Un palet dans la mare (6) : Aubin/Chouinard

(Les questions de la ligue Magnus 2014/2015)

Aubin et Chouinard seront-il obligatoirement dans l'équipe étoile de la ligue Magnus ?

AUBINjeansebastienpaletdanslamare06Ah, cette saison plus besoin de se prendre autant la tête pour désigner les équipes mensuelles de hockeyarchives, avec les Aubin et les Chouinard, nous avons au moins déjà le gardien de l'année et l'ailier gauche (ou le centre) de chaque mois.

Ces gars, ils ont joué en NHL. Et pas qu'un peu. Ils vont refaire le coup de Reinprecht et de Montador. S'imposer sur CV aux grands témoins du quotidien l'Équipe et de la FFHG. Pas de doute.

Le gars Chouinard, il a été repêché en première ronde, le premier renfort choisi par Montréal. Mont – Réal ! L'attaquant a fait 90 matches dans la ligue des étoiles. Soit l'équivalent de plus trois saisons de ligue Magnus. Il mesure 1,91m pour 92kg. C'est une montagne qui va s'ajouter à celles du Vercors. Parce qu'il va jouer à Grenoble. Pas fou, le type ! Il ne va pas s'enterrer pareillement à ses prédécesseurs, à Épinal comme Daniel Goneau ou Éric Houde à Rouen. À Pôle Sud, il va forcément sortir de la cuisse de Jupiter dans une équipe au bout du Rouleau depuis qu'il est parti.

Qui pourra lui faire de l'ombre ? Ritz et Kearney ont quitté nos frontières. Desrosiers est régulier au-dessus de la trentaine de citations mais peut-il encore progresser dans une équipe ou les pointeurs sont légion. Reste le tenant du titre, Labrecque, qui était dans une année exceptionnelle, à renouveler. Le joueur de centre passé professionnel en France peut-il contester, à Briançon, un gars de la NHL ? Cela semble difficile.

Quant à Aubin, c'est le summum. Il a évolué 9 saisons en Ligue Nationale. Il y a fait une saison à 91,4% d'arrêts en 51 matches à Pittsburgh ! Une autre saison, à Toronto, il a eu de meilleures moyennes que Belfour et Tellqvist ! La saison d'après "Crazy Eddie" sera contraint de déménager et laissera la place à Jean-Sébastien aux Maple Leafs ! Rien que ça. Sans le récipiendaire de la saison dernière, Lerg, et sans les internationaux Hardy et Quemener sur son chemin, le trophée Jean Ferrand est pour lui.

CHOUINARDericvalerengatrening-002-grydis-noMais cela, c'était avant le 11 septembre du hockey français, le 9 mai 2014 et la victoire de l'équipe de France contre le Canada de Nathan MacKinnon !

Après tout, Buysse, Lhenry et Bonvalot ont fait mieux dans les chiffres qu'Hardy et Lerg. Si les deux derniers doivent gagner leur place ou attendrent leur heure, Henri-Corentin Buysse progresse doucement. À 26 ans, le natif d'Amiens se rapproche de la plénitude d'un portier de métier. Méconnu ou mésestimé dans un Dijon discret, si on fait fit du clinquant et de la facilité, il peut être un sérieux challenger décomplexé d'un Québécois, qui n'a pas connu que des sommets en carrière dont, il n'y a pas si longtemps, les play-offs italiens de 2013.

La réputation d'Éric Chouinard est mise en cause à chaque fois qu'un espoir du Tricolore tarde à s'imposer en NHL. On jase en espérant que ce ne soit pas un second Chouinard ! Ses plus/minus ont rarement été solides. Il a aussi été limogé à deux reprises. En pleine saison à Straubing en janvier 2009 et pendant les play-offs 2014 de Vålerenga sans que les motifs soient révélés par ces deux équipes. Son bouillant entraîneur de Grenoble, Richard Martel, peut le dégoupiller.

Néanmoins, tout bien regardé pour le MVP, il reste à parier sur des révélations fracassantes (Perret, Rioux, Thillet, Nesa, Di Dio Balsamo) car Gras, Chauvel, Perez, Papa, Romand, Béron, Arrossaména et Masson jouent dans des équipes poils à gratter et ils ne seront qu'élus en cas d'énorme surprise en haut des play-offs. Les précieux Lampérier, Raux, Tartari et Henderson jouent dans le club des quatre, mais ne sont pas les joueurs dominants dans leurs équipes. Avec un Grenoble finaliste, on pourrait voir Yorick Treille ?

Il semble que les Français soient donc des gravillons dans les patins des anciens pros d'Amérique, Éric (Chouinard).