Un palet dans la mare (2) : Angers/surmenage

(Les questions de la ligue Magnus 2014/2015)

Angers est-il armé pour échapper au surmenage ?

JuretMichaelPour la seconde fois de son histoire, après son équipée de 1999, Angers va retrouver l’Europe et la Coupe Continentale. Une fois l’incorporation de Briançon, vainqueur de la coupe Magnus, dans l’aguichante CHL, la FFHG s’est bastonnée pour garder une place au chaud, en Continental Cup, au double vice-champion français. À partir de novembre, les coéquipiers de Henderson et de Lévèque vont succéder à ceux des légendaires Ferrari et Pourtanel (Benoît).

En jouant une poule de demi-finale à domicile, l’objectif des partenaires de Skinnars et de Busto sera de se qualifier. Indubitablement enthousiastes et apprêtés, l’amour-propre des protégés de Lacroix les rendra à la hauteur de l’évènement dans un Haras de gala. Avec les deux premiers du groupe qualifiés, on imagine mal les Ducs du président Juret, après avoir enfin pris l’ascendant sur leur vieux rival rouennais dans l’hexagone, ne pas rejoindre leurs maudits aïeuls sur le toit de l’Europe en janvier 2015. On leur souhaite. Ceci leur bâtirait une éphéméride démentielle. Coupe de la Ligue, Coupe Continentale, Coupe de France, Ligue Magnus... Angers a toujours voulu jouer pour gagner.

Il ne faudra pas qu’Angers y laisse trop de plumes et de dynamisme, car l’objectif final, c’est surtout cette honnie de Coupe Magnus qui se dérobe à eux depuis 7 longues saisons maintenant (heureusement, le champagne se conserve).

Pour répondre à ces appétits, le staff a plutôt bien remplacé les cadres envolés (Hardy, Bellemare et Fortier), allant chercher des solides voire prestigieux CV (Aubin, Tifu, Lefebvre). Les Ducs se sont renforcés à l’arrière en jouant aux chaises musicales, remplaçant Custosse par Bisaillon (incomparable). Leur entraîneur, Simon Lacroix, connaît les nécessités de ces joutes internationales. Il a disputé cette compétition à deux reprises avec les Dragons (calamiteux quart de finaliste à Mikkeli en 2001/02, et une Super finale à Gomel en 2004 après un long parcours resté légendaire).

Néanmoins, la Coupe Continentale arrive trop tard pour Angers. Les fondations, nous l’avons vu, se sont dérobées et une reconstruction n’est jamais expéditive, ni sans accrocs. Cela va forcément accrocher à un moment. De plus, le groupe a vieilli. La quatrième ligne, même en occupant Aubé à l’aile, a été à peine gonflée par les arrivées de Thillet et Griet. Baluch n’est plus là pour apporter sa présence, son énergie et sa hargne sur la glace. Le système défensif de Lacroix est dévoreur d’énergie. Le Grenoble de 2010, celui de Mats Lusth, s’est brûlé les ailes dans les exploits européens. Une prouesse en super finale contre Yunost à Pôle Sud, puis une élimination en trois matches secs face à Rouen en demi-finale de play-off. Et pourtant les Brûleurs de Loups étaient privés de coupe de France ! Rouen, ex-ogre éprouvé par quatre titres de Magnus, y a souvent perdu des ressources, du jus, jusqu’à sa sacrée soif de vaincre l’an passé.

Pour peu que les Ducs rencontrent le Gap de Basile, à proximité de la compétition européenne, ils ne bénéficieront pas de report, de repos, ou de traitements allégés dans leurs carnets de rendez-vous. Au contraire ! Et devinez où jouera Angers une semaine avant la Super Final ? Gagné, à l’Alp Aréna. Pendant que vous êtes sur le calendrier, regardez où vont les hommes de Lacroix avant leur demi-finale. À Rouen, impeccable ! Angers peut gagner, mais pas tout rafler ! Les Ducs favoriseront un trophée ou laisseront la compétition les brider au risque de les rendre bredouilles.