Kreider a raté le coche, comme lors du match 2...

Récolter une coupe Stanley après une double prolongation à domicile ? Detroit l'a fait en 1950, sur un but de Pete Babando. Los Angeles va devoir se montrer plus réaliste face à Lundqvist dans cette deuxième période supplémentaire.

La délivrance

Et les Kings entament fort avec un tir de Mitchell dévié devant Lundqvist par Carter... sur le poteau ! New York riposte par la ligne Zuccarello, soutenue par McDonagh. Le public reste debout depuis le début des prolongations et pousse ses joueurs. On file d'un but à l'autre. Après une action de Toffoli, Klein mène la contre-attaque en deux-contre-un. Greene défend bien sur Boyle, mais, dans la continuité, Clifford charge Dorsett dans le dos. Pénalité et New York pousse à son tour. Quick sauve devant John Moore puis Brassard, avant d'être secouru par son poteau à nouveau, lorsque Zuccarello dévie un tir de Girardi ! Les Kings, sous pression, se dégagent enfin et tuent la pénalité, sous les acclamations du public.

À mi-période, Nash, servi au cercle droit, rate une cage ouverte sur une passe de Stepan, à cause de la crosse de Voynov qui détourne le disque de justesse. Une nouvelle chance en or échappe aux visiteurs.

McDonagh et Doughty atteignent les quarante minutes de temps de jeu et continuent à mener leurs équipes. La fatigue se fait sentir des deux côtés, avec des passes et des contrôles moins précis. Le match devient le plus long de l'histoire des Kings, et l'horloge tourne encore. Doughty, servi par Kopitar, se heurte encore à Lundqvist. King et Stoll se percutent même dans le coin, et King parvient tout de même à servir Williams pour un tir dangereux du cercle. Mike Richards enchaîne, puis Trevor Lewis, sans plus de réussite.

À cinq minutes de la fin, Los Angeles contre-attaque à trois contre trois. Le tir de l'aile de Toffoli trouve la botte de Lundqvist, qui repousse sur sa droite. Alec Martinez a suivi, reprend dans la cage ouverte et offre la coupe aux Kings dans une explosion gigantesque (3-2).

Martinez, déjà buteur en prolongation du match 7 face à Chicago en finale de conférence, devient le héros du jour. Los Angeles remporte sa deuxième coupe en trois ans, et gagne encore un match après avoir été mené à l'orée du troisième tiers. Mais il aura fallu plus de cinquante tirs cadrés pour se défaire de Rangers accrocheurs, portés par un Henrik Lundqvist superbe. Et beaucoup de chance aussi, avec un nombre de tirs sur les montants étonnants dans ce match.

Le trophée Conn Smythe de meilleur joueur des playoffs est décerné à Justin Williams, meilleur marqueur de la finale, qui soulève par ailleurs sa troisième coupe Stanley - il égale Martin Brodeur parmi les joueurs en activité.

San Jose menait trois victoires à zéro face à Los Angeles. Ce n'était que le début d'un parcours incroyable, une succession de rebondissements pour une équipe qui n'a jamais lâché et s'est fait une réputation de revenants. La coupe Stanley retourne à Los Angeles.

Commentaires d'après-match

Henrik Lundqvist (gardien de New York) : "Je ne me suis jamais senti aussi fatigué. Nous avons tout donné, tout essayé, mais ça n'a pas suffi. Je savais que ça finirait en larmes. Avec des larmes de joie ou de peine. C'est dur."

Jonathan Quick (gardien de Los Angeles) : "Ce furent les deux mois les plus fous de ma carrière dans le hockey. Indescriptible."

 

Los Angeles Kings 3-2 (ap.2) New York Rangers (1-0, 2-0, 0-1, 0-0, 1-0)
Vendredi 13 juin 2014, 17h20. Staples Center de Los Angeles, Californie. 18713 spectateurs.
Finale de la coupe Stanley. Los Angeles remporte la coupe 4 victoires à 1.
Arbitrage de Steve Kozari et Brad Watson assistés de Steve Driscoll et Shane Heyer.
Tirs : Los Angeles 51 (7, 10, 12, 13, 9), New York 30 (6, 6, 3, 10, 5)
Pénalités : Los Angeles 10' (4', 2', 0', 2', 2'), New York 8' (4', 2', 2', 0', 0')

Récapitulatif du score
1-0 à 06'04" : J. Williams assisté de D. King et J. Stoll
1-1 à 35'37" : C. Kreider assisté de R. McDonagh et B. Richards (sup. num.)
1-2 à 39'30" : B. Boyle assisté de C. Hagelin (inf. num.)
2-2 à 47'56" : M. Gaborik assisté de D. Doughty et J. Carter (sup. num.)
3-2 à 94'43" : A. Martinez assisté de T. Toffoli et K. Clifford

 

Los Angeles Kings

Attaquants
Marian Gaborik – Anze Kopitar (A) – Dustin Brown (C, -1, 2')
Tanner Pearson – Jeff Carter – Tyler Toffoli (+1)
Dwight King (+1, 2') – Jarret Stoll (+1) – Justin Williams
Kyle Clifford (+1, 2') – Mike Richards (-1) – Trevor Lewis (+1)

Défenseurs
Jake Muzzin – Drew Doughty (-1, 2')
Willie Mitchell (+1) – Slava Voynov (2')
Alec Martinez (+1) – Matt Greene (A, +1)

Gardien
Jonathan Quick

Remplaçant : Martin Jones (G)
Réservistes : Robyn Regehr (D, genou), Colin Fraser (A), Jeff Schultz (D), Andrew Bodnarchuk (D), Brayden McNabb (D), Linden Vey (A), Jean-François Berube (G), Jordan Nolan (A), Andy Andreoff (A).

New York Rangers

Attaquants
Chris Kreider – Derek Stepan – Rick Nash (2')
Carl Hagelin – Brad Richards (A) – Martin St. Louis (-1)
Benoit Pouliot (-1, 2') – Derick Brassard (-1) – Mats Zuccarello (-1, 2')
Brian Boyle (+1) – Dominic Moore (-1, 2') – Derek Dorsett

Défenseurs
Ryan McDonagh (+1) – Dan Girardi (A, +1)
Marc Staal (A, -1) – Anton Stralman (-1)
John Moore (-1) – Kevin Klein (-1)

Gardien
Henrik Lundqvist

Remplaçant : David Leneveu (G)
Blessé : Cam Talbot (G)
Réservistes: Raphael Diaz, Danny Syvret, Justin Falk, Dylan McIlrath, Tommy Hughes, Conor Allen (D), J.T. Miller, Danny Kristo, Ryan Bourque, Oscar Lindberg, Jesper Fast, Daniel Carcillo (A).