Lyon - Briançon (Coupe de la Ligue, poule D, 1re journée)

Les Lions dans l'arène

Baptême du feu pas facile face à Briançon, champion de France en titre, qui arrive très bien préparé à Lyon, avec notamment dans les patins quatre matchs de CHL et le Match des Champions. Il manque tout de même aux Diables Rouges Gagnon et Ankerst sur blessure, et Frisk en attente de validation, soit deux défenseurs et un attaquant. Côté lyonnais, les dernières licences viennent tout juste d'être validées, et on compte toujours Meilleur et Raibon blessés, ainsi que Millerioux au repos suite à un coup à la tête reçu au cours du match amical contre les Pingouins de Morzine. La défense est donc amputée de trois éléments majeurs, et il manque un attaquant. De plus, certains matchs de préparation et des entraînements sur glace ayant dû être annulés à cause de problèmes de glace à Charlemagne, la préparation des Lions a un goût d'inachevé.

La première action est lyonnaise, avec une action de Couture suite à deux belles passes d'Eriksson et Ouellet. Couture envoie devant la cage, mais personne n'est là pour reprendre. Sur le contre, Bernier tire, Kristin laisse un rebond devant le but laissé ouvert, Labrecque n'a plus qu'à pousser le palet au fond (0'36", 0-1). Dans un silence de plomb, Briançon prend l'avantage.

Profitant d'une première pénalité lyonnaise pour retard de jeu, Briançon débute une véritable leçon de hockey, avec des passes ajustées, du trafic devant la cage, un palet qui tourne et des tirs cadrés. Du côté des locaux en revanche, rien ne va. Les passes ne sont pas ajustées, les palets sont interceptés et la ligne bleue semble infranchissable tellement les Diables sont partout et sur tous les palets. Bernier multiplie les tirs, et heureusement pour les gones, Kristin est au rendez-vous et multiplie les arrêts in extremis.

Plusieurs minutes s'écoulent sur ce rythme, et Couture arrive enfin à passer la ligne bleue et à prendre un tir, sans danger pour Madolora, qui n'a pas grand-chose à faire devant sa cage tant le jeu est dominé par ses coéquipiers. À force de tirer, Bernier finit par trouver la faille, encore sur un rebond laissé par Kristin, pressé par les visiteurs (7'15", 0-2). Il faut stopper l'hémorragie, Lyon demande son temps mort. Dans les travées, le silence est pesant, le spectre d'une correction par le champion de France pour commencer la saison n'est pas loin.

La frustration lyonnaise ressort, les joueurs s'échauffent devant la cage, les pénalités s'accumulent, et même en powerplay, Lyon ne réussit pas à s'installer en zone offensive. Les locaux arrivent tout de même à prendre quelques tirs, mais ne parviennent pas à déborder Madolora. Ce diable de Bernier est décidément partout, et c'est encore lui qui prend un tir, dévié miraculeusement par la jambière de Kristin.

Biniek débloque enfin le compteur des gones en trouvant un trou de souris pour glisser le palet entre la jambière et le poteau de Madolora (16'56", 1-2). Les gones exultent et la patinoire sort enfin de sa léthargie. En fin de tiers, les Lyonnais semblent être enfin rentrés dans leur match, mais les approximations et le manque d'automatismes se font cruellement sentir face à une équipe qui a déjà quatre matchs de CHL et le match des champions dans les patins.

À la reprise, on retrouve des Lions beaucoup plus volontaires, nul doute que la pause a été mise à profit pour remotiver la troupe. Le jeu s'équilibre entre les deux formations, et si le début de tiers est lyonnais, avec de belles actions de Laberge, Gadoury et surtout Biniek, les gones sont toujours menés au score. Madolora est sur tous les palets et il est bien difficile de le tromper. Le rapport de force bascule lorsque Trefny part sur le banc des pénalités. Briançon peut alors installer son jeu de puissance, et Kristin doit multiplier les prouesses, notamment sur un magnifique tir masqué de McDonald, qui se termine dans la mitaine du portier lyonnais, très concentré.

Breton voit un angle de tir et tente sa chance de la bleue. Au milieu du trafic devant la cage, Biniek prend le rebond et permet aux lyonnais de recoller au score à la mi-match (30'13", 2-2). Tout reste à faire – ou à refaire, selon le point de vue. Cette égalisation réveille Charlemagne et ses Lions. À peine 2 minutes plus tard, Briançon insiste lourdement sur un palet que Kristin essaie de geler, Breton se retrouve au sol, les arbitres doivent intervenir. La frustration commence à se faire sentir du côté des Diables Rouges, et la sanction finit par tomber, les visiteurs doivent jouer à 4 pendant deux minutes suite à une faute de Custosse. Quinze secondes dans la pénalité, Trefny prend un tir très puissant de la bleue, Madolora interpose sa jambière, mais le palet rebondit et retombe derrière, dans le but. Pour la première fois du match, Lyon mène au score (33'05", 3-2). Briançon, piqué au vif, essaie de recoller, mais malgré une supériorité numérique et la multiplication des tirs, les Diables se heurtent à un mur. Même des tirs déviés ou à bout portant ne parviennent pas à déborder le gardien slovaque.

Dans ce deuxième tiers, les Lions ont affiché un nouveau visage, beaucoup plus tourné vers l'avant. Ils arrivent enfin à sortir le palet de leur zone, les passes sont plus ajustées, et la réussite les met en confiance. Les Diables Rouges paraissent moins dangereux face à des Lions redynamisés, mais il ne faut pas se méprendre, c'est bien le niveau de jeu des locaux qui a augmenté, et non celui des visiteurs qui a baissé.

Briançon veut revenir dans l'ultime tiers et cela se voit. La précision n'est cependant plus la même, et c'est maintenant au tour de Lyon d'intercepter des palets et de se créer des occasions. Une pénalité est sifflée contre Raux, accusé d'avoir faire trébucher Gadoury, mais celui-ci semble bien être tombé tout seul quelques secondes plus tôt. Heureusement pour les visiteurs, la pénalité est tuée avec seulement un tir dangereux de Ouellet, qui passe juste au-dessus du but briançonnais.

À tour de rôle, les formations se montrent dangereuses devant le filet adverse, souvent à cause d'un palet perdu ou libre en zone neutre qui est aussitôt lancé en direction de la cage. Côté lyonnais, la réussite n'est pas au rendez-vous, très peu de tirs étant cadrés. La plupart des palets passent à côté de la cage et restent ainsi sans danger. Côté briançonnais, c'est un manque de tempo et la confiance de Kristin qui lui permettent de faire les bonnes sorties et ainsi de se dégager des menaces devant son but.

Les gones maîtrisent mieux le palet et construisent mieux leurs attaques, ils s'installent donc du côté des Diables et tentent leur chance dès que possible. Lyon n'est cependant pas à l'abri d'un cafouillage, Raux l'a prouvé en reprenant un palet ayant échappé aux lyonnais. Il ajuste son tir mais Kristin arrête sans problème. Sur la remise en jeu, Trefny fait une belle passe à Biniek, parti vers le but adverse. Patineur très rapide, il se retrouve face à Madolora, prend le temps de préparer son tir, et le palet finit en pleine lucarne, les Lyonnais ont désormais deux buts d'avance (57'15", 4-2).

Le rythme s'accélère alors du côté des visiteurs, confrontés à l'urgence du chronomètre. Alors que Briançon attaque, Kristin se déporte sur le côté de sa cage pour intercepter le palet, mais il est percuté par un de ses coéquipiers, son casque vole et il se retrouve à terre. Le staff s'approche, Kristin reste plusieurs minutes à terre et Macrez se prépare à rentrer sur la glace. Les noms d'oiseaux commencent à voler derrière le banc des visiteurs, et un supporter lyonnais trop enthousiaste doit même être calmé par ses voisins de travée. Finalement, Kristin se relève sous les applaudissements et reprend son poste une fois la glace nettoyée.

Quelques secondes avant la dernière minute de jeu, Couture, seul au centre de la glace, récupère un palet perdu sur une mauvaise passe briançonnaise en zone offensive et se dirige donc tout seul vers le but adverse. Malgré une feinte, il perd son face-à-face avec Madolora. Une faute de Biniek à 54 secondes de la fin du match précipite encore le jeu. Edo Terglav demande son temps mort et sort son gardien, les Lyonnais vont être pressés à six contre quatre. À 18 secondes de la sirène, Gadoury est pris par la patrouille pour une charge avec la crosse, assortie d'une méconduite pour avoir protesté, et c'est donc à six contre trois que les deux formations évoluent pendant quelques secondes. Eriksson manque d'aggraver le score sur un contre, mais il rate la cage et le score n'évoluera plus.

L'entame de match lyonnaise a été plus que poussive, alors que Briançon est entré dans son match dès la première seconde de jeu. Pendant une quinzaine de minutes, le fossé entre les deux formations a semblé énorme. Et puis le compteur lyonnais s'est débloqué sur le premier but de Biniek, ce qui a réveillé les joueurs et leur public. Après la pause, les équipes ont fait jeu égal, et la différence s'est faite sur le gardien. Matej Kristin a fait un très bon match, et a clairement sauvé son équipe, particulièrement durant le premier tiers : avec 2 buts accordés pour 24 tirs cadrés, il est à plus de 91% d'arrêts sur ce match.

Étoiles du match : Cédric Di Dio Balsamo (Briançon), Matej Kristin (Lyon)

 

Lyon – Briançon 4-2 (1-2, 2-0, 1-0)
Mardi 9 septembre 2014 à 20h30 à la patinoire Charlemagne, Lyon. 1 726 spectateurs.
Arbitrage d'Alexis Grabit assisté de Benjamin Scolari et Gwilherm Margry.
Pénalités : Lyon 26' (8', 4', 14'), Briançon 8' (2', 4', 2')
Tirs : Lyon 19, Briançon 24

Évolution du score :
0-1 à 00'36" : Labrecque assisté de Chakiachvili et Jensen
0-2 à 07'15" : Bernier assisté de Jensen et Chakiachvili
1-2 à 16'56" : Biniek assisté de Correia et Lebey
2-2 à 30'13" : Biniek assisté de Breton et Lebey
3-2 à 33'05" : Laberge assisté de Trefny et Lebey (sup. num.)
4-2 à 57'15" : Biniek assisté de Trefny

Lyon

Gardien : Matej Kristin.

Défenseurs : Ben Parker - Radovan Trefny ; Jules Breton – Victor Vitton-Mea.

Attaquants : Vincent Couture - Jonathan Laberge (A) – Dean Ouellet (C) ; Kevin Gadoury - Nicolas Biniek (A) – Timothée Franck ; Julien Lebey – Jens Eriksson - Julien Correia ; Florian Portier.

Remplaçants : Landry Macrez (G), Thomas Lapointe, Mathieu Touveron, Léo Girod, Noé Gersanois.

Absents : Martin Millerioux (cou), Elie Raibon (cuisse), Francis Meilleur (cuisse), Pasi Hirvonen (licence).

Briançon

Gardien : Shane Madolora

Défenseurs : Florian Chakiachvili – Kevin Igier ; Viktor Szelig – Cédric Custosse ; Gasper Cerkovnik

Attaquants : Marc-André Bernier (C) – Dave Labrecque (A) – Jimmy Jensen ; Ian McDonald – Pierre-Antoine Devin – Lionel Tarantino ; Guillaume Michelon – Norbert Abramov – Cedric Di Dio Balsamo ; Damien Raux (A)

Remplaçants : Antoine Bonvalot (GB), Thibault Farina, Cory Pritz.

Absents : Andreas Frisk (licence), Mathieu Gagnon (fracture de la main), Jaka Ankerst (adducteurs).