La Chaux de Fonds - Dijon (match de préparation)

Trois matchs et autant de succès, la préparation ducale est jusqu'à présent irréprochable, bien que les premiers signes de fatigue se soient fait sentir contre Mulhouse. Ce soir, contre La Chaux de Fonds, c'est un adversaire d'un autre acabit qui attend les Ducs, et la plus grande rigueur est de mise sous peine de le payer comptant.

À la surprise des Dijonnais présents, prêts à assister à un match accroché comme c'est le cas depuis que les Ducs rencontrent les Abeilles, Dijon prend assez rapidement l'avantage.

Certes, une mauvaise relance de Benoît Quessandier amène un danger immédiat devant la cage bourguignonne, gardée pour l'occasion par Julian Barrier, mais celui-ci se montre serein. Le jeu s'installe un temps en zone dijonnaise, sans que La Chaux de Fonds parvienne à se montrer vraiment dangereux. Un petit contre est bien vite stoppé par les locaux. Quand les Dijonnais se retrouvent en supériorité, ils mettent à profit cet atout de façon quasi-immédiate, de la bleue, grâce à un Dame-Malka déjà incontournable (0-1 à 3'08").

C'est un but important face aux Suisses tombeurs d'Epinal sur le score de 5-2. Bientôt suivi par son petit frère : Briand trouve Gascon, qui offre un caviar à Rech (0-2, 4'32"). La Chaux de Fonds demande alors son temps mort, moins de cinq minutes après le début du match !

Les Abeilles en profitent d'ailleurs pour retourner en zone dijonnaise, mais le tir de la bleue est indolore. Barrier, régulièrement sollicité, répond présent. L'engagement physique des deux équipes est à noter. Le jeu s'équilibre avec peu d'actions vraiment dangereuses et de sollicitations des gardiens.

Dijon emporte bon nombre d'engagements, prétextes à se faufiler chez les locaux, même si la défense suisse joue resserrée. Cette phase de jeu plus calme frustrerait presque les spectateurs, mais Juho Mielonen, au demeurant impeccable depuis le début de la rencontre, relance l'intérêt par une faute. La défense dijonnaise supporte plutôt bien le supplice de l'infériorité, Barrier se chargeant de ce que ses coéquipiers ne parviennent pas à nettoyer. Pourtant, en toute fin de pénalité, Dijon se découvre, et le contre de La Chaux de Fonds est mortel. Barrier cède finalement (1-2, 16'40"). Pas le temps de se congratuler pour les locaux, qu'un retard de jeu les réexpédie en infériorité. Dijon est moins affûté, La Chaux de Fonds est plus concentré, la pénalité est tuée. Les Abeilles tentent encore de remettre le score à égalité avant la fin du tiers, sans succès.

Ce que les Abeilles n'avaient pu faire avant la pause, elles le font à la reprise. En treize secondes de jeu, un palet mal dégagé par Dijon atterrit dans une palette suisse. Barrier est surpris et ne peut réagir (2-2, 20'13"). Dijon vient de perdre son avantage, et se doit de le reprendre sur la supériorité numérique accordée dans la foulée ; ce sera chose faite par Mielonen, décidément en vue (2-3, 22'53").

Tout est à refaire pour La Chaux de Fonds qui s'y emploie avec envie. Mais les Ducs ont pris goût à la victoire et ne s'en laissent pas compter, même dans les moments de domination helvète. Le plus difficile ? Survivre bien sûr à une infériorité numérique. Barrier déploie des trésors de réflexes pour aider les siens ; las, voilà que le camp de base dijonnais est assailli quand Salmivirta rejoint Dame-Malka en prison. La minute de double supériorité ne profite certes pas aux Suisses, mais la dernière minute d'infériorité est fatale aux Ducs (3-3, 29'02").

Dijon est toujours en infériorité. L'effort est rude pour les visiteurs, qui parviennent néanmoins à conserver la marque malgré les coups de butoir suisses. Le jeu se temporise au retour de Salmivirta, pour le plus grand soulagement des Dijonnais. Barrier fait au passage comprendre de la mitaine qu'il est toujours là et bien là.

Le jeu s'interrompt alors pendant plusieurs minutes. Devin Muller, après avoir manqué sa charge sur Cacciotti, s'écroule au sol. Il sort sur civière, et ne retournera plus sur la glace avant la fin du match.

La Chaux de Fonds est comme galvanisé, Dijon se laisse complètement surprendre sur un contre, mais Barrier est heureusement impérial en un contre un. Les esprits s'échauffent, l'arbitre calme tout le monde en expédiant un joueur de chaque équipe en prison, sous les huées du public local. Les Abeilles restent en supériorité à la faveur de la pénalité de 2+2' infligée à Dame-Malka.

Le score ne bouge pas, entre autres grâce à la deuxième ligne qui non seulement abat du travail en défense, mais gagne aussi du temps en allant installer le jeu dijonnais en attaque. La fin de tiers voit les deux équipes se neutraliser.

Le 3e tiers débute comme le 2e, avec un but rapide de La Chaux de Fonds (4-3, 40'47"). C'est la première fois que les Abeilles prennent l'avantage. Dijon a souffert physiquement en fin de deuxième tiers, il reste à espérer que la pause aura reposé un peu les organismes.

Les Ducs prouvent qu'ils savent toujours attaquer, mais l'aisance de jeu n'est clairement plus la même. Un palet mal gelé par Barrier alourdit le score (5-3, 43'09"). Dijon semble à peine plus fringant qu'en fin de deuxième tiers, la lucidité en moins.

La ligne Cacciotti-Guttierez-Gauthier a beau s'illustrer, une nouvelle relance douteuse manque de plier le match. Ce n'est que partie remise, Barrier cède sur un marquage de joueur peu précis (6-3, 48'41"). Dijon a craqué et autorise même l'exploit individuel de Suisses alors en infériorité (7-3, 50'12"). Soyons honnêtes : le score est lourd, mais pas totalement immérité.

Cette fameuse lucidité qui fait défaut se ressent particulièrement quand les Ducs partent l'attaque. Il n'y a plus de réelle construction, les passes ne trouvent plus les palettes. Pour l'essentiel, Dijon résiste. La Chaux de Fonds, en face, déroule. Et parfois, 8 minutes, c'est long. Trop long, même, pour Barrier qui craque en deux contre un (8-3, 57'01"). On notera encore que les Bourguignons ont réussi à forcer le gardien de La Chaux de Fonds à deux arrêts consécutifs dans les dernières secondes. Trop tard. Pas de quoi changer la face du match, mais au moins sortir la tête haute.

Réactions d'après-match :

Jarmo Tolvanen (coach du DHC) : "Nous avons commencé assez fort, nous avons eu de bons buts en supériorité numérique, et je crois que la première période et la majeure partie de la seconde étaient solides. Ensuite, ils ont eu deux buts très très rapides au début du troisième tiers, et la partie était pour ainsi dire finie. On était justes, on a joué avec seulement 5 défenseurs et les joueurs étaient fatigués. Nous avons concédé des buts faciles, et évidemment la fin du match n'était pas très bonne pour nous. Pour un match de préparation, nous avons bien joué pendant 35 à 40 minutes."

Benoît Quessandier (défenseur du DHC) : "C'était un peu compliqué, évidemment. 8-3. On espérait forcément faire mieux, maintenant, on est en plein milieu de la préparation, donc on essaie de mettre les choses en place. Ce n'est jamais bien de perdre sur un score fleuve comme ça, mais on va se remettre au travail dès lundi, essayer de continuer à progresser. De toute façon il n'y a pas de secret, le fin mot là-dedans c'est le travail. Cela fait deux semaines qu'on est ensemble, je pense qu'on travaille bien jusqu'à présent. On va essayer de continuer et de progresser."

 

La Chaux de Fonds- Dijon 8-3 (0-2, 2-1, 6-0)

Samedi 30 Août 2014 à la patinoire des Mélèzes. 673 spectateurs.

Arbitrage de Yann Erard assisté de Cedric Borga et Marc-Henri Progin.

Pénalités : La Chaux de Fonds 12' (6x2'), Dijon 12' (2x2', 2x2'+2').

Évolution du score :

0-1 à 03'08" : Dame-Malka assisté de Rech et Salmivirta
0-2 à 04'32" : Rech assisté de Gascon et Briand (sup. num.)
2-1 à 16'40" : Burkhalter assisté de Bonnet et Barbero

2-2 à 20'13" : Mondou assisté de Neininger
2-3 à 22'53" : Mielonen assisté de Roussel et Cacciotti (sup. num.)
3-3 à 29'02" : Bonnet assisté de Sutter (sup. num.)
4-3 à 40'47" : Merola assisté de Forget et Jaquet
5-3 à 43'09" : Merola assisté de Forget
6-3 à 48'41" : Forget assisté de Neininger et Jaquet
7-3 à 50'12" : Poudrier (sans assist, inf. num.)
8-3 à 57'01" : Bochatay assisté de Forget et Merola