Briançon - Genève-Servette (CHL 2014/15, groupe C, 4e journée)

La patinoire René-Froger fait ce soir ses adieux (pour longtemps ?) aux compétitions européennes, et elle sonne encore creux. Le contraste est saisissant par rapport aux tribunes jeudi à Villach, et on ne parle pas que du niveau sur la glace... C'est même encore là que l'écart est le plus faible... Alors que les Briançonnais boudent les places aux prix élevés, ce sont les supporters genevois qui assurent l'ambiance.

Pour ce premier duel francophone de la nouvelle Champions Hockey League, il ne faut pas s'attendre à un adversaire complaisant. Genève-Servette, même battu avant-hier lors du match retour à Göteborg par Frölunda (7-3), sait qu'il peut y avoir deux qualifiés dans cette poule et compte bien remporter ses trois dernières rencontres (deux contre Briançon et une à Villach) pour assurer sa place en huitièmes de finale.

Les Genevois, qui ont perdu leurs quatre meilleurs marqueurs de l'an passé, n'ont en effet renoncé à l'ambition. Ils ont recruté quatre Canadiens qui ont passé la saison dernière uniquement en NHL : le défenseur Paul Ranger, Matt D'Agostini et les frères Pyatt. Leur handicap pour cette phase de poules est que leur gardien Robert Mayer s'est fait une entorse de la cheville. Les Aigles doivent donc disputer cette CHL avec comme titulaire le jeune Christophe Bays, l'ex-doublure de Cristobal Huet à Lausanne qui vient de vivre une soirée difficile en Suède, remplacé après le cinquième but.

L'entraîneur briançonnais Edo Terglav tente une nouvelle combinaison de lignes, toujours en l'absence de son compatriote Ankerst. C'est cette fois Jimmy Jensen qui est testé sur le premier bloc, pendant que Cédric Di Dio Balsamo prend place avec Damien Raux - toujours affublé du maillot spécial de "top scorer" de son équipe avec ses 2 points - et la recrue Ian McDonald.

C'est néanmoins le troisième bloc de Briançon qui est aligné d'entrée, avec comme objectif de ne pas revivre le début cauchemardesque de jeudi. Pari réussi car les Diables rouges réussissent une entame solide. Ils ne concèdent guère de tirs pendant une pénalité de Tarantino. Le match s'emballe soudain après huit minutes avec un 2 contre 1 briançonnais qui manque la cage de peu, puis un breakaway d'Alexandre Picard sauvé par Madolora. Le jeu repart dans l'autre sens et Dario Truttmann prend la première pénalité suisse. Le jeu de puissance n'est pas meilleur pour les locaux que pour les visiteurs : un seul tir de Chakiachvili, avant de perdre le palet.

LabrecqueDaveLes Briançonnais ont bien plus d'espaces dans la défense adverse, et donc bien plus d'occasions, que dans leurs rencontres précédentes. Dave Labrecque, qui a pris une pénalité sans conséquence, se hisse à la hauteur de l'évènement en fin de première période. Il réalise d'abord un excellent travail derrière la cage avant de servir Jimmy Jensen dans l'enclave. Puis, sur l'action suivante, il ouvre lui-même le score à la surprise générale (1-0, 17'16").

Au panthéon des clubs français vainqueurs de leurs homologues suisses en match officiel, Briançon rejoindra-t-il Grenoble, deux fois vainqueur de Fribourg-Gottéron lors de l'EHL 1999, et Reims, qui avait battu Ambri-Piotta lors de la Coupe Continentale finalement remportée par le club tessinois ?

Les Suisses ont été remontés comme des coucous par Chris McSorley dans le vestiaire. Résultat immédiat sur la glace. Après un gros forechecking du néo-attaquant Goran Bezina, le top scorer Matt D'Agostini sert en retrait Kevin Romy pour une égalisation immédiate. Plus embêtant encore, sur l'engagement, le gardien Shane Madolora juge mal le rebond d'un palet envoyé en fond de zone et quitte sa position, offrant un but idiot en angle à Daniel Rubin (1-2, 20'40"). Deux buts en deux présences, exactement comme à Villach, mais avec un tiers-temps de décalage ! C'est psychologiquement dur pour les Briançonnais.

Le GSHC a compris qu'il fallait presser haut, et Roland Gerber arrive si fort dans le dos de Chakiachvili qu'il lui met la tête contre le plexiglas. Bien évidemment pénalisé, Gerber retournera en prison quelques minutes plus tard. Mais Briançon n'arrive jamais à s'installer en supériorité numérique face à une boîte suisse agressive.

Les Grenats finissent donc par creuser l'écart. Après un lancer de Paul Ranger à la ligne bleue, Cory Pritz n'arrive à écarter le rebond, ce dont profite Kévin Romy. Et deux minutes plus tard, Szélig et les défenseurs se font surprendre dans leur dos par Tommy Pyatt sur un palet qui a frappé la balustrade (1-4, 36'16"). Briançon ne gamberge pas trop puisque Marc-André Bernier trouve une magnifique lucarne sur une passe transversale de Jimmy Jensen (2-4, 36'44"). Chakiachvili fait trébucher Romy à deux minutes de la fin du tiers-temps, mais Taylor Pyatt se fait pénaliser à la fin de la supériorité numérique, et les Diables rouges reprendront donc le jeu à 5 contre 4 pour garder un peu d'espoir...

Sauf que le jeu avantage numérique de Briançon est catastrophique ce soir. Il ne va pas se réhabiliter quand le capitaine Marc-André Bernier se fait contrer en essayant de dribbler le rapide ex-joueur de NHL Matt D'Agostini, qui s'échappe en solitaire et bat Madolora entre les jambières (2-5, 40'56"). Taylor Pyatt prend deux autres pénalités dans les minutes qui suivent, comme pour narguer le jeu de puissance briançonnais qui n'arrive à rien.

Genève donne ensuite une leçon de powerplay avec deux buts en deux opportunités : quand Tarantino sort pour une charge contre la bande, Goran Bezina s'avance à mi-distance et enfonce le clou. Labrecque ne s'assied que quelques secondes en prison et le gros gabarit de Bezina masque cette fois le lancer de la ligne bleue de Romain Loeffel (2-7).

Une fois de plus, le score est lourd pour les champions de France par rapport à leur prestation, ce qui n'aidera pas à maintenir un club français invité dans cette compétition. Briançon pourra surtout déplorer son manque de concentration, notamment sur les débuts de période, et son impuissance en supériorité numérique.

 

Briançon - Genève-Servette 2-7 (1-0, 1-4, 0-3)
Samedi 6 septembre 2014 à 19h45 à la patinoire René-Froger.
Arbitrage de Markus Krawinkel (ALL) et Jérémy Rauline (FRA) assistés de Yann Furet et Thomas Caillot (FRA).
Pénalités : Briançon 14' (4', 4', 6'), Genève-Servette 14' (2', 6', 6').
Tirs cadrés : Briançon 21, Genève-Servette 39.

Évolution du score :
1-0 à 17'16" : Labrecque assisté de Bernier et Chakiachvili
1-1 à 20'32" : Romy
1-2 à 20'40" : Rubin
1-3 à 34'12" : Romy assisté de Ranger et D'Agostini (sup. num.)
1-4 à 36'16" : Tom Pyatt assisté de Rubin et Mercier
2-4 à 36'44" : Bernier assisté de Jensen et Labrecque
2-5 à 40'56" : D'Agostini (inf. num.)
2-6 à 53'33" : Bezina (sup. num.)
2-7 à 57'01" : Loeffel assisté de D'Agostini et Romy (sup. num.)


Briançon

Gardien : Shane Madolora.

Défenseurs : Florian Chakiachvili (2') - Gasper Cerkovnik (+1) ; Kevin Igier - Cory Pritz ; Viktor Szelig (-2) - Cédric Custosse (-2).

Attaquants : Jimmy Jensen - Dave Labrecque (4') - Marc-André Bernier ; Damien Raux (-1) - Cédric Di Dio Balsamo (-1) - Ian McDonald (-1) ; Lionel Tarantino (-2, 8') - Norbert Abramov (-1) - Pierre-Antoine Devin (-1).

Remplaçants : Antoine Bonvalot (G), Thibaut Farina, Guillaume Michelon. Absents : Mathieu Gagnon (blessé au poignet), Kevin Hamon (non conservé), Andreas Frisk (arrivée tardive), Jaka Ankerst.

Genève-Servette

Gardien : Christophe Bays.

Défenseurs : Daniel Vukovic (+1) - Christian Marti (+2) ; Paul Ranger (+1) - Eliot Antonietti ; Romain Loeffel (-1) - Jonathan Mercier (+2, 2') ; Dario Truttmann (+1, 2').

Attaquants : Alexandre Picard (-1) - Noah Rod (-1) - Arnaud Jacquemet (-1) ; Daniel Rubin (+2) - Taylor Pyatt (+2, 6') - Tom Pyatt (+2) ; Kévin Romy (+2) - Goran Bezina (+1) - Matt D'Agostini (+2) ; Timothy Kast (-1) - Roland Gerber (-1, 4') - Juraj Simek (-1) ; Christopher Rivera (-1).

Remplaçant : Gauthier Descloux (G).