Neuilly-sur-Marne - Nantes (Division 1, 3e journée)

Bisons dans la brume

On se souvient de la fantastique série de 13 victoires consécutives de Neuilly-sur-Marne l'an passé en championnat, play-offs inclus, mais auparavant il faut aussi se rappeler qu'elles faisaient suite à deux défaites initiales. Les débuts de saison restent toujours difficiles à Neuilly-sur-Marne, et les nombreux changements à chaque intersaison n'y sont pas étrangers.

Battus d'entrée chez eux par le promu Tours (3-7), les Bisons n'ont pas pu se rattraper à l'extérieur. Ils n'ont ramené qu'un point de leur déplacement chez le Mont-Blanc, pourtant privé de ses deux Canadiens non qualifiés. C'est dire si le succès devient impératif contre Nantes, qui a obtenu son premier succès la semaine dernière face à Courbevoie (3-2).

On n'en prend pourtant pas le chemin au premier tiers-temps. Les Corsaires partent rapidement à l'abordage et multiplient les tirs sur le gardien local Tomas Pek, qui contrôle la plupart du temps, sauf un rebond axial laissé sur un tir de la gauche de Demers (5'19"). Nantes n'arrive cependant pas à concrétiser et se fait maintenir dans le périmètre sur sa seule supériorité numérique. La domination territoriale des visiteurs est néanmoins de plus en plus nette. On sent chez les Bisons une volonté de pratiquer un pressing agressif, mais elle ne se communique pas assez aux jambes dans l'intensité de patinage, et elle n'est pas assez coordonnée : les Nantais l'évitent donc avec des transmissions assurées.

PernaDominicLe hockey de Neuilly paraît comme perdu dans la brume, qui se lève peu à peu au-dessus de la glace par ce temps chaud et lourd. La première vraie occasion locale arrive à 16'10" : Loïc Sadoun passe de derrière la cage à Marc Slupski, frustré par un arrêt-réflexe de la botte droite de Mojmir Bozik. Aussitôt, Dominic Perna (photo) s'échappe en contre-attaque et est accroché par derrière par Kévin Guimbard : tir de pénalité. Perna tente le tir à mi-hauteur côté mitaine, paré (16'18").

Mais sur l'engagement, la défense nocéenne rate la sortie de zone et Kévin Richard marque avec un peu de chance sur un palet qui ricoche sur le gardien puis sur un patin (0-1, 16'28"). Le score est parfaitement logique, même si les Bisons auraient pu repartir aux vestiaires à égalité après un missile d'Arthur Cuzin... sur la barre transversale.

Jusqu'ici défaillant dans les transitions et notamment au passage des deux lignes bleues, Neuilly-sur-Marne commence à retrouver son jeu au deuxième tiers-temps. Jozef Wagenhoffer trouve une relance croisée en zone neutre vers Lukas Pek, qui élimine le défenseur d'un geste technique et marque au poteau extérieur (1-1, 26'47"). Ce but donne confiance à des Bisons plus dynamiques, alors que Nantes commence au contraire à perdre des palets en zone neutre.

Les Corsaires mettent quelques minutes à reprendre leurs esprits, quand Petr Grygar en contre-attaque est tout près de glisser le palet entre les jambières de Tomas Pek qui referme juste à temps (33'20").

Après un bon pressing nantais, Bryan Ten Braak fait trébucher Colotti dans le coin de la zone offensive : c'est la première pénalité nantaise du match (35'52"). Le brouillard est devenu tellement fort que l'arbitre doit arrêter le jeu pour le laisser retomber. Ten Braak retourne en prison une seconde fois, mais ces premiers jeux de puissance des Bisons ne donnent rien.

En troisième période, en revanche, Genest rejoint Samson en prison, et Neuilly-sur-Marne peut jouer à 5 contre 3. Frank Spinozzi demande alors son temps mort pour donner ses consignes. A-t-il une arme secrète ? Non, toujours la même pièce d'artillerie, l'équivalent local de la Grosse Bertha, et qui s'appelle le Grand Jozef... La tactique consiste juste à le mettre dans la meilleure position, alors Stephen Sanza accélère sur la droite pour que la défense adverse se regroupe sur sa cage, avant de transmettre en retrait vers ses coéquipiers qui se mettent en parapluie. Et boum, lancer du haut du cercle gauche de Jozef Wagenhoffer, qui en perd même l'équilibre. Ah, le recul, avec ces vieilles armes (2-1, 44'32"). Spinozzi laisse les mêmes hommes sur la glace, et cette fois Sanza dévie parfaitement devant le gardien le tir de la bleue de Wagenhoffer (3-1, 44'48").

Les Nantais bénéficieront à leur tour de deux supériorités numériques, mais tout ce qu'ils y obtiendront, c'est une blessure à la cuisse de Radek Hovora qui sort en boitant. Richard prend sa place, et Grygar monte en deuxième ligne, car les Corsaires ne tournent plus qu'à deux blocs, mais sans jamais donner le sentiment de pouvoir réagir après ces deux buts consécutives.

Longue à se dessiner, un temps perdue dans le brouillard, la première victoire de Neuilly-sur-Marne permet d'aborder avec bien plus de sérénité la trêve de deux semaines pour la Coupe de France. La cohésion se fait petit à petit, et la première ligne Sanza-Vit-Hanes, composée des trois recrues offensives, tarde en particulier à donner satisfaction. En revanche, la défense paraît plus complète. Elle tourne enfin à six joueurs cette saison, et les temps de jeu sont donc mieux répartis entre 16 et 24 minutes chacun.

Nantes

Commentaires d'après-match

Frank Spinozzi (entraîneur de Neuilly-sur-Marne) : "On ne peut pas changer la moitié de l'équipe chaque année. On manque de synchronisation, nos joueurs ne se trouvent pas. Tout notre travail est sur l'organisation. Il faut être patients. Je suis encore en train de figurer les blocs. Tout le monde disait que Nantes serait une puissance. Leur entraîneur vit la même chose que moi, il a changé la moitié de l'équipe lui aussi, il voit les passes qui n'arrivent pas. C'est pour ça que le match est aussi décousu. Avec le nombre de punitions aux deux derniers matches, tu prends un rythme défensif, tu as peur de frapper, c'est pour ça qu'on était fébrile en début de match. Ensuite, on a vu qu'on pouvait jouer, les arbitres ont été bons alors que c'était compliqué avec le brouillard. Jusqu'ici, on gagnait les mises au jeu et on ne faisait rien avec. Ce soir, on a été atroce aux mises au jeu, mais on a récupéré le palet après."

Claude Devèze (entraîneur de Nantes) : "On aurait pu vraiment tuer le match au premier tiers-temps. On était bien en place. C'est là qu'on peut avoir des regrets car on a eu 5-6 grosses occasions. Le premier but, mon gardien aurait pu le revoir. Il leur a redonné confiance et nous a fait mal. Le powerplay fait la différence. Cette ligue se jouera sur les unités spéciales, car tout le monde est pareil à 5 contre 5. Il n'y a pas d'équipes faibles."

 

Neuilly-sur-Marne - Nantes 3-1 (0-1, 1-0, 2-0)
Samedi 20 septembre 2014 à la patinoire de Neuilly-sur-Marne. 224 spectateurs.
Arbitrage d'Adrien Ernecq assisté de Vincent Peignault et Sueva Torribio.
Pénalités : Neuilly-sur-Marne 6' (2', 0', 4'), Nantes 8' (0', 4', 4').
Tirs : Neuilly-sur-Marne 24 (6, 9, 9), Nantes 29 (15, 7, 7).

Évolution du score :
1-0 à 16'28" : Richard
1-1 à 26'47" : Pek assisté de Wagenhoffer
2-1 à 44'32" : Wagenhoffer assisté de Dubuc et Sanza (double sup. num.)
3-1 à 44'48" : Sanza assisté de Wagenhoffer (sup. num.)


Neuilly-sur-Marne

Gardien : Tomas Pek.

Défenseurs : Joonas Karvonen - Arthur Cuzin ; Jozef Wagenhoffer (A) - Maxime Dubuc (C) ; Alan Dana - Rémi Colotti ; Jérémy Fritsch.

Attaquants : Stephen Sanza - Zachary Vit - Matus Hanes ; Julius Sinkovic - Lukas Pek - Hugo Vinatier ; Marc Slupski - Loïc Sadoun - Kevin Guimbard ; Juha Suomaa.

Remplaçants : Rémi Husson (G), Benjamin Turlure, Nathan Bernier.

Nantes

Gardien : Mojmir Bozik [sorti à 59'23"].

Défenseurs : Hubert Genest - Patrik Prokop ; Keven Robert - Samson Samson ; Louis Boucherit - Maximilien Tromeur.

Attaquants : Radek Hovora - Alexandre Demers - Dominic Perna ; Kevin Richard - Édouard Dufournet - Bryan Ten Braak ; Joonas Parviainen - Rémi Peronnard - Petr Grygar.

Remplaçants : Ewen Le Fur (G), Jacques Evrard, Charly Brugière, Charley Marcos, Nicolas Le Dren.