Bilan de la saison NHL 2013-2014 (2/3)

La saison 2013-2014 s'est achevée en juin par la victoire des Kings de Los Angeles face aux Rangers de New York. Une nouvelle saison remplie de spectacle et de suspense, entrecoupée par les Jeux olympiques de Sochi.

Hockey Archives vous présente le bilan équipe par équipe de cette saison de National Hockey League. Deuxième volet : les équipes classées de 11e à 20e.

 

20e - New Jersey Devils

Bilan : 6e de la division Métropolitaine, 88 pts - non qualifié en playoffs
35 victoires, 29 défaites, 18 défaites après prolongations ou fusillade
197 buts marqués, 208 buts encaissés

Jagr Jaromir CZEITA 1405148e défense, 9e jeu de puissance, 1er jeu en infériorité. Normalement, ces indicateurs auraient du permettre aux New Jersey Devils de bien figurer au classement. Oui mais voila : les 197 buts marqués se sont révélés bien insuffisants pour sortir de la division Métropolitaine... La saison des Devils aura été extrêmement frustrante pour les fans, tant l'équipe s'est mis en difficulté toute seule.

Il est vrai que l'intersaison aura été compliquée. Ilya Kovalchuk annonçait tout d'abord sa retraite de la NHL, abandonnant des millions de dollars sur son long contrat pour rentrer à Saint-Petersbourg. Puis, David Clarkson profitait de sa saison à plus de trente buts pour recevoir un contrat juteux de Toronto. Les Devils venaient de perdre en deux saisons plus de cent buts, après le départ de Parise en 2012... Comment compenser ? Lou Lamoriello a choisi l'expérience, avec le fragile Ryane Clowe, l'inconstant Michael Ryder, et le quadragénaire Jaromír Jágr (photo), avant d'ajouter Damien Brunner, invité au camp d'entraînement, auréolé d'une saison inconstante à Detroit.

New Jersey comptait marquer "collectivement", mais cela n'a guère fonctionné. Rarement une équipe aura disputé autant de rencontres à un but d'écart, gaspillé autant de points en s'effondrant en fin de match, et surtout, surtout, assomé ses supporters avec des fusillades pitoyables. Treize séances de tirs au but, treize défaites. Quarante-trois tirs, trois buts ! Le pire bilan de l'histoire de la NHL. Les Devils sont même longtemps restés à un seul but marqué, par le rookie Reid Boucher lors de son premier match NHL. Jaromír Jágr et Jacob Josefson auront marqué les autres en fin de saison, alors que tous les autres attaquants se cassaient les dents sur les gardiens adverses. Les cinq petits points manquants pour atteindre les playoffs sont là...

Au rayon négatif, ajoutons la prestation de Martin Brodeur. Le légendaire portier s'est montré clairement en déclin (90,1% d'arrêts) mais la loyauté à son égard l'a envoyé 39 matchs sur la glace. Risqué, quand Cory Schneider, successeur désigné depuis son arrivée lors de la draft 2013 contre le 9e choix, signait pour sa part 92,1% d'arrêts et une minuscule moyenne de 1,97 buts encaissés par match. La loyauté a coûté cher...

Négative aussi, la prestation de certains vétérans. La moyenne d'âge très élevée de l'équipe a confondu expérience et déclin. Bryce Salvador et Anton Volchenkov ont souvent été pointés du doigt pour leur lenteur et leur médiocre relance. Le premier n'a joué que 40 matchs à cause de blessures et le second 56, étant parfois en tribunes, avant de voir son contrat racheté. Ryan Clowe a lui aussi connu des pépins physiques sérieux et n'a joué que 43 matchs, pour 7 buts - insuffisant vu son tarif. Pas mieux pour Dainius Zubrus, encore précieux défensivement mais guère efficace devant la cage (13 buts). Brunner, très inconstant, ne comptait que 11 buts. Ryder connaissait la pire série noire de sa carrière, restant près de 30 matchs sans marquer, pour finir avec 18 réalisations seulement. Enfin, la quatrième ligne si décisive lors des playoffs 2012 ne brillait pas : 3 buts pour Bernier, 7 pour Carter, 4 pour Gionta. Les anciens premiers choix Mattias Tedenby (15 matchs, 1 but) et Jacob Josefson (27 matchs, 1 but) ne s'imposaient pas du tout. Andrei Loktionov ne signait que 4 buts avant d'être échangé à Carolina contre Tuomo Ruutu, un peu plus efficace en fin de saison. Une attaque anémique, malgré des statistiques de possession de palet en zone offensive parmi les meilleures de la ligue : des attaquants qui ont des mains en ciment...

Peut-on parler du positif ? Oui, il y en a tout de même. Le recrutement de Jaromír Jágr a payé puisqu'à 42 ans, la légende tchèque a marqué 24 buts, 67 pts et un ratio de +16, meilleur de l'équipe. L'ancien a de beaux restes ! Le discret Patrik Eliaš a fourni sa production habituelle avec 53 pts en 65 matchs. Plus frustrant, Travis Zajac aura parfaitement joué défensivement, mais marqué seulement 48 points et 18 buts, trop peu pour un centre de première ligne. En revanche, Adam Henrique a franchi un cap avec un record de carrière de 25 buts (n°1 de l'équipe) et 43 pts, rebondissant après une saison difficile. Sa bonne série après la pause olympique aura contribué aux espoirs de playoffs, et Henrique reste toujours aussi dangereux en infériorité numérique. À 24 ans, il fait un peu figure de seul joueur d'avenir dans l'effectif...

Au rayon positif, la défense, l'une des meilleures de la ligue, menée par le duo Andy Greene - Mark Fayne. Deux hommes dont on parle peu, mais qui ont eu la lourde tâche de museler les meilleurs trios adverses. Greene a été récompensé par une prolongation de contrat après une saison remarquable (8 buts, 32 pts) alors que Fayne partait en agent libre à Edmonton. Les nombreuses blessures auront en tout cas ouvert la porte aux jeunes. Adam Larsson, 4e choix 2011, débutait bien avant de se blesser et d'être renvoyé en AHL. Il n'a joué que 26 matchs mais, à 21 ans, reste plein de promesses. Plus intéressants, deux jeunes arrières ont trouvé leur chemin dans l'alignement. Eric Gelinas tout d'abord : le Québécois au slap dévastateur a boosté le jeu de puissance des Devils dès son apparition. En 60 matchs, il compte 7 buts, 29 pts mais doit progresser défensivement. Quelques mauvais choix lui ont valu des renvois en tribunes en fin de saison, mais sa force en supériorité le rendra vite incontournable. Prometteur aussi, Jon Merrill. L'ancien U20 américain a été appelé en cours de saison et n'est jamais redescendu. Pour sa première saison pro, il s'offre 52 matchs NHL, 2 buts, 11 pts et un temps de jeu en constante hausse grâce à sa sérénité en défense, sa relance et son placement.

L'entraîneur Pete DeBoer a échoué à qualifier l'équipe pour la deuxième fois de suite, mais son contrat a été prolongé. À lui de trouver la bonne combinaison pour relancer une attaque désastreuse. À lui aussi de faire un peu plus confiance aux jeunes. Schneider dans les cages, Merrill, Gelinas, Larsson en défense : l'avenir de l'équipe est là. La profondeur des Devils à l'arrière est exceptionnelle (Santini, Severson, Helgeson, Scarlett, Jacobs...), reste à progresser en attaque. Reid Boucher (23 matchs, 7 pts) et l'ancien premier choix Steffan Matteau auront-ils leur chance ?

 

19e - Nashville Predators

Bilan : 6e de la division Ouest, 88 pts - non qualifié en playoffs
38 victoires, 32 défaites, 12 défaites après prolongations ou fusillade
216 buts marqués, 242 buts encaissés

Jones Seth USA-SUI 140510 2Ce fut encore une longue saison pour les Predators de Nashville. Une deuxième consécutive sans playoffs, pour une équipe relativement régulière depuis dix ans, mais qui n'arrive pas à franchir le cap nécessaire pour jouer les premiers rôles. La saison 2013-2014 a débuté par l'opération de la star Pekka Rinne à l'intersaison. Malheureusement, l'opération à la hanche a aboutit à une infection et le portier finlandais manque finalement 51 matchs. Sa capacité à voler les matchs a cruellement manqué aux Predators, qui ont cependant bénéficié d'une bonne surprise. Carter Hutton ne comptait qu'un seul match NHL en carrière, mais a plutôt bien assuré en intérim avec 20 victoires et 91% d'arrêts. Le troisième gardien Marek Mazanec aura moins convaincu.

Cette prestation dans les cages n'est pas monstrueuse, cependant. Car la défense a souffert : 23e de la ligue, et 29e à cinq-contre-cinq. Certes, Shea Weber a dominé sa saison au point d'être nominé pour le trophée Norris. L'arrière au slap ravageur a battu son record de carrière avec 23 buts, jouant presque 27 minutes par match contre les meilleurs trios adverses. Autre rayon de soleil en défense, Roman Josi. 26 minutes de jeu, 13 buts et 40 pts, le Suisse aura été l'autre artisan majeur de la performance défensive. Derrière, les jeunes ont été plutôt protégés. Ryan Ellis, aux qualités offensives indiscutables, signe une saison respectable de 27 pts et un ratio de +9, deuxième de l'équipe, avec un temps de jeu modeste (16 minutes). Le rookie de 18 ans, Seth Jones (photo), a reçu de lourdes responsabilités, en revanche. Avec près de vingt minutes par match, il a plutôt convaincu dans le jeu de transition, mais son ratio de -23 témoigne du chemin à parcourir. Sa performance exceptionnelle à Minsk démontre en tout cas qu'il en a les moyens. La profondeur de banc en défense n'a cependant pas été à la hauteur. Michael Del Zotto, Mattias Ekholm et Victor Bartley se sont partagés les miettes, sans grandement convaincre.

Le souci de Nashville est comme d'habitude venu de l'attaque. Il faut remonter à 2009 pour trouver un marqueur de 60 pts (Jean-Pierre Dumont). Cela n'a jamais été le point fort des Predators et du système du coach Barry Trotz. Le seul coach de l'histoire de la franchise a été remercié en fin de saison après 1148 matchs dirigés depuis 1998, au profit d'un coach plus offensif, Peter Laviolette. En cause, la faible dangerosité des attaquants. Trois seulement ont franchi le palier symbolique des 20 buts : Patric Hornqvist (22), Craig Smith (24) et Mike Fisher (20). Hornqvist (53 pts) et Smith (52) sont les meilleurs pointeurs de l'équipe, mais derrière le défenseur Weber (56 pts) ! Un comble... Craig Smith reste l'homme de la saison offensivement, avec un jeu défensif de haut vol. Son ratio de +16 domine nettement l'équipe.

Mais derrière ce trio offensif, il n'y avait pas grand chose à signaler. Le vétéran Matt Cullen s'est montré correct dans un rôle de soutien, notamment aux mises au jeu (55% de succès), mais on attendait en revanche bien plus de Colin Wilson (11 buts, 33 pts). Nick Spaling (record de carrière de 32 pts), le jeune Gabriel Bourque ou les vétérans Paul Gaustad (58,5% aux mises au jeu) et Eric Nystrom 15 buts) ont des statistiques honnêtes pour des joueurs de troisième trio, mais le souci, c'est qu'il n'y avait guère de talent digne d'une première ligne. Cela s'est aussi traduit par un triste bilan en fusillade (2 victoires, 9 défaites). La qualité technique nécessaire dans cet exercice a manqué et c'est aussi ce qui a coûté la qualification en playoffs. Il n'a manqué que trois points aux Predators pour doubler Dallas. Points perdus directement contre les Stars en fusillade... Laviolette aura bien du travail. Il a pu débuter à Minsk, en dirigeant déjà Seth Jones et Craig Smith pour les Etats-Unis. Quant à Filip Forsberg et à Calle Järnkrok, aperçus en fin de saison avec de bons résultats, ils devraient bénéficier de plus de responsabilités.

 

18e - Phoenix Coyotes

Bilan : 4e de la division Pacifique, 89 pts - non qualifié en playoffs
37 victoires, 30 défaites, 15 défaites après prolongations ou fusillade
216 buts marqués, 231 buts encaissés

Boedker Mikkel DNKITA 140513Les Coyotes de Phoenix - pardon, les Arizona Coyotes - auront été la dernière équipe éliminée à l'issue de la saison régulière. Il aura fallu attendre le dernier week-end pour voir les joueurs de Dave Tippett hors course, pour deux petits points, après une fin de saison marquée par une période de sept matchs de rang sans victoire. Eliminés pour quatre points en 2013, les coéquipiers de Mike Smith n'ont encore pas su passer l'épaule.
Le gardien a pourtant assuré sa part de travail avec 91,5% d'arrêts. Son remplaçant, l'ex-Shark Thomas Greiss, a fait encore mieux, avec 92% d'arrêts et une moyenne intéressante de 2,29 buts encaissés par match en 25 apparitions. L'Allemand est-il prêt à plus de responsabilités ? Il est en fin de contrat et pourrait changer d'air...

Si les Coyotes ont manqué le coche, ils le doivent avant tout au déficit offensif de l'équipe. On ne trouve que trois marqueurs de vingt buts et deux attaquants au delà de 50 pts - et encore tout juste, Radim Vrbata et Mikkel Bødker (photo) en signant 51. C'est un arrière qui mène l'équipe, avec 53 pts. Keith Yandle aura tout donné, mais son jeu défensif pur est tout de même contestable et lui a coûté une sélection olympique. Avec le deuxième temps de jeu de l'équipe (24 minutes) et face aux meilleurs trios adverses, il signe un calamiteux ratio de -23, surtout parlant par rapport à ses coéquipiers, puisque le deuxième moins bon joueur n'est qu'à -13. Le meilleur arrière aura sûrement été le jeune Oliver Ekman-Larsson, auteur de 15 buts et 44 pts et d'un plus raisonnable -4, en 25 minutes de moyenne. Le duo a beaucoup joué, bien plus que les vétérans Zbynek Michalek ou Derek Morris. Derrière, Michael Stone et David Schlemko ont joué les utilités, même si Stone a vu ses responsabilités augmenter au fil de la saison, avec réussite. On sent déjà le vent tourner avec les apparitions longue durée de Connor Murphy, Chris Summers et les courts débuts de l'ancien premier choix Brandon Gormley.

L'attaque anémique, donc, la 20e de la ligue. Vrbata et Bødker ont fait ce qu'ils ont pu, mais ils ont plutôt un profil de deuxième ligne. Shane Doan et Mike Ribeiro auraient du jouer ce rôle mais ils prennent de l'âge et ont globalement déçu. Ribeiro a d'ailleurs reçu son lot de critiques, bien loin de sa performance la saison dernière à Washington. Doan a connu quelques soucis de santé mais sort malgré tout un bon pourcentage au tir, signant 23 buts au final. On attendait mieux aussi de Martin Hanzal, qui a connu quelques pépins physiques. Le grand pivot tchèque paraissait proche de percer vers les stars de la ligue, mais s'est contenté de 15 buts et 40 pts, son meilleur total certes. Antoine Vermette, sous-estimé, a apporté sa contribution avec 24 buts et 45 pts, tout en défendant bien. Mais derrière ces joueurs à 40 pts et plus, il y a un gouffre. Martin Erat a disparu des écrans (3 buts). Lauri Korpikoski n'a pas brillé, avec des responsabilités sans doute trop grandes sur ses épaules (9 buts). David Moss ou Kyle Chipchura ont peu produit sur les lignes d'échec, même s'ils ont apporté une certaine fiabilité dans leur zone. Et il n'y a pas eu grand monde pour faire mieux, même si le physique Rob Klinkhammer a surpris avec 11 buts et un bon jeu défensif.

Les Coyotes jouent selon leurs moyens. Un petit budget, des joueurs de seconde zone, qui "surjouent" presque, leur performances optimisées par l'excellent système de Dave Tippett. Le coach arrive à tirer le meilleur parti d'un effectif limité, mais il ne peut pas faire de miracles. Il suffit qu'un ou deux vétérans ne jouent pas à la hauteur des espérances et les playoffs disparaissent. On imagine mal la franchise rebaptisée "Arizona Coyotes" faire mieux la saison prochaine, même si les soucis hors glace semblent être calmés. Les grands espoirs Lucas Lessio et Max Domi sont très attendus...


17e - Washington Capitals

Bilan : 5e de la division Métropolitaine, 90 pts - non qualifié en playoffs
38 victoires, 30 défaites, 14 défaites après prolongations ou fusillade
235 buts marqués, 240 buts encaissés

Ovechkin Alexander RUSALL 140518 1L'ère Alexander Ovechkin (photo de gauche) n'a toujours rien rapporté aux Capitals de Washington. Cette année, ils échouent à trois points des playoffs et n'ont jamais vraiment paru en mesure de franchir le cap. En cause, la défense. L'équipe a été très largement dominée aux tirs tout au long de la saison. Braden Holtby, auteur d'une bonne saison l'an dernier, a peiné à confirmer. Avec 91,5% d'arrêts et 2,85 buts encaissés, il réalise une saison relativement moyenne. Le jeune Philipp Grubauer n'a pas démérité en 17 matchs. Pour tenter de passer en playoffs, le staff a acquis Jaroslav Halak en fin de saison. Le Slovaque n'a pas mal joué en 12 départs mais est apparu comme une distraction dans le vestiaire. Le conflit ouvert avec le coach Adam Oates a pesé et des conversations privées ont même fuité dans la presse.

Les gardiens n'ont pas vraiment été aidés par une défense en difficulté. Mike Green est apparu loin de son meilleur niveau, encore une fois gêné par quelques pépins physiques. Du coup, John Carlson est devenu n°1 par défaut et compile 10 buts, 37 pts et un ratio correct de -3 sans avoir manqué le moindre match. Le souci est venu des deuxièmes et troisièmes paires, qui ont changé constamment aux côtés du troisième défenseur Karl Alzner (82 matchs). Washington a utilisé neuf autres défenseurs tout au long de la saison, avec des résultats mitigés. On attendait mieux de Dmitry Orlov. Steve Oleksy a plutôt séduit en 33 apparitions (10 pts, +7). Les deux hommes ont malgré tout manqué de constance et ont beaucoup voyagé entre AHL et NHL. Le vétéran John Erskine a joué les utilités, et plusieurs joueurs ont tenté de percer, tels le junior Connor Carrick, l'ex-universitaire Nate Schmidt, Patrick Wey ou Julien Brouillette. Enfin, Jack Hillen a peu joué, entre une fracture de la jambe puis une commotion dans un contact avec son coéquipier Ovechkin. La défense sera le grand chantier de la prochaine saison.

L'attaque n'a pas vraiment aidé les lignes arrières, ceci dit. À commencer par le capitaine Ovechkin. Certes, il remporte le titre de meilleur buteur de la ligue (51 réalisations) assez nettement et ses 79 pts sont parmi les meilleurs de la ligue. Mais il termine avec un catastrophique ratio de -35, le troisième plus mauvais de la NHL... Ovechkin a surtout été dominant en supériorité avec 24 buts, portant l'équipe à la deuxième place dans ce secteur de jeu. Ovechkin apporte beaucoup à l'équipe, des avantages qui compensent son repli défensif approximatif. Mais tout de même, un progrès dans ce secteur ne ferait pas de mal. A ses côtés, Nicklas Backström a retrouvé des couleurs, terminant troisième passeur de la ligue (61 passes) et atteignant 79 pts. Son -20 n'aide pas trop la défense, en revanche. Il a marqué la plupart de ses points en jeu de puissance, comme Brouwer et Johansson.

Ward Joel CANDNK 140515Finalement, la ligne la plus constante et la plus efficace aura été la "Green Line", celle du vétéran Joel Ward (24 buts, 49 pts, +7, record de carrière à 33 ans - photo de droite), Eric Fehr (13 buts, 31 pts) et Jason Chimera (15 buts, 42 pts, +4, record de carrière à 35 ans). Les trois hommes ont beaucoup apporté à leur équipe. Le jeune Marcus Johansson a certes atteint les 44 pts, mais avec seulement 8 buts et un ratio de -20, il a connu des difficultés. En fait, il n'a marqué que deux petits buts à égalité numérique cette saison, malgré 80 matchs et 17 minutes de temps de jeu sur la première ligne... Troy Brouwer (25 buts, 43 pts, -6) a plutôt bien produit en joueur de soutien, avec le deuxième total de buts de l'équipe. Enfin, on attendait bien plus de joueurs expérimentés comme Brooks Laich (8 buts, 15 pts), même si ce dernier a manqué 30 matchs, encore une fois gêné par des douleurs à la hanche. 

Washington donne l'image d'une équipe résolument tournée vers l'attaque, avec une première ligne de feu. Mais la profondeur de banc inquiète. Les vétérans Dustin Penner et Mikhail Grabovsky ont peu de chances de rester après des prestations inconstantes, et seule l'arrivée d'Evgeny Kuznetsov en cours de saison en provenance de KHL a de quoi intriguer (3 buts, 9 pts en 17 matchs). Quant au premier choix Tom Wilson, il a certes débuté à 19 ans, mais son indiscipline chronique (151 minutes de prison) risque de le cantonner au rôle de "goon", alors qu'il a sans doute les qualités pour mieux faire.

Washington a fait le ménage en fin de saison. Le propriétaire Ted Leonsis a choisi de limoger et l'entraîneur Adam Oates et le manager général George McPhee. L'arrivée du rigoureux Barry Trotz sur le banc s'annonce intéressante. L'ex-Predator a dirigé une équipe très défensive depuis 1998 et il faudra voir comment les stars de l'équipe s'y adaptent.


16e - Dallas Stars

Bilan : 5e de la division Ouest, 91 pts - éliminé au tour 1 par Anaheim (4 victoires à 2 : 3-4, 2-3, 3-0, 4-2, 2-6, 4-5 ap.)
40 victoires, 31 défaites, 11 défaites après prolongations ou fusillade
235 buts marqués, 228 buts encaissés

Roussel Antoine FRACAN 140509À l'arrachée, les Stars de Dallas se sont qualifiés pour les playoffs pour la première fois depuis cinq ans. La saison apparait donc déjà comme une réussite, même si l'équipe a un peu craqué face à Anaheim dans les moments décisifs lors du premier tour des phases finales. Menés deux victoires à zéro, les Stars gagnent deux fois à la maison mais finissent par s'incliner au match 6 sur un but en prolongations de Nick Bonino.

Le succès de la saison est directement imputable aux choix effectués l'été précédent. L'arrivée sur le banc de Lindy Ruff a permis aux Texans de stabiliser leur jeu. L'expérience de l'entraîneur a rejailli sur un effectif jeune, qui a joué avec avec sérieux et détermination toute l'année. Suffisamment pour compenser un mois de janvier calamiteux (dont une série de 1 victoire, 8 défaites) et remonter 10 pts pour la 8e place sur les deux derniers mois.

Le départ de Loui Eriksson, envoyé à Boston, paraissait peut-être risqué. Mais il a clairement payé. Tyler Seguin, critiqué chez les Bruins, a explosé et trouvé une entente remarquable avec le néo-capitaine Jamie Benn. Les deux joueurs terminent parmi les dix meilleurs marqueurs NHL, avec 37 buts et 84 pts pour l'ancien n°2 de draft, et 34 buts et 79 pts pour le capitaine. L'attaque a produit autour de ces deux hommes majeurs. Le reste de l'effectif a été quasi interchangeable sur les autres lignes, mais aucun n'a dépassé les 35 pts - une profondeur qu'il faudra améliorer. On a vu Alex Chiasson légèrement confirmer sa fin de saison 2013 de feu, en signant 13 buts, même s'il s'est éteint après un début solide. Mais son travail défensif reste discutable (-21). L'ancien premier choix Cody Eakin s'est installé également avec 16 buts. Le premier choix 2013, Valeri Nichushkin, a gagné sa place à 18 ans et, après un début de saison timide, a joué avec assurance pour terminer avec 14 buts, 20 passes et un ratio de +20. De belles promesses de "power forward" sur la première ligne pour le jeune russe, l'une des satisfactions de la saison, qui n'a toutefois marqué qu'un but en 24 matchs après la pause olympique. Efficace aussi, la troisième ligne. Eakin, Ryan Garbutt (17 buts, 32 pts) et Antoine Roussel (14 buts, 29 pts - photo) se sont affirmés comme des joueurs cadres en infériorité comme sur l'échec-avant, jouant des rôles de pestes reconnus et craints dans toute la ligue (respectivement 106 et 209 minutes de prison). Loins d'être des bagarreurs unidimensionnels, les deux hommes ont énormément travaillé. Roussel est d'ailleurs seulement le deuxième joueur depuis 2006 à atteindre les 29 pts et 200 minutes de prison. On attendait peut être plus des vétérans, en revanche. Ray Whitney a passé les quarante ans, et cela s'est vu (9 buts, 32 pts). Rich Peverley n'a marqué que 7 buts et 30 pts, avant de voir sa saison terminée et sa carrière compromise par un incident cardiaque inquiétant au cours d'un match en mars face à Columbus. Une frayeur majeure, un des faits marquants de la saison. Mais qui illustre aussi la détermination de l'équipe, qui a répondu en remportant le lendemain un match crucial face à St. Louis... Décevant aussi, Erik Cole (16 buts, 29 pts et -17), Shawn Horcoff (7 uts, 20 pts) et surtout, le défenseur Sergei Gonchar. Le vétéran russe au salaire de 10 millions sur deux ans n'a inscrit que 2 buts, 22 pts et -12.

Pour progresser, Dallas devra reconstruire sa défense. Le départ du vétéran Stéphane Robidas, gêné par des pépins physiques - fracture de la jambe en début de saison -, n'a pas coûté trop cher à la deadline. Mais derrière le duo Alex Goligoski (42 pts) - Trevor Daley (25 pts), les Stars vont devoir cravacher. Si Jordie Benn et Brenden Dillon ont réalisé des progrès constants au long de la saison, Kevin Connauton ou Aaron Rome n'ont pas vraiment le niveau pour jouer l'élite de la conférence Ouest. Au total, ce sont huit défenseurs qui ont tenté leur chance derrière le top-3, sans réussite. L'avenir devrait appartenir à Patrik Nemeth et Jamie Oleksiak, deux défenseurs purs. Il va falloir travailler ce secteur, être plus structuré et être capable de dégager le palet de la zone défensive de meilleure manière. Les équipes spéciales n'ont pas non plus brillé (21e en infériorité, 23e en supériorité).
Enfin, citons le bilan dans les cages où Kari Lehtonen a assuré l'essentiel du travail, sans sa traditionnelle blessure à l'aine. Le Finlandais signe une saison constante, de 91,9% d'arrêts et 2,41 buts encaissés par match. Le souci est venu du poste de backup. Dan Ellis n'a pas convaincu et a été envoyé en Floride contre le vétéran Tim Thomas, guère plus efficace. Pour la saison 2014-2015, Anders Lindback cherchera à relancer sa carrière.
Dallas a donc prouvé ses progrès. Une équipe qui a montré son envie, son agressivité incessante et un peu de brio offensif, avec des jeunes prometteurs. La coupe Calder gagnée par son équipe réserve, les Texas Stars, témoigne aussi du potentiel intéressant de la franchise. De quoi trouver une relève à l'illustre Mike Modano, dont le n°9 a été retiré le 8 mars dernier.

 

15e - Detroit Red Wings

Bilan : 4e de la division Atlantique, 93 pts - éliminé au tour 1 par Boston (4 victoires à 1 : 1-0, 1-4, 0-3, 2-3 ap., 2-4)
39 victoires, 28 défaites, 15 défaites après prolongations ou fusillade
222 buts marqués, 230 buts encaissés

Nyquist Gustav SWENOR 140513Le passage dans la conférence Est n'a pas empêché les Red Wings de Detroit de décrocher une vingt-troisième participation consécutive en playoffs. Une performance d'autant plus remarquable que les cadres ont connu de nombreux pépins physiques : un total de 421 matchs manqués sur blessure, record d'équipe, qui a forcé le staff à utiliser 38 joueurs, dont 9 débutaient en NHL. Henrik Zetterberg (16 buts, 48 pts, blessé au dos) et Pavel Datsyuk (17 buts, 37 pts, genou) ont été limités à 45 matchs, Daniel Alfredsson (18 buts, 49 pts) à 68. La recrue Stephen Weiss voulait se relancer, mais il a été réduit à 26 matchs, pour deux buts et quatre points... Pas mieux pour Johan Franzen (54 matchs) et Darren Helm (42 matchs). Une situation difficile à gérer pour Mike Babcock, qui a puisé dans la talentueuse équipe AHL championne 2013. Detroit a lancé un mouvement de rajeunissement qui offre beaucoup d'espoirs pour l'avenir. Gustav Nyquist (photo de gauche), Tomas Tatar, Riley Sheahan et Tomas Jurco ont reçu des minutes de jeu majeures. En défense, Brendan Smith, Jakub Kindl et Danny DeKeyser ont aussi reçu de lourdes responsabilités. La patience avec les jeunes, développés avec prudence en ligue américaine, a payé.

Mais la jeunesse a un prix. La qualification a été longue à se dessiner et les Wings n'ont arraché qu'un ticket "wildcard", à sept longueurs d'une qualification directe, bien aidés par l'acquisition à la deadline du "local" David Legwand. Puis, face à la meilleure équipe de la saison régulière, Boston, le blanchissage du match 1 n'a pas pu être confirmé. Les Bruins ont remporté les quatre matchs suivants, renvoyant les jeunes Wings à leurs études - et au mondial de Minsk pour certains. La présence de dix joueurs à Sochi a peut être pesé sur les organismes.
Tatar Tomas SVKCZE 140509Au rayon satisfactions, l'émergence de Nyquist a été spectaculaire. À 24 ans, le Suédois a signé 28 buts en 57 matchs, inarrétable dans la deuxième partie de la saison, où il signe la bagatelle de 23 buts en 28 matchs entre fin janvier et avril. À ses côtés, les jeunes ont assuré. Tomas Tatar (photo de droite) signe 19 buts et 39 pts pour sa première vraie saison. Sheahan, appelé en cours d'année, a brillé avec 9 buts, 24 pts en 42 matchs. Jurco a apporté du physique et 8 buts, 15 pts en 36 matchs. Justin Abdelkader a peu produit (10 buts, 28 pts, record de carrière toutefois), avant d'être suspendu deux fois à Minsk au mondial, coûtant le quart de finale aux Etats-Unis. Côté négatif, Todd Bertuzzi n'est plus que l'ombre du power-forward qu'il était et a souvent été mis en tribunes (9 buts, 16 pts en 59 matchs, et le pire ratio de l'équipe à -17).

Le point faible ? La défense. Nicklas Kronwall est peut-être le MVP de la saison (8 buts, 49 pts) mais il s'est retrouvé esseulé. Le rookie DeKeyser a plutôt séduit (4 buts, 23 pts) de même que Brendan Smith (5 buts, 19 pts) voire Jonathan Ericsson (48 matchs, 11 pts), mais Jakub Kindl a en revanche souffert défensivement, au point de perdre sa place au match 5 des playoffs au profit du franco-québécois Xavier Roussel. Kyle Quincey et son salaire imposant n'ont pas convaincu et la profondeur a été testée.

La défense a donc été exposée et Jimmy Howard n'a pu sortir que des statistiques moyennes (91%, 2,66 d'arrêts). Jonas Gustavsson n'a pas non plus brillé en remplaçant. L'avenir appartient à Petr Mrazek. Le héros du titre AHL 2013 a fait ses débuts NHL, avec neuf apparitions, 92,7% d'arrêts et 1,74 buts encaissés. Prometteur...

Detroit a donc entamé, contraint et forcé, une reconstruction totale de son équipe. Pas moins de 12 joueurs ont débuté la saison en AHL et la plupart ont tenu leur rang lors de leur promotion. Les Red Wings ont tous les atouts pour rester parmi les équipes d'élite de la NHL. Avec un peu plus d'expérience, cela pourrait même viser bien plus haut.


14e - Columbus Blue Jackets

Bilan : 4e de la division Metropolitaine, 93 pts - éliminé au tour 1 par Pittsburgh (4 victoires à 2 : 3-4, 4-2 ap., 3-4, 4-3 ap., 1-3, 3-4)
43 victoires, 32 défaites, 7 défaites après prolongations ou fusillade
231 buts marqués, 216 buts encaissés

Anisimov Artem RUSALL 140518Les Blue Jackets de Columbus ont retrouvé les playoffs pour la première fois depuis 2009. C'est seulement la deuxième participation pour cette franchise créée en 2000 et souvent risée de la ligue depuis. Mais la franchise de l'Ohio a enfin trouvé la bonne formule, sous l'impulsion du manager général Jarmo Kekalainen et son sens de la draft. L'an passé, les Jackets avaient manqué les playoffs pour un point, malgré une saison extraordinaire de Sergei Bobrovsky, auréolé du trophée Vezina de meilleur gardien. Le Russe a confirmé cette saison (92,3% d'arrêts, 2,38 buts encaissés), portant son équipe vers les phases finales. Le premier tour face à Pittsburgh aura été bien plus serré qu'attendu. Presque tous les matchs se sont joués à un petit but. Finalement, Matt Calvert offre après deux prolongations le premier succès des Jackets en playoffs lors du match 2, et Nick Foligno le premier à domicile de l'histoire de la franchise, là aussi en prolongations. De quoi faire plaisir au public et placer Columbus dans une dynamique positive.

La saison a été réussie parce que les jeunes ont progressé et les vétérans joué à la hauteur des attentes. En défense, James Wisniewski a justifié son contrat juteux avec la meilleure saison de sa carrière (7 buts, 51 pts). Il a reçu une bonne aide de défenseurs purs (Fedor Tyutin, Nikita Nikitin). Les jeunes David Savard et surtout Ryan Murray ont beaucoup appris. Le grand espoir du club, 20 ans à peine, termine avec 4 buts et 21 pts pour sa première année, après une saison handicapée par une blessure au genou. On attendait plus en revanche de Jack Johnson. L'ex-Kings a connu un début de saison misérable, perdant même sa place pour les Jeux de Sochi. Il a retrouvé des couleurs avec des playoffs remarquables.

L'attaque s'est trouvée un nouveau leader en la personne de Ryan Johansen. À 21 ans, l'ancien n°4 de draft restait sur une saison poussive, rejeté en ligue américaine où il a même fini en tribunes. Il a complètement explosé avec 33 buts et 63 pts, faisant de lui l'un des pivots majeurs de la conférence Est. Johansen a reçu l'aide d'une dizaine de joueurs aux statistiques équivalentes. Qu'il s'agisse des ex-Rangers Brandon Dubinsky (16 buts, 50 pts) et Artem Anisimov (22 buts, 39 pts - photo), de l'ex-Flyer RJ Umberger (18 buts, 34 pts) ou de jeunes issus de la draft tels Cam Atkinson (21 buts, 40 pts), Boone Jenner (16 buts, 29 pts) et Matt Calvert (record de 24 pts) ou d'acquisitions récentes comme Nick Foligno (18 buts, 39 pts) et Mark Letestu (12 buts, 34 pts), toutes les lignes ont produit. Il n'y a pas vraiment eu de joueur sortant du lot, chacun étant capable de contribuer à tout moment. Tout juste pourra-t-on regretter que Nathan Horton n'ait pas pu jouer plus : l'ancien buteur de Boston, gêné par des blessures à répétition, n'a joué que 36 matchs. Quant à Marian Gaborik, il n'a jamais trouvé l'alchimie avec ses partenaires et a été envoyé à Los Angeles, ce qui a plutôt fonctionné pour lui !

Columbus apparait comme une valeur montante de la conférence Est et cette saison 2013-2014 convaincante semble n'être qu'une première étape. Les Blue Jackets n'ont guère de poste faible : un gardien solide, une défense variée et à la jeunesse prometteuse, une attaque complète, dynamique et jeune. Il ne manque que l'expérience. Il faudra toutefois compenser les départs d'Umberger et Nikitin en fin de saison.


13e - Philadelphie Flyers

Bilan : 3e de la division Métropolitaine, 94 pts - éliminé au tour 1 par les New York Rangers (4 victoires à 3 : 1-4, 4-2, 1-4, 2-1, 2-4, 5-2, 1-2)
42 victoires, 30 défaites, 10 défaites après prolongations ou fusillade
236 buts marqués, 235 buts encaissés

Schenn Brayden FRACAN 140509Les Flyers sont encore en playoffs. Cela fait dix-sept participations en dix-neuf saisons, ce qui fait de Philadelphie une franchise très régulière. Mais cette année encore, la mayonnaise a peiné à prendre. Il n'a d'ailleurs fallu que trois matchs pour que Peter Laviolette soit démis de ses fonctions et remplacé par son assistant Craig Berube, dès le 7 octobre. À la clé de ce parcours hésitant, une élimination en sept manches face aux Rangers de New York dès le premier tour, incapables de franchir la muraille Henrik Lundqvist.

La saison en dents de scie des Pennsylvaniens intrigue. Dominés en possession de palet à chaque match, les Flyers ont débuté lentement, avec un Claude Giroux très discret, et dont la non-sélection olympique aura provoqué la montée au créneau du staff et des fans. Giroux avait bien trop de talent pour ne pas rebondir et a fini en feu, terminant troisième marqueur de la ligue avec 28 buts et 86 pts. Giroux a trouvé de l'aide avec deux ailiers qui ont battu leurs records de carrière. Le puissant Wayne Simmonds (29 buts, 60 pts) et le technique Jakub Voracek (23 buts, 62 pts) ont franchi un palier pour devenir des acteurs majeurs de la NHL. Le teigneux Scott Hartnell a apporté son expérience, ne manquant que quatre matchs et signant 20 buts, 52 pts et 103 minutes de prison. Matt Read a également produit de manière intéressante (22 buts, 40 pts), complétant avec Brayden Schenn (20 buts, 41 pts - photo) deux premières lignes prolifiques. Ce sont les troisième et quatrième ligne qui ont posé question. Le vétéran Vincent Lecavalier n'a pas vraiment convaincu (20 buts, 37 pts mais -16), laissant le tout jeune Sean Couturier esseulé (13 buts, 39 pts). Steve Downie n'a inscrit que quatre buts. L'inconnu autrichien Michael Raffl a surpris en s'installant dans l'effectif, mais pour une première saison, il était difficile pour lui de faire mieux (9 buts, 22 pts).

Ce qui a coûté cher, c'est l'indiscipline. Dans la lignée des mythiques "Broad Street Bullies" qui inspirèrent des films comme Orange mécanique ou Rollerball, les Flyers ont terminé avant-derniers de la NHL avec 316 situations d'infériorité numérique. La défense s'en est bien sortie (84,8% de pénalités tuées, 7e de la NHL) mais cela s'est traduit par beaucoup de fatigue. Disposer de joueurs comme Rinaldo, Downie et Rosehill dans l'effectif apporte ainsi peu au tableau d'affichage (8 buts au total, 349 minutes de pénalité).

La défense donc, a peiné. Le vétéran Kimmo Timonen (35 pts) a enfin reçu de l'aide, avec l'expérimenté suisse Mark Streit (10 buts, 44 pts). Le rôle offensif a aussi incombé à Andrew MacDonald, débarqué des Islanders à la deadline. Philadelphie a complété ces hommes par des défenseurs purs, comme Braydon Coburn (17 pts), Luke Schenn (12 pts) et Nicklas Grossmann (14 pts), mais aucun des trois n'est le véritable "stoppeur" nécessaire pour couvrir les arrières offensifs. Au final, c'est une 20e place au classement des défenses.

Le poste de gardien s'est montré relativement solide. Steve Mason a retrouvé des couleurs avec 91,7% d'arrêts et une moyenne de buts de 2,50, proche de son niveau lors de son trophée Calder 2009. Le vétéran Ray Emery s'est montré moins efficace en backup.

Cependant, on imagine mal Philadelphie se mêler à la lutte au titre. Si les deux premières lignes font peur, le reste de l'effectif manque de profondeur et la défense est très inquiétante. Ce n'est pas le grave souci de santé de Kimmo Timonen (caillot dans la jambe) qui va arranger les affaires des Flyers. Si Mason ne confirme pas, la saison risque d'être très longue.


12e - Tampa Bay Lightning

Bilan : 2e de la division Atlantique, 101 pts - éliminé au tour 1 par Montréal (4 victoires à 0 : 4-5 ap., 1-4, 2-3, 3-4)
46 victoires, 27 défaites, 9 défaites après prolongations ou fusillade
240 buts marqués, 215 buts encaissés

Johnson Tyler USAKAZ 140516Compte tenu des circonstances, la saison 2013-2014 du Lightning de Tampa Bay est assez exceptionnelle. La franchise floridienne a signé le troisième meilleur bilan à l'Est avec 101 pts, talonnant Boston une partie de la saison. Une performance car Tampa Bay a du se passer des services de son sniper Steven Stamkos, victime d'une fracture peu avant les Jeux olympiques. Stamkos a manqué Sochi et 45 matchs, terminant quand même avec 25 buts et 40 pts en 37 matchs. Des jeux de Sochi qui auront pesé. Le capitaine mythique Martin St. Louis n'était pas de la première sélection canadienne réalisée par son manager général Steve Yzerman. Hasard ou non, il a fini par demander un échange et est parti aux Rangers à la deadline. Tampa Bay se consolera avec le retour obtenu. Ryan Callahan, guerrier sur la glace, et un choix de draft conditionnel, qui s'est transformé en premier choix avec le bon parcours de New York en phase finale. Malgré ces soucis pour les deux stars offensives de l'équipe, le Lightning a répondu présent en attaque grâce à la génération championne AHL en 2012. Personne n'attendait Ondrej Palat à ce niveau là (23 buts, 59 pts, +32). Le Tchèque a tout simplement marqué 47 pts sur les 45 derniers matchs ! Le petit Tyler Johnson (photo) n'était pas plus attendu à ce point là (24 buts, 50 pts, +23). Les deux attaquants terminent 2e et 3e au trophée Calder avec des statistiques défensives étonnantes. Une performance, car Palat n'a été drafté qu'au septième tour et Johnson n'a jamais été drafté... Trouver des diamants dans les tours lointains, une spécialité, puisque Teddy Purcell, acquis de Los Angeles (42 pts), et Alex Killorn (41 pts) ne figurent pas non plus parmi des joueurs à forte réputation. Le meilleur buteur - outre les 29 de St. Louis avant son départ - reste cependant Valtteri Filppula. L'ex-Red Wing termine avec 25 buts et 58 pts. La variété offensive de Tampa Bay a brillé toute la saison, de nombreux jeunes sortant de ligue mineure. Citons parmi ces valeurs montantes JT Brown (19 pts), Nikita Kucherov (18 pts), Richard Panik (13 pts) en attaque.

En défense aussi, l'équipe s'est appuyée sur des jeunes. Inexpliquablement oublié dans la sélection suédoise aux Jeux, Victor Hedman termine parmi les meilleurs arrières de la NHL (13 buts, 55 pts). Matt Carle compte 31 pts, et le teigneux Radko Gudas s'est imposé dans l'équipe avec 22 pts et 152 minutes de prison, apportant le jeu physique utile pour protéger ses arrières offensifs, et un talent certain pour les mises en échec et les tirs contrés. Les vétérans Sami Salo et Eric Brewer ont joué le rôle de mentors, avec 17 pts chacun. Enfin, deux jeunes ont gagné du temps de jeu. Mark Barberio a joué 49 matchs (10 pts), s'imposant enfin après une brillante carrière AHL, alors que l'ex-star NCAA Andrej Sustr débutait en NHL avec 43 matchs.

Un jeu vif et rapide, explosif et basé sur la maîtrise du palet, qui a été rendu possible grâce à Ben Bishop. Passé par les Blues et les Senators, le gardien a battu des records de franchise, signant 37 victoires, 92,4% d'arrêts et seulement 2,23 buts encaissés, pour une nomination au trophée Vezina. Sa blessure à la veille des playoffs a coûté très cher. Tampa Bay n'a pas résisté à Montréal, se faisant balayer en quatre manches sèches. Ni Anders Lindback, ni le prometteur letton Kristers Gudlevskis, n'ont réussi à compenser la blessure du gardien titulaire.

Tampa Bay devrait encore jouer les premiers rôles en 2014-2015, avec un effectif jeune et en phase ascendante. Ce sera sans Ryan Malone. L'ailier physique reste sur une saison décevante, et a terminé en se faisant arrêter en possession de cocaïne...

 

11e - San José Sharks

Bilan : 2e de la division Pacifique, 111 pts - éliminé au tour 1 par Los Angeles (4 victoires à 3 : 6-3, 7-2, 4-3 ap., 3-6, 0-3, 1-4, 1-5)
51 victoires, 22 défaites, 9 défaites après prolongations ou fusillade
249 buts marqués, 200 buts encaissés

Hertl Tomas SVKCZE 140509Les fans des Sharks de San José sont encore sous le choc. Aussi belle qu'ait pu être la saison des Californiens, tout le monde se demande encore comment ils ont pu gaspiller une avance de trois victoires à zéro contre Los Angeles au premier tour des playoffs. C'est seulement la quatrième fois qu'une équipe se fait remonter ainsi lors des playoffs NHL. La dernière fois, c'était en 2010 et Boston avait perdu contre Philadelphie. Des Bruins qui s'étaient vengés en gagnant la coupe Stanley la saison suivante. San José rêve de rebondir de la même manière, mais les joueurs auront du mal à digérer ce printemps, à l'image des déclarations de Logan Couture...

Comment expliquer cette déroute ? Tous les éléments paraissaient réunis. L'attaque explosive des Sharks a déroulé toute l'année, séduisant par son jeu rapide, basé sur une forte possession, du mouvement, de la variété. Joe Thornton a terminé deuxième passeur de la ligue (65 passes, 76 pts), Joe Pavelski troisième buteur (41 buts, 79 pts), Patrick Marleau a encore passé les trente buts (33 buts, 70 pts). Le trio a reçu des contributions solides des ailiers comme l'ex-défenseur Brent Burns (22 buts, 48 pts), du jeune centre Logan Couture (23 buts, 54 pts en 65 matchs). Les lignes d'échec ont aussi produit, comme Tommy Wingels (16 buts, 38 pts), parmi les leaders de la ligue en mises en échec, et l'ex-premier choix du Wild James Sheppard, enfin en bonne santé (20 pts) et qui a fini la saison en feu. Un beau retour de sa part, lui qui a failli être contraint de mettre un terme à sa carrière après un accident de quad en 2010. Les rookies se sont bien acclimatés, qu'il s'agisse de Matt Nieto (10 buts, 24 pts) et surtout de Tomas Hertl (photo), rayon de soleil de l'année. Le jeune Tchèque de 19 ans, plein de culot à l'image de son but spectaculaire dans un quadruplé face aux Rangers en début de saison, a fait se lever les foules. Il est malheureux qu'une blessure au genou l'ait privé de Sochi, et limité à 35 matchs (15 buts, 25 pts).

L'attaque efficace, mais la défense aussi. San Jose a terminé 5e défense de la ligue, portée par Marc-Edouard Vlasic, médaillé d'or à Sochi (24 pts, +31). Dan Boyle, Jason Demers (34 pts), Matt Irwin et les vétérans Scott Hannan et Brad Stuart allient mobilité et sens du placement, avec des qualités certaines à la relance. Le jeune Justin Braun a gagné sa place et disputé les 82 matchs, avec 17 pts et un ratio de +19 prometteur et de nombreux tirs bloqués. Le tout a parfaitement protégé Antti Niemi (91,3%) et le jeune Alex Stalock (93,2%).

Alors, qu'est-ce qui peut expliquer la déroute face aux Kings ? San José a tout d'abord explosé offensivement, passant 17 buts aux Kings en trois matchs. Le but de Marleau en prolongations du match 3 donne une avance de trois victoires à zéro confortable. C'est après que cela s'est gâté. Niemi a perdu pied et Stalock s'est même retrouvé titularisé au match 6. Mais le tournant de la série reste la blessure de Vlasic au match 5. Le défenseur, victime d'une très vilaine charge à la tête de Jarret Stoll, a cruellement manqué sur la fin de série. Le physique Raffi Torres n'était pas non plus à 100%, pas vraiment remis d'une blessure au genou qui lui a fait manqué 17 matchs en fin de saison. Les Sharks ont craqué mentalement, ont plié face à la pression physique adverse. Eux, les artistes, n'ont pas su répondre aux "bûcherons" des Kings, qui ont su forcer la décision en attaquant la cage de Niemi - au prix de quelques buts controversés.

Les blessures ne sont pas malgré tout pas la seule excuse pour une franchise qui cumule depuis dix ans saisons régulières brillantes et playoffs décevants, malgré quelques finales de conférence. Les Sharks sont à la croisée des chemins, avec des cadres viellissants. Le manager général a annoncé une révolution d'effectif, commençant par se séparer de Dan Boyle. Un effet d'annonce qui a fait "pchit", puisque l'effectif n'a pas bougé du tout au cours de l'été, ce qui n'est peut être pas la plus mauvaise idée. Les Sharks vont devoir rebondir avec les mêmes hommes. L'ouverture de la saison se fera à Los Angeles, avec la bannière de la coupe Stanley et un long résumé vidéo des playoffs, pour boire le calice jusqu'à la lie. Si San José n'est pas motivé après cela...

Nicolas Leborgne
Photos Minsk 2014 - Nicolas Leborgne