Dijon - Strasbourg (match amical)

Premier accroc dans la préparation ducale, un troisième tiers clairement pas à la hauteur des attentes contre la Chaux de Fonds, en Suisse. De quoi s'inquiéter ? Pas vraiment, à fortiori si l'adversaire n'est pas un futur adversaire de compétitions officielles. En ce mardi 2 septembre, en revanche, l'intérêt est supérieur : Dijon et Strasbourg se rencontreront en championnat, mais également, peut-être, dans les coupes.

Les deux premières minutes de match voient surtout les équipes se jauger, sans véritables occasions franches. Rech force Hiadlovsky à sortir de sa cage, qu'il contourne facilement. L'attroupement devant la cage ne lui permet cependant pas d'expédier le palet au fond, bien que le plus dur du travail ait été fait. Dame-Malka enchaîne un gros shoot dans la foulée, le jeu vient de s'éveiller. Strasbourg, en contre, peine à entrer en zone dijonnaise. La stratégie est payante pour les Dijonnais, qui inscrivent le premier but de la rencontre par Roussel, sans avoir été mis en danger de leur côté (1-0, 2'38").

Gauthier échoue en un contre un, alors que l'Etoile Noire ne parvient toujours pas à se créer d'occasions. Roussel, Mahier, à nouveau Mahier, côté locaux, c'est la fête des défenseurs ce soir, tout le monde tentant d'imiter Dame-Malka et son shoot qui jusqu'à présent satisfait pleinement le public. Dijon ne domine pas outrageusement, mais Strasbourg est étrangement statique ; le résultat est assez étrange, loin du hockey qu'on a l'habitude de voir à Trimolet. L'attentisme est toutefois rarement payant, et les visiteurs le payent cher : Dijon double la mise par Briand (2-0, 8'24").

La première pénalité, sifflée contre Dijon, relance tout l'intérêt du jeu : Strasbourg dévoile un powerplay séduisant, où le palet circule facilement. Il ne faut que quelques secondes aux Alsaciens pour tromper Buysse (2-1, 10'17"). Dans la foulée, Dijon enchaîne une nouvelle pénalité. Les Ducs sont un peu mieux préparés à la supériorité strasbourgeoise, mais cela ne suffit pas. Buysse cède encore (2-2, 12'44").

Les Dijonnais, pas très à l'aise sur le jeu statique ce soir, se montrent beaucoup plus habiles quand il s'agit de porter le palet à l'attaque. La deuxième ligne, toujours en vue, redonne d'ailleurs l'avantage aux locaux, dans le cours naturel du jeu (3-2, 16'13"). Strasbourg, hors powerplay, ne se montre toujours pas dangereux. La troisième ligne dijonnaise tente d'imiter la deuxième, mais le shoot de Kevorkian est dévié. Dijon est en supériorité pour la première fois quand la sirène retentit annonçant la fin du tiers. Le shoot de Dame-Malka percute Shupe à ce moment-là, qui lui fonce dessus, forçant les arbitres à intervenir avant le retour aux vestiaires.

À la faveur des décisions arbitrales, Dijon aborde le deuxième tiers en double supériorité numérique. Il ne faut que quelques secondes à Rech pour exploiter l'occasion d'accroitre l'avance dijonnaise (4-2, 20'36"). Strasbourg est toujours en infériorité, mais un powerplay franchement brouillon autorise Pardavy à partir en contre pour aider ses coéquipiers à recoller au score (4-3, 21'09"). Strasbourg montre un visage différent du premier tiers, plus incisif et de fait plus dangereux en attaque, sans avoir besoin d'être en supériorité. Pour preuve, Goldberg inscrit son deuxième but de la partie dans la lucarne de Buysse, sans lui laisser la moindre chance (4-4, 23'14").

Strasbourg se découvre en défense pour prendre l'avantage pour la première fois, Dame-Malka tente d'en profiter mais son slap s'élève au-dessus de la cage de Hiadlovsky. Les gardiens des deux équipes sont fébriles face aux tirs qui jaillissent de la bleue. Le n°50 strasbourgeois est entre autres bien bousculé, et avec Kevorkian c'est la fois de trop. Avec le caractère qu'on lui connait, "Vlad" rattrape le Dijonnais, mais l'arbitre intervient avant d'avoir à le sanctionner. Dijon se retrouve naturellement en infériorité, mais cette fois le powerplay de l'Etoile Noire est muselé.

Cacciotti est mis au sol devant la cage sur un contre dijonnais, mais cela n'empêche pas le palet de franchir la ligne (5-4, 34'06"). Strasbourg en réponse est tout près d'en faire autant sur un attroupement devant la cage de Buysse, sans le même succès. Dijon a repris le match à son compte, les visiteurs se contentant pour l'essentiel de défendre et partir en contre quand l'occasion se présente. Au demeurant, ils ne déméritent pas dans leur exercice défensif.

Au retour de la pause, c'est au tour de l'Etoile Noire de prendre le jeu en main, en occupant la zone dijonnaise. En contre, Dijon expédie joueur et palet dans la cage. Le but n'est bien entendu pas accordé, mais Strasbourg se retrouve en infériorité. Le powerplay dijonnais peine à s'installer, alors même que le penalty kill des visiteurs est en place. Dijon ne peut augmenter son avance. Strasbourg ne profite guère non plus de son contre, enchaînant une nouvelle faute. Cette fois, Dijon prend le temps d'installer son jeu. Les visiteurs ne touchent guère le palet que pour stopper les shoots locaux, au demeurant peu nombreux. Il s'agit de ne pas subir de contre. Beck, qui a remplacé Hiadlovsky, ne cède pas.

L'Etoile Noire repart à l'attaque. Les deux équipes se rendent contre pour contre, avec un engagement physique qui redonne enfin de l'intérêt à un match clairement amical jusque-là. Gauthier réussit à déloger Beck de sa cage, mais après avoir contourné la cage, impossible d'y faire rentrer le palet, même en l'absence de tout défenseur strasbourgeois. Sans aucun doute la plus grosse occasion du troisième tiers.

Qui dit engagement physique dit parfois aussi échange d'amabilités. Fait rare depuis son arrivée à Dijon, Quessandier joue du poing. Buysse est bousculé à son tour, et à trois minutes de la fin, on imagine assez que le tout pourrait tourner au pugilat. Rech, lui, ne rentre pas dans le jeu de la provocation et privilégie l'attaque, mais Beck est impérial sur un 2 contre 1 dangereux. Strasbourg tente aussi. Il est d'ores et déjà prévu qu'une séance de tirs aux buts sera disputée, reste à savoir si le match aura tout de même un gagnant avant la fin du chrono.

Il ne reste que quelques secondes de jeu, Beck rejoint le banc, sans succès. Après la déconfiture contre la Chaux de Fonds, Dijon s'est rassuré contre un futur adversaire, et a restauré la confiance.

Gascon s'élance pour le premier tir au but, entre les jambes de Beck, tout en facilité. Cibula est facile aussi.
La tache n'est pas plus complexe pour Salmivirta, alors que Buysse jour les murs infranchissables.
Rech n'a pas l'occasion de shooter, et Buysse cède, remettant les équipes à égalité.
Cacciotti tire sur la balustrade, Buysse ne se fait pas avoir une troisième fois.
Gutierrez échoue de peu quand Beck tend la botte, Buysse de son côté a compris le truc.
Gascon enfile son deuxième tir comme une perle sur un collier, Shupe tente de tromper Buysse par la droite, Buysse est prêt.
Dijon est doublement vainqueur.


Dijon - Strasbourg 5-4 (3-2, 1-2, 1-0)

Mardi 2 septembre 2014 à la patinoire Trimolet. 196 spectateurs.

Arbitrage de Benjamin Gremion assisté de Yann Furet et Hervé Roulet.

Pénalités : Dijon 26' (8x2', 1x10'), Strasbourg 26' (8x2', 1x10').

Évolution du score :

1-0 à 02'38" : Roussel assisté de Kevorkian
2-0 à 08'24" : Briand assisté de Roussel et Kevorkian
2-1 à 10'17" : Goldberg assisté de Marcos (sup. num.)
2-2 à 12'44" : Shupe assisté de Danford et Peroff (sup. num.)
3-2 à 16'13" : Cacciotti assisté de Gauthier et Gutierrez
4-2 à 20'36" : Rech assisté de Gauthier et Gascon (sup. num.)
4-3 à 21'09" : Pardavy (inf. num.)
4-4 à 23'14" : Goldberg assisté de Pardavy et Baeumlin
5-4 à 34'06" : Gutierrez assisté de Gauthier