Présentation de Rouen 2014/2015

Une reconstruction, un retour dans la norme, sur des fondations ambitieuses !

Après une saison diététique, de privation, voire de frustration pendant laquelle les Dragons n’ont pas mis la main sur un trophée majeur, les Rouennais ont reconstruit une équipe toujours ambitieuse.

Les Normands ont remporté par la petite porte l’insignifiante Coupe de la Ligue. Puis, atones, ils ont été balayé en la finale de Coupe de France, en finale de Continental Cup, et en demi-finale des play-offs de Ligue Magnus. Cela, malgré un effectif expérimenté et pléthorique. Le plus coûteux de l’ « ère Thierry Chaix ». Un groupe trop sûr de lui, sans réelle remise en cause d’une méthode à succès établie, sans dispositif d’alerte, sans relance ni inspiration dans la difficulté, aux jeux de puissances éculés et obtus au fur et à mesure des échéances. Un contingent épuisé psychologiquement aussi par ses gains et ses exploits des quatre dernières années. Un effectif aveuglé par 4 mois d’invincibilité en début de saison et qui a sans doute péché par excès de confiance ensuite.

Après l’analyse d’une saison manquée, pour la prochaine, le staff rouennais a donc cherché à reconstruire une troupe avec des joueurs assoiffés de victoires mais sans pour autant tout casser. Parce que l’équipe a aussi eu des temps forts (deux participations à des finales, des excellents matches pendant les trois premiers mois, une victoire honorifique face au Donbass Donetsk futur quart de finaliste de KHL).

GARNIERrodolphe20131005099Pour cela, le président Thierry Chaix a logiquement décidé de reconduire son entraîneur de 46 ans, Rodolphe Garnier, qui a déjà mené le RHE76 vers quatre titres de champion de France. Malgré son CV, le coach aura beaucoup plus de pression cette saison. Sportivement d’abord, la périodicité idéale pour son directeur étant d’un titre (Magnus) tous les deux ans. Financier ensuite, car le club des bords de Seine ne peut pas se permettre de perdre les recettes engendrées par la participation à une finale de ligue Magnus deux ans de suite. Pour l’avenir enfin, avec l’ambition de participer à la CHL qui aidera le club à franchir un nouveau palier.

On peut penser qu’Ari Salo, 50 ans, ex-Dragon de 1995 à 1997, arrivé de Gap où il œuvrait en tant qu’Head coach, lui sera une aide précieuse dans l’intégration des U18, U20 et U22 dans le groupe pro. Il sera en charge du hockey mineur à la place de Kinding, qui a refusé un rôle recentré sur les jeunes, dans l’organisation rouennais.

Avec labeur, le staff a convaincu le guerrier vétéran, Fabrice Lhenry, de ne plus être gardien titulaire. Pas à cause de ses performances, toujours excellentes. Pas à cause de son âge, 42 ans. Mais à cause du mois de blessure annuel qui fragilise l’équipe. En plus de son rôle de suppléant de luxe, l’international français aux 4 Jeux Olympiques et 17 championnats du monde sera l’entraîneur des jeunes gardiens internationaux U20 et U18 évoluant avec le CHAR : Tom Aubrun, 19 ans, et Quentin Papillon, 17 ans.

Pour jouer devant la cage, un accord a été trouvé avec le Canadien Nicola Riopel. Formé par François Allaire (formateur entre autres de Giguère, James Reimer et Patrick Roy), celui que l’on surnomme « Nick » ou « Rio » a eu beaucoup de succès et d’honneur étant jeune. En 2006, il a remporté la médaille d’or U17 avec l'équipe du Québec, qui a défait les États-Unis 5 à 2 en finale. « Une expérience inoubliable ». Le natif de St-Pie a ensuite continué sa formation junior en LHJMQ à Moncton. En 2008, il fait le camp d’automne de Montréal mais le tricolore lui préfère Robert Mayer [le Suisso-Tchèque, troisième gardien de la Suisse aux derniers championnats du monde qui finalement n’a pas franchi le cap de l’AHL, jouera à Genève-Servette cette saison]. En 2009, Nicola Riopel ne se décourage pas et établit un record de moyenne de buts encaissés (2,01) qui tient toujours aujourd’hui en LHJMQ ! À la suite de cette excellente saison où il est élu joueur de l’année, « Nick » est drafté par Philadelphie qui le fait jouer dans son club-ferme en AHL en attendant Johan Backlund (international suédois, actuellement au Slovan Bratislava en KHL), avant de renvoyer le futur Rouennais en junior, à Moncton, à l’arrivée du Suédois. Les deux saisons suivantes, Nicola Riopel est cantonné dans les clubs-fermes en AHL et ECHL et ne parvient pas à décrocher un contrat chez les Flyers. Aux intersaisons, il ne ménage pas sa peine. Il est invité au camp des Islanders en 2010 et participe à celui des Bulldogs d’Hamilton en 2011 pour y travailler et où il apprend beaucoup avec l’entraîneur chef Clément Jodoin. Las de ne pas décrocher son sésame pour la NHL ou l’AHL, ne voulant pas être catalogué « gardien d’ECHL » en y évoluant une troisième saison d’affilée, l’année du lock-out, il franchit l’Atlantique et se pose en Grande-Bretagne, chez les Dundee Stars. Elu deuxième gardien de la ligue d’outre-Manche, il y réalise de bonnes performances individuelles (91,5%) en dépit d’évoluer dans une équipe écossaise médiocre. La saison dernière, « Rio » à l’embarra du choix car beaucoup de clubs européens de bon calibre veulent l’accueillir. Il choisit de signer au Danemark, à Frederikshavn, un club ambitieux qui vient d’échouer en finale de Metal Ligaen. Mais si Nicola Riopel obtient un taux d’arrêts correct (90,2%), il quitte les White Hawks en janvier, remplacé par un modeste Suédois, Daniel Hansen (NB: qui ne sera pas renouvelé, tout comme le coach de l’équipe d’ailleurs). Dès lors, il devient papa pour la seconde fois. Puis, le gardien sobre, toujours placé, à la technique irréprochable, affamé de duels et de victoires, émarge chez les Dragons pour « donner confiance et stabilité » à l’équipe rouennaise. Dans un contexte familial affable, précédé d’une excellente réputation, le futur n°29 (?) disposera à Rouen de pas mal d’atout pour réussir à s’imposer.

GUILLEMAINleo20140128154En défense, assez vite, le RHE76 a confirmé le renouvellement de contrat des espoirs Léo Guillemain, (22ans, 114 matches pro, 2 sélections A) et Raphaël Faure (21ans, 145 matches pro, 4 sélections A), qui ont résisté à une rude concurrence, avec des hauts et des bas, mais au jeu complémentaire et chez qui il reste encore une marge de progression très intéressante.

Les internationaux français Antonin Manavian (27ans, 97 sélections), le charismatique joker 2013 que nous avons vu plus convaincant sous ce maillot en 2011/2012, et Jonathan Janil (26ans, 73 sélections) une valeur sûre qui jouera sa cinquième saison sur l’île Lacroix, poursuivent aussi l’aventure des « Noirs-et-Jaunes ».

Sans doute conscient des carences créatives de ses blue-liners, le staff rouennais a renforcé cet aspect du jeu en embauchant deux profils a priori plus offensifs que celui de Miloslav Guren, à qui on n’aura vraiment pas grand-chose à reprocher, que ceux de Lauri Lahesalu, Juho Mielonen et Andrej Tavzelj. Ce dernier aurait surpris son monde en signant un contrat en VHL (deuxième niveau russe) sans avertir la direction normande avant de l’officialiser sur son compte twitter.

Wes Cunningham, formé en OHL, entamera sa septième saison pro, dont cinq en ECHL, à Rouen. L’Ontarien de 27ans est polyvalent. Protecteur, agressif, défensif et physique, comme on le lui demandait cette saison aux Bakersfield Condors. Mais Wes Cunningham a assez d’habileté dans les mains pour jouer en supériorité. Il a d’ailleurs été nommé dans l’équipe-type d’ECHL en 2011 ! Ses capacités seraient plus adaptées au jeu européen qu’américain en plus d’être un joueur d’équipe (assistant-capitaine cette saison). Cunningham a prouvé qu’il savait s’adapter au fort patinage du vieux continent en Norvège, à Lorenskog, en 2012/2013, y rendant une fiche totale de 31 points en 41 matches d’Elite norvégienne (ainsi qu’ un « plus-minus » de +26). Il a quelques lointaines et maternelles notions de français, mais compte sur son épouse qui a étudié notre langue au lycée pour s’intégrer assez rapidement et découvrir un nouveau pays. Soigné d’une blessure au bassin, ouvert à un retour en Europe car il peut y montrer toutes ses compétences, il n’aurait pas tardé à signer son contrat lorsque l’offre du RHE76 lui est parvenue via son agent. Dans tous les cas, il a hâte de retrouver ses jambes de compétitions pour les mettre au service de « la meilleure organisation de la ligue Magnus ».

La seconde recrue à l’arrière est de deux ans l’aîné de Cunningham. Patrick Coulombe, petit Québécois d’1,70m est un gagnant. Il affiche un palmarès intéressant. Champion du monde U18 en 2003, champion QMJHL en 2005, champion d’AHL en 2011, champion de Slovénie en 2013. Il a aussi eu l’honneur d’être nommé dans l’équipe-type du championnat de Norvège 2012 où il succède à Mat Robinson qui évolue aujourd’hui en KHL, avant que Craig Shira, jouant en SM-liiga maintenant, le supplante l’année suivante. Formé en QMJHL à l’Océanic où il est considéré comme l'un des meilleurs défenseurs de l'histoire de l'équipe de Rimouski, Patrick Coulombe a eu Sidney Crosby comme partenaire durant deux saisons ! Cet arrière, au profil offensif, croisera en ligue Magnus d’anciens coéquipiers (Bernier, Tifu et Kuralt) fréquentés tout au long de ses huit saisons professionnelles, au cours desquelles il a joué 7 matches de NHL avec Vancouver. Une carrière pro qui l’a vu évoluer essentiellement en ECHL, même s’il compte aussi 61 parties en AHL dans le club ferme des Canucks. Ensuite, le numéro 5 a franchi l’océan en direction de l’Europe en changeant de club tous les ans. La saison dernière ses statistiques ont fondu mais Graz n’a pas été une équipe très dominante de la ligue pluri-nationale. Tablons sur une année sans (la seule de sa carrière) une blessure à la cheville, et sur le fait qu’à Rouen, le défenseur, qui souhaite jouer jusqu’à 40 ans si sa santé le lui permet, pourra recouvrer toutes ses habiletés. C’est sans doute sur celles-ci que Rodolphe Garnier compte pour les jeux de puissances et de transition rouennais.

Pour compléter les lignes arrières, les internationaux U20 Aurélien Dorey (20 ans en août) et Théo Lanvers (18 ans) seront en concurrence pour le(s) poste(s) de remplaçant(s).

Avec les arrivées de Cunningham et Coulombe, Rouen doit avoir renforcé le contrôle du palet à la ligne bleue (pour mieux performer dans la tactique actuelle ou en changer?). Par contre, il lui faudra trouver un leadership en infériorité numérique pour pallier le départ de la tour imprenable qu’était Andrej Tavzelj. Il semble que ce rôle devra sans doute être assumé collectivement.

DESROSIERSjulien20131019068À l’offensive, le RHE76 a été soumis à deux problèmes. Le premier a été financier. Avec un budget en baisse, il a fallu à la direction trouver des solutions pour respecter le traitement des joueurs qu’elle voulait conserver. Le résultat, c’est que les hommes-clés aux mains talentueuses des derniers titres, Julien Desrosiers, François-Pierre Guénette et Marc-André Thinel, qui ne peuvent être individuellement blâmés d’une saison quasi-blanche, ont tous les trois re-signé.

Le second a été de faire face aux nombreux départs de jeunes espoirs français. Anthony Rech (29 sélections A, 20 pts en 35 matches de ligue Magnus), Romain Gutierrez (192 matches pros), Dimitri Thillet (39 pts en 21 parties U22) et à un degré moindre d’Anthony Goncalves (42 alignements en pro la saison dernière), dont les départs massifs étaient difficilement prévisibles. Avec Janos Vas, Yannick Riendeau et Juraj Stefanka laissés libres, le chantier de l’offensive était conséquent.

Avant même que Marc-André Thinel et François-Pierre Guénette, deux des meilleures mains éprouvées du RHE76, ne re-signent au club, Maxime Lacroix a été la première recrue de Rouen. C’est sans doute la preuve qu’il compte énormément pour le staff. Le joueur natif de Québec à un passeport français car son père, Pierre, ex-joueur de NHL venu terminer sa carrière européenne en France (Villard, Tours et Viry), a obtenu la double nationalité franco-canadienne. Dirigé par Patrick Roy aux Remparts de Québec (LHJMQ), avec qui il remporte la coupe Mémorial en 2006, Maxime Lacroix a eu des statistiques impressionnantes lors de ses trois dernières années juniors (0,76 pts/match). L’année du titre lui vaut d’être drafté par Washington au 5e tour. Deux ans plus tard, il signe son premier contrat pro en 2008, aux Hershey Bears en AHL. Mais il joue le plus souvent en ECHL, où il conquiert deux titres suprêmes de champion (Coupe Kelly), en 2009 avec les South Carolina Stingrays et en 2010 avec les Cincinnati Cyclones.

Après deux autres saisons passées d’une ligue à l’autre, le joueur de centre arrive en Europe, à Odense, au Danemark. Placé à l’aile gauche, l’équipe jouant en défense, Maxime Lacroix a du mal à s’adapter au jeu des Bulldogs. Son rôle ne lui plait pas et il ne prend pas plaisir à jouer. Mais le futur Rouennais écrit tout de même une fiche de 40 points dont 15 buts, en 40 matches. L’an dernier, il décide de retrouver un jeu typique d’Amérique du Nord. C’est ce que Doug Christiansen, l’entraîneur américain des Steelers, lui promet à Sheffield, en EIHL, le plus haut niveau de Grande-Bretagne. Malgré une double fracture à une cheville contractée en septembre 2013 face aux Nottingham Panthers (il sera d’ailleurs provisoirement et numérairement remplacé par Ilpo Salmivirta), et une absence de trois mois consécutive, Maxime Lacroix a rendu une fiche de 36 points (18 buts) en 31 matches et, après un changement de coach, il conduira les Sheffield Steelers vers un nouveau titre. C’est donc un joueur de centre, qui sait ce qu’il faut faire pour gagner, qui aime le pressing avant, qui allie tactique et plaisir sur la glace, qui peut jouer dans toutes situations, qui débarque sur les quais de Seine. C’est un bel atout pour Rodolphe Garnier dans l’optique de la reconstruction des Dragons. Et dans deux saisons, qui sait, pour l’équipe de France ? Maxime Lacroix aura alors 29 ans…

Ensuite, le RHE76 a mis la main sur le Canadien Daultan Leveillé, un joueur de centre très rapide et adroit qui a travaillé fort (en vain, hélas) pour se tailler une place dans la NHL. À 17 ans, grâce à une saison prolifique en statistiques à Ste-Catharines en Ontario (GHL), il sera, en 2008, le premier joueur de junior B sélectionné à un premier tour de draft NHL (par Atlanta Trashers). Pour acquérir de la force, plus de sens du jeu, une meilleure prise de décision et du jeu défensif, il se « musclera » encore pendant 4 saisons dans le club de l’université du Michigan (NCAA). Il y a subi un début d’année 2011 tragique. En janvier, il perdait son frère aîné d’un an, avec qui il était très complice, à cause d’une maladie du sang très rare. Et, en février, il pâtit d’une rupture des ligaments croisés du genou gauche. Atteint moralement, l’Ontarien croise Chelios qui lui apprend que lui aussi a eu cette blessure avant de rejouer ensuite longtemps dans la ligue des étoiles, l’ambition de Léveillé.

Ainsi ragaillardi, Daultan Léveillé se dit qu’après-tout, il est de la génération des Stamkos et Dougthy. Comme facteur de motivation, il veut être aussi fort que ces gars draftés avec lui. Il se frotte dans les tournois d’été aux Tavares, Del Zotto et autres Pietrangelo. Daultan Leveillé revient au jeu la saison suivante mais n’accompagne pas le déplacement de la franchise des Trashers d’Atlanta à Winnipeg (qui deviendra les Jets). Il se prépare tout de même à une saison pro avec Gary Roberts (préparateur de Stamkos). Heureusement, 4 ans plus tard, Montréal avait encore de l’intérêt pour un joueur ayant affiché 30 pts (14+16) en 16 matches de play-offs. En 2012, Daultan Leveillé fait le camp des Bulldogs d’Hamilton (club ferme de Montréal) et y signe son premier contrat pro malgré le lock-out à venir et la concurrence qui en découle. C’est un accord à double volet AHL/ECHL. Il travaille fort à sa remise en forme mais coupé par l’organisation pendant la compétition, il finit la saison à San Francisco. En 2013, après un camp d’essai infructueux en AHL, il évoluera toute l’année aux Evansville Icemen (ECHL). Il joue plus de 60 matches avec des statistiques pas inintéressantes, mais un plus/minus ordinaire. Nous ne savons pas si Daultan Leveillé jouera au centre ou à côté mais quel que soit son poste, sa ligne, il faudra sur l’île Lacroix, et dans l’hexagone, aussi défendre ! C’est sans doute dans ce rendement-là (sans perdre son adresse devant le but) qu’on jugera si Daultan Léveillé se révèle, à 24 ans, une bonne pioche pour les Dragons.

En allant superviser Daultan Léveillé au Canada, Guy Fournier a remarqué un autre attaquant, Dan Koudys, qui s’est formé au hockey tout au long de ses études. Convaincu par son profil, le manager rouennais a saisi l’opportunité de faire signer l’ailier droit. Après son diplôme en poche, le natif de Grimsby (Ontario) a signé son premier contrat professionnel à 23 ans, l’an dernier, aux Pays-Bas, où il a évolué avec l’équipe promue de Dordrecht. Co-meilleur buteur de son équipe (26 buts en 35 matches), il aura réussi tous ses challenges (collectifs et personnels) dans le pays où a grandi son grand-père. Il est issu d’une famille de hockeyeurs, puisque son oncle, son cousin, son père et son frère, Joey, qui compte deux saisons en Oberliga, ont tous joué ou jouent à un bon niveau. A 24 ans, il débarque à Rouen avec des stats hollandaises impressionnantes mais qui sont à très largement relativiser compte tenu du niveau de la Eredivisie. Dans ses années juniors, Dan Koudys a été invité à un camp de sélection d’équipe Canada en vue du Mondial 2008 après s’être fait remarquer en Ontario chez les Cougars de Burlington. Cette invitation le met sous les projecteurs et il obtient une bourse pour étudier et jouer à l’Université de Bentley où le numéro 13 espère débuter une carrière comme Martin Saint-Louis (passé par la NCAA). La petite - 1,73m - recrue est précédé d’une réputation de joueur au patinage explosif, d’être un poison qui fait faire des fautes aux adversaires. Meneur déterminé, c’est un leader dans le vestiaire et il a une excellente éthique de travail. Bref, il a tout du profil d’un joueur de troisième ligne qui pourrait rappeler le petit Finlandais Niko Kantelinen, rouennais en 2003/2004, le leadership en plus.

CHARLANDfrancis20131129011La dernière recrue offensive rouennaise à l’heure d’écrire ces lignes n’était pas un inconnu en la personne de Francis Guérette-Charland (ex Grenoblois et Chamoniard). Encore une fois, comme Lacroix et Léveillé, Francis Charland a eu des honneurs et des stats pas banales dans son hockey mineur et junior aux Tigres de Victoriaville (LJMHQ) ou dans son hockey universitaire (à l’Université de Québec Trois-Rivières en CIS). Il a représenté le Canada à deux reprises, en U17 et aux universiades 2011. Ayant fait le camp des Blackhawks de Chicago en 2008, on l’aurait comparé à Luc Robitaille avant que des blessures ne se mêlent de son tout début de carrière. Désormais, il fera une priorité d’obtenir son diplôme universitaire avant de se lancer dans une carrière de sportif professionnel en Europe. Ce sera à Chamonix où il fait deux saisons. La première est ordinaire pour un renfort étranger mais la seconde est impressionnante. Malgré une certaine lenteur, il sera consacré meilleur buteur et meilleur pointeur en 2013 marquant 30 buts en 24 matches ! Ceci lui vaut d’être remarqué par la grosse organisation des Brûleurs de Loups alors sur la pente descendante.

Attendu comme le messie à Grenoble, soumis à la pression du top-scoreur, l’ailier droit ne trouvera les filets qu’au bout d’une longue série de 14 matches de Ligue Magnus sous le maillot isérois. Il finira beaucoup mieux la saison en enfilant neuf fois en 8 rencontres de championnat. Puis, six fois en 5 parties de play-offs. Mais le Québécois ne sera pas conservé par Grenoble qui n’a pas retrouvé son standing. Moins d’un mois plus tard, Francis Charland est repêché par l’Isothermic de Thetford Mines en LNAH, avant que l’on annonce son arrivée (surprise) en Normandie ! À Rouen, il sera moins sous les feux de la rampe derrière les emblématiques Guénette, Desrosiers & Thinel. Derrière aussi sans doute les prometteurs Léveillé et Lacroix. Ainsi protégé et avec la garantie de jouer au Québec en cas de déconvenue rouennaise, à 27 ans, Francis Charland pourrait recouvrer confiance, habileté et succès dans l’armada normande. C’est en tout cas le pari de l’organisation Seino-marine.        

Côté Français, Loup Benoit, 23 ans, a été légitimement conservé, et aujourd’hui, s’il n’y a pas d’autre arrivée (une vieille rumeur printanière annonçait Valentin Claireaux), un rôle de neuvième attaquant lui semble promis.

LAMPERIERloic20131203220L’international Loïc Lampérier, 66 sélections, avait un contrat de deux ans. Il sera donc encore rouennais. Et c’est tant mieux car le natif de Louviers a connu sa meilleure saison sur l’île Lacroix avec 14 buts marqués (égalant son meilleur total en Magnus). Balloté de la première à la troisième ligne, de l’aile au centre, difficile de dire sur quel trio jouera l’étudiant en kinésithérapie tant le chantier offensif s’annonce étendu en possibilités.

Johan Saint-André (20 ans), Alexandre Lubin (20 ans), Fabien Colotti (ex-Grenoble, 18 ans) et Vincent Nesa (18 ans) ou encore Julien Msumbu (17 ans) devraient se partager le rôle de remplaçant ou les trois postes d’une hypothétique quatrième ligne.

Il semble que le staff rouennais ait fait le choix d’apporter de la vitesse (Coulombe, Cunningham, Koudys, Léveillé), de l’adresse devant la cage (Léveillé, Charland) et de l’habileté dans la conduite du palet (Lacroix, Cunningham, Coulombe) à son effectif. Peut-être au détriment d’un peu de physique (Tavzelj, Vas, Stefanka), d’expérience internationale (Tavzelj, Vas, Stefanka, Guren) et de défense (Tavzelj, Vas, Stefanka, Guren)  

Ainsi constitué, l’effectif des Dragons, même théoriquement dévalué, n’en reste pas moins composé de nombreux talents. Même s’il reste l’alchimie à trouver et un travail régulier à accomplir, ce contingent peut permettre au RHE76 de renouer avec les titres. En tous les cas, Rouen, de retour dans la norme, ne pourra (toujours) pas, une fois de plus, être rayé des favoris de la Ligue Magnus.