Dunkerque - Anglet (Division 1, 1re journée)

Ces dernières années, recevoir Anglet en début de championnat n’a pas trop réussi aux Corsaires, laminés (1-6) en 2012 puis vaincus il y a un an pour la première derrière le banc de Carl Michaelson. Pour éviter le départ poussif de septembre 2013, ce dernier n’a rien laissé au hasard lors de la préparation, ponctuée de trois victoires en quatre rencontres. Face à un gros bras du championnat, Dunkerque aligne notamment une défense grandement remaniée à l’intersaison.

Pour la première fois depuis plus d’une décennie, et un an après les jumeaux Rozenthal, Grégory Dubois manque en effet à l’appel, ayant décidé de poursuivre à Wasquehal une carrière bien remplie. Son compère Ghislain Folcke étant contraint de délaisser le hockey suite à une commotion subie à l’automne et Jussi Laine parti à Reims, le public de Raffoux doit apprendre à composer avec de nouveaux venus « made in NCAA » (Young, Heavey) ou arrivés de la Côte d’Azur (Simon, Belov). Mais il attend surtout avec impatience les débuts d’un certain Miroslav Kristin, qui attire les attentions ce soir. La venue du brillant Slovaque éclipse même celle d’anciens joueurs de Magnus (Nilsson, Joffre, Kluuskeri, Öhberg).

Si son adversaire est finalement privé de Kai Öhberg, en attente de validation, Olivier Dimet aligne quant à lui ses recrues estivales, qu’il est pour certaines difficile de distinguer car les maillots version 2013-2014 sont de sortie. C’est toutefois bien Dave Grenier et son numéro 21 qui ouvre les hostilités d’une percée. Dans une rencontre paraissant bien engagée des deux côtés, Dunkerque se porte rapidement vers la cage défendue par Raibon, hésitant sur un lancer de la bleue de Ryan Heavey. Les débuts de l’ancien Grenoblois en Division 1 sont un peu plus contrariés lorsqu’une attaque lancée par Martial depuis sa zone et relayée par Kluuskeri permet à Maxime Brachet, décalé sur la droite, de trouver le haut du but (1-0 à 03'17"). Et si Martel veille devant Labonté, servi par Lagarde, c’est encore dans la zone basque que le feu couve. Une relance de Suzzarini se termine dans la crosse de Kristin, dont le tir en force est bien bloqué par Sébastien Raibon.

La faute de Maxime Brachet coupe l’élan corsaire et permet à Luc-Olivier Blain d’employer Martel, auteur de plusieurs arrêts successifs face à son compatriote. Sur le troisième, alors que l’Hormadi campe depuis une minute dans la zone, Francis Ballet est invité à gagner la geôle. Daramy prend le flambeau et oblige le gardien nordiste à écarter le palet de la plaque et surtout à une parade décisive, sur la ligne, les Aquitains pensant un temps à l’égalisation. Dans le même exercice, le jeu de puissance dunkerquois tranche considérablement avec les combinaisons déployées par les visiteurs, si bien que les hommes de Michaelson sont surtout inspirés à égalité numérique. Alignés avec l’ancien Gapençais Nilsson, Cyr et Kristin semblent déjà complémentaires… mais la contre-attaque Blain-Lagarde montre que les Angloys ne manquent pas d’arguments non plus.

C’est d’ailleurs le grand 89 qui hérite de la première occasion du tiers médian, sur une relance mal négociée par les bleus. Masqué, Marc-André Martel écarte également un essai de Léo Dutruel, au plus fort de la tourmente, le défenseur Vehmanen ne pouvant convertir le rebond. Dominés, les Corsaires n’agissent alors que par contre-attaques. Sur l’une d’elles, Clément Thomas se présente face à Sébastien Raibon, qui ne tombe pas dans la feinte et oppose les bottes (25'29").

Les Corsaires auraient pu se donner de l’air, ils se font finalement rejoindre. Dans son élan, Loïc Destoop fait tomber la crosse d’Alexander Eriksson, et voit de la prison Tomas Rubes trouver la lucarne droite (1-1 à 28'17"). Juste récompense pour le jeune Tchèque, très en vue et entreprenant sur le troisième trio, et égalisation logique au vu de la bonne reprise des Basques.

Dunkerque accuse un temps le coup, oubliant Mathieu André devant la cage et manquant d’inspiration avec le palet. Ballet et Heavey ne proposent que des montées solitaires, Kristin et Nilsson gâchent par un hors-jeu une possibilité d’attaquer… mais Dave Grenier, coupable d’un cinglage remet bien malgré lui les Maritimes dans le sens de la marche. Alerté sur la gauche, Clément Thomas manque son lancer… mais le disque glisse lentement vers le poteau droit ! Puis Ryan Heavey trouve de la bleue le masque de Raibon. À l’issue de ce premier jeu de puissance convaincant, les équipiers de Mathieu Cyr reprennent le contrôle du jeu et acculent les visiteurs. Ces derniers demeurent cependant létaux en contre, à l’image de Florent Neyens.

Le cours de la rencontre est totalement inversé, car les hommes d’Olivier Dimet ne profitent pas de la faute de Francis Ballet et tremblent face à Brachet, démarqué. La deuxième pause leur est salutaire, les paires Blain-Labonté et Daramy-Olsson, à l’affût de palets perdus, se heurtant à un Martel sécurisant. La vivacité du troisième bloc ne desserre aucunement l’étau. Ainsi, Destoop est contraint à accrocher Rubes dans la zone neutre. Xavier Daramy contrôle la passe d’Eriksson et s’avance vers Martel, encore présent. Le capitaine opte donc pour la combinaison, avec brio : le palet navigue allègrement entre lui, Eriksson et Blain. De la droite, ce dernier trouve finalement Sébastien Rousselin, intercalé dans le slot (1-2 à 48'06").

Les Corsaires réagissent par une nouvelle mine de Ryan Heavey. Raibon ne peut contrôler le palet, tout aussi insaisissable pour ses assaillants car Maxime Suzzarini fait le ménage avec trop d’allant au goût du trio arbitral. Cette troisième supériorité ressemble à s’y méprendre à la première, Young puis Ballet ne pouvant mettre de l’ordre et permettre au bloc de s’installer. Pire, les Corsaires sont désormais peu en verve au retour à cinq : à un dégagement interdit concédé par Belov succède un hors-jeu de Destoop. En face, les tergiversations sont moindres, Dave Grenier est à l’aise sur une montée seulement contrariée par le gant de Martel.

Alors qu’un tir en angle fermé de Xavier Daramy aurait pu sceller le sort de la rencontre, Dunkerque parvient à revenir de façon inattendue. La lutte est chaude derrière la cage de Raibon, un défenseur angloy reste au sol et le public croit le trio sur le point d’arrêter le jeu. La surprise se mêle donc au soulagement dans les rangs locaux lorsque Miroslav Kristin glisse le palet dans la cage ouverte (2-2 à 55'18"). Les protestations de Blain n’y changent rien. L’Hormadi reprend le chemin d’une cage bien gardée par Martel, dans le dos duquel son compère Labonté est accroché par Kluuskeri (58'11"). Dernière pénalité écartée sans ciller par les Flandrien, la vigilance Cyr et de Young, sur lequel Olsson butte, conduisant les deux formations en prolongation.

Temps supplémentaire engagé à trois contre quatre par les Corsaires et au cours duquel le principal acteur a pour nom Marc-André Martel. Certes secouru par son poteau sur un revers de Labonté, l’ancien portier de Mulhouse fait face au tir, sans contrôle, de Rubes, à la nouvelle percée d’Alexandre Labonté, écartée du bout de la botte, et à la montée d’Eriksson, déjoué de la plaque. Le dernier rempart rachète encore le dilettantisme de son arrière-garde face à Tomas Rubes et stoppe l’ultime essai de Grenier.

C’est finalement Mathieu André, premier joueur à s’élancer lors de la séance des tirs au but, qui aura raison de sa vigilance, sur la gauche du but. Il s’agira de la seule réussite de la série, marquée par un manque cruel de réussite pour les têtes d’affiche de chaque formation. Miroslav Kristin voit en effet sa tentative repoussée par la barre transversale, avant que Xavier Daramy ne voie le palet lui échapper à la bleue. Dernier tireur, Mathieu Cyr peut prolonger le suspense face à ses anciennes couleurs. Le 73 s’élance, feinte Raibon et se retrouve face à une cage grande ouverte… qu’il manque.

Fort de plusieurs trios capables de s’illustrer, notamment un troisième où Tomas Rubes a fait preuve de belles promesses, Anglet est souvent apparu en avance sur les automatismes et aurait pu (dû ?) l’emporter avant la prolongation. Les Corsaires empochent un premier point, qu’ils devront confirmer dès la semaine prochaine en Touraine.

Commentaires d'après-match

Carl Michaelson (entraîneur de Dunkerque) : "Ce ne fut pas vraiment un bon match à mon sens, d’un côté comme de l’autre. Olivier [Dimet] devait attendre plus, je pense, mais je suis heureux que nous ayons pu prendre un point en ayant mal joué. Je donne une note de ‘C’ à l’équipe, et prends une part de responsabilité après avoir changé mes tactiques. J’ai beaucoup appris dans ce match, car l’équipe n’a pas baissé les bras, mais il y avait aussi des choses négatives, sur le plan du caractère notamment. On doit appuyer sur l’envie, le sacrifice, ce qui nous a manqué ce soir face à une bonne équipe. Nous avons eu recours à des recrues nord-américaines que je connaissais ainsi que leur coach, mais aussi à des joueurs connaissant la France. Ainsi, Miroslav Kristin a joué de nombreuses années en France, il s’investit, parle français, c’est un plus. Il faudra travailler fort pour affronter Tours."



Dunkerque – Anglet 2-3 (1-0, 0-1, 1-1, 0-0, 0-1)
Samedi 6 septembre 2014 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux. 710 spectateurs.
Arbitrage d’Adrien Ernecq assisté de Sueva Torribio et Jérémy Kahli.
Pénalités : Dunkerque 14' (4’, 6’, 4’, 0’), Anglet 8' (2’, 4', 2’, 0’).
Tirs : Dunkerque 29 (11, 11, 3, 4), Anglet 40 (13, 10, 7, 10).

Évolution du score :
1-0 à 03'17" : Brachet assisté de Ballet
1-1 à 28'17" : Rubes assisté d’A. Olsson (sup. num.)
1-2 à 48'06" : Rousselin assisté de Blain (sup. num.)
2-2 à 55'18" : Kristin

Tirs au but :
Anglet : André (marqué), Rubes (arrêté), Daramy (manqué)
Dunkerque : Kristin (manqué), Destoop (arrêté), Cyr (manqué).

Dunkerque

Gardien : Marc-André Martel.

Défenseurs : Lionel Simon - Francis Ballet (C) ; Adam Young - Ryan Heavey ; Maxim Belov.

Attaquants : Niklas Nilsson - Mathieu Cyr - Miroslav Kristin ; Brendan Martial - Toni Kluuskeri - Maxime Brachet ; César Joffre - Loïc Destoop - Clément Thomas ; François Moretti.

Remplaçants : Niels-Erik Ravn (G), Victor Théry. Absents : Benjamin Bataille (blessé), Kai Öhberg (non qualifié).

Anglet

Gardien : Sébastien Raibon.

Défenseurs : Thomas Baubriau - Dave Grenier ; Maxime Suzzarini – Alexander Eriksson ; Iiro Vehmanen – Sébastien Rousselin.

Attaquants : Benjamin Lagarde – Luc-Olivier Blain – Alexandre Labonté ; Alexander Olsson – Xavier Daramy (C) – Mathieu André ; Florent Neyens – Tomas Rubes - Mathieu Vissio ; Nicolas Thos - Leyland Plaire - Léo Dutruel.

Remplaçants : Olivier Richard (G), Mathieu Pons.