Dijon - Lyon (match amical)

Après une large défaite à la Chaux de Fonds, Dijon s'est rassuré en l'emportant face à Strasbourg. Reste un dernier match de préparation face à Lyon, un promu qui impressionne déjà, pour une affiche qui pourrait rapidement prendre des allures de derby, proximité géographique aidant. L'idéal, pour les locaux, serait bien sûr de terminer leur préparation sur une victoire.

Les toutes premières minutes sont d'ailleurs dijonnaises en termes de possession de palet, mais sans réelle occasion. Dame-Malka sera néanmoins le premier à shooter, mais Kristin repousse, à l'aise. Dans la foulée, Lyon part en contre, la défense dijonnaise ne suit pas et Barrier se retrouve seul, démontrant lui aussi qu'il est dans le match.

Les visiteurs en profitent pour s'installer dans la zone dijonnaise, et n'eût été un certain manque de précision dans les tirs, ils ne sont pas ridicules pour un promu, loin s'en faut. La bonne impression laissée jusque-là par les Lions se confirme.

Les passes dijonnaises, a contrario, sont imprécises et le jeu assez décousu. Contrairement à Strasbourg, Lyon, en face, patine fort, et Barrier est finalement le gardien le plus sollicité. La première supériorité est néanmoins dijonnaise. Salmivirta est idéalement placé dans le slot - ce qui a régulièrement manqué à Dijon ces dernières années - et Rech est toujours prêt à mitrailler, mais Kristin est à la hauteur de sa réputation. La pénalité est tuée sans dommages pour Lyon, en dépit de deux belles occasions dijonnaises.

Les Lyonnais, de leur coté, ne manquent pas leur chance et inscrivent le premier but alors que la défense dijonnaise est à la rue (0-1, 8'33"). Barrier n'a rien pu faire. Débute alors une longue période où Lyon étouffe littéralement Dijon, sur la glace comme dans les tribunes.

La sortie de Kristin sur une des rares belles occasions dijonnaises est assez moyenne, mais les arbitres ne bronchent pas. Dijon devra travailler plus fort. Pour l'instant, les locaux sont constamment en retard, à l'exception de Barrier - heureusement, serait-on tenté de dire.

En fin de premier tiers, Dijon parvient enfin à s'installer en zone lyonnaise, mais ne parvient pas pour autant à se créer d'occasions, si ce n'est un shoot non cadré de Mielonen, au demeurant pas vraiment dans son match ce soir. Le retour au vestiaire ne fait pas de mal, et laisse le public dans l'espoir de voir mieux - beaucoup mieux - au deuxième tiers. Côté visiteurs, la principale question est : pourront-ils tenir tout le match dans une telle débauche d'énergie ?

En tout cas, ce sont les Lyonnais qui se créent les premières occasions à la reprise. Dijon s'est un peu repris dans la foulée, le but est tout proche. Sauf que ce sont les visiteurs qui finalement doublent la mise (0-2, 21'30"). Dijon est tout près de marquer, une fois encore, mais le gros shoot de Roussel atterrit dans le casque de Kristin, qui reste sonné pendant quelques secondes.

Sur une nouvelle pénalité lyonnaise, les locaux voient enfin leurs efforts se concrétiser, grâce à Dame-Malka - toujours - à qui il n'a fallu qu'onze secondes pour envoyer un shoot dévastateur au fond de la cage de Kristin, resté immobile (1-2, 23'57"). Les Ducs n'ont cependant pas encore sorti la tête de l'eau : en infériorité dans la foulée, ils subissent un powerplay lyonnais tout aussi rapide (1-3, 24'36"). L'espace laissé par Barrier était, il faut le reconnaître, tout simplement énorme.

L'intensité lyonnaise n'a pas baissé, couplée à une certaine dose de chance. Une fois de plus, Dijon ne peut trouver la cage grande ouverte. Kristin gèle mal le palet, l'arbitre siffle un peu trop vite, et les premières échauffourées ne manquent pas de pointer le bout de leur nez. Le tout se transforme d'ailleurs en échange de baffes quelques minutes plus tard entre Mahier et Laberge.

La troisième ligne dijonnaise - peut-être la seule jusqu'à présent à répondre à l'intensité physique lyonnaise - est trop maladroite pour mettre les visiteurs en danger, malgré quelques occasions intéressantes. La finition pêche toujours. Lyon est en infériorité, pour une obstruction sur Salmivirta. Roussel entretient la bonne ambiance, et est expédié à son tour en prison. Lyon discute encore et encore pour éviter la sanction, sans succès. Le match n'a, pendant quelques minutes, d'amical plus que le nom. Pendant ce temps-là, Lyon récupère. Finalement, sur une dernière pénalité sifflée contre Dame-Malka, c'est Dijon qui subit l'infériorité.

Kevorkian est quasi héroïque pour bloquer un shoot lyonnais ; il est récompensé de son effort par une belle échappée, jouée intelligemment. Kristin s'est certes interposé sur le tir de Mulle, mais le geste qui a amené le shoot n'en est pas moins remarquable. Les Ducs doivent cependant apprendre que pour l'emporter, il faut concrétiser. À ce jeu-là, ce soir, les Lions jouent le rôle de professeur : Couture, laissé seul, crucifie Barrier. Les Ducs peuvent-ils encore se laisser surprendre ainsi après presque quarante minutes de jeu ? Tolvanen ne semble pas de cet avis et réclame un temps mort.

Sur une nouvelle pénalité lyonnaise, Salmivirta - un des joueurs les plus travailleur depuis le début de la rencontre - est enfin récompensé d'un beau but (2-4, 36'36"). Quelques secondes plus tard, rebelote, cette fois par Gauthier, qui replace les siens dans la course (3-4, 37'08"). Lyon s'est découvert, et l'a payé cash. Dijon en profite pour enfin se montrer à son avantage. Moins d'une minute plus tard, Salmivirta à nouveau manque de remettre les deux équipes à égalité. La fatigue commencerait-elle à se faire sentir chez les visiteurs ?

On pourrait effectivement attribuer à un manque de lucidité la charge contre la tête de Parker sur Mielonen. Le public gronde, l'arbitre expulse le coupable. Lyon vient d'écoper de cinq minutes d'infériorité. Dans la continuité, Kristin s'avère incapable de geler le palet - ou capable de chercher à provoquer une faute dijonnaise pour rééquilibrer les forces en présence ; n'en jetez plus, Trimolet en a marre. La fin du deuxième tiers est bienvenue.

À la reprise, Dijon est toujours en supériorité. Accrochez-vous, tout va aller très vite. Sur un rebond, Rech sonne le début du festival dijonnais. Huit minutes suffiront à retourner le match (4-4, 40'33"). Lyon tente un contre, la défense de Mielonen est impeccable. Briand enchaîne sans scrupules (5-4, 41'54"). Lyon paye cette fois clairement a dépense d'énergie des quarante premières minutes. À quelques secondes de la fin de l'infériorité des visiteurs, les Ducs, cruels, augmentent encore la marque en leur faveur. Salmivirta inscrit son deuxième but de la soirée (6-4, 44'26"). 

Le score est complètement inversé, mais les Dijonnais, prudents, savent que deux buts d'avance à quinze minutes de la fin sont insuffisants pour s'assurer la victoire. Les Lyonnais profitent d'ailleurs d'être à nouveau au complet pour repartir à l'attaque. Sans succès. Dijon se paye un troisième but d'avance grâce à Lardière (7-4, 47'18"). Kristin en a marre et retourne à son banc, expédiant son back-up dans l'arène.

Cacciotti tient par deux fois le huitième but dijonnais au bout de sa palette, Barrier commet l'erreur de sortir de sa cage, Lyon s'offre le droit d'espérer encore mais Mahier ne laisse pas faire les visiteurs. Ce n'est que partie remise. Laberge ramène ses coéquipiers à deux encablures de l'adversaire (7-5, 50'26").

Il reste 6'30" de jeu, Dijon tue une double infériorité - pas une sinécure, mais l'essentiel est fait. Barrier assure le reste du job en arrêtant un break. La fin de match est accrochée, aucune équipe ne prend plus vraiment l'ascendant sur l'autre. Dijon en supériorité se complique la tache en autorisant trop de breaks lyonnais. Mulle n'est pas en réussite, mais le temps joue en faveur des locaux. Dix-huit secondes de jeu ... 3 ... 2 ... 1. Dijon l'emporte tout de même. Un pari pas gagné d'avance après le premier tiers et la belle prestation lyonnaise.

Réactions d'après-match :

Anthony Rech (attaquant, DHC) : "Ca a été dur de commencer, on a mis très longtemps à rentrer dans le match. Au milieu du deuxième tiers on a commencé à se réveiller, à 4-1, mais on a laissé beaucoup trop de choses à l'adversaire dans le premier tiers et jusqu'au milieu du deuxième. On a réussi à rectifier le tir et on s'en tire avec la victoire à la fin de la préparation, donc c'est bien."

Ilpo Salmivirta (attaquant, DHC) : "Comme Toto l'a dit, on a pas été prêt au début et on a très mal commencé le match. Ensuite on a joué plus simple, on a mis les palets au fond, on a beaucoup plus travaillé qu'en début de match et ça a marché. On a eu beaucoup de powerplay et ce soir ça a très bien marché avec l'équipe."

 

Dijon - Lyon 7-5 (0-1, 3-3, 4-1)

Samedi 6 septembre 2014 à la patinoire Trimolet. 325 spectateurs.

Arbitrage de Benjamin Gremion assisté de Sebastien Geoffroy et David Courgeon.

Pénalités : Dijon 38' (9x2', 2x10'), Lyon 65' (10x2', 1x5', 2x10', 1x20').

Évolution du score :

0-1 à 08'33" : Laberge assisté de Franck et Gadoury
0-2 à 21'30" : Franck
1-2 à 23'57" : Dame-Malka assisté de Gascon et et Rech (sup. num.)
1-3 à 24'36" : Ouellet assisté de Erikssonn et Parker (sup. num.)
1-4 à 34'16" : Couture
2-4 à 36'36" : Salmivirta assisté de Gascon (sup. num.)
3-4 à 37'08" : Gauthier
4-4 à 40'33" : Rech assisté de Salmivirta et Gascon (sup. num.)
5-4 à 41'54" : Briand assisté de Salmivirta et Gascon (sup. num.)
6-4 à 44'26" : Salmivirta assisté de Dame-Malka (sup. num.)
7-4 à 47'18" : Lardière assisté de Mahier et Briand
7-5 à 50'26" : Laberge