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Bilan de la saison NHL 2013-2014 (1/3)

La saison 2013-2014 s'est achevée en juin par la victoire des Kings de Los Angeles face aux Rangers de New York. Une nouvelle saison remplie de spectacle et de suspense, entrecoupée par les Jeux olympiques de Sochi.

Hockey Archives vous présente le bilan équipe par équipe de cette saison de National Hockey League. Premier volet : les équipes classées de 21e à 30e.

 

30e - Buffalo Sabres

Cody HogdsonBilan : 8e de la division Atlantique, 52 pts - non qualifié en playoffs
21 victoires, 51 défaites, 10 défaites après prolongations ou fusillade
157 buts marqués, 248 buts encaissés

Quel chemin de croix pour les Sabres de Buffalo... La saison fut un véritable calvaire. Dès la préparation, une bagarre générale face à Toronto envoie Corey Tropp à l'infirmerie. Les Sabres débutent ensuite la saison avec quatre juniors : Zemgus Girgensons, Mikhail Grigorenko en attaque, Rasmus Ristolainen et Nikita Zadorov en défense. Les quatre joueurs, choisis au 1er tour des drafts 2012 et 2013, sont plein de promesses, mais bien évidemment trop justes à ce niveau. Bilan, deux victoires seulement lors des quinze premiers matchs. Dès octobre, le co-capitaine Thomas Vanek est envoyé aux Islanders contre Matt Moulson et un futur choix de draft. Le 13 novembre, le manager général Darcy Regier et le coach Ron Rolston sont remerciés. L'ancien Sabre Pat LaFontaine prend les rênes du club, pendant que Ted Nolan, sélectionneur de la Lettonie, arrive sur le banc.
L'équipe utilise alors pas moins de 48 joueurs, dont 9 gardiens (!) tout au long de la saison, un record d'équipe... LaFontaine désigne l'assistant général manager d'Ottawa Tim Murray à la tête du club avant de quitter le staff en mars pour reprendre sa position d'officiel de la NHL. En parallèle, les Sabres se séparent à la date limite des transactions du gardien Ryan Miller et de l'autre co-capitaine, Steve Ott.
Le bilan final ? Seulement 150 buts marqués, soit le plus bas total de la NHL depuis Tampa Bay en 1997-1998. Seulement 21 victoires et plus de 50 défaites, la pire fiche de la ligue depuis les Islanders en 2000-2001. Pourtant, l'espoir existe.
Si des quatre juniors du début de saison, seul Zemgus Girgensons a joué toute la saison, les quatre garçons porteront l'équipe à l'avenir. Ristolainen, champion du monde junior avec la Finlande, et Zadorov, ont été élus dans l'équipe type du mondial U20. Cody Hodgson (photo de droite), meilleur marqueur du club (44 pts, 20 buts) et Tyler Ennis, son dauphin (43 pts, 21 buts) sont encore jeunes (24 ans) et commencent à peine à toucher leur plein potentiel. Malgré une saison décevante, Drew Stafford ou Marcus Foligno sont de bons joueurs de soutien, et Brian Flynn a séduit en quatrième ligne. Mark Pysyk devrait pouvoir s'installer en défense, et on a aussi assisté aux débuts de l'ancien capitaine U20 américain Jake McCabe en fin de saison. Mike Weber s'est aussi imposé comme une bonne présence physique. Tyler MyersL'ancien vainqueur du trophée Calder, Tyler Myers (photo de gauche), reste inconstant, mais il a très bien fini la saison avant de se blesser.
Les acquisitions de Cory Conacher et Michal Neuvirth sont tout aussi encourageantes. Chris Stewart, pur buteur, est arrivé dans l'échange de Ryan Miller. Il ne lui reste qu'un an de contrat mais il apportera, au pire, un retour dans un échange. De jeunes espoirs acquis en cours de saison, comme Nicolas Deslauriers ou Hudson Fasching, disposent aussi d'un certain potentiel.
Pour finir, Buffalo a pu acquérir le grand espoir Sam Reinhart en n°2 de draft - la saison poissarde s'étant prolongée en perdant la loterie face à Florida... De bons espoirs comme Johan Larsson et Joel Armia auront aussi une réelle chance de faire l'équipe. Avec les départs de Christian Ehrhoff et Ville Leino (0 but en 58 matchs !) à l'intersaison, les Sabres ont pu aérer leur budget et apporter leadership et expérience avec Brian Gionta et Josh Gorges. Le propriétaire Terry Pegula a beaucoup investi ces dernières années, sans grand succès. Il faut espérer que sa patience finisse par payer avec une accumulation de choix de draft depuis trois ans.
De toute façon, après avoir fini quatorze points derrière l'avant-dernier, Buffalo ne peut que faire mieux. Malgré tout, cela sera très certainement insuffisant pour viser autre chose qu'un des trois prodiges de la draft 2015 : Connor McDavid, Jake Eichel ou Noah Hanifin...

 

29e - Florida Panthers

Bilan : 7e de la division Atlantique, 66 pts - non qualifié en playoffs
29 victoires, 45 défaites, 8 défaites après prolongations ou fusillade
196 buts marqués, 268 buts encaissés

Jonathan HuberdeauPour la douzième fois en treize saisons, les Panthers de Floride échouent à se qualifier en playoffs. Une situation qui s'est vite dessinée, avec six défaites en huit matchs pour ouvrir la saison. Après deux mois calamiteux (7 victoires en 26 matchs), l'équipe limoge Kevin Dineen et place Peter Horacek entraineur par intérim. Les résultats sont meilleurs en décembre (8 victoires, 5 défaites) avant une fiche de 50% en janvier. Mais la blessure du junior Alex Barkov aux Jeux olympiques coûte cher. Le jeune Finlandais a brillé en ce début de saison, montrant par séquences tout son talent. La fin de saison du club est catastrophique et les vacances prématurées concluent ce bilan.
Côté positif donc, la saison de Barkov, qui s'est rapidement installé au centre de la première ligne avec Sean Bergenheim et Brad Boyes. Boyes a inscrit 21 buts, soit le meilleur total du club et sa meilleure fiche depuis 2009. Nick Bjugstad s'impose aussi comme une grande satisfaction. Le grand gabarit a manqué quelques matchs en début de saison à cause d'une commotion, avant de revenir au jeu. Sa vitesse et sa taille lui ont permis d'inscrire 38 points, terminant tout simplement meilleur marqueur de l'équipe - sans doute le plus faible total d'un meilleur marqueur depuis des années...
La jeunesse de l'équipe a montré de belles promesses en dépit de ce bilan statistique déplorable. Vincent Trocheck a fini par gagner une place au point de participer au Mondial de Minsk avec les Etats-Unis, de même que Drew Shore. Les acquisitions de Jimmy Hayes et Brandon Pirri en cours de saison ont beaucoup apporté. Scotty Upshall a témoigné d'une petite efficacité (37 pts) mais surtout, a brillé par sa rigueur défensive. Dans une équipe au ratio +/- descendu dans les abîmes, Upshall est le seul à surnager à +1.
Au rayon négatif en attaque, le vétéran Tomas Fleischmann (huit petits buts) a disparu des écrans. Kris Versteeg, Marcel Goc et Shawn Matthias ont été échangés, et Tomas Kopecky a manqué la moitié de la saison, sans briller dans l'autre moitié. Quant à Jonathan Huberdeau (photo de droite), le talentueux deuxième année n'a pas du tout confirmé avec une maigre fiche de 9 buts et 28 pts. Il a mieux joué au Mondial à Minsk et devrait rapidement rebondir.
Erik GudbransonLe souci de Florida est surtout venu de la défense, qui a pris la sale habitude d'encaisser le premier but du match (52 fois, pour 12 victoires). Si Brian Campbell a produit, comme d'habitude (37 pts), si Tom Gilbert a constitué une surprise agréable (28 pts), les autres arrières ont déçu. Ed Jovanovski (37 ans) n'a pas joué son rôle de leader, a terminé en troisième paire avant de voir son contrat racheté, après une saison gênée par une blessure à la hanche. Dmitri Kulikov a même fini dans les tribunes en décembre, avant de mieux jouer en fin de saison. Encore très jeune, Erik Gudbranson (photo de gauche) continue à apprendre et à commettre des erreurs, de même que Colby Robak, utilisé lors de seize matchs en fin de saison. Mike Weaver enfin, a été échangé à Montréal en fin de saison.
268 buts encaissés, seul Edmonton a fait pire. Placement approximatif, changements de ligne hasardeux, jeu en infériorité poussif (dernier de la ligue à 76% de réussite), palets mal dégagés... Le chantier est important, et a commencé dans les cages. Tim Thomas, invité au camp, n'a pas convaincu, pas plus que le grand espoir Jakob Markstrom ou le vétéran Scott Clemmensen. Du coup, le staff a effectué un "retour en arrière" en récupérant Roberto Luongo de Vancouver à la date limite des transactions. Un Luongo qui n'avait jamais caché son envie de revenir en Floride, et qui gardera ainsi les cages pour les prochaines saisons.
Un gardien installé, une défense jeune et qui accueille le n°1 de draft Aaron Ekblad en juin : de quoi regarder vers le haut, même si on imagine plutôt Florida en quête d'un des premiers choix 2015. Il faudra désormais de la patience pour voir grandir tous ces jeunes talents. Et surtout, améliorer un jeu de puissance anémique : 10% de réussite, le pire total de l'histoire de la ligue.


28e - Edmonton Oilers

Bilan : 7e de la division Pacifique, 67 pts - non qualifié en playoffs
29 victoires, 44 défaites, 9 défaites après prolongations ou fusillade
203 buts marqués, 270 buts encaissés

En dépit de l'accumulation de premiers choix de draft, les Edmonton Oilers ne parviennent toujours pas à sortir des profondeurs du classement. La saison 2013-2014 n'a pas échappé à la règle et c'est une nouvelle déroute. La désignation de Dallas Eakins en tant qu'entraîneur-chef, en lieu et place de Ralph Krueger, en juin 2013, n'a pas changé la donne. L'attaque n'a pas pu compenser la faillite totale de la défense, la plus mauvaise de la ligue. La catastrophe s'est vite profilée avec seulement quatre succès lors des vingt premiers matchs. La saison était déjà finie avant même la moitié du championnat...
Il faut dire que l'expérience Devan Dubnyk a échoué. Le gardien n'a pas du tout su assurer son rôle. Du coup, le staff a multiplié les échanges pour améliorer ce secteur. Pas moins de six gardiens ont été utilisés, dont le vétéran Ilya Bryzgalov, vite échangé...
Ben Scrivens est finalement arrivé à mi-saison en provenance de Los Angeles et a su produire des prestations de qualité - à défaut d'être décisif - donnant enfin un peu d'espoir au public. Il signe 91,6% d'arrêt en 21 matchs, une fiche plus sérieuse que les autres. Février, mars et avril auront été bien meilleurs avec un bilan de 50% de succès pour cette fin de saison.
Au rayon comptable, Taylor Hall s'installe parmi les stars de la NHL en atteignant les 80 pts - le meilleur total des Oilers depuis Doug Weight - pour 27 buts. Il termine ainsi 7e marqueur de la NHL et paraît avoir progressé dans son repli défensif et son leadership, en dépit d'un ratio de -15. Il devance Jordan Eberle et David Perron, tous deux auteurs de 28 buts. Ryan Nugent-Hopkins a également progressé avec 56 pts. Le reste a moins convaincu. La blessure de Sam Gagner en début de saison a ouvert la porte au petit gabarit de Mark Arcobello, qui a surpris - en bien - avec 18 pts et une bonne présence aux mises au jeu. Gagner a repris sa place par la suite avec des statistiques moyennes et un jeu défensif médiocre. Encore plus médiocre, la performance du troisième n°1 de draft, Nail Yakupov. Le Russe termine avec un ratio de -33 terrifiant et n'a pas paru concerné par la saison, au point de voir fleurir les rumeurs de transferts. Enfin, Ales Hemsky a été échangé à Ottawa en fin de saison, puis Ryan Smyth a pris sa retraite devant un public conquis, pour un au-revoir qui fait figure de seul moment d'émotion dans la saison des Oilers...
Martin MarincinLa défense a failli, donc, derrière Andrew Ference, leader moral de l'équipe. Si Justin Schultz a pu produire 33 pts, le reste des lignes arrières a surtout fait preuve d'inexpérience. Le staff a multiplié les essais. Jeff Petry s'est installé avec 80 matchs disputés, mais les autres ont alterné : Philip Larsen (30 matchs) n'a pas été conservé et est rentré en Europe. Anton Belov (57 matchs), Martin Marincin (44 - photo), Corey Potter (16), Oscar Klefbom (17), le vétéran Nick Schultz (60), Taylor Fedun (4), Ladislav Smid (17), Denis Grebeshkov (7) et Mark Fraser (23) se sont relayés avec plus ou moins de succès.
Edmonton a donc fini en bas de tableau et a récupéré à la draft le pivot allemand Leon Draisaitl. Un peu de taille dans une équipe de petits gabarits, qui manque de physique et de qualité technique. L'installation dans l'équipe de défenseurs plus costauds devient impératif. Les espoirs Klefbom, Marincin et Darnell Nurse, voire Taylor Fedun, vont vite devoir progresser. L'encadrement par des vétérans devient indispensable. Cela ne servira toutefois à rien si Scrivens ne franchit pas le cap espéré dans les cages...


27e - Calgary Flames

Bilan : 6e de la division Pacifique, 77 pts - non qualifié en playoffs
35 victoires, 40 défaites, 7 défaites après prolongations ou fusillade
209 buts marqués, 241 buts encaissés

Sean MonahanCinquième saison consécutive sans playoffs pour les Flames de Calgary. Il faut dire que l'intersaison a très mal commencé. Les inondations spectaculaires qui ont frappé la ville ont également touché le Scotiabank Saddledome. En juin 2013, l'eau avait envahi jusqu'au dixième rang des tribunes ! La forte mobilisation pour réparer les dégâts a permis de rendre l'arena utilisable en seulement deux mois au lieu des six initialement estimés. Les Flames ont donc pu reprendre leurs quartiers juste à temps, avec un nouveau membre dans l'organigramme. Brian Burke, ancien manager général de Vancouver, Anaheim et Toronto, prend le poste de "Président des opérations hockey" en septembre.
L'équipe entame la saison moyennement, avec de bonnes contributions de Jiri Hudler et du rookie Sean Monahan (photo). Le premier choix 2013 signe six buts et trois passes en neuf matchs, gagnant définitivement sa place pour la saison. C'est le premier junior à s'installer à Calgary en 33 ans !
Novembre coûte cher. Le néo-capitaine Mark Giordano se brise la cheville. Le défenseur est suivi à l'infirmerie par Lee Stempniak (pied cassé) et l'ailier Curtis Glencross (genou). L'équipe coule au classement avant de perdre Monahan et Wideman en fin de mois... Le bilan catastrophique coûte sa place au GM Jay Feaster et son assistant John Weisbrod. Brian Burke prend les rênes de l'équipe "en intérim". Les blessures s'enchaînent dans les semaines qui suivent, Glencross se trouvant sur le carreau pour la deuxième fois, puis Kris Russell se blessant au genou. Les Flames concèdent sept défaites de suite à la maison et les playoffs sont déjà loin. La frustration transparait dans un match contre Vancouver en janvier, qui commence par une bagarre générale dès le coup d'envoi... La date limite des transactions permet à l'équipe de tenter de construire l'avenir en récupérant des choix de draft contre Reto Berra (Colorado) et Lee Stempniak (Pittsburgh). Plusieurs jeunes finissent la saison en NHL, dont le gardien Joni Ortio et l'attaquant Markus Granlund. La saison terminée, le convoité Brad Treliving prend le poste de manager général après avoir été assistant à Phoenix.
Le bilan comptable est donc particulièrement mauvais. Seul le défenseur Chris Butler a pu jouer 82 matchs, tous les autres connaissant des blessures. Jiri Hudler termine meilleur marqueur avec 54 pts, devant le défenseur Mark Giordano (47). Le néo-capitaine signe là son record de carrière et semble avoir pris le leadership laissé par les partants (Iginla, Kiprusoff, Bouwmeester). Mike Cammalleri, futur agent libre sans restriction, n'a pas pu être échangé à la date limite et termine meilleur buteur avec 26 réalisations. Le positif ? Les jeunes joueurs bien sûr. Sean Monahan, 18 ans, signe 22 buts et 34 pts, encourageant pour une première saison. Mikael Backlund termine quatrième marqueur avec 39 pts. Joe Colborne, Paul Byron et Lance Bouma se sont révélés de bonnes surprises dans le bottom-6, les deux premiers ayant même un potentiel pour viser plus haut. D'autres, comme Sven Bärtschi, Granlund ou Ben Hanowski, ont également débuté. Le dernier match de la saison a aussi vu Johny Gaudreau marquer son premier but dès son premier match, après une saison universitaire exceptionnelle.
Dans les cages, Calgary a longtemps cherché la solution. Berra échangé, Kari Ramo a joué l'essentiel de la saison, avec en seconds le vétéran de ligue mineure Joey MacDonald et le jeune Joni Ortio. Pas vraiment rassurant... D'autant que la défense a souffert. Giordano, TJ Brodie et Kris Russell ont plutôt correctement fait leur travail. Mais la blessure de Dennis Wideman n'a pas aidé. Calgary a du lancer de nombreux jeunes tout au long de la saison. Ladislav Smid est arrivé des Oilers en fin de saison, et plusieurs rookies ont débuté : Tyler Wotherspoon, Chad Billins, Christopher Breen et Mark Cundari. Au total, les Flames ont utilisé 44 joueurs, sans jamais trouver la bonne combinaison.
L'intersaison a permis aux Flames de continuer leur reconstruction. Monahan installé, Calgary espère bâtir autour de lui l'après-Iginla. Drafter Sam Bennett en n°4 en juin 2014 ajoute une nouvelle pierre à l'édifice. L'équipe parait avoir bien progressé tout au long de la saison, l'avenir n'est donc pas si noir à Calgary.


26e - New York Islanders

Bilan : 8e de la division Métropolitaine, 79 pts - non qualifié en playoffs
34 victoires, 37 défaites, 11 défaites après prolongations ou fusillade
225 buts marqués, 267 buts encaissés

Brock NelsonQualifiés en playoffs 2013, les Islanders de New York pensaient bien avoir tourné la page des années noires. Malheureusement, l'équipe n'a pas réussi à capitaliser sur cette performance. Cherchant à gagner en rudesse, New York entame son intersaison en envoyant Nino Niederreiter au Minnesota contre Cal Clutterbuck. Mais ce dernier se blesse en pré-saison et manque l'ouverture. Puis, Lubomir Visnovsky est victime d'une commotion et manque la moitié de l'année. L'expérience du Slovaque manquera aux jeunes défenseurs, qui peinent à tenir les attaquants adverses en respect. Après un mois d'octobre poussif, les Islanders décident de forcer le destin. Ils envoient Matt Moulson, en fin de contrat, à Buffalo contre la star Thomas Vanek et deux choix de draft. Malheureusement, cela brise la mécanique et l'équipe s'effondre en novembre avec quatre victoires pour dix défaites. La bonne entente de Tavares avec Moulson a disparu et, si l'Autrichien produit un point par match, il ne se révèle pas comme le leader espéré. Le bilan est plus stable dans les semaines qui suivent, alors que la conférence Est reste équilibrée. New York reste dans le coup et parait en mesure de remonter la pente. Les acquisitions de Peter Regin et Pierre-Marc Bouchard en février n'apportent pas grand chose.
Et la saison se termine virtuellement lors des Jeux de Sochi, lorsque le leader offensif John Tavares se blesse au genou alors qu'il fait partie des meilleurs marqueurs de la ligue. Garth Snow fait le ménage dans l'effectif, se séparant d'Andrew MacDonald et Thomas Vanek. La saison terminée, il négocie pendant les playoffs l'arrivée de Jaroslav Halak, qui sera le gardien n°1 pour la prochaine saison.
Que dire des joueurs ? En attaque, outre la saison remarquable de Tavares, l'autre bonne prestation est venue de Kyle Okposo. L'ailier fort restait sur une saison misérable (4 petits buts) et a parfaitement rebondi avec un record de carrière de 27 buts et 69 pts en 71 matchs. Une performance due en grande partie à son placement aux côtés de Tavares. Derrière, le Danois Frans Nielsen a apporté son jeu complet dans les deux sens de la glace avec 25 buts et 58 pts. Le bilan est plus réservé pour Josh Bailey, dont le juteux contrat de 5 ans apparait comme un boulet après un maigre total de 8 buts en 77 matchs. Le rapide Michael Grabner n'a pas non plus marqué autant qu'espéré. Le jeune Brock Nelson (photo), en revanche, a montré de bonnes choses pour sa première saison, avec 14 buts et 26 pts. L'ancien premier choix Ryan Strome s'est aussi imposé en cours de saison, avec 18 pts en 37 matchs. Le bottom-6 n'a pas démérité, autour de Matt Martin, Colin McDonald et Casey Cizikas. Enfin, la bonne surprise est venue d'Anders Lee, qui a fini la saison en feu avec 9 buts et 14 pts en 22 matchs après avoir débuté la saison en AHL.
En défense, Visnovsky n'a pu jouer que 24 matchs et a beaucoup manqué. Andrew MacDonald a récupéré l'essentiel du temps de jeu avant d'être échangé à Philaldelphie. Ce manque de leader rend la prestation de Thomas Hickey intéressante. Drafté en n°4 par Los Angeles en 2007, il ne s'était jamais imposé chez les Kings et avait été pris au ballotage en 2012. A 24 ans, il a franchi un cap sous ses nouvelles couleurs avec 22 pts en 82 matchs et un ratio de +5, le meilleur de l'équipe. Les jeunes Travis Hamonic et Calvin De Haan ont progressé, de même que Brian Strait, pris au ballotage depuis Pittsburgh.
La non qualification en playoffs a cependant beaucoup à voir avec la situation dans les cages. Le vétéran Evgeni Nabokov a réalisé une saison moyenne et inconstante. Ses jeunes remplaçants, Kevin Poulin et Anders Nilsson, se sont partagé la moitié des départs, sans vraiment convaincre. Ces performances médiocres dans les cages ont coûté cher dans une division Métropolitaine très disputée. L'acquisition d'Halak parait répondre à ce souci. Reste que la défense, très sérieusement rajeunie, pourrait avoir du mal à le protéger. L'attaque devra sérieusement produire et fournir du soutien à son joueur de franchise, John Tavares.


25e - Vancouver Canucks

Bilan : 5e de la division Pacifique, 83 pts - non qualifié en playoffs
36 victoires, 35 défaites, 11 défaites après prolongations ou fusillade
196 buts marqués, 223 buts encaissés

Kevin Bieksa

Le déclin des Vanvouver Canucks s'est poursuivi dans cette saison 2013-2014. Pourtant, les espoirs du staff étaient au sommet après la nomination du bouillant John Tortorella au poste d'entraineur-chef en lieu et place d'Alain Vigneault. Mais les Canucks ont fini par être plombés par la situation dans les cages. Incapables de trouver preneur pour Roberto Luongo depuis plusieurs saisons, les dirigeants choisissent d'échanger Cory Schneider à la draft, dans un revirement surprise.
Le style Tortorella, fait d'agressivité, d'échec-avant et demandant à tous de travailler en défense pour bloquer des tirs, ne passe pas. Le camp d'entraînement ultra-physique et sa gestion des frères Sedin non plus. Plusieurs joueurs sont même victimes de blessures en bloquant des tirs, à l'image d'Alex Burrows dès le premier match - douze rencontres à l'infirmerie ! Pourtant, le début de saison reste correct avec une belle fiche de neuf victoires pour cinq défaites en octobre. Novembre est plus hésitant et est surtout marqué par la prolongation de contrat des jumeaux suédois pour quatre ans et les honneurs au n°10 de Pavel Bure, retiré. Et marqué aussi par la suspension de Tortorella dans un match face à Calgary, marqué par une bagarre générale dès le coup d'envoi !
Le mois de décembre est de feu : dix succès et une seule défaite. Vancouver parait en bonne posture... et s'écroule. La fin de saison est un calvaire et la relation entre Luongo et Tortorella s'envenime lorsque l'entraineur décide de titulariser Eddie Lack pour le match en plein air face à Ottawa, devant 54 000 spectateurs. Luongo est finalement échangé en Floride à la date limite des transactions et les Canucks passent du meilleur duo de la ligue (Schneider-Luongo) à un duo complètement inexpérimenté (Lack-Markström) en huit mois. Une décision qui provoque la stupeur des fans. Les Canucks traînent leur misère et manquent les playoffs.
Côté joueurs, difficile de sortir quelqu'un du lot compte tenu de la piètre prestation offensive de toute l'équipe. Les frères Sedin n'ont jamais aussi peu produit (50 et 47 pts). Ryan Kesler, pourtant en santé toute la saison ou presque, signe certes 25 buts, mais seulement 43 pts et un ratio de -15 bien décevant pour un attaquant défensif. La deuxième ligne n'a pas existé et, si Chris Higgins, Zack Kassian et Mike Santorelli n'ont pas démérité, ils n'ont pas vraiment le profil pour des joueurs de top-6. Le manque de profondeur de l'effectif est clairement apparu et même quelques gros salaires ont déçu, notamment Alex Burrows, auteur de seulement 5 buts en 49 matchs. Une bonne douzaine d'attaquants aura été essayée, sans grande réussite. Les Danois Jannik Hansen et Nicklas Jensen ou l'ancien premier choix Jordan Schroeder n'ont pas vraiment réussi à s'imposer.
La défense aura souffert également. Dan Hamhuis sort du lot avec ses 22 pts et son ratio de +13, et Chris Tanev constitue une bonne surprise avec ses 17 pts et son +12. En revanche, la pitoyable prestation d'Alex Edler saute aux yeux : -39, dernier de la ligue ! Enfin, Jason Garrison était attendu en jeu de puissance et n'a pas vraiment convaincu. Kevin Bieksa a lui aussi joué en dessous des attentes. Enfin, la situation dans les cages apparaît comme un chantier monumental.
Le limogeage de Tortorella et du manager général Mike Gillis en fin de saison n'a donc surpris personne. Vancouver fait figure d'équipe en fin de cycle. Kesler a demandé à son tour à être échangé, les frères Sedin ont décliné, Burrows, Edler et Bieksa ont chuté... Les cadres n'ont plus le même niveau et c'est toute une équipe qu'il faut reconstruire.


24e - Carolina Hurricanes

Carolina HurricanesBilan : 7e de la division Métropolitaine, 83 pts - non qualifié en playoffs
36 victoires, 35 défaites, 11 défaites après prolongations ou fusillade
207 buts marqués, 230 buts encaissés

Cinquième année sans playoffs pour les Carolina Hurricanes. La franchise a quitté la division Sud-est pour la redoutable division Métropolitaine et n'a pas réussi à gérer ce changement. Sous la direction de Kirk Muller, l'équipe a été dans le coup une bonne partie de la saison. Les trois premiers mois présentent une fiche de 50% de victoire environ et le mois de janvier fut très positif, avec dix victoires pour quatre défaites. Le sprint final aura cependant coûté cher. Les Hurricanes n'ont pas pu passer l'épaule pour se frayer un chemin dans le top-8. Toujours à portée, jamais dans le bon tempo. La saison apparait celle des occasions manquées.
Offensivement, la production des stars n'a pas été celle que l'on attendait. Eric Staal, tout d'abord, mène certes l'équipe avec 61 pts, mais c'est son plus bas total depuis son année de rookie en 2004. Jordan Staal, Jiri Tlusty et Alexander Semin ont aussi joué en dessous des attentes (40, 30 et 42 pts respectivement). Semin n'a pas démérité défensivement, mais son inconstance a agacé les fans compte tenu du montant de son contrat. Il y a eu tout de même de bonnes surprises, dont le petit Nathan Gerbe. Le plus petit joueur de la NHL signe 16 buts et 31 pts, une bonne performance pour un joueur qui venait de voir son contrat racheté par les Sabres. L'ancien premier choix des Oilers Riley Nash s'est installé en NHL en signant une première saison prometteuse (10 buts, 24 pts). Le tout jeune Elias Lindholm, 18 ans, a connu quelques pépins physiques, mais s'offre 21 pts en 58 matchs.
La défense a également connu une bonne surprise. Acquis de Buffalo contre Jamie McBain, Andrej Sekera est devenu au fil de la saison le défenseur n°1 avec un record de carrière (11 buts, 44 pts et +4). Une bouffée d'oxygène pour des lignes arrières à la peine. Justin Faulk poursuit son apprentissage, de même que l'offensif Ryan Murphy. Les vétérans Ron Hainsey, Jay Harrison ont montré leurs limites. Mike Komisarek n'a finalement pas apporté grand chose et John-Michael Liles (acquis en cours de saison) a effectué en revanche des débuts intéressants sous ses nouvelles couleurs. Globalement, la défense aura commis beaucoup d'erreurs : relances hasardeuses, mauvais choix et placement approximatif n'auront pas aidé les gardiens.
Dans les cages, Cam Ward est bien loin de son meilleur niveau. Gêné par des blessures, il n'aura joué que 30 matchs avec des prestations médiocres. L'ancien vainqueur du Conn Smythe a même perdu sa place de n°1 au profit d'Anton Khudobin. Remplaçant à Boston, le Russe apparait comme le MVP de la saison à Carolina, avec 19 victoires, 14 défaites et 92,6% d'arrêts. Justin Peters, troisième larron avec 21 matchs, a signé 91,9% et s'est fait connaitre comme un potentiel gardien NHL, créant une controverse dans l'équipe, qui pourrait envenimer la prochaine saison.
Carolina fait figure d'équipe coupée en deux. D'une part, des stars payées cher mais complètement irrégulières. De l'autre, un bottom-6 de bric et de broc, de faible niveau NHL. Ce manque de profondeur est criant. Le manager général Ron Francis a en tout cas désigné un coupable, en renvoyant Kirk Muller et ses assistants à la fin de la saison.

 

23e - Toronto Maple Leafs

Bilan : 5e de la division Atlantique, 84 pts - non qualifié en playoffs
36 victoires, 38 défaites, 8 défaites après prolongations ou fusillade
231 buts marqués, 256 buts encaissés

Nazem KadriLa saison des Maple Leafs de Toronto a pris des allures de fable de La Fontaine : "le lièvre et la tortue"... Les Maple Leafs ont signé un début de saison canon, s'offrant un bilan de dix victoires pour quatre défaites en octobre. Les deux mois qui suivent sont plus poussifs, mais l'équipe réagit bien en janvier (neuf victoires, cinq défaites) et s'installe dans le top-8. Les playoffs paraissent à leur portée après la pause olympique. Quand soudain... patatras ! Deux victoires et quatorze défaites (!) pour finir la saison et Toronto continue à progresser au golf...
Pourtant, l'équipe s'était renforcée à l'intersaison. Jonathan Bernier devait concurrencer James Reimer. L'ex-portier des Kings l'a parfaitement fait et s'est installé en vrai gardien n°1, signant 92,3% d'arrêts. Mason Raymond, invité au camp, décrochait un contrat et terminait avec 19 buts et 45 pts, un bilan plutôt intéressant pour un joueur récupéré pour une somme modique. Phil Kessel a poursuivi son ascension vers les meilleurs joueurs de la NHL en terminant avec 37 buts et 80 pts. Son compère James van Riemsdyk touchait aussi les 30 buts, avec un bilan de 61 pts. Quant au jeune Nazem Kadri (photo de droite), malgré les rumeurs de transferts, ses 20 buts et 50 pts complétaient le podium offensif de l'équipe. Les blessures de Tyler Bozak et Joffrey Lupul n'auront pas aidé mais les deux hommes terminent la saison avec des statistiques honorables. Bozak signe un record de carrière (19 buts, 49 pts) avec un jeu défensif correct, grâce à un pourcentage de réussite au tir plus élevé que la moyenne.
Les déceptions en attaque se nomment plutôt Nikolai Kulemin (20 pts seulement) et surtout David Clarkson. L'ex-ailier des Devils avait capitalisé sur une saison record pour s'offrir un contrat monstre dans sa ville natale. Malheureusement pour lui, après une bête suspension de dix matchs concédée en fin de pré-saison pour avoir quitté le banc pour une bagarre face à Buffalo, il n'a jamais rien apporté : bilan pitoyable de 5 buts et 11 pts en 60 matchs, et aucune entente avec les techniques Lupul et Kadri en deuxième ligne, pour finir dans le bottom-6.
Morgan RiellyMalgré le jeu de Bernier dans les cages, Toronto a surtout souffert en défense. Dion Phaneuf a souvent été critiqué mais le capitaine a sorti une saison correcte, avec 31 pts et un ratio de +2, l'un des rares positifs de l'équipe. Le +12 de Carl Gunnarsson apparaît aussi comme une bonne surprise, mais cette statistique masque mal les difficultés du Suédois en possession du palet. Phaneuf et lui ont eu fort à faire face aux meilleurs trios adverses et auront certainement besoin d'aide pour ne pas être autant acculé dans leur camp. Enfin, Cody Franson (33 pts), Jake Gardiner (31 pts) et le rookie Morgan Rielly (27 pts - photo de gauche) ont produit des statistiques similaires : qualités offensives indéniables, jeu défensif discutable avec beaucoup d'erreurs.
Toronto a très certainement bénéficié d'un excellent jeu de puissance (6e de la ligue), et échoué à cause d'un jeu en infériorité horrible (28e). Le travail sur la possession de palet et les équipes spéciales sera le grand chantier de l'été. Pour cela, Brendan Shanahan s'installe dans le staff en tant que "Président des opérations hockey". Un poste de direction au dessus du manager général Dave Nonis et du coach Randy Carlisle, qui sont finalement conservés à la surprise générale. En revanche, les trois adjoints sont limogés, de même que plusieurs personnes du staff. Confiance est donnée à Kyle Dubas, 28 ans, promu assistant général manager. Ce féru de statistiques dirigeait l'équipe OHL des Soo Greyhounds et apportera un regard neuf et moderne sur une équipe qui a beaucoup trop misé sur un hockey "à l'ancienne" basé sur des gros bras physiques... Place à l'ère des chiffres, pour mieux évaluer les joueurs ?


22e - Winnipeg Jets

Mark ScheifeleBilan : 7e de la division Centrale, 84 pts - non qualifié en playoffs
37 victoires, 35 défaites, 10 défaites après prolongations ou fusillade
227 buts marqués, 237 buts encaissés

Le passage dans la conférence Ouest se sera révélé compliqué pour les Winnipeg Jets. La franchise du Manitoba avait l'habitude d'affronter les faibles équipes de la division sud-est. La migration dans la division "Ouest" a certes économisé de la fatigue en déplacements, mais affronter les cadors de la ligue plus régulièrement... c'est autre chose ! Chicago, St-Louis, Colorado, Minnesota et Dallas sont tous passés en playoffs. Pas Winnipeg, qui a fini à sept longueurs des phases finales. Il faut dire que l'équipe est rentrée poussivement dans sa saison. Le mois d'octobre, négatif, a mis l'équipe sous pression. Winnipeg n'a pas pu s'appuyer sur un gardien fiable. Ondrej Pavelec n'a pas confirmé et son inconstance a coûté des points. Le jeu pauvre de l'équipe a fini par coûter sa place à Claude Noël. Paul Maurice est arrivé mi-janvier et l'ex-coach de Carolina a fait des merveilles. Sous sa direction, les Jets ont terminé avec dix-huit succès contre douze défaites et se sont rapprochés des playoffs, sans réussite.
Le club a malgré tout de sérieux problèmes avec ses cadres. Bryan Little, peut-être le meilleur joueur de l'équipe cette saison (23 buts, 41 pts) aura connu quelques soucis avec les fans, reprochant à certains d'entre-eux les critiques à l'encontre du capitaine Andrew Ladd. Ce dernier avait manqué un match fin mars pour la naissance de son deuxième enfant en pleine bataille pour les playoffs, recevant quelques commentaires acerbes de supporters. Autre souci, la gestion de Dustin Byfuglien, déplacé de la défense vers l'attaque malgré sa préférence pour les lignes arrières. Enfin, Evander Kane n'aura pas du tout apprécié le coaching de Paul Maurice, au point d'être plusieurs fois mis en tribunes dans le sprint final, attisant les rumeurs de transfert.
Ces soucis mis à part, l'équipe n'a pas démérité offensivement avec quatre joueurs au delà des vingt buts (Blake Wheeler, meilleur marqueur sous-estimé, Little, Byfuglien et Ladd). La profondeur est notable puisque sept joueurs ont franchi les 40 pts, dont le Tchèque Michael Frolik, très solide défensivement et précieux en infériorité. Le rookie Mark Scheifele (photo) aura aussi séduit, avec 34 pts et un ratio de +9 prometteur. Il a fini en feu en inscrivant 29 pts dans ses 39 derniers matchs avant se se blesser au genou. Il a toutefois pu participer au Mondial de Minsk.
La défense aura eu plus de difficultés, la faute à un poste de gardien en dessous. Pavelec signe un médiocre 90,1% d'arrêts, au point de se demander si le remplaçant Al Montoya (92%) n'aurait pas dû jouer plus...
La défense donc, n'a pas brillé. Byfuglien a eu des difficultés à naviguer entre défense et attaque. Du coup, Tobias Enstrom est devenu n°1 par défaut et le petit gabarit a peiné. Le rookie Jacob Trouba s'est retrouvé propulsé en tête de liste et a explosé. A 19 ans, il signe 10 buts, 29 pts, +4 avec un temps de jeu conséquent : près de 24 minutes par match après la pause olympique ! De quoi renforcer l'expérimenté Mark Stuart et le jeune Zach Bogosian, ainsi que l'ancien premier choix des Panthers Keaton Ellerby, enfin installé en NHL. Grant Clitsome, souvent oublié, a pour sa part très bien joué cette saison avant de se blesser.
Winnipeg doit avant tout régler ses soucis internes et les conflits avec ses joueurs vedettes. La progression au classement est tout à fait possible. L'équipe-ferme des Jets a ainsi atteint la finale AHL, offrant de belles promesses. Mais les jeunes doivent rapidement franchir le cap NHL pour que le public du Manitoba puisse enfin vibrer au rythme des playoffs. Il manque à l'équipe de vrais leaders offensifs "stars" pour concurrencer les gros bras de la division Ouest. Pas sûr que cela soit le cas en 2014-2015.

 

21e - Ottawa Senators

Kyle TurrisBilan : 5e de la division Atlantique, 88 pts - non qualifié en playoffs
37 victoires, 31 défaites, 14 défaites après prolongations ou fusillade
236 buts marqués, 265 buts encaissés

L'arrivée de Detroit et des deux équipes de Floride n'aura pas aidé les Senators d'Ottawa. La perte de leur capitaine historique non plus. Orphelins de Daniel Alfredsson, les supporters de la capitale canadienne auront assisté à la déroute de leur équipe. Après un mois d'octobre médiocre, Ottawa a joué à 50% de succès en novembre et décembre, avant de réaliser un excellent mois de janvier. En mars, les Senators n'ont que quatre points de retard, mais ils ne parviennent pas à passer l'épaule et échouent à se qualifier malgré un bon mois d'avril.
La défense, deuxième de la ligue en 2013, aura coulé avec une médiocre 27e place cette saison. Marc Methot n'a pas confirmé, Erik Karlsson a apporté son écot offensif (74 pts) mais n'a pas séduit défensivement (-15), Chris Phillips décline... Seul point positif, l'émergence du rookie Codi Ceci. L'ancien premier choix de draft s'est imposé dans l'alignement plus tôt que prévu. Appelé mi-décembre, il n'a plus quitté l'effectif.
Le point faible aura aussi été le jeu des deux gardiens. Craig Anderson, exceptionnel l'an dernier, a fait preuve d'inconstance. Quant à Robin Lehner, il n'a pas du tout justifié son statut de "gardien du futur".
Une défense en difficulté, et une attaque guère mieux portante. Alfredsson apportait son expérience et apparaissait comme le meneur d'hommes de l'équipe. Aucun joueur n'a réussi à reprendre le flambeau. Jason Spezza s'est retrouvé avec une pression considérable et n'a pas brillé autant qu'attendu (23 buts, 66 pts, soit premier attaquant de l'équipe tout de même), avec un ratio défensif de -26. Il a même été démis en troisième ligne... Pire, Bobby Ryan, très attendu depuis son arrivée d'Anaheim l'été dernier, a été victime d'une hernie en cours de saison. Son jeu s'en est ressenti et il n'a compté que 23 buts et 48 pts en 70 matchs. Autre point critique mis en avant, le coaching de Paul MacLean. L'entraîneur au style "dur" est entré en conflit avec ses joueurs. Stéphane Da Costa en est l'illustration parfaite : après avoir travaillé dur en AHL, il a obtenu une chance juste avant la pause olympique. Malgré un jeu reconnu par les fans et quelques buts décisifs, il a été renvoyé en AHL et jamais rappelé, au point de partir en KHL à l'intersaison.
Peut-on pour autant tout jeter ? Pas vraiment. Car les satisfactions existent. En attaque, Kyle Turris (photo) a franchi un cap et ses 26 buts, 58 pts s'accompagnent d'un ratio de +22 qui tranche spectaculairement avec le -25 de Milan Michalek... L'acquisition à bas prix de Clarke MacArthur s'est révélée payante, l'ancien Sabre et Maple Leaf signant 24 buts, 55 pts et un ratio de +12. L'ancien premier choix Mika Zibanejad s'est installé dans l'équipe avec 16 buts et 33 pts. En défense, outre Ceci, Jared Cowen et Patrik Wiercioch ont aussi gagné leur place, même si le premier a eu quelques soucis de hanche qui ont gêné sa progression. Avec cinq marqueurs de vingt buts, le top-6 a plutôt produit, mais le problème est surtout venu d'un bottom-6 pas très efficace devant la cage. L'acquisition d'Ales Hemsky en fin de saison pourrait apporter de la variété : l'ex-Oiler a inscrit 17 pts en 20 matchs.
Au final, Ottawa est à sa place. L'équipe n'a pas su confirmer sa bonne saison 2012-2013, qui reposait sur un niveau de jeu plus élevé que prévu de la plupart des joueurs, notamment des gardiens. Le retour à la normale a montré les limites de l'effectif, manquant de joueurs tranchants. Le départ de Jason Spezza pour Dallas à l'intersaison correspond donc à une nouvelle étape de l'opération reconstruction. De toute façon, les difficultés financières apparentes du propriétaire Eugene Melnyk vont certainement limiter les ambitions du club...